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Lundi 29 janvier 2007
Bonjour !

Vous ne devinerez jamais ! J'ai deux nouvelles chaînes au valseur ! Mais là, ça va faire désordre si je coupe déjà Don Giovanni pour les entreprendre, alors, je vais continuer un peu, parce que les derniers cent cinquante maillons m'ont tout de même un peu calmée (et vous aussi par la même occasion). Mais, promis, je les fais dès que j'ai un moment de libre promis Suji et Roanne !
Bon, étant donné qu'en principe la fin de semaine se devait d'être réparatrice, on y retourne donc, pour la suite du premier acte (piano ma sano è lontano s'pas ?)



DON GIOVANNI - Acte I - Scène 4 à 6

Le lieu : la rue, étant donné que les deux zoziaux se sont envolés de ce côté après le trucidouillage du Commandeur et toujours de nuit, puisque c'est censé se dérouler dans la foulée.

Les personnages :
Don Giovanni, pas perturbé pour deux ronds par le fait d'avoir envoyé ad patres le géniteur de la nana qu'il essayait de lever
Leporello, accroché à ses basques, et lui, pas enchanté des masses de se retrouver à chaque fois dans des galères pas possibles avec un tel patron
Donna Elvira, dame de Burgos (en Hispanie, origine si vous vous souvenez de la "vraie" histoire) et se considérant auprès du dragueur comme la plus "légitime" de ses conquêtes (et pour cause, elle est mariée avec le type !)

La scène commence sur un récitatif, c'est à dire une sorte d'aparté musicale (vous commencez à savoir de quoi je parle, j'en fais toujours), sur le mode de la conversation, mais pas de tous les jours, vous en connaissez beaucoup des mecs qui discutent en revenant de passer au fil de l'épée des Commandeurs ?

Don Giovanni demande à Leporello la raison de son "tirage de gueule" :
" Allez, déballe ! T'as encore un pet de travers ?
- Vous marrez pas, c'est du sérieux ! Mais d'abord... j'veux votre promesse que vous allez pas vous énerver après moi...
- A une condition, t'oublies le Commandeur !
- Euh... j'm'assure qu'on soit pas sur écoute ou qu'il y ait pas un pékin planqué pour nous espionner... (pour gagner du temps peut-être un peu aussi non ?) Bon, j'vais pas y aller par quat' chemins...  vous avez une vie de m... ça va mal finir !
- Kess't'as dit là ?! Tu joues avec ta santé coco !
- Vous aviez promis de pas m'enguirlander ! Si c'est ça, j'dis plus rien !
- Vaut mieux si tu veux qu'on reste potes ! De toute façon, on est pas là pour se prendre le chou, j'ai des vues sur quelqu'un.
- Encore ! L'autre est même pas "refroidie" ! (je sais, c'est grivois, mais je n'ai pas pu m'en empêcher, pardon les "yeux" chastes !) Encore une à rajouter au tableau de chasse ?
- J'ai vu une zibeline pas trop mal ça fait  pas longtemps, j'ai bien remarqué les yeux qu'elle me faisait et ça n'a pas traîné, elle m'a filé rencard c'te nuit dans ma garçonnière... Minute papillon !... ça sent la belette dans le coin où je n'me buse....
- Quel pif ! Mâle alfa d'une meute de chiens courants il devrait faire !
- C'que je devine dans le lointain n'a pas l'air trop tarte..
- Il a un oeil bionique ou quoi ! C'est l'homme qui valait trois milliards de pesetas !
- On se planque et on voit de quoi elle a l'air."

Les deux larrons se fichent derrière un pan de mur, pendant que la nana s'amène. C'est Elvira, la "légitime" de Don Giovanni ! On ne peut pas dire qu'elle baigne dans la béatitude ! Et ça sentirait même plutôt l'ozone que le parfum des roses que le type pensait percevoir au alentours d'une belette ! 
" Où qu'il est c't'empafé ! Me laisser en plan comme une vulgaire danette périmée ! J'vais te lui faire passer l'envie d'aller courir moi ! Avec un myocarde en moins, ça va ralentir sa marche, c'est pas piqué des hanneton !"

Don Giovanni, à cent lieues de penser que c'est sa légitime, chuchote à Leporello son plan d'attaque:
" La pauvrounette ! C'est-y pas malheureux de se mettre dans des états pareils, j'vais tâcher de lui changer les idées.
- Comme la flopée de t"consolées" avant elle !
- Eh... pssst, alors... on a un gros chagrin....
- Hein ? - lance une Elvira coupée dans ses élans vengeresques -
- M... ma rombière !
- La tuile pour le patron !
- C'est toi s'pèce de fumier ! (j'ai contracté monstre, félon, fourbe et hypocrite, j'ai trouvé que fumier, désolée ! En plus, Leporello en rajoute en précisant que c'est un "langage académique qui le décrit à la perfection" alors...)
- Euh... tu m'laisses placer un mot... - essaie d'expliquer un séducteur un peu dans la mouscaille.
- Et quoi sans être indiscrète ?! A part le fait que je me sois faite avoir en beauté par le pire salaud qui soit. Je l'invite chez moi, le présente à la famille, je gobe le fil et l'hameçon, me laisse passer la bague au doigt et trois jours plus tard, le type se fait la malle en me laissant que les yeux pour pleurer ! Vraiment, j'vois pas ce que tu pourrais rajouter au tableau !
- Elle pourrait écrire des Arlequins ! - lance Leporello admiratif.
- Mais y'avait urgence, s'pas Lepo ! - réussit à placer le type en se tournant vers l'interessé.
- Sur ! Le feu aux flaques !
- J'aimerai bien savoir lesquelles, histoire de rigoler un peu avant de t'étriper.
- Tu vas te calmer dis !! Bon, si tu me crois pas, demande à Leporello !
- Euh... et de quoi je parle ? De la flexibilité des queues de vaches ?
- Mais non, déballe tout le topo, puisqu'elle veut savoir"

Et, profitant de ce que sa meuf regarde son valet, Don Giovanni se carapate avant que ça ne vire au vinaigre. Leporello essaie de se dépatouiller de ce boulot, en tournant autours du pot et en parlant de carré qui n'est pas rond (texto, là aussi, vérifiez). Donna Elvira va pour à nouveau s'en prendre à son mec... avant de réaliser qu'elle cause au réverbère en face, vu qu'il s'est mis à couvert depuis belle lurette.
" La p'tite vache ! Il me laisse encore en rade !
- Un conseil, laissez-le courir, il en vaut pas la peine ! La preuve ! - et il sort une liste énorme, pire que ma liste de courses de fin de semaine, pour vous dire !(Là, le fameux air dit du Catalogue : "Madamina, il catalogo è questo... " etc) - Pour info, visez un peu le nombre de belettes qu'il s'est tapé ! J'ai fait ça, un jour que j'avais du temps à perdre, c'qui est rare avec un tel patron, entre parenthèse !:
Italie : six cent trente,
Allemagne : deux cent trente et une,
France : cent,
Turquie : soixante
Espagne : mille et trois ! (les ibères ont l'air plus... faciles on dirait non ?)
Et chez lui, pas d'histoire de lutte de classes! Tout est bon... dans l'jupon ! Boniches, bourges, emblasonnées, couronnées, blondes pour l'assouplissant qui est dedans, brunes pour la caféïne (tiens... il ne parle pas des rouquines...). Il a même ses habitudes quant au climat, se réservant les dodues pour les longues soirées d'hiver, et les grasses à lécher les murs pour l'été. Grandes, petites, vioques, jeunes, s'en fiche, du moment qu'elles puissent figurer sur la liste.
- Ah, c'est comme ça... et bin on va la jouer bras armé de la justice ! Attends qu'il repointe son museau ce sagouin ! Je sens qu'il a intérêt à se faire un séance photo-mathon, il risque de ne plus se reconnaître après notre petite "discussion" !

Et la fille sort comme une furie, la lime à ongle en main, histoire d'aiguiser ses griffounettes pour mieux lui arranger le portrait, pendant qu'on change de scène à l'arrivée d'une troupe. Mais ça, on verra plus tard, vu la longueur de ce que je viens de pondre.

Passez une bonne journée et à plus pour nos aventure Don Juanico-gaillardes

La dragonne
par Sieglind publié dans : Mozart
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Impulsions, coups de coeur et de gueule, idées diverses au fil des notes et journées. Vous trouverez dans ce blog ma vision de l'opéra et de bien d'autres choses. Et aussi ma passion : les dragons.




Comme ma trombine évolue au fil de ce "rondudju" de temps, une petite mise à jour du portrait du bestiau, j'ai encore changé de "look" comme on dit... et le cliché du trombinoscope n'est plus vraiment d'actualité (avis, première et dernière fois que vous avez droit à ma goule, moi et les photos, ça fait quarante-douze)

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