Et un arc-en-ciel, un !

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Merciiiiii !!!

Merci de ne pas me faire me sentir toute seule à trouver que la terre ne tourne plus rond, merci aux potes qui tentent du mieux qu'ils peuvent de nous serrer dans leur bras par clavier interposé (mouais, je sais, l'image est des plus hasardeuse, m'enfin...) . Merci surtout de montrer qu'il reste un tant soit peu de vigilance au fond de certains esprits et regards !

Et merci aux... cons !!



... Pan ! Grand blanc!  L'émotion retombe et tout le monde se dit, "ça y est, elle fait une rechute !"...

De un, il était évident que l'émotion retombe dans les parages, vous me connaissez depuis le temps, le rire sauve le monde des dragons. Mais surtout grand deuzio : je reviens juste d'une sorte de visite de courtoisie  (pas celle évoquée dans le billet précédent, quoi que, en y pensant bien, j'ai fait preuve d'une zénitude quasi bouddhique), visite imprévue chez une résidente de notre quartier, totalement inconnue au bataillon... j'ai vite pigé pourquoi d'ailleurs.

Bon, on commence par le début, ça fera moins mal à la tête et tout ce qui suit découle de mon pétage de plomb dans le billet précédent..
J'étais tellement branchée sur secteur qu'on m'aurait fichue une ampoule soixante-dix watt (où vous voulez, un peu  à vous d'avoir des idées salaces) j'éclairais tout le quartier. Cet excès d'énergie il fallait continuer à l'évacuer, d'une manière ou d'une autre.

Pour ce qui en est du défoulement physique, il faudra attendre ce soir, si ma gamine se sent en forme, mais malgré la décision de l'accompagner hier soir jusqu'à Montauban(1) pour un concert hip-hop, le tonus général ne tenant pas trop la route, la caboche a pris le relai, assistée de mes deux pognes, et j'ai fait un condensé de l'article, l'ai imprimé et passé à mon proxime voisinage , avec consigne de faire passer à son tour  au suivant, que ça fasse le tour du quartier - (avec tout de même une mise en garde, les résidents ne me connaissent pas spécialement pour mes frasques bloguesques, ça pouvait piquer les yeux non mithridatisés !) - j'avais mis le tout dans deux chemises transparentes pour éviter qu'on ne se torche avec au cas échéant (je sais que l'image de l'impression délayée par les larmes versées m'auraient bien plue, mais dans le doute...)

Ce 'J'accuse" du pauvre enveloppé et pesé, il me fallait attendre que la nuit s'écoule avant de pouvoir continuer à pourrir l'ambiance quiète et anesthésiante des doux foyers environnants (en bref, foutre ma m... dans leur quotidien tout bien rangé)

Ce matin, je pars donc aux nouvelles, après les sempiternelles et gonflantes courses de fin de semaine, et frappe à l'huis d'une des deux bicoques que je supposais avoir receptionné le "poulet", étant donné que la copine à qui j'avais confié le tout avait déjà lu et filé le truc à quelqu'un,  mais sans m'indiquer le sens de son passage de bâton-relai.

Premier sourire après un p'tit coup de mou, (elle m'a prise au dépourvu avec son accolade la p'tite vache', mais je ne lui en veux pas) La voisine qui me répond n'a rien  eu dans sa boîte aux lettres. A vous signaler qu'on a de très grandes conversations, mais par gestes, elle est sourde-muette, ainsi que son mari, ça ne me gène pas, j'ai côtoyé pas mal de gens qui étaient dans leur cas et je connais les "bases" de leur langage(2). Elle est sympa, un peu soupe-au-lait parfois, mais son défaut n'est pas son handicape - (quel handicape d'ailleurs, enfin en ce qui me concerne ?) -  c'est qu'elle me déballe toujours sa vie, je suis pudique de ce côté, ça me gène toujours un peu de connaître l'état de sa matrice ou ses problèmes de vergetures... m'enfin; je laisse courir... Et là, je crois avoir mal pigé quand elle me confie un nouveau secret de famille : ses frères ne l'aiment pas, ils ne se sont jamais "entendus" d'ailleurs (3)

On peut dire que ça commence très fort ! Comment arriver à être persuasive si on a les larmes au yeux  (ça, on peut le mettre sur le compte des circonstances malheureuses de ma visite) et qu'on se bouffe les joues pour ne pas éclater de rire ?! (ça, c'est déjà beaucoup moins crédible). Sans compter sa charmante mère en visite qui a un accent  "roulant" à couper au couteau, qui fleure bon la luzerne et le serpolet ainsi que les lapins et les poules qui vont de paire dans ce tableau champêtre et rustique, Môman qui tourne en boucle sur le fait que les bestiaux c'est des crèves-cœur et que ça passe toujours sous les roues du Caterpillar (je grossis légèrement le côté rural, mais désolée, c'est l'accent qui a démarré tout le processus mental) et ce malgré mes efforts pour lui signaler que je ne craquais pas (ou plus) pour mon chat, mais flippais pour les prochaines victimes, à quatre pattes comme à deux.

Légèrement épuisée par cette visite à l'origine "éclair" mais qui a duré jusqu'au gong de reprise annonçant l'accompagnement de sa gamine à l'école, je file donc  vers "l'autre" voisine, celle que j'ai bien fait de zapper surs le plan d'occupation des sols du secteur, mon bloc-note toujours au poing, des fois que je tomberais sur des gens normaux... (c'est à dire ayant une connexion internetienne) le balançage de mon adresse de blog aurait évité d'avoir à attendre que la lettre ouverte fasse le tour de tous les autochtones, mais c'était sans compter  les nombreux réfractaires à tout ce qui est progrès informatique et qui servent comme excuse qu'ils sont "périmés" depuis belle larirette (c'est ça... t'en as d'autres des excuses du même topo ?!)

Je plante le tableau : la p'tite maison dans la prairie, sans Charles Ingals... Non, pire !  L'antre moisie des sept nains après le départ de Blanche-Fesse qui tempérait les délires décoratifs de ces mineurs de fond.
Un chien en terre cuite verni tente de me figer telle une Gorgone de son regard inexpressif au milieu d'un bassin à oiseaux rempli de magnifiques liserons plastifiés, un des nains (victime de la Gorgone certainement) tente désespérément de récupérer sa brouette qui s'est déjà fait la belle à l'autre bout du terrain (le trou dans les boules qui lui servent de pognes révèle l'absence du véhicule léger) Les meutes d'animaux et personnages  immobiles et luisants de vernis protecteur me fichent le tournis, lequel va me sauter au mollet en premier du Leprechaun binoclard ou du.cocker à tronche de dogue ?

Le portail est ouvert, la maîtresse des lieux,  sans âge, claudicante et aux cheveux teints me fait une drôle d'impression  (je pige ! La nuance est presque identique à la mienne, c'est décidé, je vais changer de couleur, elle m'a fichu les boules !) Elle laisse entrouverte sa porte triplement déverrouillée mais ne fais aucun geste, ni pour me faire entrer (je subodore la herse qui s'abat comme la Veuve des temps révolutionnaires planquée dans le faux plafond et les pointes enduites de poison qui sortent des murs pour me punaiser comme bombyx en sa vitrine) ni pour sortir de son côté (elle ne maîtrise peut-être pas ses "meutes" elle non plus, n'étant pas l'alpha du clan)
De toute façon hors de question que je mette un doigt de pied sur son carrelage, les biscuits de la vitrine me dardent d'un sale œil, j'ai pas confiance, z'ont  l'air sournois ces ramoneurs pasteurisés ou ces pasteurs ramonisés (bon, tant pis le mal est fait, j'assume, bergères ramonées m'est venu en tête, vous êtes contents ?!)

Je m'enquiers sur le fait qu'elle ait  eu vent ou non de ma "littérature", en ayant soin du coin de l'œil de vérifier qu'il n'y ait pas de four ouvert et que les volets sont bien peint en vert et non en fruits confits(4)
Remarquez, j'ai passé l'âge et il faudrait du temps pour qu'elle réussisse à m'engraisser un peu.



Qu'est-ce je n'avais pas dit ?! Elle se fend d'un sourire qui lui coupe en deux sa face lunaire craquelée de fond de teint mal enduit (ça se confirme, je garderai mes pattes d'oies "nature"), avance une pogne en griffe (ça y est, elle va me bouffer !) et tente de me tirer à l'intérieur pour que je constate qu'elle "a lu plusieurs fois" la missive et qu'elle voulait "justement" me voir à ce sujet (5)

Je me fends également d'un sourire diplomatique et neutre, attendant  ses réflexions personnelles sur le sujet... et boum !

J'ai droit à un cours de psychologie de quai de gare appliqué.! Elle sent en moi la personne aigrie, sans amis,  qui s'interdit d'avancer, qui hait les gens etcétéri etcaetera.. Et surtout, comble de l'horreur; qui parle très mal pour une femme. (j'ai tout de même une la moyenne  en orthographe, c'est déjà ça !)
... J'en reste comme deux ronds de flan !

Avec le recul, et mon état de nerfs, tout pouvait mal finir (surtout pour elle la pauvre !) mais ma soupape numéro deux s'est déclenchée d'elle-même, l'humour.
J'ai sondé calmement, ayant l'air (mais non la chanson) d'abonder dans son sens et de vouloir bénéficier de ses enseignements salvateurs, j'ai sondé donc les non-profondeurs de sa personnalité  de pseudo grande voyageuse et curieuse devant l'Eternel.

Tiens donc... elle a tout fait, tout vu, était directrice d'une clinique dont elle taira le nom par pudeur, a vécu chez l'habitant lors de ses balades autour du globe, maîtrise parfaitement la psychologie et la "grande" musique (6), ça coule de source  quand on connaît son ex-profession.: .. comptable... (tiens donc, une comptable peut diriger une clinique ?!)

Là, il me fallait un magnéto, je fulminais de ne pouvoir l'enregistrer, c'était trop, je n'allais jamais me rappeler toutes les c...affabulations qu'elle tentait de me faire prendre pour un cinquième évangile canonique.

Plus elle en disait, moins elle se rendait compte que ce n'était point l'admiration respectueuse de Carla Bruni durant sa visite au Dalaï lama qui habitait mon regard baissé modestement mais une envie quasi incontrôlable d'éclater de rire qui orientait mes yeux et mon nez vers le gravillon coloré de l'allée, parce que proportionnellement à son air personnel du catalogue (voir Leporello pour Don Giovanni pour ceux qui n'ont pas pigés) chaque ponctuation à son discours (exclamative la ponctuation, évidemment) pour montrer sa "valeur" ne faisait que faire peser sur mon chef l'irrépressible attraction terrestre, le faisant s'incliner un peu plus vers le sol (j'étais à deux doigts de me retrouver  en position idéale pour la prière à la Mecque)

Et ça continuait, ça continuait... et fiston continuait à faire crâmer ses nouilles en attendant que môman refasse surface et toujours rien sur le cas de société évoqué par mon truc.
J'ai tout de même réussi à me faire lâcher la grappe (j'ai les raisins plutôt fragiles au bout d'un moment) et me suis esquivée en prétextant que j'avais d'autres personnes à solliciter et en récupérant mes écrits avant qu'elle ne sorte le stylo rouge pour corriger la copie.

Un peu sur les rotules, mais à cause du fou-rire, je suis allée confier le tout à un autre voisin, qui fera suivre de son côté, c'est plus sur car je soupçonne Cruella de passer le pamphlet avec un p'tit mot d'explication sur l'âme noire et associale qui l'a pondu, pour rester crédible ce n'est peut-être pas la solution

Comme vous voyez... je suis sortie de mon trou, merci donc aux cons....à la conne, pour être excacte, et il paraît selon elle que généralise trop, donc  je rectifie avant qu'elle ne me mette un zéro pointé.

Quand je vous dis que j'arrive à toujours rebondir, vous me croyez cette fois ?

Le pire, (je sais je suis affreuse), c'est que j'ai envie d'accepter son invitation pour converser "plus profondément", rien que pour pouvoir vous en parler de temps en temps (post-it sur le frigo : ne pas oublier l'achat d'un magnéto ou d'un dictaphone, ça peut être utile pour les oublis, ça serait ballot !)

C'est donc un sourire serein planté sur la goule que je vous balance ce billet. Que tout le monde se rassure, je suis revenue (suis-je jamais "partie" d'ailleurs)
Bonne fin de semaine et surtout n'oubliez jamais le rire !

la dragonne


(1) Je sais, j'suis un peu "popote" sur le coup, mais franchement je me sentais mal de la laisser partir toute seule à un concert et de revenir à la nuit bien avancée dans l'état moral où elle était. J'ai bigophoné pour savoir si je pouvais avoir une place juste avant le concert et après l'assurance que tel était le cas (surtout que le "groupe" n'est pas top-cinquantisé ou Star-aquisé) on est allée se trémousser comme deux perdues au son du RnB et des rifles très jazzi... Ah, pour information, si ça vous branche c'est ce genre musical et j'ai plus de voix, nous fûmes tous fortement invités à jouer les boîtes à rythme (pas les chœurs, ça aurait été trop... mélodieux)  Ecoute ici, là et ailleurs

(2) sans compter qu'il y a plusieurs écoles pour l'apprentissage du langage: signes, lettres "dessinées" avec les doigts pour les mots compliqués, formation accentuée et ralentie des mots pour qu'on puisse piger sur les lèvres, mimes... je fait un cocktail de tout ça, j'ai du bol, elle pige et son entourage aussi et ça fait des vacances à la tribu, je peux parler des heures sans qu'ils aient les oreilles qui sifflent à force de m'entendre caqueter.

(3) elle cumule, elle m'a déjà fait le coup avec son mari qui est divorcé d'un premier mariage sans môme et pour les mêmes raison (la "non-entente")

(4)Tiens, du coup, en parlant de Hansel et Gretel,  vous connaissez Humperdinck ? Pour vous mettre en bouche.... trois extraits (j'aime bien cet opéra, la seule œuvre connue de lui d'ailleurs) L'ouverture, on chahute entre frangins prière du soir et final, ça devrait aller... pour un début

(5)  au fait t'es adorable ma poussinette de voisine mais le petit mot ajouté au passage de bâton-relai signalant que j'étais "très mal"... c'était peut-être pas la peine, le prochain qui m'ouvre la porte me fiche une bastos dans le caisson pour abréger mes souffrances et je suis tout sauf mal depuis, j'te rassure !

(6) Vi, Johann Strauss et son schöne Danau en fond sonore, ça pourrait confirmer... sauf que c'est du viennois dit "léger" et pas de la grosse artillerie...et puis j'te signale Cruella que Nathalie Dessay et Cecilia Bartoli, c'est pas la même tessiture (surtout dans du Haendel, que tu n'as pas reconnu d'ailleurs) m'enfin, la "grande" musique, ça doit dépendre de la taille de l'égo aussi.

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Véro 22/11/2008 13:59

je te propose cette panoplie :
http://chuckanimation.over-blog.com/article-21692690.html
Tu pourras à la fois cacher ta chevelure et nous faire un enregistremebt discret.
Véro

24/11/2008 07:28


La "crapette" de Base Ball me sied fort mal, désolée hé, hé;.. Bises Véro


praskova 13/11/2008 18:05

Ha ma ptite mie,
Trés déçue de ne pouvoir t'avoir inscrite sur mes plates bandes lyriques, j'ai finit par te nomer à la proue de ma galère.. Donc tu auras certainement de la visite sur ta goelette.. C'est Tristan qui va être content.. Que le vent t'inspire!!!!!!

19/11/2008 08:31


Désolée de n'avoir pas insisté ma grande, mais une inscription sur plusieurs "plates-bandes" me ferait me disperser encore plus que d'habitude... Merci pour ta visite ma belle, et compte sur la
mienne aussi, (faut que je mette un pense bête par contre, tu connais ma tête de piaf !) Tristan... un p'tit nom prédestiné au lyrique ça hé, hé. Bécots virtuels


mamie d'Alsace 03/11/2008 08:19

la journée commence bien... écroulée par ta prose... bon, avant ton coup de sonnette, vais mettre mes nains au chaud...

03/11/2008 10:52


Ils sont encore là ?! Tu sais qu'un mouvement de libération du nain de jardin existe hé, hé ! Bonne journée mamie d'Alsace


juliette 02/11/2008 17:59

Je te lis avec un peu de retard, because problèmes de santé de mon mari, mais comme d'habitude ta litterature me détend.
Moi, M'dame, je n'irais pas me pointer chez mes voisines, parce que je ne suis aimable que sur le net, et de surcroit sauvage.
Bises

03/11/2008 07:17


Morte de rire parce que je suis "aussi" traitée" de sauvage, étant entourée de dames accro au tupperware et aux cosmétiques, s'il y avait un club de jeux-vidéo ou de
musique dans le coin, je serai plus "sociable" peut-être hé, hé;
J'espère que ton mari va mieux et bises Juiette


Adûnä Faël 01/11/2008 01:55

J'ai pas tout compris le délire là, mais en même temps je suis pleine nuit d'Halloween, c'est normal, hi hi !!!
Bises, Adû

03/11/2008 07:18


Tu m'étonnes !!! Bises mon prince !