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Jeudi 19 juillet 2007
Bonjour,




Certains se posent la question de savoir si je suis encore sur mes pattes ou la goule ouverte après une crise fulgurante d'aérophagie parce que, chez les dragons, c'est mortel ! Nos rototos célèbres ayant dévasté plusieurs contrées il fut un temps, en sont la preuve !
Meuh non... je suis simplement au rythme de croisière de la saison ; l'été, blogs en vacances, petites siestes pour certains, balades pour d'autres, je prends la cadence, pour une production plus.... moins.... enfin bref,  pour que je vous saoule un peu plus, il faudra attendre la rentrée vous êtes au courant depuis le temps que je vide mon sac à malice par ici hein ?

Mais tout de même,  "faut c'qu'y faut", donc vous aurez droit à un petit cours d'histoire non illustré (à part de mes mots... "exotiques", comme j'ai lû une fois pour qualifier ma logorrhée verbale) alors zou, comme promis, je vous parle de la Pierre de la Destinée et des Honneurs de l'Ecosse, et ça n'a rien à voir avec le fameux mystère caché sous le kilt des mecs du coin (tout ne tourne pas autour de l'entre-jambe de nos chers écossais tout de même hein ?)

Or donc, il était une fois...Bon, on lache le style Perrault et on continue, le côté "piou-piou-les oiseaux-gazouillent-sur-le-didi-de-Blanche-Neige-" j'le sens déjà moins, j'ai du mal aux entournures dans le costume de gentille conteuse jouant du rouet au coin du feu en blablatant des sornettegidouilles au Chaperon-Rouge, les yeux en soucoupes et la goule tellement ouverte qu'on voit la couleur de son slip Petit-bateau, pendant que le loulou du patelin fait les cent pas autours de la bicoque en attendant son casse-dale sur pattes ... je reprend mon "style", tant pis pour vous !

On commence par la Pierre de la Destinée, parce que c'est tout de même un des fondements (je ne parle pas d'arrière-trains, encore une fois, suivez !) de la royauté écossaise. Pour les Honneurs, on verra demain, il fera jour s'pas ?

Depuis toujours (enfin 877 ou 878 pour être exacte, chouette époque des rois pictes*), les dirigeants écossais avaient l'humeur bucolique quant à leur sacre à Scone, près de Perth.
Au début, ils se sont  fait couronnés en plein air, sur le gazon, leur illustre popotin  - (à si, à y regarder, je parle bien d'arrière-trains, autant pour moi !) posé sur une pierre symbolisant l'union entre eux et le peuple ; la Pierre de la Destinée. Selon un scribouillard de l'époque un certain John of Fordun, "Aucun roi ne peut régner en Ecosse s'il ne s'est d'abord assis sur la pierre conservée avec respect en l'église de l'abbaye de Scone".

J'ai vu la caillasse, au château d'Edinburgh, ... c'est vrai que ça ressemble de très loin, en courant vite et en fermant un oeil, à un trône royale ! Un bloc de grès avec deux anneaux aux extrémités, pété de surcroît en deux, un des "encouronnés" devait avoir le c... plus lourd que les autres si ça se trouve. Pour les anneaux, on pige vite ! Allez porter un galet de plusieurs quintaux , trois pour être exacte, à bout de bras vous m'en direz des nouvelles, autant passer un bon gros morceau de bois dans les anneaux pour le trimballer jusqu'au lieu des réjouissances, ça économise des tours de reins et des hernies galopantes. Donc, ces nobles écossais avaient un certain attachement à ce  bout de moellon, on arrive à le comprendre...  Le dernier roi en date qui  s'assit sur celle-ci, fut Jean Balliol

En ces temps sinon bénis, du moins fortement perturbés - (je veux mon n'veu ! Quand on a les anglais aux miches qui nous tanent pour récupérer notre territoire, plus serein, il y a mieux quant à la zénitude !) - on pouvait se douter que ce bout de grès allait faire des envieux.  Et ce qui devait arrivasser arrisavate ! Lors d'une  razzia - (désolée, mais le côté "conquête noble pour l'Empire anglosaxon" m'échappe un peu quand on ruine de la bicoque, escagasse du populo, brûle et coupe en rondelles allègrement tout ce qui se fiche en travers du chemin) -, lors d'une razzia donc... pfff, tuante celle-là avec ses apartés !..... le roi anglais du moment, Edouard 1er  (1296) piqua le truc au pif et à la barbe des autochtones - (enfin, là aussi, il a délégué, sa sciatique le faisant souffrir et il a bien dû trouver un ou deux larbins pour se colletiner le morcif) - Et c'est ainsi que cette légendaire pierre se retrouva en Angleterre, dans l'Abbaye de Wesminster**, sous le trône, construit spécialement à cet effet.

Là, il ne faut pas être sorti des grandes écoles pour piger la symbolique du geste : en gros, "l'Ecosse, j'm'en tamponne le coquillard et j'm'assoie dessus, c'est que de la valetaille !" Et tous les rois anglais, à partir de 1307, puis rois de Grande-Bretagne, se sont fait couronnés sur ce pouf hyper-trophié.

Les rois d'Ecosse ont continué leur rituel d'intronisation à Scone, sur un strapontin n'ayant plus rien à voir avec le symbole hautement unificateur de la pierre (faut de mieux, on couche avec sa femme, comme disait ma mémé...).

Petite anecdote, en 1950, le 25 décembre, (symbole là-aussi ?) quatre joyeux drilles écossais, ont escamotté le bout de grès pour le rapporter en Ecosse. On l'a fichu dans l'abbaye d'Arbroath (QG du nationalisme écossais) mais les britischs, redoutables "négociateurs" on récupéré la pierre en février 52. Les quatre types ne furent pas poursuivis (ils devaient courir trop vite certainement)

Et enfin, en... 1996 (vaut mieux tard que jamais comme on dit hein ?), pour fêter 1296, le gouvernement britannique a "noblement" accepté de rendre à Jules ce qui était à César. Tout cela en grande pompe, évidemment, le jour de la saint André (j'vois pas le rapport, mais mon catéchisme et loin faut dire...), mais c'était un colis "groupé", étant donné qu'entre temps, ils avaient également piqué les fameux Honneurs d'Ecosse.
Je me marre, parce qu'il a tout de même fallu sept siècles pour qu'ils se décident à refiler ce qu'ils avaient éhontément piqué, tout en faisant comme si c'était "cadeau" royal, plus hyper-ventilé, tu meurs !

Demain, si j'ai pas trop la flemme, vous aurez droit à la suite de ces histoires de hold-ups à l'anglaise, parce que désolée, mais j'ai toujours du mal à appeller acquisitions légales de trucs piqués chez les autres, même sous couvert de conquêtes territoriales et ça vaut pour tout le monde, même pour nous... d'accord, ça permet de préserver certains trucs dans des musées, mais c'est "un peu" du vol à l'arrache pour certains bidules (l'obélisque, remarquez, j'ai du mal à visualiser le type piquant le bastringue, le fichant sous le bras et se tapant un cent mètre les gardes égyptiens aux miches...) Evidemment, ça n'enlève nullement la portée esthétique et historique de l'objet exposé, mais je me sens toujours un peu morveuse de savoir que ça a été escamoté du pays d'origine, et encore, dans la plupart des cas, c'est pour montrer ça au monde et le préserver dans les meilleures conditions, alors que là, dans le contexte écosso-anglais (ou anglo-écossais) c'était surtout une manoeuvre de déstabilisation et d'assujetissement !

Allez je file en vous souhaitant une bonne journée, et je vais de ce pas vous lire, parce que pendant que je glande, vous écrivez, il en faut des courageux !

La dragonne


* Pour les fans de la série Kamelott, c'est la belle-doche d'Arthur qui est picte... désolée, mais dès qu'on entendait ce mot, on ne pouvait s'empêcher de faire le rapprochement... ça ôtait un peu du sérieux de certaines visites...

** Une théorie, qui ne tient pas la route, aux dires des professionnels de l'investigation historique, voudrait que ce grand dadais d'Edouard, se soit fait entourlipoullé par les écossais qui, le voyant venir avec ses grosses galoches, avaient fait une réplique de la Pierre et planqué la vraie dans un monastère ravitaillé par les corbeaux. Autre enrichissement à l'histoire de cette pierre, non seulement cela remonte au goût des celtes pour tout ce qui a trait à la terre et au culte druidique (ça, on s'en serait douté un peu, vu le patelin)  mais en plus, aux dernières nouvelles (de Rome certainement quand ce brave saint Colomba, grand évangélisateur  des terres pictes et pourfendeur du fameux Nessie déjà cité dans un article, avait besoin d'un p'tit coup de pub pour "lancer son produit"), il s'agirait de la pierre sur laquelle ce brave Jacob (pas celui de la Cage aux Folles) se serait reposé pour avoir son délir onirique à Bethel (Genèse 28.11, si vous avez du temps à tuer pour ouvrir la Bible, sinon c'est là  ) le coup de l'échelle menant au ciel si vous avez bouffé l'info. Et rien moins qu'une princesse pharaonique, Scota de son p'tit nom, l'aurait apporté en Ecosse (en passsant par la Scythie et l'Espagne, elle avait besoin de se dégourdir les ripatons la greluche !)
par Sieglind publié dans : Je blablatte sur tout et n'importe quoi
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Impulsions, coups de coeur et de gueule, idées diverses au fil des notes et journées. Vous trouverez dans ce blog ma vision de l'opéra et de bien d'autres choses. Et aussi ma passion : les dragons.




Comme ma trombine évolue au fil de ce "rondudju" de temps, une petite mise à jour du portrait du bestiau, j'ai encore changé de "look" comme on dit... et le cliché du trombinoscope n'est plus vraiment d'actualité (avis, première et dernière fois que vous avez droit à ma goule, moi et les photos, ça fait quarante-douze)

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