Le bonheur n'est pas que dans les prés !

Publié le

Bonjour !



Une semaine de passée sans billet de ma part, que dis-je... près de deux oui ! Vous commencez à y être habitués, ce n'est pas ce qui risque de perturber la marche claudicante* de l'Univers pour autant hein ? Toujours la pause, en ce qui concerne nos nonnettes compiegniennes, on verra plus tard, il fera jour (et il ne reste qu'un acte, court- à narrer **), mais là; j'ai trouvé un truc sympa, non imposé  dans quel que bloguesque devoir***  , même si j'ai lu ça chez un membre de notre "tribu" over-bloguienne, un truc "dégusté " rien que pour le plaisir et qui donne envie de le faire perdurer

Je vous donne la conclusion du billet, mais je vous conseille de le lire, c'est un petit bijou de gourmandise.

"Je vous passe la plume pour me raconter vos petites joies ainsi vécues que ce soit un grand bol d'air au détour d'une route sur laquelle vous ne vous arrêtez jamais, quelque chose que vous aviez envie de faire depuis longtemps, longtemps, une surprise à l'un des vôtres, un instant pour vous seul(e).... Ces lignes sont les vôtres..."


On était mercredi !
Gliglind**** est en train d'attaquer la deuxième phalange des ses doigts, vu que ce qui lui sert d'ongles gît , en petits tas sur le lino acheté au kilomètre et qui orne tout  l'appartement de ce lotissement tristounet et presque exclusivement occupé par des collègues de son géniteur.
Ah... les joies de l'escadron... ça ne concerne que son militaire de père, son "autre vie", là où il paraît vivant. Ici ,ça végète sévère, ça s'encroûte consciencieusement, ça tourne au pénicillium tellement tout reste identique aux jours passés et futurs. Si ça continue, on va bientôt la  confondre avec les meubles.

Inutile de dire que ce non-vécu, elle est persuadée d'être la seule à en être "affligée", comme tous les gamins, on aime bien l'idée d' être unique, même si c'est pour s'em...nuyer comme un rat crevé derrière un tas de bois bouffé des termites, seul martyre face à ce monde cruel... Il ne manque que le rocher lamartinien pour faire la farce. Elle le bichonne son ennui, son peu de goût pour le contact humain, sa solitude volontaire, elle veut être la reine exilée au milieu d'une plèbe grondante et grossière (voilà ce que c'est d'avoir trop lu et peut être trop tôt, on se prend pour Monte Cristo quand ce n'est pas Rochester*****)

Mais pour en rajouter une couche******,  ayant des parents auto-proclamés "croyants-non-pratiquants",  c'est aux gamins qu'on impose le devoir de leur ménager un strapontin pour le paradis en les faisant passer  par les divers phases de transformation dans  "l'usine à bien pensants" qu'est  la religion. Soyons lucide, nos géniteurs nous imposent  ça, histoire qu'il y ait du monde pour intercéder en leur faveur auprès du grand patron par la prière, le culte des ancêtres, ça s'appelait dans l'Antiquité, ça n'a pas changé.
En bref, "fais ce que j'te dis et pas ce que fais" - ou ne fais pas justement -  Après un baptême, deux communions... fallait tout de même entretenir la tradition en continuant de recevoir une cathéchèse pour éliminer les toxines que sont les pensées déviantes de la morne norme (j'aime bien l'association des deux mots pas vous ?) et ce au moins une fois dans la semaine, comme on allait régulièrement à la piscine ou faire du sport, mens sana in corpore sano, un esprit sain (et non pas saint) dans un corps sain, cette devise a la couenne dure !

Et c'était le mercredi !

C'est donc après avoir repoussé d'un bout de pied las les pauvres restes de ses ornements doigtesques - le ménage se ferait... quand il se ferait, aux calendes grecques sans doute -  qu'elle s'extirpa de sa gangue de tiède solitude pour affronter l'épreuve qu'était l'audition d'un ministre du culte postillonnant et au verbe incertain (inaudible parfois, ça devait être l'âge, les neurones avaient du mal à suivre l'élan enthousiaste de la foi  à faire partager).

Arrivée sinon à bon port du moins à destination (le bon port n'est que pour une quête initiatique, le walhala,  Avalon, le Mordor******* ça c'est des destinations qui valent qu'on mouille le marcel !), elle tire la chevillette sans que la bobinette choit (la sonnette avait des "absences" elle aussi) et pique du nez modestement, pour masquer son peu d'entrain. "On" devait guetter derrière les rideaux en macramé parce que l'huis s'ouvre... sur un parfait inconnu ! Le vieux curé a joué les Faust ?

Le mystère s'explique, l'âge aidant, on a "conseillé" au type de passer la main à la jeune génération, elle a en face d'elle son successeur qui vient prendre la température de ses ouailles avant de reprendre la cure en pogne (il y a du boulot, n'oublions pas qu'on est en zone à risque, les d'jeunes des cités jouent plutôt aux Charks et Jets******** qu'à cache-tampon !). Dans le bureau, il y a deux ou trois autres gamins, les cours religieux particuliers ça ne vaut que pour les "emparticulés" d'une autre époque, on est dans la vraie vie et pas dans un de ses bouquins, faut qu'elle y pense.

Donc, non seulement elle paume ses repères de mornitude rassurante, mais elle a droit à une sorte de prise de tension morale d'un jeune type qui pourrait presque être son grand frère (ou son jeune père spirituel, c'est comme vous le sentez). Tout y passe, leurs goûts, leurs copains et copines, leurs voeux pieux ou non pour l'avenir... ne manquait plus que l'imprimé en trois exemplaires avec les cases à cocher, ça lui rappelle trop un test passé au collège et qui lui a bouffé toute une matinée, espérons que ça ne va pas durer autant !

Et soudain... le jeune type se lève, après énoncé de son désir personnel de connaître autre chose en musique que la Berthe Sylva maternelle  et file mettre un  vinyle sur une chaîne qu'il a dû apporter dans ses valises, parce que foin de musique avec l'ancien prêtre, ça devait interférer avec la parole divine et peut-être même la couvrir, vu son peu d'éloquence et de volume sonore, tout le monde  ne s'appelle pas Bossuet !
Il ne dit mot, met même un doigt sur ses lèvres avec une mine rappelant le  conspirateur plutôt que le directeur de conscience et s'assoit... par terre alors qu'elle se sent toute raidasse sur son faux Louis XVI et ses co-religionnaires aussi échangeant des regards inquiets (sont tombés sur le bredin du diocèse c'est sur !).

Et là.... tout part en quenouille ! Où est-elle, qui est-elle, dans quelle dimensions s'est-elle trouvée téléportée par une porte stellaire brusquement apparue au milieu de la pièce ?... Pas la queue d'une explication plausible et logique mais le fait est là, elle est "ailleurs" !
Le second mouvement du concerto pour flûte et harpe  de Wolfi est en train d'opérer sinon un miracle (faut pas rêver !) du moins un chamboulement complet dans la conception qu'à Gliglind de ce qu'est le beau (qu'est le beau d'ailleurs quand on n'a rien vécu,...).
Elle  "flotte" littéralement en lévitation, elle flotte d'ailleurs tellement qu'elle dérive pour se retrouver couchée à plat ventre sur la  moquette du bureau,râpeuse à la joue mais elle n'en a cure (hé, hé).
Ou bien le coup a tellement été rude qu'elle a été projetée hors de son siège, mais elle ne s'en souvient pas) Les autres n'ont pas dû faire partie du voyage, ils restent vissés sur leur chaise, la lueur vague du bovin attendant l'omnibus en ruminant  la luzerne au fond de l'oeil et le pied tressautant d'impatience pour que le cours se termine.

On vient de pousser l'interrupteur et d'illuminer le moindre recoin des zones d'ombres qui l'entourent et ce, définitivement, irrémédiablement  et  merveilleusement. Ce type, sans un mot pour vendre sa "marchandise", a réussi à lui mettre en tête que tout n'est pas si mauvais, loin de là, dans ce bas monde, et qu'on frise le divin, quelle que religion qu'on embrasse (ou aucune si tel est notre choix) et que chacun peut trouver sa petite loupiote pour cheminer sur la voie qu'il emprunte, il faut simplement trouver le bitoniau pour que "la lumière soit".

Qui aurait  cru que ses premiers pas dans la musique seraient guidés par quelqu'un d'aussi éloigné de ses aspirations spirituelles qu'un prêtre ?! Si ses idées métaphysiques et religieuses sont toujours aux antipodes  d'une éducation judéo-chrétienne de bon ton, l'image de ce ministre du culte restera toujours présente, il est celui qui a trouvé l'interrupteur.


Bon, vous avez eu droit à mon idée de ce qu'est un moment de bonheur... à vous de trouver le votre... suivez le fil qui mène à la loupiote... Bonne journée. Fait soif, je file m'abreuver à ma source caféineuse...

La dragonne



* Si vous trouvez que le monde baguenaude sur ses deux pattes tel un mannequin de chez Balanciaga qui a des heures de vol c'est comme vous le sentez, moi, je trouve qu'il marche un peu de traviole en ce moment avec en fond sonore non  Elsa déambulant dans la cathédrale     mais plutôt  le crépage de chignon des Nurembourgeois une nuit de Walpurgis 

** j'ai presque les tifs soulevés par le vent provoqué par votre "ouf" soulageatoire, me trompe-je ?

*** Où t'es la reine  des entourloupeurs ma belle, tu fais ça l'air de rien, genre "j'ai aimé mon petit-four et j'"en donne le goût aux potes, pour la reprise du bâton-relai, c'est vous qui voyez ", et je plonge, chapeau !

**** le "Sieg" viendra plus tard, avec sinon le poil au menton, j'suis une belette ne pas oublier, du moins les troubles  hormono-nerveux et les griffes rognées d'une adolescence festive. De plus, la sonorité du pseudonyme évoque étrangement le bruit de cloches que provoquait les rouages de mon ciboulot manquant de carburant à cette époque. Evidemment, remplacer ce petit pseudo affectueux par le vrai, que seuls les initiés connaissent, anonymat oblige hein ?! Et j'aime bien ce p'tit nom pugnace (Sieg, c'est tout de même combat en teuton) ça me résume assez bien.

***** Dans Jane  Eyre, j'étais plutôt le lord faisant la goule en permanence que la jeune institutrice sortant du couvent des Alouettes, ça me plaisait mieux d'avoir un lourd passé que pas de passé du tout si vous me suivez

****** vi, on aime bien aussi que le sort s'acharnant sur nos faibles épaules prenne divers aspect, dans ce patwork de  routine anesthésiante, tout est bon pour apporter une preuve de plus qu'on est Calimero incarné

******* le patelin sympa où Frodon Sacquet se tatane avec Sauron par destruction d'anneau interposée

******** West Side Story de Bernstein, une vision très amerloquienne de Roméo et Juliette


Publié dans Mes devoirs

Commenter cet article

Véro 13/09/2008 22:27

Une belle page Sieg, que dire de plus.
Bon c'est pas tout çà, même si ici je n'avais "que" 13 articles, faut pas chômer.
Véro

16/09/2008 11:01


"Que" !!!! Tu arrives à me battre hé, hé...


jane 21/06/2008 19:37

Ah ! Ben au moins j'ai ma réponse quant au tableau ! J'oublie souvent de revenir voir sur le blog où j'ai posé la question , c'est pas fut fut de ma part ! Donc , tu ne sais pas !! J'ai enfin ma réponse !!  ;-))

23/06/2008 12:07


J'ai souvent cette réaction aussi... Le manque de temps il  faut dire... Une non-réponse est plutôt de mise hé, hé. Bises ma belle


Sissi 19/06/2008 20:25

P'tit bonsoir ma DragonnetteBisousSissi

20/06/2008 09:33


Bises ma belle, je file voir ce que tu nous a concocté de bon... ça tombe pile poil avec mon billet d'ailleurs hé, hé


neinei 18/06/2008 15:13

rassure toi je tiens bien la pichette.
bon mercredi bisous
qing et rene
he he demain photo mystere

19/06/2008 09:34


Marrant, ça faisait longtemps que je n'avais lu  ou entendu l'expression "pichette" hé, hé. Bises vous-deux


@lain 18/06/2008 13:35

Bonjour petite Dragonne de mon coeurJe passe et je m'arrête quelques instant pour souffler et lire et relire des passages de tes textes.Gros bisous et plein de soleil pour toi@lain

19/06/2008 09:35


Hélas, mon tout beau, en ce moment, on ne peut que me relire... suis un peu occupée hors connexion, mais je ne vais pas m'en plaindre, je m'amuse, j'vous raconterai...
Bises @lain