Les Honneurs de l'Ecosse

Publié le par Sieglind


Bonjour !



Bon, un jour de rab, sur mon farniente de fin de semaine, ça peut être excusé, surtout en période estivale n'est-ce pas... Mettons ça sur le compte des neurones encore restés Outre-Manche hein ?

Donc, en ce qui concerne ces fameux "bijoux de famille" (désolée, mais c'est ce qui m'est venu à l'idée, pendant la visite, encore heureux que les anglo-saxons ne pigent pas mes... subtilités, j'aurai peut-être eu droit à un vol du haut des remparts, mais sans l'aile volante, sont pointilleux sur l'honneur justement ces braves gens !), ça vaut un roman de Walter Scott, et pour cause, il est personnellement impliqué dans l'affaire ce cher antiquaire-avocat-écrivain).

Ch'tiote mise au point. Honneurs, donc joyaux de la couronne, c'est le qualificatif du paquetage filé au roi, son kit de survie sur le trône (et non kilt, on ne va pas faire une fixette là-dessus hein ?), des fois qu'on le confondrait avec le belou en train de servir le rata dans le grand Hall du château d'Edinburgh*  Le barda comprend la couronne (logique, un roi sans couronne, ça le fait moins à cette époque), l'épée d'apparat -  (qui dit d'apparat doit certainement signifier qu'elle coupe comme les genoux d'une bonne soeur et qu'on aurait du mal à défendre sa peau en croisant le fer armé de celle-ci, mais elle est jolie et en jette bigrement, ça compense et qui sait, même si elle ne coupe pas grand chose à part le beurre mou, à sa vue les nuisibles étant paralysés par sa... "majesté", il suffirait juste de leur en filer un coup entre les argouanes avec la garde, façon matraque pour les achever) et enfin le sceptre... l'espèce de gratte-dos (ou chausse-pied) majestueux qu'on leur file entre les pognes (ça rappelle tout de même les insignes qu'on voit sur certains monuments egyptiens non ?)

Le premier roi à recevoir sa panoplie fut James IV (période de règne 1488-1513 ; il avait déjà la couronne mais il manquait l'épée et le sceptre) - . Un p'tit cadeau du pape (et oui, on sait l'Eglise dans le besoin, encore une preuve !) Mais il devait avoir des problèmes de facteur ou s'appeller Pie "Trois-Redoute" (référence aux catalogues de vente de nippes par correspondance, pour ceux qui auraient un doute sur ma santé neuronale) parce qu'évidemment, l'envoi ne fut pas groupé, un des "articles" étant différé pour rupture de stock certainement. Par contre des délais, comme ça, j'aurai annulé la commande : le sceptre en 1494, l'épée, le fourreau et le ceinturon en 1507. Petit note sur la tendance vestimentaire royale, ce fut le dernier roi à porter la couronne à arceaux, ou impériale (les arceaux avaient été rajoutés par son papounet Jacques III - 1460-1488 -) A mon avis, pour éviter que le truc en tissu sur le dessus ne ressemble à la longue à un soufflet en phase de dégonflement après être resté trop longtemps sur la table et donner à l'ensemble une allure un peu plus... tonique et majestueuse qu'un bonnet de velours cramoisi s'avachissant sur la trogne de son porteur,  (trogne tout aussi cramoisie après les libations multiples lors des festivités inhérentes à ses fonctions).

Le suivant à  porter le galurin et les breloques fut James V (1513-1542), qui voulut lui aussi, apporter sa..."king's touch" en faisant modifier tout le bataclan**. Le sceptre est allongé (pas assez voyant mon fils !), la garde de l'épée refaite, (à force de la tenir serrée pour pas qu'elle ne leur tombe sur les ripatons, la sueur corrosive avait dû attaquer le métal), et on modifie une nouvelle fois la couronne en y rajoutant de l'or quarante-douze carats et des pierres précieuses. La toque, bouffée des mites certainement, ou "péguante" avec les générations de cheveux gras qui l'ont côtoyée, ça devait commencer à sentir le poney, il y avait urgence et on lui subsitua une nouvelle coiffe pourpre, bordée d'ermine (les p'tites bestioles blanches spécialement sauvées par Noé pour servir de  garnitures aux "encouronnés", vous parlez d'un "sauvetage", j'me demande bien si le Déluge n'était pas mieux, tout compte fait pour ces petits carnassiers...)

Donc, on arrive déjà à 1543 sans que ces fameux honneurs aient été utilisés ensemble lors d'un couronnement. Vous vous imaginez passer la robe ou le costard offert à Noël...trente-six ans après, faut pas avoir peur de n'être plus à la mode ! Le premier à le faire, fut une "première", puisque ce fut Mary Stuart, couronnée au berceau quasiment, ce qui fait qu'à mon avis, elle n'a même pas pu jouer avec sa panoplie de princesse (elle aurait fini écrabouillée dessous de toute façon).
Une fois adulte et après quelques "ennuis" (euphémisme !) avec sa cousine Zézette Première (Elisabeth 1ère, la reine "vierge", on pige mieux pourquoi, quand on voit sa trogne remarquez) c'est son fils, Jacques qui hérite du bébé en 1603, devenant non seulement roi d'Ecosse, mais d'Angleterre également. Depuis, les deux "nations" ont prêté allégeance au même monarque, Zézette II, la Queen actuelle comprise évidemment.

Dernière sortie des breloques du placard à naphtaline  : au couronnement de Charles II à Scone (et vi Moyra, c'est l'origine du nom des gâteaux, puisque ça serait là que ces petites douceurs ont été concoctées pour la première fois selon les dires populaires) le premier Janvier 1651.
On est en pleine époque de baston générale... à la moindre occasion, pet de travers ou regard en coin, on se tape joyeusement sur la tronche, se découpe en rondelles et autres joyeusetés, la guerre civile quoi (se référer à Wikipédia quant à cette période, ils en causent mieux que moi, et si je m'y met, vous n'êtes pas sortis de l'auberge avant demain, quant à la longueur de l'article !)
A cette époqe, ça commence à sentir le roussi pour les Honneurs, puisque Cromwell  envisage sérieusement de les inclure à l'actif de sa balance comptable au poste "prises de guerre et petites gratifications" juste au-dessus de "dommages collatéraux" sans doute.
Donc il n'y a pas à tortiller, il faut planquer les bijoux de famille (au sens propre et figuré, les "débordements soldatesques" ne faisant pas, déjà en ce temps-là, dans la dentelle du Puys !) Après le couronnement de Charlie II, les joyaux sont donc emportés du Château d'Edinburgh à celui de Dunnottar nocturnesquement et dans le plus grand secret... Pas si secret que ça d'ailleurs, puisque l'armée anglaise, renforcée de clébards dressés à sniffer les rubis et au Chanel n° 79 (numéro atomique de l'or pour les peu parfaits petits chimistes) se retrouve au pied de la forteresse avec la ferme intention de récupérer ces attributs royaux. Deux nanas, qui on ont, mine de rien, prennent sur elles de les planquer sous leurs jupes et de filer à l'écossaise afin de les confier au curé de l'église de Kinnelf, dans les proches environs (leur demander de traverser l'Ecosse à ripatons, faut pas exagérer, ça pèse son âne mort ce bazar, et une claymore dans le panty, ça doit gêner tout de même un peu...)

Il faut attendre huit ans, après la mort de Cromwell (1660) pour déterrer les joyaux de dessous le sol de la chapelle et leur faire réintégrer le château d'Edinburgh. Nouvelle affectation du matos : lors des cérémonies parlementaires, pour marquer l'union des parlements et du roi en place. En 1707, le sceptre touche le contrat d'union, symbole de l'assentiment du roi à l'union de l'Ecosse et de l'Angleterre.et c'est la dernière fois que ces attributs voient le jour, puisqu'on les fiche sous clef au château, dans un coffre dans la salle de la couronne murée après cette opération.

Et on entame une petite sieste à la Belle au Bois Dormant de cent onze ans, avec Walter Scott, père du célèbre "Ivanhoe" (et de Rob Roy également) dans le rôle du prince Charmant (1818). Comme ses recherches en anecdotes du patelin et ses autres études historiques  lui ouvrent certaines portes... pourquoi pas celle de cette fameuse salle de la couronne ? Qui ne risque rien.... Et c'est comme ça qu'il obtient un mandat royal lui permettant de mettre à bas les moellons scellant celle-ci (Carter, vous avez dit Carter, ça y ressemble non ? Malédiction pharaonique non comprise évidemment).

Il ouvre le coffret à bijoux (à mon avis, vu la taille du coffret, j'aimerai voir celle de la coiffeuse qui va avec !) et découvre des Honneurs intacts ou presque, qui sont exposés depuis dans la salle ré-ouverte au public (je ne sais pas si je puis être qualifiée de témoin digne de confiance, mais c'est sur, on dirait qu'ils ont été fabriqués avant-hier, sauf peut-être le pommeau de l'épée un peu bouffé par l'oxydation)

Donc, voilà en... bref (?!)... l'histoire de ces fameux attributs royaux ! Pour plus de détails, je vous engage à faire jouer vos mimines sur le clavier pour des recherches "internétiennes" des plus instructives, les sites et blogs sur cette histoire écossaise mouvementée foisonnant (la liste serait longue, et c'est sans compter sur le nombre faramineux de bouquins écrits sur le sujet). Moi, je m'arrête là... style "mise en bouche" pour ceux que l'Histoire intéresse évidemment.

Sur ce, je file hors connexion, énormément de choses à faire dans la "vraie" vie, encore une fois. Je vous souhaite une bonne journée et à plus... Viiiiiiteuuuu cafetière !!!

La dragonne


* visité par nos "groins", totalement restauré, "peint" plutôt que crépis... et ... bien moche, enfin je trouve, par rapport à la grisaille nostalgique des pierrasses des autres bâtiments, d'où le cliché là-aussi ; pour "clicheter" les colifichets, niet ! Interdit, comme dans la majorité des châteaux en Ecosse
 ** La couronne écossaise  se compose d'or extrait d'Ecosse, de perles et de pierres précieuses (diamants, améthystes, grenats) tout ça bien kitch évidemment, mais il faut ce qu'il faut, quant on veut en jeter plein la vue aux invités.
Le sceptre est d'or et d'argent, avec en son sommet un globe de cristal de roche (j'y ai vu le "bâton" d'Indiana Jones dans l'Arche Perdu , mais version "nain", désolée !)
L'épée de l'Etat, le fourreau et le ceinturon sont ornés des armoiries du Pape Jules et des symboles de la Chrétienté (tu m'étonnes, estampillé "Made in Vatican" le petit cadeau !) dauphins,  glands (?!) et feuilles de chêne.

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Roanne 10/08/2007 12:17

Comme je n'y connais rien en opéra, c'est sur que le doux surnom de Roberto Alagna ne risquait pas de me parler. Par "qui monte", tu parlais de sa carrière j'imagine, pas de sa voix ? lol
En tout cas, j'ai du mal à imaginer Pavarotti dans cet opéra : il n'avait quand même pas le rôle de Manrico ? Parce que tu vois, j'aimais bien Luca Lombardo parce qu'il a un physique et une façon de bouger qui collent au personnage. Je n'imagine pas Pavarotti s'effondrant au sol quand Luna lui perce le flanc en traître par derrière, profitant que la belette pour les beaux yeux de laquelle ils se battent retient son attention... Bref, même si j'ai un très gros faible pour Duminy et sa voix, je trouvais Lombardo très juste, crédible (les soldats embarquant Pavarotti, je te dis pas ils ont intérêt à l'assomer avant, oups, désolée...).
Sinon, j'ai oublié de parler de Bernadi, qui ouvre l'opéra avec un choeur masculin, au départ je croyais que c'était lui Luna (humhum on voir que je n'avais pas lu avec attention le livret que nous avons acheté à l'entrée). Très belle voix aussi. De toute façon les 7 solistes étaient beaux, doués et super bien sappés et coiffés, quand je disais que c'était un beau spectacle c'est ce que j'en pense sincèrement. Je ne suis pas connaisseuse, mais j'ai encore le droit de dire si j'aime ou pas. Comme j'aime, bah j'en fait la pub !
Par contre je ne suis pas certaine d'apprécier autant la vision d'un enregistrement, sur site il y a toute une ambiance. Il faudra que je tente d'en regarder un en entier à la TV.

Sieglind 13/08/2007 08:48

Il y a de bonnes versions dont une de Bonhinge et de sa rombière Sutherland... même si le Manrico n'est pas tip-top (surtout au physique, il tient plus... de Pavarotti justement hé, hé)Un opéra commençant par une basse, ça change... j'aime bien les basses de toute façon...Bien que tu te lances dans les commentaires lyriques, ça prouve que ce n'est pas réservé à l'élite, loin de là; à entretenir... vu que je saoule mon monde en disant justement que c'est à la portée de tous... tu apportes de l'eau à mon moulin ma belle !

Véro 10/08/2007 11:16

Comme tu es prise avec les visiteuses, j'en profite pour rattraper mon retard. Je pense beaucoup à vous. Véro

Sieglind 13/08/2007 08:44

Ce que je vais faire ce matin (ou aujourd'hui, ça risque de me prendre plus que la matinée, j'en ai peur hé, hé)Bon début de semaine vous-deux

Roanne 10/08/2007 11:10

Hello chère dragonne, je n’ai pas le temps de lire et repasserai plus tard… (j’ai aussi du monde at home, donc je me connecte du boulot, pas bien, je suis une vilaine). Alors merci pour tes coms sur L’éveil, que ce soit chez Adu ou chez moi.
Et puis hôte moi une interrogation que j’ai depuis le week-end dernier : c’est quoi cette histoire de version « ragnagna » de l’opéra « Le Trouvère » de Verdi, parce que vous avez employé la même expression avec Anjalain = ça me laisse profondément perplexe !
Puis j'ai pas trouvé le Trouvère en question ici même... pas douée la fille ou c'est toi qui ne l'a pas encore traité ? Sinon c'est pas grave, j'en parlerai quand même un peu sur mon site, ce sera moins drôle qu'à ta sauce mais au moins les gens se rendront compte de la complexité du scénar et de sa dramatisation extrême.
Re-snif... Qu'est-ce qu'elle est belle la mort de Leonora, mais celle de la Gitane est tout bonnement grandiose, puisqu'elle avoue l'accomplissement de sa vengeance avant de se jeter dans le buchet... rhaaaaa quel final...
(ce qui ne nous a pas empêché de voir le superbe geste du chanteur dont je suis fan, le baryton, qui sitôt lumières éteintes se précipite auprès de la blonde soprano pour l'aider à se relever, parce qu'avec la robe qu'elle a, cela ne devait pas être de refus !)
Bref, j'ai adoré cet opéra. Heu-reu-se !

Sieglind 13/08/2007 08:43

Euh... répondu chez toi, Ragnagna, c'est R. Alagna, que je ne peux pas encaisser, dommage pour lui hé, hé. C'est normal que tu n'aies pas trouvé le Trouvère, pas encore traité, mais au programme, vu que je l'aime bien celui-là.Drôle de promesse de fiançailles tout de même la mort de Léonora hein ? hé, hé. Le côté "debout les morts" en fin de spectacle m'a toujours espantée hé, hé. Bises Roanne

mamie d'Alsace 09/08/2007 19:01

ti coucou à une fidèle parmi les fidèles du Blogà... Z'avons tit'éclaircie dans le nord-est...

Sieglind 10/08/2007 08:41

Fidèle... fidèle... problème en ce moment justement... pas assez de temps pour faire coucou aux copains, mais la fin de semaine approche, ça devrait se tasser, Bises "mamie" hé, hé..

:0091: Lili :0010: 08/08/2007 14:21

merci ma belle dragonne pour tes coms, tu es super pressée, mais tu prends le temps pour des coms t'es un amour. J'espére que vous pouvez vous balader et que le temps n'est pas comme ici depuis hier c'est pluie diluvienne et orages en primes, pas question de mettre le nez dehors, bisous

Sieglind 10/08/2007 08:43

On en fait un maximum, en une semaine, pas facile de voir tout (surtout sans bagnole) Dès que j'ai un peu de temps... je me balade c'est sur, je ne veux pas m'encroûter à ne rien ficher quand la fourmiz dort encore... autant lire un peu les copains...Bises Lili