Allez je ne suis pas vache, je vous mets la suite (enfin un peu) de l'histoire...
Avec de chaleureux encouragements (un coup de pied au valseur d'une pompe cloutée, ça aide également) Esbrouf bondit (s'étale) hors du castel et, ramassant tout son courage (et ses affaires, parce que tout le bastringue s'est fait la malle, vu l'atterrissage peu conventionnel de l'aspirant aéronaute) il monte en selle sur son cagneux destrier Flanmou (c'est tout ce qui restait dans les écuries, les canassons faisant partie d'un lot cavallier-monture, logique tout de même, qu'on ne dépareille pas le « binome »!) et prend la direction d'où proviennent généralement les cris d'orfraie.
Esbrouf, à peine tourné le coin du bois bordant le jardinet à la sigisbaldienne (en vrac et pas entretenu) du castel de Morduck, a le poil dressé au garde-à-vous. Qu'il n'accuse pas la fraîcheur du fond de l'air, on pourrait faire cuire un oeuf sur son heaume! C'est juste que l'air est bizarre... bourdonnant et tremblotant, style mirage dans le désert, et que ça stridule sévèrement à ces esgourdes les « Hiiiiiiiii » précédemment décrits, sans pour autant se rapprocher. Pour être logique, ça viendrait même de la zone du piton rocheux qui borde l'horizon (elle est pulmonairement bien équipée la zibeline!). Ce piton, « l'Aiguille au Valseur du Monde » c'est son nom, a une sale réputation, genre "bout de l'univers" chez les antiques... après, y n'a plus rien, le vide, le gadin, qui si tu loupes la marche, t'envoie dans des espaces inconnus que même une vision nocturne à la Splinter Cell ne te sert pas à grand chose... vu, qu'en principe il n'y a « rien » à voir. Le tournant du virage quoi... D'ailleurs un petit plaisantin a cru bon d'y coller une pancarde, enjolivée à son sommet d'un crâne de slurpette-zibelinée (la musaraigne locale, un peu chiche comme décoration lugubre vous trouvez pas?) avec inscrit à la « va-comme-j'te-pousse » cette mise en garde: « Têtes de pois-chiche, gare à vos miches! » (ça revient au truc des catacombes ça: « vous qui passez outre, perdez tout espoir de retour »)
Esbrouf voudrait bien suivre cet avis fort judicieux, mais le boulot c'est le boulot (et surtout Morduck a la dent dure) et il passe devant, en déglutissant tout de même un peu, pour prendre la direction de l'aiguille rocheuse. Les tremblements « atmosphériques » n'ont pas l'air de se calmer et ça bourdonne même de plus en plus, au fur et à mesure qu'il se rapproche du rocher. Il finit même par se fourguer dans les oreilles des boulettes « Cékoitesk » (une invention d'un apothicaire locale: des testicules d'onaniste séchées... bin oui, vous ne connaissez pas l'expression: « ça rend sourd »?)
Arrivé tant bien que mal au pied du piton, il lève la tête pour s'apercevoir de la drôle de forme de celui-ci sous cet angle. Une sorte de pilier se divisant en deux branches au sommet comme une fournette géante à deux dents... et à sa base il distingue un... truc... bizarre... enfin, un truc, un personnage plutôt. Il écarquille les mirettes en reconnaissant un glupin caillasseux - Petit cours de biologie: le glupin caillasseux est une sorte de nain, mâtiné de Golum, et doué d'une capacité assez étrange, celle de prendre l'apparence de son milieu ambiant: la caillasse. Fin du cours (vous en connaissez des profs aussi rapides?) - Et ce glupin là, est en train de taper régulièrement à la base du piton avec sa massue en ouvrant la goule régulièrement... Esbrouf se décide tout de même à ôter ses testicules des oreilles (enfin, pas les siennes, vous m'avez comprise...) pour essayer de piger ce que le coco dégoise. Il ne dicerne qu'un « la-la-laaaaaa! » éraillé, ce qui le laisse sceptique sur la capacité neuronale du glupin. « Eh le glaiseux!!! T'en connais pas d'autres de ritournelles, parce que celle-là, plus scie, tu meurs! Le glupin, l'oeil torve et un tantinet irrité d'avoir été dérangé dans ses manifestations vocales, se retourne brusquement vers notre anti-héros? "Kiktetoi, pour faire perdre la note à Pavé-Roti, le maestro pitonneux? - Quelle note? Quel maestro? Je pige kekouik! - Je suis le gardien du diapason rocheux, celui qui donne la note pour l'ambiance sonore de notre contrée, je donne le « la » quoi! - Je voudrais pas paraître grossier, mais ton « la » n'est pas d'ici! Ça, ça n'a jamais été un « la »! C'est tout sauf ça! De loin on ne pige que "Hiiiiiiiiii" c'est tout faussé ton truc! - Et comment que tu le sais, l'encanassonné? Tu sors directe du conservatoire lyrique des chanteurs de corps de garde? T'as l'oreille absolue? - Nan, mais j'ai des mirettes et je vois bien qu'à ta fourchette géante il manque un bout. Alors évidemment, ça fausse tout de même un peu le ton, et je dirais même plus, ça fiche un sacré souk aux alentours question « ambiance sonore » comme tu dis!"
Le glupin en reste la goule ouverte! Ça fait un bail qu'il s'égosille à pousser sa note et qu'il n'y arrive jamais! A quoi il sert alors?
On arrête là, on verra plus tard (à mon avis, un petit coup de main va valoir à Esbrouf un truc en échange, utile, ou pas pour la suite de ses aventures)
Allez, je file, cogiter à la suite et vous souhaite une bonne journée à tous. La dragonne
Impulsions, coups de coeur et de gueule, idées diverses au fil des notes et journées. Vous trouverez dans ce blog ma vision de l'opéra et de bien d'autres choses.
Et aussi ma passion : les dragons.
Comme ma trombine évolue au fil de ce "rondudju" de temps, une petite mise à jour du portrait du bestiau, j'ai encore changé de "look" comme on dit... et le cliché du trombinoscope n'est
plus vraiment d'actualité (avis, première et dernière fois que vous avez droit à ma goule, moi et les photos, ça fait quarante-douze)
Commentaires