Un troyen à carthage

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Bonjour !



(Je sais, comme jeu de mots visuels, y a mieux, mais faudra vous en contenter  et on est- férié, déjà bien que je sois aux fourneaux !)

Prêts pour une virée carthaginoise ?


... Me dites pas que vous avez bouffé la commission ?!...
Dido and Aeneas in grand-breton in ze texte... toujours pas ?:
D'accord, j'ai mis un peu de temps à vous basculer l'info sur l'affaire du rescapé troyen, mais tout de même, mettez-y un peu du  votre si vous ne voulez pas vous retrouver affublés de noms d'oiseaux, genre... carassin doré...(bon d'accord, il y a mieux comme piaf, mais  c'est rapport au volume cérébral)

Rien ne vaut une immersion complète pour le décrassage neuronal plutôt qu'une toilette de chat* alors on s'y plonge illico, sans tâter l'eau pour gagner du temps** (et ça fera pendant de cheminée avec l'image du poisson rouge de toute façon, sans compter que Carthage n'est pas loin de la grande bleue si je n'me buse...)

Je signale tout de même, c'est rare mais ça peut être utile pour le côté tronqué de ce "masque en quatre divertissements musicaux", qu'on a paumé pas mal de p'tits bouts de l'oeuvre durant les deux siècles que  l'ouvrage  a séjourné au fond d'un tiroir vermoulu d'un cabinet de musique quelconque.

Ecrit aux entournures de 1689 par une certain Riton Purcell, il revoit la lumière du jour bien plus tard, totalement découpé à l'arrache par rapport au livret original (de Naltum Tate, encore un nom à coucher dehors avec un billet de logement ça !)
Un exemple de cette coupe sauvage est l'absence de musique  pour le prologue (peut-être simplement récité à l'origine, on était pas là pour s'en faire une idée de toute façon).et surtout le grand blanc  de la scène finale de l'acte deux, (chœur et danses) totalement passée à la trappe ce qui fait qu'on termine bizarrement l'acte par un récitatif (je sais... ça vous fait une belle guibole que je vous narre les mésaventures d'un livret paumé des lustrines avant qu'on ne pense que ça serait bien de le remettre à la mode, m'enfin, ça peut intéresser des archéo-musicologues, ou des curieux de nature)

Pour les amateurs d'œuvres courtes, ça tombe plutôt bien, celle-ci dure à peu près une heure, pas le temps de se lasser (je dis ça pour ceux qui frémissent à l'évocation des  heures wagnériennes  consacrées aux
journées du Ring, ou pour les frasques nurembourgeoises d'un dénommé Sachs***) et de toute façon, le baroque est plus que audible non ?

Bon, on s'y colle à cette variation sur le thème virgilien de l'Enéide, un bijou - vi, j'insiste, un "joyau" même, soyons fous ! -  ne serait-ce que pour les lamentations finales de cette chère Didon (ah, Janet Baker !)

- aparté : (tiens donc !)  : j'ai frisé le postage de tout le bastringue, mais je le coupe en tranches, même si ça me paraît mesquin les portions, je pense à vos p'tits yeux, c'est-y pas meugnon ça Môdam ?!


DIDON ET ENEE - Henry Purcell - (1659 - 1695)

Ouverture


ACTE I


Le lieu
: appartements de grand standing de Didon, T-quarante-douze (c'est ça le standing, le nombre de piaules et la localisation à deux pas de la plage) vulgairement appelé "palais"

les personnages
:
- Didon (ou Elissa), la proprio, accessoirement reine de Carthage (soprano ou mezzo, je préfère mezzo quand on mesure le registre qu'elle doit couvrir, haute-contre à la rigueur, vu qu'à l'origine les rôles travestis étaient de mise, pensez à Farinelli, même s'il est né quelques années plus tard - pensez plus "jeune" avec Klaus Nomi si ça vous parle mieux)

-
Belinda, sa frangine (soprano), rappelez-vous ma classification personnelle, les soprani sont généralement des "gentils" parfois au sens neuneu du terme, souvent des "subissants" sais pas pourquoi... mais ça n'engage que moi évidemment cette explication

- Leur "suite", c'est à dire le chœur obligatoire pour donner du volume à tout ce tralala; (vous en connaissez beaucoup de cours de palais avec trois pelés et un tondu vous ?)

-
Enée, le fameux Enée chanté par Virgile, le pov' p'tit gars qu'à tout paumé quand Paris a décidé de choisir la mauvaise déesse pour partager la pomme de son goûter (si vous avez des "blancs", c'est par ici et par là que ça se trouve

- Ses potes (il a droit aussi à un chœur, même s'il est exilé, c'est tout de même un chef !)


-=-=-=-=-=-=-

Pas de temps mort, tout ce beau monde entre, les dernières notes de l'ouverture à peine égrenées (ne pas oublier qu'on a paumé de bouts du truc, ça fait comme pour certains films argentiques qu'on tente de sauver du naufrage cinématographique en collant entre elles des bandes coupées à la va-comme-j'te-pousse) il manque donc un prologue mais ça fait la farce tout de même.

Didon fait du boudin et c'est sa frangine qui se croit obligée de meubler la conversation qui s'étiole :

" Arrête de tirer la goule, t'as de l'oseille, la... propriété  s'étend de plus en plus, t'as tout ce que tu veux.... qu'est-ce qu'il te faut de plus !
- vi - chante le chœur  (il sert de ponctuation très souvent, genre point d'exclamation, ou phénomène d'écho, des fois qu'on aurait pas entendu la tirade des solistes) - et une belle nana ne devrait jamais broyer du noir (t'en as beaucoup de ce genre d'adage à la c... le chœur ? Belle ou pas, nana ou pas, je me demande qui paierait pour se retrouver des papillons noirs plein le ciboulot !)"

Didon, un peu saoulée par tant de prévenance se croit obligée de donner une explication à son tirage de goule. Elle a une peine de cœur (et non de chœur, ça c'est au chef de chorale de se la coltiner) Sa frangine lui conseille de cracher sa pastille, vu que plus on la boucle, plus on morfle en principe, (comme les rages de dents pour éviter la roulette du dentiste pour les trouillards).

Didon fait sa mule en persistant dans son mutisme, mais c'est sans compter que la gamine a oublié d'être mononeuralement équipée :
" 'Tends que j'devine... t'en pinces pour le troyen débarqué avec la marée et c'est humain, il nous a tous retournés avec le récit de ses mésaventures, rien de tel chez nous les nanas pour faire vibrer la corde sensible.
- Et en plus c'est tout bon une alliance entre deux encouronnés, ponctue toujours le chœur, l'union fait la force (et l'oignon la soupe) c'est de la stratégie militaire ça ! (adieu l'image romantique de deux cœurs battant à l'unisson, le "peuple" pense à ménager ses arrières, la sérénade au balcon, ça lui passe au-dessus de la tête quand le pays a besoin d'assurer ses bases)
- On peut dire qu'il a su taper où ça fait mal le coco ! - soupire Didon - Qui plus que quelqu'un qui a morflé dans sa vie est capable d'avoir pitié d'une autre "victime" ?! Mais le 'blème, c'est que j'en pince un peu trop, c'est pas normal... (si tu le dis...)
- T'inquiètes ! Il est accro aussi, ça se voit comme le pif au milieu de la goule ! Le p'tit joufflu ailé a pas perdu la main !" (ici évocation d'un Cupidon jouant les jardiniers en leur balançant en pleine tronche des fleurs directement piquées aux parterres élyséens, au diable les varices quand à la métaphore)

Entre Enée et sa suite (et vi... chacun à son chœur, c'est ça la classe !). Belinda l'annonce, comme si on n'avait rien vu après tout le foin qu'a provoqué son entrée, m'enfin c'est du lyrique, les personnages ont une tendance certaine à décrire tout ce qu'ils font et disent, au cas où le jeu de scène ne suffirait pas (ou que le preneur de rôle soit translucide) :
" Mate un peu comme il en jette ton héros !
- Euh... dis moi bibiche (c'est Didon la bibiche) quand est-ce que tu vas me mettre au jus pour tes intentions en ce qui "nous" concerne...
- Tu la fermes illico si tu veux que je reste polie !
- M'en tape ! J'te kife trop :! Fais-moi risette et j'suis cap d'affronter n'importe quel agrès de salle de sport" - (je sais... depuis mon inscription, j'fais une fixette sur la forme physique, désolée !)

Didon se fait travailler au corps par sa frangine et le chœur qui lui susurrent sournoisement l'un que seule celle qui a blessé peut guérir la blessure et l'autre que les yeux du type valent toutes les déclarations enflammées (joli travail de sape !) Et comme  tout finit (enfin l'acte) par une bonne bouffe et un tour de piste, tous le monde est invité à s'en ficher derrière la cravate et à jouer  chorégraphiquement des ripatons au son d'une danse triomphale.

Fin de l'acte, vous voyez, j'ai fait court... On verra la suite plus tard... et pour les extraits musicaux, il suffit de taper sur Youtube Didon et Enée de Purcell, le choix est vaste quoi que la qualité soit difficile à trouver, trop peu joué certainement, j'ai fait au mieux mais vous avez votre propre idée à vous faire, donc n'hésitez pas à fouiner et sur d'autres sites musicaux si vous connaissez d'autres adresses qui "osent" le lyrique

Bonne journée fériée et à plus.

La dragonne

* ne niez pas le fait d'avoir occupé la salle d'eau des plombes quand vous étiez mômes, histoire de faire beaucoup de bruit avec les robinets et de juste se mouiller le museau, parce que "ça mouille trop" et que, comme nos aïeuls d'une autre époque, si on se lave trop, la bonne crasse ne nous protège plus des microbes... J'ai d'ailleurs lu quelque part que les français sont pas au top niveau question hygiène, mais où là est la question à trois brouzoufs !

 **j'en connais qui font ça, on s'éclabousse le nombril, la zone rachidienne comprise entre la c1 et c3, deux doigts suffisent, on ne va pas jusqu'à la septième vertèbre, et on entre douuuuucement dans la flotte, en espérant soit qu'une résistance électrique géante apparaisse et chauffe le tout comme qui rigole soit qu'on se retrouve enduit de graisse de phoque par miracle façon nageur du premier de l'an dans les pays où on se les pèle dès juillet

*** Les Maîtres Chanteurs de Nuremberg de Wagner et le dixième opéra et un des plus long, quatre heures trentre, sans les entractes...


PS: ce rondudju de net faisant sa mijotée, ça rame, infichue de changer la couleur de mes liens... n'oubliez pas de cliquer sur "ouverture", il y a du son derrière.


Publié dans Purcell

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Quichottine 05/08/2009 10:37

Moi je rigole.

Je viens de plonger à nouveau dans tes archives.

J'aime bien tes digressions... je me demande si toutes les deux nous arriverions à avoir une discussion qui soit autre qu'à bâtons rompus. :)

02/09/2009 08:23


J'ai un doute... serais-je capable de toute façon de tenir le fil d'un seul sujet sans digressions... (j'ai tenté, à l'usure, ça revient hé, hé)... Je sais que c'est
fatiguant pour les autres... Ils ne savent plus où se repérer dans tout ce que je dis... le pire c'est qu'un de mes frangins est pareil, quand ma gamine ainsi
que dragon nous ont écouté parler dernièrement, ils se sont aperçu qu'on tournait de la même manière et qu'on n'avait pas cassé le satané moule à ma conception
(c'est mon cadet) un commençant la phrase, l'autre la finissant... horrible pour les
non-initiés !


rene 18/11/2008 03:42

Bonne journée amitiés de canton
Qing et rene
A bientôt sur: http://belgique-chine.over-blog.com
La Chine hors des sentiers battus, par le tourisme.

19/11/2008 08:16


Bonne journée (plus tard) également vous-deux et à plus...


:0091: Lili-Flore :0010: 17/11/2008 22:48

en ce moment activité super débordantes et loin du PC, donc logique que je pédale vite sur la dynamo pour tenter de visiter les ceusses qui me laissent trace de leur passage. J'ai encore un article de prés, après on verra. Je te souhaite une bonne soirée avec des bigs bises

19/11/2008 08:17


Freine la cadence ma grande, tu va manquer de souffle hé, hé; Bises Lili


:0037::0038::0075::0076::0110::0091: 17/11/2008 13:08

hello...soleil par ici pour un lundi déjà pas mal.....et toit comment vas-tu ....? te souhaite une bonne journée et à lundi prochain ? enfin on verra...!!

19/11/2008 08:18


On ne peut mieux... pas de soleil depuis lundi, mais douceur au programme, c'est déjà ça ! Bonne journée Simone


rene 17/11/2008 08:54

Bonne journée amitiés de canton
Qing et rene
A bientôt sur: http://belgique-chine.over-blog.com
La Chine hors des sentiers battus, par le tourisme.

19/11/2008 08:19


Bonne journée de Haute Garonne vous-deux