Bonjour !
Certains m'ont accusée de feignasserie brevetée, ils n'ont pas tort,
mais point trop n'en faut sinon je vais me transformer en légumineuse à poil long (ou en garniture de cheminée qui change de couleur avec la météo, mon rêve !).
On retourne donc à notre bouffon avant qu'il ne vire bredin après la vélociraptorisation de sa gamine. Au fait... qu'est-ce qu'elle devient
celle-là ?.... Vous allez être contents, l'acte est très court (mais de superbes airs, évidemment, il n'y a pas que le long qui est bon, n'en déplaise à l'adage
populaire)
RIGOLETTO - Acte II -
Le lieu : Salon dans le palais trouducal. Une porte côté cour, une autre côté jardinet*, une troisième cadenassée au fond. Deux
portraits des tenancier du clac (vu ce qui s'y passe, ça pourrait être aussi bien être "chez Lulu la cuisse légère" que "aux armoiries réunies"). Entre parenthèse on apprend que le type a une
légitime (ou elle est aussi chaleureuse qu'un réfrigérateur, ou son mec a la danse de Saint Guy dès qu'il voit passer un panthy, je penche pour la seconde version... parce que j'ai décidé d'en
faire un grand méchant loulou de ce blaireau) Un pliant devant une table recouverte de crépine** (ça doit chlinguer la cochonaille ! le tout bien Renaissance, quand on se la pète, autant bien le
faire, ça en jette toujours le Rinascimento.
Les personnages :
- Duduc le papillonneur, logique étant donné que c'est sa casbah
- Les courtisans (raceuu vil' et damné-euuuu.. version française de la supplique de Rigoletto un peu plus loin dans l'acte)
- Marullo, toujours chevalier, toujours cassé en deux à force de lécher les pompes de son pote de duc
- Rigoletto, le bouffi bouffon triste
- Gilda, la "klicnappée" (du mal avec ce mot
quand j'étais gamine)
- Monterone, le type qui a maudit le duc, accompagné d'un huissier (il veut saisir ses meubles
pour le faire bisquer ? Ou assister à sa condamnation, ça me paraît plus logique, vu les propos qu'il a tenu envers le duc)
Lever de rideau sur un duc plutôt énervé (quand la moquette commence à fumer à force de tourner en rond dessus, c'est qu'on est vénère non ?) Je "traduis" d'après le livret
original, le français même pour la rime, ça craint je trouve.
" On me l'a piquée et sous mon pif encore ! De toute façon j'la sentais pas cette fin de sérénade...
J'suis retourné sur mes pas... tout claquemuré et pas un pékin dans la place !
Où qu'elle a bien pu s'évaporer ma blonde ? (les
blondes sont toutes censées être évaporées ?)
Dire que je croyais avoir trouvé celle qui me ferait rester en place (ça nous
arrangerait aussi, il arrive à nous filer le virounas à jouer les derviches tourneurs sur sa carpette le coco) J'en arriverais presque à me croire vertueux ("presque" est de trop, vertueux,
je n'irai pas jusque là...)
Si on a fait chouiner ma belette, ça va ch... dans le ventilo, j'vous garantie ! Ils vont en tâter
de mon bras séculier, j'vous en fiche mon billet !"
Après avoir calciné le tapis il entame les lattes du
plancher en se rognant les pognes quand sa bande de joyeux lurons arrive en trombe.
" Eh Duduc, tu vas
rire...
- m'étonnerait, mais crache ta pastille on sait jamais....
-
Rigoletto s'est fait piqué sa meuf !
- Tiens, j'ai les zygomatiques qui me gratouillent, développez, je frise la crise de fou-rire,
faut juste insister un peu.
- On a sprinté un petite heure pour arriver chez le type, valait mieux, la nuit tombait et sans loupiote
on aurait été fins pour repérer la bicoque.
On vise la musaraigne en train de prendre le frais, comme elle est canon, on a pas
réfléchi cent sept ans avant de se décider à passer au plan B (le plan A c'était courir une heure coudes au corps..; je peux être fin stratège c'est encore dans mes cordes). V'là t'y pas que le
bouffon tourne le coin et nous demande ce qu'on peut goupiller autour de son "chez lui".
On l'embobine en disant qu'on est là pour
piquer la comtesse Ceprano. Il veut jouer avec nous alors on le colle au mur, "pour faire le guet" (bossu et miro... qui dit mieux ?!) On entre, on ressort quasi aussitôt avec la minette sous le
bras.
Elle hulule un peu, ce qui met en mode alarme le vieux type qui a dû réveiller tout le quartier (mouai... deux baraques dont
une abandonnée, c'est sur que les mulots ont été réveillés en sursaut !). On file quinze noeuds dans l'autre sens... pour arriver ici, où on a déposé le "paquet".
Pendant leur petit topo, le duc a changé d'expressions aussi souvent que de retour à la ligne (dans des couplets versifiés, il y en a des
retours à la ligne !) pour s'apercevoir de une, que "sa" belette est celle qu'on a soustraite à l'attention aimante du bouffon, et de deux qu'il a la possibilité d'aller la consoler de ses
frayeurs et par la même occasion de lui révéler sa véritable identité (elle va se pâmer d'aise d'être choisie par un blasonné, c'est sur ! Le fric ou le pédigré, ça vaut tous les préliminaires
pour certains)
Il sort en déverrouillant la porte cadenassée, derrière laquelle on a déposé le "paquet
cadeau", alors que Rigoletto fait son entrée, rigolant plutôt jaune mais n'en montrant
rien (ça serait ballot de laisser paraître son angoisse, les langues se délieraient un peu moins facilement). Un ange passe et les courtisans changent de sujet
" Salut machin !
- y sont tous de mèche - pense tout haut le bouffon
- Quoi de neuf ?
- A part que vous êtes de plus en plus chiants ? - il fait semblant de chanter, pendant
que les types rigolent de son trait d'esprit (le bouffon a droit de tout dire ou presque, rappelez-vous) - où c'est-y qu'ils ont bien pu la planquer ? - s'inquiète-t-il en
furetant.
- Il la joue espionnite aigue, notre bossu !
- Mon auriculaire
m'a dit que vous vous en étiez payé une bonne tranche c'te nuit...
- Peux pas dire... je coinçais la bulle - répond
Marullo
- Ah... tu pionçais... j'devais rêver alors..."
Il continue à fouiner pour tomber sur un tire-jus abandonné sur un guéridon. Les autres suivent tous ses mouvements, mais respirent quand le type constate que ce n'est pas celui de
sa gamine. Il demande si c'te feignasse de duc est encore en train de dormir alors qu'un page entre à la recherche de son patron Les courtisans manquent d'une certaine rigueur quant à leur
scénario, commençant à dire qu'il se repose avant d'affirmer qu'il est à la chasse (ça, dans les intrigues policières, toujours s'assurer que la bande de suspects maîtrise parfaitement la
narration de l'alibi, se recouper, pas glop pour la crédibilité) Comme le gamin s'étonne qu'il aille trucider de la galinette cendrée sans escorte, les autres y vont de leur clins d'yeux
les plus appuyés, ce qui fait que Rigoletto pige enfin l'entourloupe.
"J'y suis, elle est avec Ducuc !
- Euh... qui ?
-Jouez pas les bourricots pour avoir du foin ! La nana que vous avez
enlevée c'te nuit ! J'le sens, elle est ici !
- Si t'as paumé ton amoureuse, un autre a mis la pogne dessus, fallait mieux ranger tes
affaires!
- J'veux ma fistonne !!!
- ta... quoi ?...
- Ah ça vous en bouche un coin, vous rigolez moins du coup. Vous me la rendez "ti souite" ou je génocidise ! J'aimerai bien savoir, bandes de
nuisibles combien vous avez été payés pour ce contrat ! Mais ça a pas de prix une blondinette si mimi alors vous n'arriverez jamais à la refourguer, autant que vous me la rendiez, et dans son
emballage d'origine, si vous me suivez bien.
Vous allez l'ouvrir c'te lourde ou je vous en allonge quelques unes sur le coin de la
goule ?!"
Les autres sont tout sauf impressionnés et font barrage devant l'entrée. Rigoletto tente une
percée par le flanc droit, puis par le gauche, pour finir en fonçant dans le tas carrément. Rien n'y fait, et il finit épuisé sur le devant de la scène, les mains sur les genoux, penché en
avant et en train de reprendre son souffle (sacrée mélée que ne renierait pas notre ST*** régional)
Comme la menace d'une volée de
bois vert n'a pas eu l'effet escompté, il tente les larmichettes et l'attitude du pénitent en pleine semaine sainte. Il en est à la phase "chemin de croix à genoux" et se cramponne au calcif des
types (dangereux ça, s'ils n'ont pas une bonne paire...de bretelles). Même Marullo qu'il flatte dans le sens du poil reste muet devant ses supplications.
S'il devait compter sur les cocos pour trouver la gamine, il pourrait attendre jusqu'aux "calandres" grecques, aussi l'irruption de celle-ci
dans la pièce lui évite d'avoir à s'arracher les derniers poils de sa perruque. Un brin décoiffée et le jupon sans devant ni derrière, lundi boutonné avec mardi, à mon avis, ils n'ont
pas fait que jouer au scrabble, les deux tourtereaux (allusion aux "Hommes préfèrent les grosses" si vous avez vu le film). Elle se précipite au cou de son papounet.
Rigoletto peut arrêter son apnée mais un truc le turlupine... elle est en train de mouiller toute sa fraise à rucher avec
ses larmes de croco, sans parler qu'elle risque de faire dégorger le bain de teinture du costar, c'est que c'est fragile un costume d'opéra.
"Tu chiales ?! Qu'est-ce qui t'arrive "encore" ?!
- J'me pète une de ces hontes !! Sans compter que j'suis furax
!
- Euh, tu peux donner des détails ?...
- En privé, si ça te défrise pas
trop... c'est gênant...
- Virez vos miches les lèche-bottes, j'ai à causer à ma gamine ! Et gaffe que Duduc ne se pointe pas... je
frise la bavure !"
Les types se sentent péteux et compatissent même en pensant à ce qu'il va morfler en
tant que père. Tout ce beau monde sort en tapinois pour ne pas l'énerver un peu plus, et la conversation peut commencer.
" Ziva, on
est seuls !
- T'sais que je vais tous les jours à la messe... Ben un jour... j'ai rencontré un beau mec, autant te dire qu'on avait
pas besoin de se parler... les œillades suffisaient. Et pis...on s'est lancé à blagasser, il m'a dit qu'il était étudiant et pauvre comme Job mais qu'il en pinçait bigrement pour ma pomme.
C'était le soir de ma vélociraptorisation... Après son départ, j'suis restée toute chose à penser à ce qu'il venait de me dire et j'ai pas vu arriver les teigneux qui m'ont embarquée comme
un paquet de linge sale. Tu te rends compte... être traitée comme un vieux slip ? Il y a de quoi raser les murs !!! (m'est avis qu'elle ne parle pas "que" tu rapt... les fringues en vrac, ça
donne un indice)
- Te biles pas gamine ! j'te pardonne, c'est pas de ta faute, je réserve ma vengeance pour quelqu'un
d'autre..."
Au même moment entre un huissier accompagnant le comte de Monterone.. Le condamné balance au
duc à travers la porte fermée que sa malédiction à foiré et qu'il continue à respirer, mais qu'il va continuer à respirer "sans honneur" (ça doit lui faire une belle jambe alors qu'il va
monter à l'échafaud, on puise le réconfort où on peut remarquez).
Rigoletto lance au comte qui sort soldatesquement accompagné qu'il
se fasse pas de bile, il s'auto-proclame bras vengeur à sa place, le duc va dérouiller !
On a droit à un
air enflammé du bouffon sur les doux transports que provoque une vengeance justifiée. En
gros, il fait déjà des plans sur la comète et ça va chauffer pour les miches ducales... Alors que Gilda tente de le calmer en préconisant la clémence quasi titusienne (coucou Wolfgang !),
elle a été roulée dans la blédine par le bellâtre mais demande tout de même que son père ait pitié. (ben voyons... je serais plutôt du genre à l'assister et à lui tendre le scalpel
lors de l'opération "testiculablatoire" nécessaire pour chanter à la Chapelle Sixtine moi !)
Et c'est
sur ces vociférations paternelles et leurs tentatives d'apaisement filiales que se termine l'acte deux... On verra le dernier acte la prochaine fois... c'est à dire, la vengeance du
bouffon masqué, pour l'instant, je vous rends à vos occupations journalières en vous souhaitant de profiter tout de même du beau soleil dont on bénéficie en ce moment (enfin dans la région,
dommage pour les autres). A plus, direction cafetière, j'ai encore rien pris... (m'assagirais-je de ce côté.... nan... juste un oubli dans le feu de la narration)
La dragonne
*Côté cour: à droite de la scène, côté jardin : à l'autre droite par opposition (je dis ça pour ceux qui ont un problème avec leurs moufles ou leurs chaussures, ça arrive) Il paraît que ça
serait pour faciliter le boulot des comédiens et du metteur en scène, vu que chacun a une tendance certaine à regarder dans une direction différente, ça évite que le héros sorte dignement sauver
sa belle ... pas l'issue censée représenter le bord de la falaise (enfin ça dépend de quoi parle la pièce remarquez) Les machinistes qui sont assignés à ces endroits s'appellent les couriers et
les jardiniers
** "tapis en crépines d'or".
Accrochez-vous de bon matin, la crépine est le truc graisseux entourant l'intestin des vaches, moutons et porcs de nos batteries d'élevage (les vraies fermes se faisant rares, vaut mieux voir
grand) Le nom scientifique est " épiploon " ou " mésentère " Comme elle se présente comme une sorte de dentelle translucide, que son nom provient de sa finesse de crêpe et que son deuxième
nom est la "toilette", une toile grossièrement tissée, ça pourrait faire la farce (c'est le cas de le dire pour les crépinettes) quant à l'ornement de table, avec juste un petit problème
signalé plus haut, l'odeur !.(et le côté vite périmé très vite à l'air ambiant de la décoration joue également contre son utilisation)
Pour l'autre définition de crépines rien trouvé à part l'espèce de truc à trou servant de filtre à la sortie d'un tuyau... si quelqu'un sait de quelle technique cela vient
(tissage, tricotage, "broderage"...), qu'il me tienne au courant comme dirait le Gulf Stream.
*** Stade Toulousain pour les non-rugbytophiles
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