Bonjour !
On remonte encore dans le temps, mais on refranchit le Rhin, parce que l’opéra dont je vais parler aujourd’hui est d’un compositeur allemand du XVIIIème siècle : Christoph Willibald Gluck (quelle chance ce nom ! - hé, hé – et les prénoms j’vous dis pas !) Cet opéra s’appelle Orphée et Eurydice, c’est donc la mythologie qu’on va aborder – Eh ! Zoélie ! On cause gréco-latin ici, si ça t’intéresse !
A cette époque, la mode était au « péplum lyrique ». Le genre avec des chars solaires descendant des cintres, des personnages plâtrés et emperruqués, mais vêtus de toges, de bons gros poissons bien caricaturaux, censés représenter des baleines, des flammes infernales ou des flots en furie, moulés dans le carton-pâte, le tout accompagné d’une pyrotechnie rudimentaire (qu’est-ce qu’il y a pu avoir comme incendies de théâtres d’ailleurs à cet époque !) dans une salle où on pouvait apporter son pique-nique.
Donc abordons tout de suite la légende revue et corrigée de:

ORPHEE ET EURYDICE
ACTE I
Le lieu : Un tombeau – ben ça commence fort, côté ambiance ! Mais le cercueil est vide, parce qu’on a piqué le corps pour le mettre au sous-sol (drôle d’idée tout de même)
Les personnages : Orphée, chanteur local , les copains de son groupe et son fan-club, Amor, dieu de l’amour, Eurydice, femme d’Orphée et garde forestier (une dryade c’est une nymphe des bois, entité protectrice des arbres et surtout des chênes)
Après un court (très court même) prélude, le rideau se lève sur une grotte abritant la tombe d’Eurydice.La pauvre aurait pu mourir de n’importe quoi, parce que c’est pas Gluck qui va nous rencarder (pas trop intéressé par les faits divers le coco). Moi, je vous renseigne parce je suis sympa : elle a été mordue par un serpent alors qu’elle jouait à chat avec ses copines et un certain Aristée (le gars pensait à autre chose qu’à jouer, m’est avis, parce que c’est en essayant de se sauver qu’elle a marché sur la létale bestiole)
Donc on découvre son légitime, Orphée , leader du groupe « Orphisme » (il s’est pas foulé pour le nom en tout cas) en plein deuil lyrique (ça l’inspire) :
« Pling, pling, j'ap-pel-leu mon a-mou- reu ain-si» - en italien c’est plutôt : « Cer-co il mi-o ben co-si…. »
reprise des chœurs : « wap-doo-wap ! »

Soudain, Amor, le moufflet ailé et dodu se pointe (sauf que souvent, c’est la dondon ailée et encore plus dodue qui se pointe sur scène) :
« He, le rockeur ! C’est pas bientôt fini ces beuglantes ? Mon patron Zeus, le proprio de l’hôtel à côté m’envoie te dire que, s’il n’y a que ça pour te faire taire, il va te la rendre ta Dulcinée - anachronisme ! Cervantès n’était pas encore né ! -. Par contre il y met ses conditions et t’as intérêt à les respecter, sinon adieu Berthe ! Donc voilà le topo : Tu va descendre au sous-sol de l’immeuble. En bas des escaliers, tu déconnecte l’alarme, tu verras c’est facile, y a marqué « furies » sur l’interrupteur. Ensuite t’arrives à la chaufferie, en principe c’est là que crèche le chien du concierge, un sacré vicelard c’ui-là ! Prévois trois os de gigot, parce que c’est un vorace. Après, c’est du gâteau ! Il te reste plus qu’à offrir ton dernier album dédicacé au concierge (c’est un fan) et le tour est joué ! Il te refile son passe pour récupérer l’Eurydice, tu refais le chemin inverse, et tu vis heureux avec ta copine et très loin, à cause des décibels ! »
A peine son discours fini, que déjà, Orphée se précipite vers les escaliers. L’emplumé le retient pas la veste :
« Hem ! P’tite précision… J’allais oublier… Y a un truc vachement important pour que tu foires pas la mission : Après avoir récupéré la fille, tu files droit devant sans te retourner, même une fois, pour la regarder, sinon, le marché ne tient plus et tu peux dire définitivement adieu à ta moitié !

Orphée, ayant pris au passage sa médaille de Saint Christophe, peut commencer sa descente en tenant bien la rampe parce que l’éclairage est un peu
chiche.
Fin de l’acte I et de mon article.
A demain pour la suite de ces aventures spéléologico-mythologiques. Passez une bonne journée.

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