Bonjour à tous ou plutôt Günaydin comme on dit en Turquie !
Je veux bien que les voyages soient une « ré oxygénation » de la machine, mais retourner dans sa caverne, et bin les amis, ça fait quand même du bien ! Je suis venue, j’ai vu, j’ai r’venue !

J’ai une – sale ? – manie, lorsque je voyage, il faut que je me débrouille pour ne pas faire trop « touriste » en goguette aussi j’apprend (souvent dans l’avion, avant je ne trouve jamais le temps) quelques mots (les plus usuels, cela va de soi ! Je ne vois pas disserter sur la littérature locale ou la politique dès les doigts de pieds posés sur le sol étranger – faisable, mais avec quelques neurones supplémentaires, et là, y avait excédent de bagages).
Donc, résultat : toute fiérote, dès notre première balade en Ottomanie, je te sors des Günaydin à tous les points de l’horizon – Mecque comprise, cela s’entend -, des Tesekkür ederim (merci beaucoup) en veux-tu, en voilà, et des lütfen (SVP) à volonté. Jusque là, quand on déambule, pas trop de problème, mais il a vite pointé son nez celui-là, quand, terrassés par la chaleur, la Dragonne et son Dragon ont dû faire un arrêt sanitaire pour se désaltérer (non pas aux points d’eau locaux, fort déconseillés à nos petits boyaux européens) mais dans un estaminet très « coloré ». Avec un sourire civile, mais pas rayonnant – attention, on est quand même dans un pays musulman, et les meufs qui l’ouvrent en premier, ne sont pas encore légion, sauf dans les grandes villes – je lance un : « Günaydin, lütfen, portakal suyu » (j’sais pas si l’ordre des mots c’était ça, mais l’idée y était) pour demander un jus d’orange (délicieux, là-bas, entre parenthèses), phrase suivie du tesekkür ederim sus-nommé et d’un Kaç para ? (combien) ponctué d’un sourcil en arc (gestuelle oblige). Et là… le cacafougnat complet ! Le type se lance dans des borgorigmes, des gestes - incantatoires ? – va-t-il entamer une belly dance pour nous ? Nan ! J’me l’étais simplement trop « pété » à travailler même l’accent (en écoutant les hôtesses dans l’avion) c’qui fait que le zoziau m’a crue turque.
Mon Mc Gyver, toujours pragmatique et efficace a repris son anglo-saxon commercial pour demander l’addition et tout est rentré dans l’ordre, mais faut dire qu’à me la jouer, perfectionniste, j’avais carrément à apprendre le turc plutôt que quelques phrases usuelles ! Je me suis retrouvée dans la position de la nageuse artistique qui commence un saut de l’ange impeccable, suivi d’un salto non moins parfait, pour s’apercevoir à vingt centimètres de la surface de l’eau…. qu’elle ne sait pas nager !
Donc, première moralité rester simple (dure pour moi !) et concise (encore plus dure !).
Faut dire que ce voyage, était un régal pour les yeux et pour ceux qui aiment les vestiges d’époques plus que révolues, et il me faudrait une catégorie supplémentaire pour en parler.
Peut-être que, par ci par là, j’en reparlerai lorsque je balancerai quelques photos mais aujourd’hui je vais surtout vous narrer « la trépidante histoire de Sieglind et Mc » ou « comment on s’est vus tous les deux, occuper définitivement une tombe lycienne perdue au fin fond des champs d’oliviers » :
Donc cela devait faire deux ou trois jours qu’on avait commencé notre circuit « vieux moellons » lorsqu’on s’arrêta (aux conseils éclairés de ce cher vieux « Routard » bien feuillu et bienvenu surtout) dans un petit site, très modeste au palmarès des lieux fréquentables, mais meugnon tout plein : Euromos !
A une douzaine de kilomètres de Milas, en pleine nature – et quand je dis pleine, c’est dans le sens que quand tu te tournes, à part le soleil, ou les étoiles, y a plus grand-chose pour te repérer – donc livrés à nous-mêmes (voilà c’que c’est de vouloir se la jouer « couple baroudeur » fuyant les « circuitards » comme la peste).
On mitraille le temple apollonien sous toutes les coutures (il n’y a que ça à voir là-bas), relativement bien conservé pour son âge d’ailleurs, puis on décide de trouver l’agora stipulée sur la pancarte du site (agora : Grand Place des villes gallo-romaineuses).
Commence une ballade au milieu des végétaux plus qu’agressifs dans ces contrées (c’est fou le nombre de plantes à piquants que j’ai dû enjamber, contourner ou traverser – mes égraffignades multiples en sont la preuve, on dirait presque un pénitent espagnol en pleine transe processionnaire !)

Soudain, un bruit dans les fourrés à notre gauche, d’abord imputé à un bestiau quelconque, puis s’avérant être produit par un paysan local, armé de sa faucille et de l’opinel du coin, en train de nettoyer le pied de ses oliviers. Il nous fait signe de le suivre pour nous montrer ses trouvailles (pas marquées sur le guide) c'est-à-dire des tombes lyciennes qui, par hasard, se trouvent à deux ou trois champs de là (la taille des champs étant fort aléatoire, on cherche encore le nombre d’enjambées qui nous séparaient de ces soi-disant merveilles).
Moi, toujours avec ma manie du « nez au vent » et « parabole auriculaire » à l’écoute des bruits de dame nature, je traînasse toujours à l’arrière. Là, en baissant les yeux – terrain plus qu’accidenté oblige – je remarque une douille de fusil (tiens y a des chasseurs dans le coin !), puis plus loin, une autre, et… ainsi de suite… L’imagination de la Dragonne commence à la gratouiller et lui projette un film style « La Vengeance de Mustafa Kemal : Le Retour » ! (pourtant on n’avait rien du jeune couple faisant des cochoncetés, victime, dans les « Freddy » et « Jason » multiples, d’un tueur en série plus que difficile à mettre hors de combat, et ça même grillé au chalumeau oxhydrique ou noyé au fond d’un lac sans fond !)

Je regarde d’un autre œil le couple formé par mon Mc et notre guide plus qu’improvisé, pour constater que mon dragounet se tient à distance respectueuse de celui-ci et toujours un pas derrière lui, jamais devant. Enfin, nous arrivons aux sépultures tant louées (du moins à ce que j’ai cru comprendre à la gestuelle de l’autochtone) pour tomber sur deux ou trois fosses assez conséquentes dans le sol et une creusée à même le roc et remplie d’une eau plus que trouble, où le paysan commence à faire ses abblutions (pourtant c’est pas l’heure d’une des cinq pauses-prières journalières).
« ‘Tention Dragonne ! C’est pour les empreintes ! » – me susurre le diablotin sur mon épaule gauche.
« ‘Spèce de potiche ! C’t’après que dans les films, qu' ils effacent les preuves » me couine l’auréolé assis à califourchon sur l’autre épaule.
Après quelques clichés pour la forme et pour pas vexer notre pisteur, on reprend à la « va-comme-j’te-pousse » le trajet inverse, lorsqu’il s’arrête brusquement (ça y est ! on est morts !) et sort de sa poche…. une pièce antique (si on se fait choper avec ça à la douane… j’ai pas envie, et surtout Mc, de rejouer « Midnight Express » !) On refuse poliment, il nous demande du Kaç (cash, ça vient de là). Pour cause de « pas trop de bigaille » sur nous (monnaie pour la comprenure), on lui donne quelques lires – d’aspect aussi neuf que la piécette qu’il nous a proposée – et un paquet de gauloises pas entamé, en compensation.
Il a l’air de s’en contenter et nous fait comprendre par gestes de ne souffler mot à âme qui vive de son offre de « trésor archéologique turc » (sinon quoi, on refait un tour gratuit vers les sépultures ?).
On reprend, après une poignée de main échangée, nos chemins respectifs (pour nous d’un pas soudain plus alerte, j’sais pas pourquoi). Et là, Mc m’annonce qu’il a flippé sa race comme jamais et que lui, le film qui passait, c’était plutôt « Les Choses de la Vie » quand Piccoli se remémore son existence avant l’accident fatal. Partis dans nos délirs cinématographiques on se voyait déjà paniquant pour faire redémarrer un voiture rétive (toujours dans les films, les héros paniquent, lorsqu’ils sont poursuivis par tueurs et monstres divers, et c’est soit le moteur qui ne répond pas à l’appel, ou carrément les clés de contact qui se font la belle dans un endroit bien inaccessible de l’habitacle ou dans une grille d’égout bien soudée – là on avait de la chance, les grilles d’égouts, au milieu des collines couvertes d’oliviers, y en a pas des masses !). Une fois la voiture en marche, on s’est pas fait prier pour décaniller des lieux sans demander notre reste, j’peux vous l’assurer !
Voilà pourquoi, si les faits avaient suivis notre trop grande imagination, nous ferions partie intégrante du paysage turc à l’heure qu’il est, mais heureusement que tout nos délires ne prennent pas forme, ça m’aurait manqué de pianoter sur mon azerty, et d’abord, est-ce qu’ils en ont dans l’au-delà ottoman (avec notre bol, le clavier serait tipico turc et même pas querty !)
Voilà donc narré un bout de nos aventures en Turquie, suivi certainement de quelques autres parsemées, au fil des réminiscences, au milieu de mes transes lyrico-gaillardes diverses.
Je vous laisse à vos nobles occupations, pour cogiter un nouvel opéra à vous servir, sauce Sieglind, et vous souhaite une bonne journée à tous.
La Dragonne
Il est 10h30 et tu n'as pas encore posté d'article??! mais que se passe-t-il dragonne! ;-)
Bisous à tout de suite!!!
Plumette alias ma montre flic-flac!
Bises je m'y mets
Kikou ma belle Dragonne !
A ce que je vois, la digestion est difficile ... et la reprise aussi !
Merci pour ton com, mais en fait c'est pas un tuba mais un détendeur ... (bouteilles)
Biz
Aurélie
La dragonne toujours à l'avant garde du progrès!
Bises Aurélie
Enfin de retour... Je me suis bien marré en lisant tes aventures...ça me rappelle quelqu'un... Bref, merci d'etre dejà passée "chez nous" et bienvenue chez toi...tu nous as gravement manqué... Bises
La clocharde et sa grenouille.
Gravement, pour quelqu'un qui se targue du contraire.... j'espère pas!
Bises à vous deux
Holala !
Tu rattaques de plein pot...
Bonne soirée la dragonne !
Bisous ;)
Faut continuer quand le moteur est chaud! lol
Bises Kikojo
bien le bonjour, déjà merci pour les comm sur mon blog. jviens de lire ton article et dites donc, que d'aventures durant ces vacances en Turquie, je suppose que ça fait des tonnes de bons souvenirs ! :-) bonne journée et @++
Souvenirs et photos surtout (deux cartes mémoires et demi!)
Bises Naemia
ouais en effet.. l'opéra c'est pas pour mwa
A ce niveau, rien n'est pour quelqu'un non? lol
Bises
Je suis comme toi,je trouve essentiel de pouvoir m'adresser aux gens des pays que je visite dans leur langue. Mais cela cause parfois des imbroglios... Outfaddil qahwa signifie en arabe, je voudrais (je préférerais, plus précisément) prendre un café. Or, le "Q" imprononçable de 'qahwa' est souvent transformé par l'occidental en "k" bien ordinaire... Ce que je fis et grand mal m'en prit. Le 'qahwa' ainsi transformé désigne... une partie de l'anatomie masculine, ce qui explique la figure étonnée de quelques serveurs de café lorsque, candidement, je leur demandais de me servir des "test..."!
J'imagine la Juv et la dragonne en ballade à l'étranger tiens! Carnet de voyage de deux ennuagées!
Bises la Juv
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