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Lundi 27 novembre 2006
Bonjour!

Bien profité d'un week-end réparateur? Donc vous êtes fin près pour aborder ce lundi (pardon Simone-Garfield, je sais que ce n'est pas ton jour)
Allez zou! tant que j'ai encore de quoi causer, autant en profiter. Faut dire que là, étant donné que c'est une narration de livret... je n'ai qu'à suivre l'histoire et pas à vagabonder... euh... quoique... l'un n'empêche pas l'autre chez moi... Donc...



NABUCCO - Acte II -

Le lieu: le palais royal de Babylone (vu la taille courante des scènes de théâtre, on se contentera d'une partie des appartements) donc là, on fait confiance aux délires des metteurs en espace, du créatif, bon sang de bois! Et zyva une tête de Bel géante, des taureaux ailés (tiens, des emballages de riz défroissés et collés comme papier peint... ça devrait être pas mal..) pour rappeler les jardins suspendus, je vois bien des compositions style "bonzaï" accrochées dans des jardinières un peu partout au plafond, des meubles qui sentent encore le bois fraichement coupé, venant directement de la;scierie du coin (je sais Babylone, scierie, c'était couru d'avance aussi), enfin tout pour évoquer le faste babylonien, que ça en impose au pékin moyen... faut du clinquant, vu qu'au début, ce n'était pas des plus sobre non plus, le temple doré à l'or fin!
Changement de décor à la scène trois une autre salle communiquant en principe par une porte aux appartements royaux et
donnant sur une galerie, pièce simplement éclairée d'une lampe, vu que c'est là que se passe la scène avec Zacharie (le fameux "vieni o levita...Il santo Codice reca.."

Les personnages: (dans l'ordre d'arrivée, comme au tiercé)
- Abigaïl, l'allumée du premier acte, pseudo-esclave et toujours aussi agitée,
- le grand prêtre de Bel (et pas d'Israël, ne pas confondre!),
- des mages (pas les rois, là non plus, vous gourrez pas d'époque)
- des "grands" du royaume, (J'aurai pas pu figurer dans la distribution pfff!)
- Zacharie (le voilà le prêtre du temple de Salomon!)
- ses irréductibles lévites,
- Ismaël, toujours neveu du roi, même si en exile,
- Anna (frangine de Zacharie)
- Phénéna, la fille de Nabucco,
- Abdal, un nouveau venu dans la distribution, un vieux de la vieille des officiers de Nabucco
et enfin Nabucco, qui attend tout de même presque la fin de l'acte pour montrer son pif. (j'me demande des fois, si on se base sur le titre, s'il n'aurait pas pu en choisir un différent... deux actes déjà, et l'autre qui joue les utilités, faudrait voir à pas se ficher de la goule du monde... nan maiiiis!)

Donc, à l'ouverture du rideau, Abigaïl, toujours pas calmée, entre comme une furie dans les appartements, secouant au bout du bras un certificat tout ce qu'il y a d'officiel (cachet de la mairie faisant foi) qui, plutôt que de la calmer, à l'air tout au contraire de rajouter de l'huile sur le feu:
" C'est pas du luxe, après avoir fichu tout sans dessus-dessous de dégotter ce satané papelard! Il se le planquait ce sournois de Nabu, pour pas que ça fasse tache dans sa lignée! Un roi qui fricotte avec une esclave et a une gamine... ça fait plus que désordre dans ses jardins à la française! Et non content de ça, la môme on l'oublie... on en fait une autre, estampillée NFR (normes familiales royales) et qui prend ma place à moi, l'aînée de la fratrie! Et ne cause même pas de la distribution des bons points, genre régence, pendant qu'il part fritter de l'enfant de Judée! On peut dire que ça vaut une bonne purge, d'apprendre ça!! Et l'autre qui pensait que j'allais tout sourire accepter d'encaisser la chose, ah, il m'a bien plombé l'ambiance le Nabucco!"

Le grand prêtre et ses copains entrent.
"C't'abomifreux! J'y crois pas!
- Quoi "encooooore"!! (un soupçon d'agacement là)
- Phénéna est vendue à l'ennemi! (comme si on n'était pas au courant!) Elle a la main sur le stylo pour signer la remise en liberté des juifs! Je serais toi... un p'tit coup d'état... vite fait bien fait... On a tout planifié en laissant passer l'info que Nabucco serait resté sur le carreau à la guerre, comme les assyriens sont paumés sans un chef, ils visent déjà vers toi - (petite aparté, étant donné que sa filiation est soi-disant secrète, comment les prêtres et le peuple ont ils décidé de confier le pouvoir à une pseudo-esclave?... Mystère!) - suffit juste qu'on reprenne le costard à tes mesures, pour la barbe traditionnelle, on te signe un mot d'excuse (quoique en Egypte ancienne, les "pharaones" portaient la barbe postiche de temps en temps) Tope-là si t'es OK!
- Tape m'en cinq! J'en connais des nanas au sang bleu qui vont pleurer dans leur tire-jus d'être obligées de venir faire la révérence à une ex-esclave tiens! J'en jubile d'avance!
- On te laisse ton égo à entretenir, nous on se charge de notre autorité morale hein? (toujours pareil, un pion qui passe bien à l'écran et derrière, les "éminences grises" au sens propre et figuré)

Changement de scène, pour celle des lévites. On se retrouve donc dans la salle chichement éclairée, communiquant au fond avec une autre salle, à droite une porte vers la galerie et à gauche une autre vers les appartements de la régente (Phénéna, pour l'instant) C'est la nuit (il a bien fallu la journée pour essayer de calmer l'autre allumée vous me direz, là, elle doit essayer toutes les tenues qui lui tombent sous la main en fouillant la garde-robe royale).
Zacharie entre d'abord, suivi d'un lévite portant la thora (en vrai c'est les tables de la loi, mais un bloc-note en marbre, je vois mal le type se trimballer ça sous le bras!) :
"Ramène ta fraise!! (vieni o levita... comme je disais au début) On a besoin de citer le grand patron pour impressionner les assyriens... ils vont en entendre parler de la puissance divine des mots!"

Et tout en disant ça, il entre, tranquille, dans les appartements de Phénéna (là où je rigole, c'est qu'il est entré par une porte, a sorti sa tirade, genre "j'explique pourquoi je passe par la scène, vu que c'est plus court" et ressort par l'autre; vous imaginez un film avec le héros qui monologue pour dire qu'il sort de la chambre pour faire un arrêt "sanitaire" au pipi-room?)

A peine sorti, le reste de la bande fait à son tour irruption sur scène (mais modérée l'irruption, plutôt sur des oeufs, vaut mieux être discret quand on est exilé en territoire ennemi).
" Quel est l'insomniaque qui réveille toute la chambrée en pleine nuit?
- Le patron vous appelle! - lance Ismaël (le vendu à Moscou du premier acte, si vous vous souvenez)
- Va dans l'métro Satanas!
- P'tite question: ça vous arrive de passer l'éponge?
- Des nèfles! On te cause plus! On t'oublie! Crève la goule ouverte, on en a rien à battre et encore on est poli parce qu'on est au théâtre!
- Vous allez arrêter vos gamineries! - lance Anna, la soeur du prêtre Zacharie, en entrant avec Phénéna, son frangin et le porte-documents sur patte - il a tout de même sauvé les miches d'une juive!
- Première nouvelle!
- Bon d'accord, c'est une goy convertie depuis peu - lance Zacharie (juste entre la sortie de celui-ci et son retour sur scène... rapide la conversion de Phénéna... ils ont dû faire la formule express pour gagner du temps), mais c'est la vérité vraie, croix de bois, croix de fer! (même si c'est un peu décallé là aussi)"

Au même moment on entend un énorme chambard dans les coulisses (non, c'est pas Abigaïl qui casse de la vaisselle pour passer ses nerfs). Entre Abdal, le vieux grognard de Nabucco, qui s'adresse à Phénéna:
"Barre-toi! On peut dire que ça sent le roussi, paraîtrait que ton pôpa a avalé son bulletin de naissance!
- Cornegidouille de patafiole!
- Ces c... de babyloniens demandent Abigaïl comme chef du mouvement "l'Assyrie aux assyriens" (tiens donc... déjà!)
- Bon, faut pas s'éterniser! Je signe où pour faire partie de votre association?
- T'es pas bredine?! - s'écrient les autres."

Entrée du grand prêtre de Bel, du peuple, des mages, des nobles et d'Abigaïl évidemment - là, petite aparté, la scène sept est mémorable question longueur: trois répliques! - :
"Vive Abi! A mort vous-autres!
- File-moi tout de suite ton diadème de miss monde! - crache l'envieuse ex-esclave en le lui arrachant du chignon
- Plutôt crever!"

Fin de la scène (ouah... c'est.... concis!)

Coup de théâtre (enfin, on l'attendait!) à la scène huit, le "faux mort" fait son entrée en s'ouvrant un passage à coup de serpette dans la foule bêlante:
"Tu le veux ton serre-tête disco? Viens le chercher sur ma caboche - dit-il en se la posant de traviole sur l'oeil - ah... on veut se la péter putchiste? Et bien on va rigoler... comptez vos abattis vous autres, j'ai les abeilles!
- On est cuit! - lancent juifs et goys mêlés (Dieu reconnaîtra les siens, comme disait "certain")
- Vous avez voulu la jouer comme ça... parfait! Vous les babyloniens, je balance votre dieu qui vous a fait virer chiens jaunes, quant à celui de l'autre bord (Jéhova donc) j'en ai pas grand chose à battre non plus, donc... résultat des courses, j'arrive gagnant sur le podium et m'auto-proclame dieu-vivant, ça vous fera les pieds à tous!
- T'es secoué grâve mon pauv'! Gaffe, tu auras du mal à passer les portes avec le tour de tête que tu te paies!
- M'en balance! Tiens... pour fêter ça... un p'tit massacre... ça va être festif!
- Compte-moi sur la liste des courses... je fais partie de l'autre bord maintenant - lance Phénéna
- N'importe naouak! Applaties-toi devant ton paternel déifié et tout d'suite! - dit-il en la tirant, une fois de plus, la pauvre, par le bras"

Re-coup de théâtre, et pas des moindres: intervention divine!
Un orage prend naissance au-dessus de la tronche
de Nabucco, la force magnétique et électrique lui arrache la couronne de la tête (j'imagine l'ornement décoller avec un grand "zouip!") et pour allonger la sauce, Nabucco pète un fusible:
"M...où est passée ma zoulie couronne? J'ai bien senti quelqu'un me tâter le crâne, mais je vois personne... Si ça se trouve c'est un fantôme! Tiens d'ailleurs, quand on parle de spectres, j'en vois un bataillon avec des épées enflammées (si c'est pas de l'allusion biblique ça!) tiens... j'avais jamais remarqué que le ciel était couleur cerise... Quel jour on est? J'habite où? Qui suis-je, où vais-je, dans quelle état j'erre?..."

L'acte se finit sur la foule baba devant la puissance divine déployée, et une AbigaÏl qui, elle, ne perd pas le nord en récupérant la couronne...

A suivre donc... pour savoir quelle maison de repos ils ont choisie pour le bredin, si c'est curable, et qu'est-ce que va faire la névropathe de son nouveau poste de cheftaine.

C'est assez "consistant" n'est-ce pas? Alors  je vous laisse digérer un petit peu avant de vous donner la suite... Bonne journée et attention aux orages, c'est pas bon, surtout si on porte un diadème, ça attire la foudre!

La dragonne
par Sieglind publié dans : Verdi
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Impulsions, coups de coeur et de gueule, idées diverses au fil des notes et journées. Vous trouverez dans ce blog ma vision de l'opéra et de bien d'autres choses. Et aussi ma passion : les dragons.




Comme ma trombine évolue au fil de ce "rondudju" de temps, une petite mise à jour du portrait du bestiau, j'ai encore changé de "look" comme on dit... et le cliché du trombinoscope n'est plus vraiment d'actualité (avis, première et dernière fois que vous avez droit à ma goule, moi et les photos, ça fait quarante-douze)

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