PETER GRIMES - Acte III -

Publié le par Sieglind

Bonjour!

Allez, seconde "production"dragonienne de la semaine, un petit coup d'"air marin" (moui, fallait oser... j'ai osé !) et on abordera le sacro-saint week-end. Vous commencez à connaître mon rythme de "croisière" (je sais, j'insiste, ça inspire les embruns lyriques) donc pas la peine d'en rajouter une couche en signalant que plus feignasse vous ne connaissez pas ; j'assume !



PETER GRIMES - ACTE III -  Premier tableau -

Le lieu : Comme pour trouver plus économique quant aux décors faut se lever tôt, on reprend encore une fois celui de l'acte un, la salle des Assemblées, de nuit, non plus décorée à la "Messieurs les Jurés" mais plutôt soirée guinchante version "la Croisière S'amuse" (Loooov'.... nananananaaaaaa !) des lampions accrochés un peu partout, l'orchestre local avec la doyenne au triangle (elle joue "pizzicato molto vivace", imbattable question tremoli "pognesques" !), le type des pompes funèbres à la grosse caisse, à la trompette, le garde-champêtre (celui qui prend son... pour celle-ci, selon la formule consacrée), et une chanteuse qu'il vaut mieux oublier... étant donné qu'elle a autant de voix qu'une huître à marée basse..Evidemment, c'est "ma" version de l'orchestre, libre aux metteurs en espace de prendre une autre voie... ou voix... De l'autre côté de la rue, "le Sanglier" est tout autant éclairé et les types font la navette entre la salle de bal et l'estaminet pour s'en jeter un derrière la cravate (à tous les coups, le bal est organisé par le comité des fêtes tenu par les dames de la paroisse et on ne sert que de l'eau chaude avec un nuage de lait)

Les personnages :
- Swallow, le juge pontifiant
- les nièces de Tantine
- Keene, l'apothicaire
- Mrs Sedley "Nabab" la vieille bique bifide
- le Recteur, histoire de surveiller la bonne tenue de ses paroissiens et que ça ne vire pas au pince-fesse.
- Balstrode, le vieux pêcheur
- Ellen, l'instit un peu malmenée à la fin de l'acte deux
- Tantine, la patronne du Sanglier
- Hobson, le voiturier
- le méthodiste Boles
Et un choeur de villageois évidemment

Au lever de rideau, on assiste à une tentative de séduction un peu pécore, vu qu'une des nièces a dû se faire certainement tripoter pendant un slow et qu'elle ne trouve d'autre solution que de sortir de la salle des Assemblées, coudes au corps avec le juge au train, les mains en avant, certainement pour se retenir à son panty s'il trébuchait.
La frangine vient à la rescousse en signalant qu'elle aussi a des ennuis avec un autre "célibataire" notoire du patelin, le pharmacien et qu'à part la cyanolite elle ne voit pas ce qui peut autant coller. Pour l'instant, elle l'a semé, mais Swallow lui signale qu'il doit noyer son dépit amoureux dans la bibine au troquet d'en face. Au moment où il compte le rejoindre, ainsi que sa "conquête" enfin chopée, celle-ci décide de rejoindre sa soeurette  (un bon coup de genou stratégiquement asséné) et il entre dégoûté pour un moment des musaraignes.(bin oui... ça calme, mieux que le bromure !)
Au moment où elles comptent retourner se trémousser en rythme, le fameux Keene apparaît en haut des escaliers (tout faux le juge !) et elles n'ont que le temps de se planquer derrière des rafiots échoués à proximité.
Le pharmacien se met en devoir de trouver les nanas quand la vieille Nabab l'intercepte, elle a un truc vachement important à lui dire et ça ne concerne pas ses pilules !
"Eh... machin ! Y'a urgence ! Depuis hier, pas vu une rognure d'ongle de Grimes ni de son moussaillon...strange non ?!
- Y'a pas écrit "Colombo file" sur mon enseigne... j'suis pas un privé!
- Tu pourrais au moins être poli et faire semblant de t'intéresser à ce que je dégoise ! J'ai bien tournicoté l'affaire pendant mes insomnies et ça fait pas un pli, c'est le type qu'a zigouillé l'apprenti !
- Plus mêle-sauce, faut se lever tôt ! Si tu comptes que j'entre dans tes divagations de mal b...ranchée, faudrait que tu me montre le cadavre d'abord !
- C'te question ! Mais dans la flotte bien sur ! C'est que ça m'a bien travaillée la nuit c't'histoire (et oui... à son âge, il n'y a plus que ça qui puisse la "travailler" comme elle dit !)
- ça y est ! J'en étais sur ! T'es tellement shootée au laudanum que ça te sort presque par les trous de nez !"
La vieille insiste, en disant qu'on n'a pas vu Peter ni son mousse depuis l'avant veille mais Keene lui répond qu'ils sont sûrement en train de taquiner de la sardine à bord de leur rafiot. Comme elle s'incruste pire qu'une bernique sur son rocher, il la coupe dans son élan en lui disant que saoulé pour saoulé, il préfère que ça soit avec du gros qui tache et pas en écoutant ses histoires à vomir debout. Il s'engouffre comme s'il avait le feu aux miches dans l'auberge et lui claque même la porte au pif.

Nabab va éponger son nez qui a triplé de volume dans un coin sombre alors que des villageois et le recteur font un petit passage sur scène, les uns allant mettre la viande dans le torchon, vu qu'ils ont passé l'âge de veiller et de picoler, et l'autre qui va arroser ses jardinières (sic, il parle de "désaltérer ses roses"... à moins que ça soit un langage codé, mais ça m'étonnerai pour un recteur...m'enfin... on ne sait jamais...)
Tout ce beau monde sorti, la vieille continue à marmonner dans sa barbe (quand on a passé un certain âge, chez les belettes, le temps qu'on gagne à ne plus s'épiler les guiboles, on le perd à se faire la barbe et la moustache, c'est connu hé hé !). Elle avoue tout de même que la seule manière qu'elle ait d'avoir encore des frissons quasi orgasmiques, c'est d'imaginer des crimes bien sordides !

A ce moment, on entend Ellen et Balstrode arriver, et vu le ton un tantinet énervé de leur conversation, ils n'échangent pas des considérations météorologiques ! Et pour cause, ils cherchent Peter et le gamin ! La vieille Nabab reste planquée, avec du bol, elle aura sujet à alimenter ses fantasmes, pendant que les deux autres fouinent la loupiote à la main.
"Bon, y'a bien son rafiot, mais pas plus de Peter que de beurre en bouteille !
- J'ai trouvé le tricot que j'avais fait au gamin ! ça sent pas bon... pas bon du tout !
- Faut mettre la main sur Peter,  on peut encore arrêter les dégâts !
- On ne sera pas trop de deux pour le sortir de la mouscaille où il s'est fourré !"
Ils sortent à leur tour alors que Nabab se précipite vers le pub, en hululant après le juge Swallow. Curieuse de connaître son niveau de chronaxie à celle-là, (voir ici pour la définition si vous ne vous souvenez plus  ) parce que pour couvrir les bruits du fiesta qui bat son plein, faut avoir du caisson !
En tout cas, elle a suffisamment de coffre pour que Tantine risque un oeil dans l'embrasure, histoire de vérifier qu'on n'égorge pas le goret devant chez elle, ça ferait désordre ! Elle a beau lui dire qu'il est "occupé", la vieille insiste pour voir le type au pied et pas après-demain.
" T'es qui toi la nuisible à venir nous ruiner l'ambiance  ?!
- T'as intérêt à la boucler, "paillasson" (sic !) j'm'en vais te faire changer de ton (c'est elle qui dirige ou le chef faudrait savoir...)
- C'est pas bientôt fini ce boucan ! On peut plus se saouler tranquille ?!
- Ah, m'sieur le juge... visez le bateau de Grimes !
- Vingt-dieux ! C'est sur que c'est un spectacle hors du commun un rafiot... en bord de mer ! Par contre...si c'est celui du "suspect"... ça change tout ! Eh...Hobson, ramène ta fraise !"

Le voiturier sort à son tour aux nouvelles et Swallow le charge de retrouver le proprio du bateau, assisté de toutes les "bonnes âmes" qui voudront l'aider, . Qu'il se grouille et fouille bien partout, faudrait pas qu'il échappe à la justice "populaire" tout de même. La vieille Nabab halète presque de plaisir quand tout le monde sort, prévenu par le célébrissime téléphone nord-africain, et que ça part en émeute digne de la Terreur. On imagine presque les types en train de chanter "Ah ça ira..", à point pour raccourcir du marin faute "d'encouronné" dans les alentours.Toute la smala y va de son poing brandi et chacun part dans le désordre le plus complet, à la recherche de pauvre type alors que le rideau tombe sur la fin du premier tableau.

Vous voulez que je vous dises... je le sens plus que moyen... le "Et ils vécurent heureux et eurent une équipe de foot"... pas vous? Allez, plus qu'un tableau, très court, donc, je balance celui-ci... je ne vais pas vous faire l'affront de vous servir un truc "pour la dent creuse" tellement il est rikiki en début de semaine prochaine, ça serait plus que mesquin non ?

Deuxième Tableau

On ne change pas de décors, ni de protagonistes, simplement fait essentiel, "l'accusé" fait son entrée !

L'heure a filé depuis le tomber de rideau précédent, vu que là, on ne voit plus de lampions allumés et que c'est la morne-plainitude totale. Peter est près de son bateau, en train de broyer du noir, le moulin à café entre les genoux... j'rigole évidemment, mais au sens figuré, c'est sur que c'est pas tapissé rose-Barbie sous son crâne !
Au loin on entend le choeur l'appeler mais lui est totalement à l'ouest ! Il a pété définitivement une durite et ne sait plus où il habite et pour cause, il envisage que son "chez-lui" c'est à quinze brasses sous la flotte ! Il chantonne un truc sur un vieux Joe et un jeune Joe, partis pêcher (moi, j'aurai mieux celui de  "Pince-Mi et Pince-Moi sur un bateau", mais Britten avait déjà choisi son librettiste, Slater, tant pis !) Il cause même à une Ellen plus qu'absente en lui reprochant de l'avoir laissé tombé comme un vieux slip au moment où il en avait le plus besoin.

Durant son monologue délirant, la "balanceuse" de slip sus-citée et Basltrode font leur apparition, pour constater qu'il n'a plus l'électricité à tous les étages. Ellen tente de claquer des doigts devant ses mirettes, pour voir s'il y a quelqu'un derrière et lui signaler qu'ils sont là pour le dépanner, mais parle à mon fondement mon chef est souffrant, il reste dans sa bulle !

Le vieux Balstrode pige qu'il ne reste qu'une solution et propose à Peter d'aller faire un tour de barcasse assez loin pour pouvoir couler celle-ci, histoire de noyer son chagrin définitivement. Ellen n'est pas vraiment chaude quant à  cette idée, mais elle n'a plus vraiment son mot à dire, Grimes se lève et aide le vieux à ficher le bateau à l'eau. Il s'éloigne à grands coups d'avirons, il a un "bain" à prendre..

Balstrode rejoint Ellen pendant que les habitants du Bourg font peu à peu leur apparition, leur recherche infructueuse les ramenant tous au même endroit..
On a droit au lever de soleil, au coucher de certains habitants, à l'ouverture de la boutique du pharmacien, comme si le fait que Peter se mette en apnée définitive loin de "leurs" côtes remettait toutes les pendules à "l'heure des honnêtes gens" et que rien ne se soit passé (m'enfin z'ont une mémoire de poisson rouge les autochtones, parce que pas plus tard qu'il y a quelques heures, ils tentaient de lyncher purement et simplement un de leur concitoyen !)
Ils aperçoivent bien au loin un rafiot en train de prendre l'eau, mais ça les arrange de prendre leur temps pour vérifier à la lunette ! Une seule a vraiment les boules... l'instit qui voit ses projets de "rédemption" tombés à la flotte en même temps que son ex-amoureux.

Fin de l'opéra et après vous avoir bien sapé le moral avec une histoire à se flinguer... je pars sadiquement en vous souhaitant tout de même un bon week-end, mais en vous conseillant, pour ceux que ça intéresse évidemment, d'aller faire un tour du côté de ce Peter Grimes... il est plus qu'audible comme aurait dit mon pépé, toujours très avare de compliments. A plus...

La dragonne

PS: petite liste des ouvrages demandés pour la suite, pour confirmer que je n'oublie personne :
- la Clémence de Titus pour Lili
- Les Noces de Figaro pour Christine
- Rigoletto pour Eddy
- Le dialogue des Carmélites pour la Muse
- L'opéra de Quat'Sous pour BMC
- Didon et Enée pour les Kikojo
- Madame Butterfly pour Lili encore une fois

Vous voyez... ça va m'occuper et vous aussi encore un bout de temps !

Publié dans Britten

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Commenter cet article

Richard M 24/06/2008 10:38

Réaction "un peu" tardive, mais n'oublies pas que je suis un p'tit nouveau sur ton blog.
Vraiment tragique cette histoire heureusement transformée en tragi-comique par tes soins.
J'aimerai m'ajouter à la liste Didon et Enée, j'adore Purcell.
à bientôt

24/06/2008 17:03


Ne t'inquiètes pas, mes garçons m'ont déjà demandé ça... Il faudra un peu de temps et de patience, tu connais mes digressions (même si t'es tout nouveau hé, hé)
Bonne fin de journée Richard


Roanne 30/04/2007 13:09

Quand on y réfléchit c'est du délire total cet opéra mais aussi une belle dénonciation de "l'agréable way of life dans un petit village portuaire isolé" ;).

Sieglind 02/05/2007 09:33

Tout à fait ! On en connait énormément et pas que portuaires justement de ces espèces de bleds hein ? Bises Roanne

Christine... 19/04/2007 03:25

Là, tu m'as plombé ma nuit !!! Ca va me travailler cette histoire !!Je viens en Métropole en juin, je vais faire le plein d'opéras. Et comme tes conseils sont toujours bons, celui-ci sera dans la liste !!Plein de gros bisous Jolie Dragonne et merci beaucoup !!

Sieglind 19/04/2007 08:10

Mais c'est Britten qui t'a plombée l'ambiance, pas bibi (ou alors, j'tombe à côté de la plaque hé,hé) Bises et t'as raison, fais le plein !

PAK 09/04/2007 20:45

j'engage gratuitement et benevolement des gens pour qu'ils me traduisent et reduisent au maximum les articles et commentaires de ce blog !

Sieglind 09/04/2007 21:16

En sténo... ça t'ira ? hé,hé

Louvre-passion 09/04/2007 17:49

Bonjour chère Dragonne,Il fait beau alors on blogue .... mais tout le temps, j'ai bien profité du soleil.Je vois que tu as "l'opéra de quat-sous" dans tes projets, eh bien je me joins aux demandeurs, c'est une oeuvre qui m'intéresse.A bientôt.

Sieglind 09/04/2007 21:17

Je l'aime bien celle-là en plus (j'ai la version avec Nina Hagen, pas piqué des hannetons !) Bonne soirée Atalmont