PETER GRIMES

Publié le par Sieglind

Bonjour !

Allez, le jour est levé, les piafs s'égosillent (enfin chez moi, vu qu'ils ont eu la bonne idée de bidouiller leurs cabanons sous le toit à clair-voie de ma terrasse), j'ai mon kawa dans le bide, parée donc pour causer lyrique et juridique. 
Comme ça ne date tout de même pas de Noé en culotte tyrolienne, vous êtes déjà prévenus qu'on parlera d'un moussaillon mystérieusement décédé et de la galère (normal pour un marin là aussi) où se retrouve son capitaine.

Par contre, ce que vous n'avez pas trouvé, sauf Kfigaro qui me l'avait demandé, c'est le titre de cet opéra en trois actes. Mais je ne vais pas vous lancer le gravier pour ça, vu que c'est un opéra du siècle dernier (1945), un peu moins joué, je trouve que les productions dites classiques comme "l'Enlèvement du Barbier chez Carmen" ou "La Flûte fantôme du maure de Venise" (je sais, ça non plus c'est plus que rarement joué, vu que c'est un pot-pourri fabrication maison, style Festival Hoffnung pour ceux qui connaissent).

Le titre donc : Peter Grimes..L'auteur : Benjamin Britten né en 1913 et décédé en 1976 (son War Requiem est à découvrir, je vous garantie, j'avais le poil au garde à vous quand j'ai entendu ça au palais des sports à Toulouse) Evidemment, côté "style musicale", ne cherchez pas à vous raccrocher à vos écoutes classiques, rien à voir, on est dans le siècle "moderne" musicalement parlant. Et autre petit problème, hors de chez les Grands Bretons, les compositeurs lyriques anglais sont rarement joués ; où il faut qu'ils soient morts et enterrés depuis belle lurette, comme Purcell (vous en connaissez des Balle, Wallace, Delius, Vaughan-Williams, Tippett vous ? Je les découvre à peine alors...)

Donc, c'est parti pour un drame en trois actes sur fond de marine.  Aujourd'hui on n'aborde que le prologue, histoire de se mettre au courant de "l'affaire" qui va casser le moral du héros et ruiner sa vie sociale pire que s'il avait lâché une caisse en pleine réunion de cathéchèses



PETER GRIMES - Benjamin Britten - PROLOGUE -

Le lieu :
Le Bourg (the Borough, pour les anglophones) p'tit bled de pêcheurs sur la côte Est de la fière Albion.

Intérieur de la salle des Assemblées réquisitionnée pour servir de tribunal dans l'affaire qui nous occupe. Au mur, des affichettes d'un artiste local pour le loto de la semaine (son poids en sardines pour le gagnant de la quine), le grand festival des chants de marins organisé par le choeur des ex-vierges Bourgeoises (ou Boroughoises si vous voulez), l'incontournable élection de Miss, avec défilé en suroît et filet de pêche (vous pensez pas qu'elles défilent en bikini vu le climat du coin !), avec mention comme quoi même les thons peuvent s'inscrire (c''est même conseillé vu l'activité économique du patelin !); On a juste arrangé les chaises, rajouté une estrade et une table faite à l'aide de tonneaux de saumure (vides, vaut mieux) et on est paré pour une séance de "Messieurs les Jurés" comme à la grande époque télévisuelle.

Les personnages :
- Swallow, coroner (ou officier de PJ si vous préférez) il cumule, vu qu'il est non seulement avocat, mais le maire du patelin, pas de quoi être l'idole des foules, mais il a une certaines tendance à jouer les types qui ont une idée derrière la tête et ça impressionne les foules,
- Hobson, dans le rôle du constable (le type déguisé en sergent de ville qui est chargé de calmer les élans de la foule à chaque tirade des avocats, dans les films)
- Peter, Grimes de son nom de famille, l'accusé
- Mrs Sedley, une vieille bique du coin, pas très populaire, d'autant plus qu'elle a des heures de.... navigation. Pour vous dire sa popularité, les gens du coin l'ont surnommée  "Mrs Nabab"  parce qu'elle est veuve d'un ancien agent de la Compagnie des Indes Orientales ça pourrait encore passer, mais vaut mieux éviter de la rencontrer dans la rue, elle a une certaine tendance à avoir des idées plus qu'arrêtées et c'est une vraie mêle-sauce (plus fouille-merde, ça n'existe pas !)
- Ellen Orford,, encore une veuve, mais plus fréquentable (et plus jeune) maîtresse d'école du Bourg
- Choeur mixte, villageois et pêcheurs, parce qu'il faut bien un public, vu que c'est un procès du même nom.

La séance est ouverte sur Hobson, le constable, en train de hululer le nom de l'accusé, des fois qu'il aurait oublié de se présenter à son procès... et celui-ci sortant de la foule, Swallow fait un résumé de la situation :
"Mec, on est là pour régler un p'tit détail, tout p'tit... Le fait que tu sois revenu d'une virée de pêche avec un moussaillon plus que refroidi au milieu de tes cageots de merlus. D'abord, tu connais la ritournelle... "jurez de dire etcaetera etcaeteri... et tout le tintouin..." - le type répète après lui. - Bon, une bonne chose de faite ! Passons au reste ! Allez, déballe ta version !
- C'est pas pour vous vexer, mais vu les trois cahutes qu'on a ici, et étant donné la pêche qu'on avait faite, j'ai préféré aller voir du côté d'un marché plus étoffé que trois tréteaux de merlasse sur la place du village !
- Et le môme a passé l'arme à gauche durant le voyage ?
- J'aimerai vous y voir avec un vent plus caractériel qu'une pré-ménopausée ! Il a viré d'un coup et on s'est "un peu" paumé avant de retrouver le cap. On avait plus de gnole, donc on a été obligé de boire de la flotte - (beurk) - mais elle aussi elle a fini par manquer au bout de trois jours sur la grande bleue. Le' gamin s'est desséché pire qu'un hareng pommes vapeurs et s'est mis en apnée définitive au beau milieu du poiscaille. Je l'ai jeté par-dessus le bord avant de rentrer au port.
- Euh... le poisson ou le mousse ? Autant pour moi, on a le mousse au frigo ! Et, arrivé à bon port (logique là aussi !), t'as demandé un coup de main ?
- A part le pharmacien,  nan ! Mais quelqu'un a prévenu le pasteur.
- Paraîtrait qu'il y avait un sacré foin à l'arrivée...
-Un type s'est mis à goualler et ça a viré à la baston générale.
- Et pour cause ! S'il n'y avait pas eu l'aubergiste, t'aurais bouffé du pavé mon gars !
- Bin voui...c't'une brave meuf,  Tantine !
- Euh... t'évite les pseudos ici, ça fait pas classe ! Après, il paraîtrait que tu t'en es pris à un pilier de notre communauté.... Tu l'aurais même habillée pour plusieurs hivers, si tu vois ce que je veux dire..."

Peter meloune dans sa barbe et préfère se taire plutôt que ça vire à l'orage, mais la propriétaire de la nouvelle collection automne-hiver fend la foule en couinant pour se faire remarquer. C'est c'te' vieille' peau de Mrs Sedley ! Peter fait remarquer à la vieille perruche, qu'il n'a pas d'atomes crochus avec les fouilles-bouse patentées. La foule grogne plutôt qu'elle ne s'exprime d'une manière intelligible, mais on pige tout de même qu'elle est plutôt de son côté quant à la Joyeuse Commère de Burough..
"Vos gueules les mouettes ! - hurle Hobson (dans le rôle du clebs gardien de moutons, il serait bien aussi)
- Bon c'est pas que je m'ennuie, mais faudrait faire avancer le débat non ? - continue Swallow - C'est bien la maîtresse d'école qui t'a aidé à porter le gamin refroidi chez toi ? Qu'ess'k'elle venait ficher dans le coin d'abord ?
- J'ai voulu juste filer un coup de main, vu que je n'avais rien de plus intéressant à faire ce jour-là ! - répond Ellen
- Drôle d'occupation avec un drôle de coco en plus ! Faut dire que question apprentissage du vocabulaire... il y a matière ! - (là je trouve que le juge prend un peu trop parti, vous ne trouvez pas ?) -  En tout cas, il y a un truc en ta faveur Peter, c'est que tu aurais récupéré le gamin avant qu'il ne boive définitivement la tasse pendant le gros temps qu'on a eu en Mars, ça s'inscrit à ton actif, c'est déjà ça de gagné ! Bon, pour résumer... T'as intérêt à éviter d'embaucher des mousses dorénavant ! Vise plutôt du côté des malabars qui peuvent s'en tirer sans appeler leur môman mais gaffe, même si je classe l'affaire en concluant que c'est une mort accidentelle, ça risque de te suivre longtemps c'te p'tite histoire !
- Mais, comment je fais moi ?! Me faut un moussaillon en apprentissage, c'est la coutume !
- Bin faut qu'il y ait une musaraigne pour veiller au grain, j'vois que ça !
- J'y pense... mais ça se fait pas en clignant des mirettes ça !
- Pour être plus clair ?...
- Faut d'abord que je fasse taire les ragots !
- Je joue mon Ponce Pilate, apportez le rince-doigt ! Allez séance levée !
- Et gnagnagna et patin-couffin ! Ah elle est belle la justice ! Et mon procès pour que je fasse ravaler leur bile à ceux qui m'accusent qu'est-ce que j'en fais ? Je m'assoie dessus ?"

Le juge débranche son sonotone et se lève comme s'il avait les miches collées au coussin, lentement et dignement (pour éviter que le fond de culotte ne se déchire certainement). Les spectateurs l'imitent et sortent pour laisser seuls Peter et sa copine l'instit.
"Allez viens, on décanille, histoire de changer d'air - propose Ellen
- Et la vérité dans tout ça ?
- On en causera devant une bonne camomille chez moi.
- Tu vas être cataloguée "Ennemi Public n° 2, par alliance, fais gaffe !
- Laisse pisser le mérinos ! A la longue ça se tassera. Et puis tu m'as moi ! Et t'as ta pêche aussi.
- Voui, mais "à la longue", tu risques d'être intoxiquée par les relents de fosse sceptique de certains retours de conversation ! J'ai pas grande confiance en l'avenir moi sur le coup...
- Allez, secoue-toi et j'suis là au cas où tu l'aurai oublié"

Les deux tourtereaux s'en vont à leur tour, évitant de se faire ratatiner par le rideau qui pèse un âne mort et qui tombe à la fin du Prologue.

Donc, vous êtes prévenus, ça sent le truc genre fatalité et regards soupçonneux des voisins... ils partent avec un sacré lest au valseur les deux amoureux... Comment ça va évoluer... à lire plus tard. Pour l'instant je vous laisse profiter de votre week-end suivant mon habitude et vous dis à plus pour la suite.
Bonne journée

La dragonne

Publié dans Britten

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zordar 31/03/2007 11:55

Totalement inconnu au bataillon cet opéra. Ecrit par un rosbif en plus. On va bien voir...

Sieglind 01/04/2007 12:57

J'ai mis longtemps à le connaître aussi... j'étais bloquée à l'époque elizabethaine moi hé, hé. Bises Zordar

cat 20/03/2007 20:04

bisous bisous

Sieglind 21/03/2007 09:07

Bisous bisous et...bisous hé,hé.

:0002::0009::0010::0037::0091:: 20/03/2007 08:54

il fait super frisquet.......mais nous ne sommes pas encore au printemps........n'est il pas vrai ? 

Sieglind 20/03/2007 11:31

On va dire ça pour excuser le temps de... bouse hé, hé ! Bises Simone

clicclac 20/03/2007 08:27

Il faut croire que quelque part tu m'associes à notre amie Briesing....qu'en dehors d'OB je n'ai pas la joie de connaitre et que j'apprécie beaucoup....le calme du week-end ne te convient décidement pas ....reprends tes espritsGrosses bises

Sieglind 20/03/2007 11:33

Tout comme un jour j'avais associé Roanne à Sissi, juste parce qu'elle causait recette de cuisine ce jour là hé, hé.  Comme quoi, le calme m'anesthésie trop les neurones . Bonne journée Clicclac

Christine ... 19/03/2007 16:49

Ce n'est pas dans tes habitudes ce silence ... tout va bien j'espère !!!Je t'embrasse fort fort Jolie Dragonne !

Sieglind 19/03/2007 23:53

Mais oui, je suis simplement en week-end prolongé hé, hé. Bises Christine