Bonjour !
Aujourd’hui suite et fin de l’opéra – c’est plus court que Wagner hein ? – ça repose un peu !
ORPHEE ET EURYDICE
Acte III
Le lieu : les Enfers avec des couloirs en trompe l’oeil et au sol jonché de gravats et rochers carton-pâteux, p’tite loupiote de rien du tout pour entretenir l’obscurité inquiétante des lieux (brrr ! c’est Dantesque !)
Les personnages : Orphée, Eurydice, Amor le Dodu et quelques copains des deux tourtereaux.

Le rideau se lève sur Orphée traînant presque par la peau du dos sa copine, qui rechigne un peu, parce qu’il ne lui accorde pas même un regard en coulisse, depuis le début de leur retour vers la surface :
« Allez ramène toi ma biche on est bientôt arrivé ! - Encourage Orphée.
- Minute papillon ! J’ai raté un épisode ? J’étais pas un peu morte tout à l’heure ? Et là, à part ma cheville qui me lance, je pète le feu !
- T’inquiète je t’expliquerai mais pour l’instant, faut se barrer et vite fait !
- Trop bien ! J’vais pouvoir finir les rideaux du salon, ça me turlupinait un peu de les avoir laissés en plan.
- Oui, Chouchou, mais là, on presse l’allure ! – Pointe d’énervement dans la voix de son copain.
- Attends voir, je te dis que ça me fait plaisir de te voir et ça a l’air de te gonfler ?
- Mais noooooon ! C’est qu’ici j’ai un peu de mal à respirer en marchant alors en parlant…
- Tu pourrais au moins me regarder quand j’te parle, je sens le pâté où quoi ?
- Aïe ! J’attendais celle-là ! C’est pas ça….mais ça peut attendre d’être arrivés en haut non ?
- T’as même pas vu que j’avais changé de coiffure, ben oui j’suis tombée sur trois copines les Sparks, des apprenties coiffeuses qui avaient envie de se faire la main avant l’exam. Pas mal hein ?
- Moui, moui ! superbe !
- Et j’me suis même maquillée, parce qu’en bas, la lumière ça donne plutôt un teint d’endive que de rose. Est-ce que ça me va bien ?
- Mais tout te va Chouchou ! Tu le sais bien !
- Maintenant t’arrête ce cirque, et tout de suite ! Y a quelque chose qui cloche et je veux savoir ! J’ai un truc qui cloche dans ma tenue ?... Il m’est poussé un troisième œil ?... C’est la coiffure !... ça te plaît pas !... J’en étais sure !... On fait des efforts, on se pomponne pour Mossieur, on moufte pas quand Mossieur se pointe comme une fleur au milieu de la fête des copains et que Mossieur nous traîne dehors, sans un bonjour ni un merci, comme un mal poli ! C’est un peu la goutte d’eau qui met le feu aux poudres !... Heu… le feu de paille qui fait boule de neige…. Mince j’ménerve tellement que j’sais même plus ce que j’dis !... Tu vas répondre quand j’te parle ? »
Alors là, fatale erreur ! Orphée, un peu excédé, se retourne pour lui balancer de la fermer un peu, qu’on verra ça à tête reposée et à la lumière du jour, et plof ! (oui plof et pourquoi pas plof d’abord ? – me cherchez pas trop, elle m’a énervée aussi l’allumée !) l’Eurydice trépasse à nouveau !
« Zut de crotte de flûte ! Dire qu’on était à deux doigts de réussir ! S’exclame Orphée ! Aussi c’est elle, à me pousser comme ça ! Qu’est-ce que je vais bien pouvoir faire maintenant ? J’ai tout fichu par terre ! Adieu mes petits plats, mes caleçons lavés, j’vais à nouveau n’avoir qu’une chaussette sur deux ! C’est trop pas d’chance ! ». Dans la version Gluckienne, c’est plutôt « che faro, senza Euridice, dove andro senza il mio ben ? »

Amor, qui trainassait dans le coin, reconnaît les chouinements de notre héros et se pointe pour voir ce qui se passe. Il est vite renseigné en trouvant Orphée trépignant comme si on venait de lui piquer son goûter et sa copine raide étalée au milieu du chemin.
« Bon ! V’la aut’chose ! T’as pas suivi mes instructions ? Elles étaient pourtant claires ! T’as fait du beau gâchis tiens ! Et c’est maintenant Pluton qu’à les oreilles qui sifflent ! Je vais t’arranger le coup, mais c’est la dernière fois ! J’te rend te copine une « dernière » fois mais t’as intérêt de filer doux. Profil bas coco ! Sinon t’aura des nouvelles de mon patron ! »
Après cette réprimande, Amor secoue un peu Eurydice pour lui décoller un peu la pulpe du fond et celle-ci repart comme si de rien n’était (ah, ces mécaniques de précision ! ça se dérègle pour un rien, quoi qu’on en dise !)
Orphée, tout content, prend sa copine dans ses bras pour aller plus vite et franchit les derniers mètres qui les séparent de l’air libre. Et là, va y les « que j’te bisouille », « que j’te câline », « que j’te lâche plus maintenant ! » alors que les copains entament un : « Elle est des no-o-tre… » en faisant la ronde du muguet autours d’eux.

Fin de l’épisode mythologico-emperruqué de ce cher C.W Gluck
A la prochaine pour un nouvel opéra. Là je vous dis tout de suite de quoi il s’agit, sans petit jeu, parce que c’est vraiment une œuvre très peu connue d’un auteur un peu plus connu (Lully) il s’agira de « ATYS »

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