Glamis, la suite

Publié le par Sieglind



Bonjour !

Allez, de retour de mon périple charentais de trois jours, autant donner de mes nouvelles, et non, je ne me suis pas fichue minable au Pineau, si certains avaient des doutes. Autant vous signaler d'ailleurs, au cas où vous l'auriez oublié, je suis du coin, Rochefortaise pour être exacte, alors ce n'est pas une p'tit pineau qui va me ficher les miquettes surtout quand on a fait les vendanges du "cougna" avec baptême au trente piges d'âge (d'accord, ça ne date pas d'hier, mais ça marque tout de même un peu surtout le "réveil" enroulée autour d'un pied de vigne, le sécateur à la pogne et la tête dans mon baquet, pas pu faire autre chose de plus productif du reste de cette journée)

Donc, de retour de mes terres natales, on retourne en virée du côté du château de Glamis, histoire de continuer à énumérer les populations ectoplasmiques occupant les lieux, et il y a matière, comme on dit, dans celui-ci ! Désolée pour le cliché de la fenêtre, j'ai pris le château sous toutes ses coutures, sauf le coté où se trouve cette fameuse fenêtre murée (un salon de thé, des boutiques, la guitoune du garde-chiourme de l'entrée, ça occupe un peu trop d'espace sur le cliché, je vais voir si dragon a récupéré un angle valable de celle-ci, vu qu'il a un zoom plus conséquent que le mien - pas de sous entendus salaces les p'tits malins du fond, je vous connais ! -)

Donc, après la fenêtre maudite, le jeu de carte façon Pouchkine *,  voyons les autres occupants fantomatiques du lieu, plus que discrets à notre visite, j'ai dû leur faire peur, ils m'ont vue venir de loin avec ma grande goule et ma "tête rouge" comme m'a appelée une guide dans un site éco-rural du patelin (ça lui a plus mon rouge pétard, mais selon elle, elle ne se risque à cette expérience capillo-suicidaire qu'en période festive de fin d'année, moi, c'est toute l'année la fête alors...) Avis à la population, c'est... conséquent, je vous laisse plusieurs jours (et ça me donne du temps pour vous lire aussi, comme d'habitude)

On en était à la visite de la chapelle privée des châtelains, le type enkilté nous fait entrer dans celle-ci, et, en bons élèves, le pli ne se paume pas, on se carre au fond de la salle à gauche, dernier rang et quasi dernière chaise pour dragon. Je dis bien "quasi dernière chaise", parce que celui-ci a eu un drôle de réflexe, il a d'abord voulu s'assoir sur la dernière contre le mur, mais s'est décalé, donc m'a décalée,( logique de la géométrie spatiale d'un binôme en orbite géo-pas-stationnaire oblige). J'ai cru qu'un des dernières occupants d'une visite précédente s'était lâché de trouille dessus, et qu'il y avait des..; traces fraîches, mais non, rien sur le repose-miche. Le type s'exprime avec force gestes et élans lyriques (il était dans rôle, pas à redire à ça) du plus bel effet visuel pour moi, mais carrément incompréhensible, vu qu'il aurait pu parler mandarin de la haute époque, ça aurait été le même topo, j'y pigeais kekouik ! Dragon lance un "ah... c'est pour ça !..." tout aussi hermétique, pour expliquer, à ma demande éplorée**  et mes yeux à la Chat Poté de Shrek, qu'il y avait peut-être en ce moment même à côté de lui  une nana en blanc, assise en train de dire ses pater et ave lithurgico-ludiques.

Aux dernières nouvelles du "fond de la classe", il s'agirait de Janet Douglas, femme du sixième seigneur de Glamis, dans les belles années dix sept cent et des prunilles, devenue veuve assez rapidement (un statut normal à l'époque, les types avaient une fâcheuse habitude, celle de mourir précocement. Quel manque de tact !). Elle se retrouve  à la tête d'un domaine assez sympathique, mais à l'époque, ça ne durait pas longtemps, ou on se recasait rapido-presto, ou on terminait très mal. Elle à opté pour le deuxième solution puisque James V, le roitelet en place, ne pouvait pas piffer en peinture le clan Douglas.
A votre avis... qu'est-ce qu'il a fait  ce fiéleux ? Il a simplement accusé la nana de fricoter avec le malin, histoire de lui ruiner sa réputation définitivement... et surtout de récupérer ses terres à bon compte, vu qu'un procès pour sorcellerie, ça a des chances plus que certaines de laisser l'accusée un chouillas roussie sur les bords.
Je vous épargne les scènes de torture à la langue de chèvre sous les plantes de pieds, de la craie pas affinée sur le tableau noir,  celle de l'étiquette de fringue en synthétique mal placée qui vous gratte à s'en arracher le cu...ir, le passage de l'intégrale de Klederman, enfin elle a eu droit à tout !  Et le pire, devant son gamin, emprisonné également ! Pour finir, elle fut mise sur feu doux, façon fumage de hareng, comme toute bonne sorcière qui se respecte et.le fils ne fut libéré qu'à la mort de James V.
Le Parlement lui refila les clés du domaine récupéré. Depuis ce temps, Janet revient pour voir si le ménage est toujours bien fait dans toutes les pièces et pour faire sa prière dans la chapelle. Petite anecdote, elle n'est pas du genre silencieuse la Blanchette, puisque ses apparitions et déambulations domestiques sont accompagnées de bruits ressemblant aux coups qu'on entendait au dressage du bucher (plus romantique et sinistre, tu meurs !)
Un témoin "digne de foi",  magistrat d'Edinburgh,  a vu une nana en blanc, se baladant façon patinage dans Hollyday on Ice aux alentours du château et qui s'est carapatée à la vitesse super-sonique avant qu'il ait pu crier ouf  lorsqu'il a voulu s'approcher.

Tu m'étonnes que dragon ait hésité à poser son valseur sur le strapontin de la nana, se retrouver sur les genoux d'une belette à la rigueur, je le vois mal dire non, mais que la belette en question soit un tantinet crâmée sur les bords et dans la fleur de ses trois cent ans bien tapés, ça calme pour le marivaudage !

Un autre fantôme que j'aurai bien voulu rencontrer, en parfaite adepte des films d'horreur, c'est celui d'une nana baguenaudant dans les corridors, toutes voiles dehors, la goule grande ouverte... du raisiné partout et... pas de langue ! Ce serait celui d'une domestique un peu trop bavarde et ayant surpris des trucs "privés" chez son patron en place (un m... retentissant avant vautrage dans l'escalier, un lâchage de caisse avant de se poser sur le trône peut-être...un curage de pif inesthétique avant de serrer la main de ses invités... allez savoir...) le type, voyant le risque qu'il encourait, a préféré couper le son du "mégaphone" pour plus de sécurité... il avait du lire la légende de Midas, il a pris les devants !

Existe aussi en ce lieu, le premier fantôme "noir" de l'histoire écossaise (le seul pour moi, pas vu de trace d'un autre cas, désolée). Il s'agirait du spectre d'un page noir, ramené en cadeau par un pote en virée Club-Med de l'époque peut-être, qui serait mort de froid sur son siège de pierre à l'entrée des appartements des seigneurs résidents, de peur de se faire passer un savon magistral s'il quittait son poste ; on lui assignait cette place avec consigne de répondre à chaque demande des hôtes pour leur coucher, problème, on l'a "oublié" une nuit entière. Vu sa nature fragile et le fait que le climat hivernal écossais n'a que peu de rapport avec celui de son patelin d'origine, la "broncho-sténo-dactylo-monie" (terme paternel pour la pneumonie) le guettait de ses p'tits yeux de fouine, c'était couru d'avance.
Depuis, le guide nous a expliqué (via mon traducteur évidemment) que le gamin, toujours assis sur sa pierre,  s'amuse à faire des crocs en jambes à tous ceux qui franchissent le seuil de la piaule. On a eu l'explication logique du "phénomène"... Sortant d'un pas de vis d'escalier pas très praticable, chichement éclairé, on bute sur une demi-marche quasiment aussitôt : qui ne se mangerait pas de la moquette à ce moment  là ! (je vous vois venir... je n'ai pas mangé de moquette, y'en avait pas d'abord !... Mais j'ai "un peu"... buté dedans, j'avoue, je traîne des galoches)

D'autres fantômes sans vraiment d'identité (très flous, en fait, même pour des ectoplasmes) un type en uniforme,  un "Jack the runner" qui arpente les sous-sols du château coudes au corps, comme s'il s'entrainait pour le marathon de New-York, une belette en train de s'époumoner  comme si elle avait vu une souris monstrueuse lui passer dans les jupons, une dame, grise, muette elle, et tristounette. Toute cette joyeuse maisonnée proviendrait des toutes les couches sociales puisque qu'on peut remarquer des différences notables dans la  richesse de leur "atours", le monde ectoplasmique n'est pas snob, lui, contrairement aux proprios des lieux.

Petits témoignages par témoins interposés, pour ne pas laisser à penser que j'invente au fur et à mesure  :

Une invitée, se baladant romantiquement avant d'aller se coucher (ou revenant des chiottes, mais allez avouez ça dans un témoignage, pas classe !) croise un type en armure. Elle file au pucier mais a du mal à trouver le sommeil, cette histoire de type en conserve l'a un peu secouée, et elle sent un souffle glacé qui s'engouffre dans la chambre en éteignant sa loupiote en cire d'abeille. Elle jette  un oeil, entre le drap et le couvre-lit lui servant de rempart, pour apercevoir une silhouette impressionnante de mec en cotte de maille, en ombre chinoise, vu que la seule lumière émanait maintenant de la porte ouverte et de la veilleuse de la chambre de son môme.Ce qui a légèrement inquiété la nana, c'est que le type semblait chercher à entrer dans la piaule de son gamin et une fois trouvé la porte (ou il était miro, où il faisait vraiment sombre !) il s'y faufila. Evidemment, le gosse a poussé une de ces gouallante à détartrer un râtelier de chiqueur de tabac et elle s'est précipitée à la rescousse pour trouver son mioche en train de chouiner qu'un "géant" était entré et se penchait au-dessus de son lit.

Une autre nuit, de pleine lune cette fois, un invité a vu, à travers la fenêtre de sa carrée une autre fenêtre en face de la  sienne. Et par celle-ci, un "visage" le regardait. Il n'a pas fait trop gaffe, étant donné qu'il n'était pas le seul invité ce soir là et que pas mal de piaules étaient occupées. Il a tenté de reconnaitre cet invité et là, s'est rendu compte qu'il était un peu trop transparent et embué pour être de ce monde... Ou alors, la soirée avait été trés, trés arrosée, ça embrume en peu tout, il faut le reconnaitre..Il a tenté d'en discerner un peu plus et de savoir la cause de la face de carême que se tapait le spectre, mais l'autre a brusquement disparu.et le témoin a entendu  peu après un hurlement de terreur, comme si on torturait quelqu'un. Comme il était parti pour faire le tour du cadran, le sommeil s'étant fait la belle, il a inspecté à travers la vitre le jardin, pour voir une vieille femme avec un lourd baluchon traverser les terres pour disparaitre comme un pet sur une toile cirée, même pas au détour d'un chemin, au beau milieu de sa balade en terrain dégagé.

Une autre fois, vers les quatre heures du matin, une visiteuse fut tirée de son sommeil réparateur (les agapes et festoiements divers, ça abime !) par un tintouin de tous les diables. Le chahut a continué même quand elle s'est enfin décidé à se rendormir et ça tenait du martèlement continu . De poings sur une porte ? De marteau-piqueur ? De coups de pioches ? De..; devoirs conjugaux ou extra-conjugaux sur un sommier ayant connu des jours meilleurs ? Elle est restée floue sur le sujet ainsi que ses hôtes qui l'ont invitée poliment à ne jamais reparler de l'incident (ils auraient du faire comme pour la boniche, vu qu'elle a dégoisé, puisqu'on a son témoignage)

Un nom connu, pour sortir de l'anonymat ? Walter Scott ayant eu du mal à s'endormir dans ces murs, par une nuit de 1793 : "Je dois admettre que quand j'ai entendu les portes se refermer les unes après les autres  et que mon hôte s'est retiré ,j'ai commencé à me sentir loin du monde des vivants et un  peu trop prés de celui des morts." Bon... d'accord, il ne parle que de l'ambiance générale de la chaumière... mais c'est déjà ça.

Pour finir en beauté, revenons à notre fenêtre secrète, je viens de me souvenir d'une autre "légende" concernant celle-ci. Un chasseur de fantômes patenté, Simon Marsden,  est parti en vadrouille dans les environs du château pour chercher des infos sur cette fameuse salle murée (un petit défaut dans la façade, au-dessus du salon de thé signale la fenêtre manquante). Le réaction des autochtones était plus que bizarre, on change de sujet, on devient muet on demande d'oublier carrément la question... ça intrigue tout de même un peu.
Il persiste et réussit à tirer les vers du nez à des membres survivants de la famille. Il s'agirait de la chambre-cellule d'un des enfants de cette branche noble écossaise, difforme à la naissance et condamné à passer sa vie au siècle dernier, cloîtré parce que ça faisait tâche dans le décors cosy certainement. Pour ajouter au côté glauque de l'anecdote, on dit que la douleur et la colère du  petit "monstre" perdure depuis ce temps et fait trembler les murs du château et il  y a de quoi, vu que le môme serait enterré sous le plancher où se baladent benoitement les touristes pendant la visite. (là, ça frise le grand-guignol, mais ils aiment que voulez vous !  De plus, sachant qu'à l'époque on n'était pas très regardant quant à l'euthanasie sauvage d'un "greffon" non désiré dans les "pépinières" familiales, j'ai un doute sur les chances de survie d'un tel môme, mais le folklore a la dent dure, et les visiteurs aiment avoir la chair de poule, ça aide à la construction de ces mythes)

Donc, vous voyez que cette riante demeure de Glamis est un nid à spectre dans toute sa splendeur... Alors tous les fanas de tables tournantes, bruits de chaines, brumes vaporeuses et chuchotantes y trouveront toujours leur bonheur.
Nous, on s'est contenté de la beauté du lieu et de ses alentours, c'est déjà largement enrichissant ; pour les fantômes, on garde ça pour les veillées à la lampe de poche sous le menton, le feu de bois et la guitare de Hugues Aufray, au milieu d'une clairière à la  Blair Witch..; avec les bruits inquiétants des bestioles nocturnes à deux doigts de nous bouffer (je parle des moustiques évidemment)

Digérez bien ce pavé, ça risque de prendre du temps, comme le boa constrictor, alors cherchez un coin au soleil (il ne peut digérer qu'en pleine cagna, sinon il meurt la digestion ne s'amorce pas) fichez votre bourrin sur rallonge pour pouvoir le  sortir de la bicoque (les portables ont leur utilité là, vous remarquez ?) et je vous autorise même à vous endormir de temps en temps, ça berce mes blablatages, je sais...ma  tribu pratique ! Petit problème .. trouver du soleil, mais vous avez plusieurs jours pour ça... no problemo !

Bon début de semaine et à plus, je file vous lire, kawa à la pogne !

la dragonne



* la Dame de Pique, si ça vous intéresse, de plus, c'est un opéra de ce cher Piotr Illych Tchaïkovski alors... ça reste dans mes cordes à piano
** Un coup de coude tous les trois mots, ça aide à la traduction simultanée, essayez;;; c'est radicale... ou vous vous prenez une avire-mouche (baffe), c'est selon l'humeur du traducteur, là, il était zen et je maîtrise parfaitement le rentrage de tête dans les épaules, j'aurai esquivé de toute façon

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Sissi 04/09/2007 16:58

grrr... kty... c'est moi le fantôme ! voir mon avatar !Vais venir te chatouiller la plante des pieds dans une de ces nuits, moâââ... bouhouhouhou

05/09/2007 07:49

Et tu crois que ça me fait peur ? Moi, qui restait des plombes éveillées pour en voir un justement (la barraque avec une "réputation" de ce côté là hé, hé.Bises Sissi

kty 28/08/2007 18:16

des fantomes ? mais non, c'est des courants d'air, c'est tout .

29/08/2007 08:57

Ou des retours de repas un peu trop copieux hé, hé.

Sissi 28/08/2007 11:09

T'as l'aqutorisation pour prendre en photo ma résidence secondaire ???? mon secrétaire particulier ne m'a pas annoncé que mon nid d'amour serait vu par des milliards d'internautes ! (lol)bonne journée ma dragounette

29/08/2007 08:56

Ah... mais je pensais justement que c'était simplement les appartements de ton personnel de maison...l'autre est plus... mieux hé, hé. Bises Sissi

Vero 26/08/2007 10:44

Ah bon, encore une rencontre.  C'est super ! Véro

Sieglind 27/08/2007 10:30

Vi, c'est dans l'air du temps en ce moment... hé, hé. Bises vous-deux

Amaryllis 25/08/2007 22:11

Bonsoir Dragonne, un petit coucou en passant pour te souhaiter un beau dimanche ensoleillé ... et une nuit sans fantôme !!!

Sieglind 27/08/2007 10:31

Mais j'aime bien les bruits de chaînes moi, ça me sert de berceuse... Bises Amaryllis