Avant de continuer la narration du mauresque ténébreux, un petit article concernant ma question sur la gondole, ou plutôt sa décoration de proue et de poupe.
Tout d'abord, honneur aux invités, alors je balance le "devoir" de deux élèves (bin oui, j'ai décider de la jouer pédagogue aujourd'hui) plus rapides que moi à se manifester (encore heureux que personne n'ait eu l'idée de se mettre en apnée en attendant, trépignant d'impatience la réponse vitale et nécessaire à leur survie, Soupalognon-y-croûtons, à côté, il aurait un teint de lys et de roses!)
Christine Le fer est l’élément qui caractérise la proue de la gondole. A l’origine, il garantissait à la barque la stabilité longitudinale et permettait de contre balancer le poids du gondolier. La tradition populaire veut que la partie antérieure (pettini) représente les six quartiers (sestieri) de la ville et celle à l’arrière, l’île de la Giudecca. La double courbure en S devrait, quant à elle, simuler le cours du Grand Canal. La lunette, située sous une corne ducale stylisée, symbolise le pont de Rialto.
Lili La Gondole est l'embarcation vénitienne par excellence. L'étymologie du terme reste inconnue, malgré les nombreuses recherches qui ont été menées pour la découvrir. La couleur noire fut imposée par la République dans les années 1630 pour limiter la somptuosité des ornements dont usaient les nobles et les riches pour décorer leurs gondoles. Les règles de construction en sont très sévères. La gondole est une grande barque à fond plat dont la coque, élégamment relevée à l'arrière et à l'avant, est asymétrique : le côté gauche est plus long de 16 cm. Cette asymétrie compense la présence d'un seul aviron à tribord et rend la gondole extrêmement maniable et stable en dépit de sa longueur (plus de 10m). La proue est ornée d'une pièce en fer en forme de peigne à six dents, qui symbolise les six quartiers de Venise. La dent supérieure, prolongée vers l'arrière par une septième dent, représente Dorsoduro et l'île de la Giudecca qui forme un seul quartier. On comptait plus de 14 000 embarcations au XVIIIe siècle. Elles sont environs 400 aujourd'hui.
Bon, donc, c'est trouvé! Ce bidule style peigne à tignasse de dragonne, c'est effectivement la représentation stylisée de Venise et des ses canaux. Par contre, petit précision Lili (et les autres qui se farcissent mes blaguasseries évidemment)
J'ai trouvé autre chose que je vous balance dans la foulée.
Gondole, gondola, gondula, cymbula, kondura et Kondyle. Et bien ça, il paraîtrait que ça serait l'origine du nom (ou les origines, on cherche encore le certificat de paternité pour vous dire). Par contre, si je dis ça, on va réaliser "enfin" que je cause pour noyer le gondolier et que ça pourrait être aussi bien un nouvelle variété de pasta sciuta. Alors je précise:
On parle "gondola" dès 1094, bidouillé en latin médiéval en "gondula". Là, les origines sont plus que fumeuses à mon avis, parce qu'on ne sait si la coque de noix vient du latin cymbula, petite barque (cymbula, gondola... faut chercher loin je trouve), ou arrive elle-même et pas ses propres moyens de la Grèce bysantine sous le pseudo "Kondura", toujours pour désigner un "f'êle esquif' à babo'"... (s'cusez, c'est le Baba "Otellotisé" qui me travaille) et même du patelin du Sirtaki où ça se prononce "kondyle", coquille (là, je sais qu'on parle de coque ou coquille de noix, pour un rafiot... serait-ce la bonne mon cher Watson?)
La barcasse gondolée a été imaginée par des "Squeraroli" (ouvriers de chantier de construction naval de quartier, si on peut dire). On comptabilisait pas moins (plutôt plus d'ailleurs) de 14000 gondoles aux XVIIème et XVIIIème siècles. Ils ont dû faire une journée porte ouverte, comme les sous-marins belges, parce qu'il n'en reste plus que 500.(cent de plus que toi Lili, ah... les chiffres!)
Pour le fond plat du canot, on se doute bien que c'est comme la pinasse ou la barque du marais poitevin, pour éviter de frotter le fond des canaux (c'est pas abyssale la laguna!)
Un p'tit tour côté mensurations? 10,87m pour 1,42m ; une grande perche façon planche à pain quoi. Mais pour le défilé, elle repassera parce qu'elle est plus large du côté gauche (24 cm) et plus inclinée sur la droite (tiens, ça me fait penser à "Félicie... auuuussiii!").
Comme "l'âme" du violon, elle a une pièce délicate (en plus du travail des deux bords assymétriques évidemment) c'est la "forcola" le truc qui soutient la rame (il remo) Si ça peut prendre six mois pour se construire sa gondole, on conseille fortement de laisser ces deux pièces (farcola et côtés du bateau) à des pros, spécialisés là-dedans (sinon tourner en rond ça vous dit?)
Ce qui m'a laissée baba, c'est le nombre de pièces de bois qui la composent. On aurait pu croire que c'était tout d'une même stère et bien même pas! "280 pièces taillées dans huit essences différentes selon le poids et le comportement sur l'eau" (sage... turbulent...travailleur, pour un bois, c'est un défaut!) des noms? "Pin, mélèze, cerisier, noyer, orme, chêne, tilleul et acajou. La coque se la pète en n'ayant "pas moins de 300 pièces" (là, en récupérant l'info, j'ai eu un doute... 280 puis 300, j'ai loupé une rame ou quoi? Qu'on m'explique les vingt supplémentaires... ils ont fait des p'tits ces pervers qui ne sont pas tant que ça de bois?)
Résultat de l'opération: épargnez si vous voulez votre gondole, parce que c'est pire que la peau du valseur.
Quand on voit des clichés, rien ne ressemble plus à une gondole que les autres copines amarrées à côté. Et bien là encore, on se plante allègrement! Le type qui manie la hache a une astuce pour chaque pièce qu'il travaille, ce qui fait qu'elle est différente mais faut tout démantibuler pour s'en rendre compte.
Sur la floppée de chantiers "squeri", on n'en dénombre plus que quatre, sortant une petite dizaine de gondoles à l'année en tout. Et encore, les rames et les forcole sont réservées à des artisans "détenteurs du secret de fabrication". Pour les licences, on ne les attribue plus que de papa à fiston (si vous vouliez vous recycler là-dedans... rapé! Oubliez ce que je vous proposais quant au fait d'en construire une, par contre en légo ou allumettes, pour occuper vos loisirs... rien ne vous en empêche, un conseil: les allumettes, ça flotte mieux)
A l'époque - comme disait ma fistonne, même quand elle causait de mes souvenirs de gamine, l'air de dire que j'étais copine de classe avec Nefertiti (ça requinque tout de suite le moral ça!) - la gondole était couverte du "felze" (et pas falzard!), petite construction fermée par des rideaux qui "préservaient l'intimité des passagers" (là, on pouvait l'ôter le falzard remarquez).
Petit problème, à l'ère de la pudibonderie tartuffienne échevelée que l'Europe a connu (XVI et XVIIème siècles), des trucs garnis de brocard, velours, rubans de soies de toutes les couleurs... ça faisait désordre (et lupanard flottant non? Manquait plus que la lanterne rouge). Ce qui fait qu'on a recouvert les felzi d'un tapis noir, mais comme les gondoliers détournaient encore la loi en peinturlurant et dorant la coque, on l'a passée également au broux de noix (du lupanar on passait au corbillard flottant, c'est gai tiens!)
Pour finir on cause un peu des sestieri (qui vient de six) ou secteurs délimités par le Grand Canal. Ils ont pour nom Canaregio, San Marco, Castello, Santa Croce, San Polo, Dorsoduro. Seul moyen de ne pas se paumer dans une ville où il n'y a pas de noms de rues: prendre la gondole ou le vaporeto (parce que le "taxi" connait mieux le secteur évidemment) et encore, le vaporeto est réservé pour la "ceinture" extérieur, vous verriez la taille de certains goulots d'étranglement dans ces canaux, je serrais les fesses pour mieux passer (même si ça ne sert pas à grand chose, ça calme).
Donc, en résumé, mis à part le côté très touristique... ça sert pas mal si on ne veut pas se retrouver à hululer à la mort en attendant qu'une réincarnation manucurée d'Ariane pour tende son fil pour nous sortir de ce °=+* grmlmleu... de rondudju de satané labyrinthe.(Mouai... ongles réincarnation... capillotracté le jeu de mot hein?)
Bon, mine de rien, ça a sa longueur mon "petit" article mais vous me connaissez, naviguer "droit devant, toute"... ce n'est pas spécialement ma formule... ça serait plutôt... voyager sans instruments et au grè du vent inspiratoire.
Allez moussaillons, débarquez, on verra les côtes chypriotes plus tard... Bonne journée. Et tous en choeur: "Elle se gondole ma valiseuuuuu, ma brosse à dent fossiliseuuuu, et nous on tétaniseuuu, on est si bieeeeen (pardon Sheila et Ringo! La dragonne
PS: par contre... l'expression commerciale "tête de gondole", quand c'est pas une insulte envers un profil ingrat à sextuple menton... les gondoles n'ont plus grand chose à voir avec les rayonnages... sauf qu'on parle des produits attrape-couillons qu'on file en bout des rayons pour nous laisser l'impression qu'on fait l'affaire du siècle (je hais les courses du Samedi, ça déteint sur moi même le lundi, la preuve!)
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Vous pigez rien à l'opéra... pas grave, je vous raconte l'histoire... à vous d'aller choper les notes qui vont avec, et ne me dites pas que c'est pour les momies... je tire à vue sinon !
Il y a des trucs à côté, histoire de vous donner un petit aperçu du bestiau... je vous préviens... ça peut piquer les yeux.
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