Bonjour à tous !
Hier opération séduction dans Faust, pas très concluante d’ailleurs pour le héros philosophe, comme quoi, on peut étudier et disséquer toute sa vie l’homme et ses aspirations, sans y connaître grand-chose, une fois plongé dans la « vraie » vie !
Donc on avait laissé Faust, le regard perdu vers la ligne bleue des Vosges (vers Marguerite s’éloignant plutôt, au milieu de la kermesse du village) et Méphistophélès, son « mentor satanique » ayant fait une séance de bonne aventure gratos à des mecs qui s’en seraient bien passés, étant donné ce qu’il leur a prédit en lisant leur mimine.

Siebel et sa malédition des fleurs fanées
On a vu le rideau tomber sur le deuxième acte assez chargé, là aussi en péripéties, et après l’entracte de rigueur (j’ai pas pu passer avec les esquimaux, mais ça aurait donné dans les travées, une dragonne ceinturée d’un panier à friandises, je vous dis que ça !) on peut donc retourner à nos teutons !
FAUST – ACTE III
Le lieu : Le jardin de Marguerite (fin ça, tiens ! sauf que c’est vraiment son carré d’herbette, et qu’elle s’appelle vrai de vrai Marguerite, j’invente rien, là, pour le jeu de mot! Faut dire que l’équivalent de Marguerite en allemand, c’est Gretchen – voir Schubert et son « Gretchen am Spinnerad » (Marguerite au rouet). Donc, avec cette manie de changer les noms, les auteurs nous ont laissé les coudées franches pour dégoiser, c’est pas ma faute, c’est de la leur ! D’abord ! Non mais !)
Les personnages : Siebel, Faust, Méphistophélès, Marthe et Marguerite

Donc, au lever du rideau, on voit Siebel (le jeune niaiseux amoureux de la sœur de son copain Valentin) se pointer pour cueillir des fleurettes à son idole. Je sais pas si c’est une excuse la jeunesse, mais il a la mémoire bien courte le coco, pour ne pas se souvenir du petit truc que lui a prédit Méphisto (le coup de fleurs qui se faneront dès qu’il les touchera). Et, ça loupe pas ! La première pâquerette qu’il chope, elle se retrouve momifiée comme si on la sortait du tombeau de Ramsès II. C’est pas vraiment présentable un truc comme ça, pour déclarer sa flamme, aussi, il la balance et trouve un bénitier où il trempe ses doigts. Miracle ! Les fleurs restent fraîches quand il essaie à nouveau de faire un bouquet ! (là faut qu’on m’explique… à moins que la donzelle soit allées à Lourdes et ait fait provision d’eau sanctifiée par cubitainers entiers, je la vois mal aller avec son broc à l’église pour demander au curé de le lui bénir, surtout qu’avec l’évaporation, elle doit en faire des allers-retours ! Ou alors elle se fait livrer à domicile… c’t’une solution mais le curé, il doit avoir d’autres ouailles à fouetter…. Ou alors c’est une pastille effervescente qu’on met dans l’eau comme la poudre qu’on achetait avant en pharmacie, pour transformer l’eau plate en eau gazeuse – ça s’appelait le Lithiné, j’men souviens - là, ça la rend juste efficace contre les vampires et les succubes et incubes de tous poils.
De toute façon, ça fait pas trop avancer l’intrigue mon truc, alors j’continue (mais ça m’intrigue tout de même !) Siebel laisse le bouquet sur le seuil et s’en va (malin ça aussi ! Comment elle va savoir la Margot que c’est de lui le cadeau ?)
Faust et Méphistophélès entrent, mais l’empourpré se retire : quelques petites emplettes à la superette à faire, avant que ça ferme. Et là : Summum ! Le philosophe rajeuni parle aux murs ! C’est pas des idioties ! « Salut demeure chaste et pure » c’est bien à la bicoque qu’il parle là, je rêve pas ? – Je vois bien les copains venir chez Mistouflette la dragonne et causer au crépis tiens, la tronche des voisins… et surtout une tire blanche avec des mecs et des vestes qui se nouent dans le dos arriver dans la minute qui suit, ça aussi, je le vois bien ! Enfin, faut pas trop chercher la logique dans c’t’histoire (une légende, faut pas oublier, donc, tout peut arriver).
Une fois la sérénade bicoquesque finie, Méphistophélès revient avec un bouquet tellement maouss, qu’à côté celui du petiot préfère sécher tout seul et … un coffre à bijoux. (y z’ont de tout dans cette épicerie de quartier !) Les deux larrons se retirent pour voir ce qui va se produire…
Marguerite entre, un peu à l’ouest, parce qu’elle peut pas s’empêcher de penser au gars rencontré à la fête foraine (Faust évidemment). Elle s’assied devant sa machine à tricoter (le pull irlandais est pas fini, il reste une manche à faire) et chantonne un truc qui parle du roi de Thulé – un bled paumé en Islande – une histoire de gobelet qu’une nana aurait laissé à son mec comme héritage (en or, quand même, c’était pas du toc) et que le type utilisait pour les grandes occases pour se rappeler sa copine. D’ailleurs on lui a donné sa dernière potion dedans, il a vu, bu et mourru ! (c’était peut être un bouillon de onze heure son truc et pas son médicament, parce qu’il était quand même roi, et que ça devait se bousculer pour la succession. D’accord, je cherche la petite bête, mais faut tout envisager s’pas ?)
Elle a le sifflet coupé au milieu de sa chansonnette quand elle aperçoit les cadeaux laissés sur le pas de sa porte – même de loin, on se rend compte que c’est pas des échantillons de produits quelconques laissé par le facteur ! Petite pensée attendrie, mais juste attendrie pour Siebel est ses miséreux bouquets et là, elle vise du côté du coffret. Elle l’ouvre, sort la bimbeloterie, et comme toutes (ou presque toutes) les nanas commence à essayer les perlouzes et les strass. Est-ce qu’il faut « vraiment » que je vous cite ce qu’elle chante ? Ou alors cette image vous suffit ?
En gros :
« Mince ça m’éclate de mater les bijoux sur moi ! On dirait que j’ai pris du galon, j’suis plus tricoteuse, mais princesse à pedigree, comme quoi un rien m’habille ! » - (Un rien? Enfin, des diamants de l’or et des perlouzes cultivées, ça habille n’importe qui)
Ses égosillements ont alerté la copine Marthe, chargée par le frangin de jeter un œil sur les bonnes mœurs de Marguerite, elle rapplique et remarque les bijoux, le bouquet et… l’arrivée de deux zozos (dont un bizarrement fringué) et tout ça avec un calme surprenant, j’dois dire parce que, pour quelqu’un qui joue les Duègnes, elle a pas l’air trop affolé quand même de voir deux mâles dans la bergerie.
Méphisto s’avance et lui annonce que son légitime vient de rester sur le carreau à la guerre. Là aussi, une larmichette, un mouchoir tamponné sous les narines, quelle démonstration de douleur conjugale ! Je regrette là aussi, mais quand on chiale, y a tout qui fout le camp : le maquillage, le nez rouge qui coule, les yeux de lapins russes, les grimaces d’un chanteur de flamenco en plein trip,… là, ce qu’elle nous fait c’est du cinoche ! D’ailleurs, la preuve, faut pas longtemps à Méphistophélès pour l’entraîner à l’écart et lui montrer ses estampes japonaises !
Faust se retrouve donc en solo avec sa Marguerite avec qui il aimerait bien jouer à « un peu, beaucoup, passionnément… » (pas de pétales, mais les fringues suffiraient). Mais c’est elle qui prend la direction des opérations et commence à effeuiller, vraiment, une fleurette, pendant que de l’autre côté de la scène, le couple Méphisto-Marthe se la conte aussi la fleurette avec peut-être un peu moins de… fioriture dans le discours.
Après un quatuor marivaudeux, les couples se séparent et Marguerite promet à Faust de le revoir le lendemain. Elle entre chez elle et Faust se cogne à Méphisto qui lui montre la fenêtre où sa minette est déjà en train de compter les minutes jusqu’au rendez-vous.
Il grimpe au balcon (en principe accessible dans les opéras, vu la corpulence de certains ténors, je les imagine mal jouer les Yamakasi bondissants pour venir faire bibise à la copine). Marguerite ouvre à son amoureux et se jette à son cou.
Là, j’ai un délire, un autre, me direz-vous, j’imagine la Castafiore entraînant dans son élan le dodu ténor et tout le monde passant cul par-dessus tête par le balcon, pour se retrouver en vrac dans la fosse d’orchestre – soupirs de regrets – hélas c’est qu’un délire, mais je ne désespère pas qu’un jour j’y aie droit, avec tout ce que j’ai déjà vu !)
Et c’est sur cette scène de bisouillage que se finit le troisième acte de Faust.
Qu’adviendra-t-il de la blanche Marguerite ? Et de son faustien d’amoureux ? Méphisto va-t-il gagner sur toute la ligne (âme du philosophe en poche et pureté d’une « vraie » jeune fille en prime) ? Et bin ça attendra demain parce que j’arrête pour aujourd’hui ! Dommage hein ? Mais ça n’en sera que meilleur la révélation pas vrai ?
Je vous laisse et passez une bonne journée. A plus…
La dragonne
PS: Pour les amateurs de vieille ritournelle, je vous balance les paroles de la fameuse chanson du roi de Thulé commencée par Marguerite et pas finie... pour cause de frivolité joaillière
Il était un roi de Thulé
Qui, jusqu'à la tombe fidèle,
Eut en souvenir de sa belle
Une coupe d'or ciselé.
Nul trésor n'avait tant de charmes :|
Dans les grands jours il s'en servait.
Et chaque fois qu'il y buvait
Ses yeux se remplissaient de larmes.
2. Quand il sentit venir la mort,
Etendu sur sa froide couche,
Pour la porter jusqu'à sa bouche,
Sa main fit un suprême effort.
Et puis en l'honneur de sa dame, :|
Il but une dernière fois.
La coupe trembla dans ses doigts,
Et doucement il rendit l'âme.
Précision: le "Thulé" cité ça peut être L'Islande comme les Iles britanniques (c'était les romains qui les avaient appellées comme ça, moi, j'préfère l'Islande même si, à mon avis, ça se situe plus près de nous, ça fait plus... exotique et un Roi dans un igloo, ça fait version mec de la "Reine des neiges" vous trouvez pas?)
C'est beau l'amour. La chanson du roi de Thulé est magnifique.
Il y a une histoire d'amour toute récente que je vous livre en vrac. Bon , vous me pardonnerez les approximations. Mais en gros c'était un couple d'américains ayant vécu au Japon. Le couple âgé de plus de 80 ans. La dame vient à mourir ayant fait promettre à son monsieur de répandre ses cendres dans la mer du Japon.
Ben vous savez pas comment il y est allé? En voilier! Il a donc jeté les cendres de sa belle dans la mer et s'en revenait vers les côtes américaines. Au cours du voyage de retour, le bâteau a chaviré, et le monsieur a rejoint sa belle.
C'est beau, non?
En effet, beau et touchant, le romantisme existe donc bel et bien dans la vie!
Bises Kant
Petit coucou en passant! :-) Je viendrais lire tous ca tout à l'heure quand j'aurais expédié ménage, lavage de cheveux, diner...^o^"""
Très bonne journée à toi
Milliers de bisous
sugi
Quel boulot! A plus Sugi!
il etait un roi de thulé
immaculé
qui loin des jupes et des choses
pleurait sur la métempsychose
laforgue
p.....suis creve moa
bises
Fichtre! Quel lyrisme ce matin jeanyves! lol La fatigue te rend poète?...
Bises jeanyves
j'adore le choix des illustrations... bisous
Merci Honorius, j'aime bien que ça "colle" à l'action au plus près! lol
Bises
Très amusant, très bien vu, très bien illustré...que dire de plus, sauf que je vais toutes tes notes depuis le debut....
Merci! que d'honneur Werewolf! (en plus loup-garou! j'adore çe mythe!)
Bonne fin d'après-midi
en lisant tout cela...il faut que je retourne à l'école....
On est tous à l'école, si on réfléchie bien, on n'en est jamais sorti. Il y a toujours quelque chose à apprendre.
Bises Simone
par contre, j aimerai bien savoir où tu pioches tout celà....Parle moi compta...j en connais un rayon....ou facturation..relance clients et d'autres merdus qui te captivent toute la journée à en oublier de vivre
J'vais te répondre sur ton blog, mais c'est du vécu, du écouté, du lu et surtout une imagination débridée... ça donne ça (un peu en vrac, faut suivre des fois, les aparés, j'suis la reine, mais c'est moi, et je peux pas me changer. lol)
Bises
par contre, j aime bien le théâtre...!..et "au théâtre ce soir" qui n existe plus au petit écran..Ok il y a " ile de la T"..."Mon incroyable fiancé" Tu penses quoi de toutes ces émissions ?
T'es sure que tu veux une réponse? lol Attends j'vais voir Petite Plume...
pour en revenir au manoir de Niederbronn..c est tout en bois...c est vieux....c est moche mais à l'exterieur ce n est pas mal....Je sais également me débrouiller sans lumière..Quand je rentrais tard à la maison (chez mes parents) j'allais me coucher sans lumière et surtout sans bruit....galère....
On vit à l'ombre et dans l'ombre quand on est ado. Faut pas trop se faire remarquer hein?
par contre chez nous, il n y avait pas des "ombres" mais carrément dracula pour mon frère...ou alors le "veveutz"... Même pour aller à la cave, on se faisait peur et personne n osait y aller.....bisous
Je connais (j'avais quatre frangins alors les virées aux coins les plus sombres de la bicoque... on a donné!)
Bises
Vivement demain!!! Délire le comm de Jean Yves moi j'avais fais d'autres rimes plus...langues de putes....No comment!!!
Bises à toi Oh Grande Dragonne :)
La Clôcharde
T'aurais du les balancer! J'suis pas née de la dernière pluie quand même!
Bises Manue
Tu m'as fait trop rire avec ton huitre. Lol
Au fait, ça crie quoi une dragonne?
Ah j'ai reconnu la castafiore de tintin. Je suis une grande moi!
Un jardin de germaine ça aurait été moins romantique lol
La paquerette ressucitée est à méditer
Bisous
ça crie pas, ça crachouille des flammes (pas besoin de paroles, des actes!) lol
Bien! La Castafiore! (elle doit connaître que cet air, parce que c'est toujours celui-ci qu'elle chante )
Sur pour la paquerette!
Bises Cleo
J'aime bien le système d'effeuillage de la paquerette avec ses fringes ^_^
Au moins ça a l'avantage de sortir de l'ordinaire hein Mr Smile? lol
Bises et bonne soirée
un coffre à bijoux, un amoureux, des fleurs, c'est marrant ça!!! ça me rappelle des trucs ;-) lol
Ah je te jure, quelle crise de rire encore!
Merci dragonne pour ces délires operastiques! oui je sais j'invente ;-)
Des bisous et passe une bonne soirée désolée pour le retard, je suis sortie un peu!
à demain ;-) pour la suite!!!
A demain et on se refait un délir hein? Invente, invente tant que tu peux, j'adore ça, tu sais!
Bises Petite Plume
Pff! Oufff! Désolée pour le retard . mon ordi me hait...Pas de connexion sauf très intermittente.
Je n'avais pas envisagé que l'expression " Effeuiller la Marguerite " venait de cet opéra. Commme quoi il est bon d'enrichir ses connaissances.
Quand à la bijouterie qui brille , c'est à nouveau la mode depuis Sarkozy ...ou plutot Zarowsky.
Bon je fatigue grave et avant de m'endormir sur mon clavier , je vais profiter de la bonne humeur de mon engin électronique pour aller voir deux trois potes. Bonne nuit Dragonnette.
Les ordi nous haissent tous aujourd'hui! Même problème! Bonne nuit Moyra et à demain.
Juste un petit coucou en passant, pas le temps de lire, il est tard... je reviendrai, ça c'est sûr!
A +
Bises
Prends ton temps Briesing et j'espère que tu as bien dormi! Bises
Où vas-tu chercher toute cette imagination....Dans ta tête cela doit tourner aussi vite que la lune autour de la terre...
Et en plus c'est très instructif...
La pleine est quand même passée..ici en Europe.......
C'est vrai que dans le ciboulot, on peut pas dire qu'il y ait relâche! lol
Merci du compliment Clicclac et gros bisous

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