Bonjour à vous !
Allons-y gaiement pour la suite du péplum sans char, ni Ben Hur d’ailleurs, je veux parler de l’opéra Orphée et Eurydice de C.W. Gluck
ACTE II
Le lieu : les Enfers (flammes en carton-pâte, tôle agitée par le machiniste pour les grondements sinistres, figurants cachés sous un drap et agitant des chaînes ;.. ben oui, j’ai bien le droit de décorer comme je veux d’abord, parce que c’est moi qui raconte !)
Les personnages : Orphée, un groupe d’hystériques hormonalement perturbées, une « ombre joyeuse ». Là c’est la définition exacte du rôle : une ombre ! Vous imaginez la tronche de la minette à qui on dit : « ma chérie c’est super, je t’ai trouvé un rôle, tu joue une ombre, mais j’te rassure, joyeuse! » ça doit lui mettre du baume au cœur à l’aspirante diva ! : Mesdames et Messieurs, dans le rôle de la voix off. - mais joyeuse - mademoiselle Trucmuche !

Donc, Orphée arrive en bas des escaliers. Amor le Dodu l’ayant bien rencardé, il n’a pas eu trop de problème à part pour l’éclairage (chiche j’avais dit). Ce qu’il n’avait pas prévu, c’est que le concierge, entre temps, ait changé l’alarme à interrupteur, simple et pratique, pour un nouveau modèle, à code digital ! Donc pour l’arrêter, quand on n’a pas le code… à part le bazooka qu’il n’a pas sur lui, il n’y a pas grand-chose à faire ! Et les Furies rappliquent au triple galop, en hululant tant et si bien qu’elles finissent pas réveiller le clébar qui montre les crocs d’une façon peu engageante.
Heureusement qu’Orphée a eu le temps de prendre dans le frigo trois gros nonos pour le toutou et son nouvel album pour adoucir les mœurs de tout ce petit monde, car sinon y avait pas d’acte III, et là j’étais bien embêtée !
Pendant que le chien explose les os d’un seul coup de canine (c’est un costaud qui, côté taille, fait bien deux têtes de plus que ceux de sa race – ouaf, ouaf ! Trop fort !) et que les piles des Furies commencent à donner des signes de faiblesse, Orphée en profite pour piquer le passe et entrer dans la « Vallée des Bienheureux » ( ben oui, quoi, il y a des suites à thème dans les hôtels ! Sortez le dimanche après la messe !)
Là, morceau célèbre à la flûte seule, accompagnant une danse style « Marquise m’accorderiez vous ce menuet, s’iou plaît ? ». Les locataires du coin, chantonnent dans tous les coins « Aux Champs-Élysées – dadadada daaaa – aux Champs-Élysées – dadadada daaaaa… » Nan ! C’est même pas vrai ; ça ressemble plutôt à : « E quest’asilo ameno et grato » - dans cet asile tranquille et délicieux – y a intérêt, au prix où est la chambre, qu’elle soit tranquille et délicieuse !

« Pardon… s’cuse… p’tite place … - Orphée slalome entre les locataires (c’est une trèèèèèèèèèès grande suite) - vous n’auriez pas vu ma copine ?... Eury qu’elle s’appelle… grande comme ça, pas très bonne mine, avec un serpent accroché à la cheville ?.... Non, ça vous dit rien ?
- Si c’est de la petite nouvelle dont tu parles, j’crois qu’elle se refait une beauté avec deux ou trois copines dans les toilettes (toujours l’adage selon lequel, Mesdames, on ne peut pas aller en ces lieux d’aisance toutes seules)
- Euryyyyyy ! C’est Phéphé ! Viens dare-dare ! J’ai ton billet de sortie ! – essaie de crier le héros, pour couvrir le volume de la sono, déjà tellement poussée qu’il y en a certains dont les dents se déchaussent.
On a réussi à déspatuler sa copine du lavabo et on la pilote vers la source des beuglements.
Orphée, prenant bien soin de ne pas regarder Eurydice, l’alpague à l’odeur – non, je ne veux pas dire qu’elle refoule, mais… les amoureux connaissent le parfum de leur moitié, euh…. En principe…s’pas ?... J’ai bon ?... (Ouf ! J’ai rattrapé le coup !)
Une fois sa mie récupérée, ils sortent tous deux de l’appartement, toujours en slalomant, alors que le rideau tombe.

A la prochaine, donc, pour le troisième et dernier acte de l’opéra. Bonne continuation et bonne journée à tous.

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