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Mercredi 24 août 2005

Bonjour à tous !


Hier opération séduction dans Faust, pas très concluante d’ailleurs pour le héros philosophe, comme quoi, on peut étudier et disséquer toute sa vie l’homme et ses aspirations, sans y connaître grand-chose, une fois plongé dans la « vraie » vie !

Donc on avait laissé Faust, le regard perdu vers la ligne bleue des Vosges (vers Marguerite s’éloignant plutôt, au milieu de la kermesse du village) et Méphistophélès, son « mentor satanique » ayant fait une séance de bonne aventure gratos à des mecs qui s’en seraient bien passés, étant donné ce qu’il leur a prédit en lisant leur mimine.


Siebel et sa malédition des fleurs fanées


On a vu le rideau tomber sur le deuxième acte assez chargé, là aussi en péripéties, et après l’entracte de rigueur (j’ai pas pu passer avec les esquimaux, mais ça aurait donné dans les travées, une dragonne ceinturée d’un panier à friandises, je vous dis que ça !) on peut donc retourner à nos teutons !

FAUST – ACTE III

Le lieu : Le jardin de Marguerite (fin ça, tiens ! sauf que c’est vraiment son carré d’herbette, et qu’elle s’appelle vrai de vrai Marguerite, j’invente rien, là, pour le jeu de mot! Faut dire que l’équivalent de Marguerite en allemand, c’est Gretchen – voir Schubert et son « Gretchen am Spinnerad » (Marguerite au rouet). Donc, avec cette manie de changer les noms, les auteurs nous ont laissé les coudées franches pour dégoiser, c’est pas ma faute, c’est de la leur ! D’abord ! Non mais !)

Les personnages : Siebel, Faust, Méphistophélès, Marthe et Marguerite

Donc, au lever du rideau, on voit Siebel (le jeune niaiseux amoureux de la sœur de son copain Valentin) se pointer pour cueillir des fleurettes à son idole. Je sais pas si c’est une excuse la jeunesse, mais il a la mémoire bien courte le coco, pour ne pas se souvenir du petit truc que lui a prédit Méphisto (le coup de fleurs qui se faneront dès qu’il les touchera). Et, ça loupe pas ! La première pâquerette qu’il chope, elle se retrouve momifiée comme si on la sortait du tombeau de Ramsès II. C’est pas vraiment présentable un truc comme ça, pour déclarer sa flamme, aussi, il la balance et trouve un bénitier où il trempe ses doigts. Miracle ! Les fleurs restent fraîches quand il essaie à nouveau de faire un bouquet ! (là faut qu’on m’explique… à moins que la donzelle soit allées à Lourdes et ait fait provision d’eau sanctifiée par cubitainers entiers, je la vois mal aller avec son broc à l’église pour demander au curé de le lui bénir, surtout qu’avec l’évaporation, elle doit en faire des allers-retours ! Ou alors elle se fait livrer à domicile… c’t’une solution mais le curé, il doit avoir d’autres ouailles à fouetter…. Ou alors c’est une pastille effervescente qu’on met dans l’eau comme la poudre qu’on achetait avant en pharmacie, pour transformer l’eau plate en eau gazeuse – ça s’appelait le Lithiné, j’men souviens - là, ça la rend juste efficace contre les vampires et les succubes et incubes de tous poils.

De toute façon, ça fait pas trop avancer l’intrigue mon truc, alors j’continue (mais ça m’intrigue tout de même !) Siebel laisse le bouquet sur le seuil et s’en va (malin ça aussi ! Comment elle va savoir la Margot que c’est de lui le cadeau ?)

Faust et Méphistophélès entrent, mais l’empourpré se retire : quelques petites emplettes à la superette à faire, avant que ça ferme. Et là : Summum ! Le philosophe rajeuni parle aux murs ! C’est pas des idioties ! « Salut demeure chaste et pure » c’est bien à la bicoque qu’il parle là, je rêve pas ? – Je vois bien les copains venir chez Mistouflette la dragonne et causer au crépis tiens, la tronche des voisins… et surtout une tire blanche avec des mecs et des vestes qui se nouent dans le dos arriver dans la minute qui suit, ça aussi, je le vois bien ! Enfin, faut pas trop chercher la logique dans c’t’histoire (une légende, faut pas oublier, donc, tout peut arriver).


Une fois la sérénade bicoquesque finie, Méphistophélès revient avec un bouquet tellement maouss, qu’à côté celui du petiot préfère sécher tout seul et … un coffre à bijoux. (y z’ont de tout dans cette épicerie de quartier !) Les deux larrons se retirent pour voir ce qui va se produire…
Marguerite entre, un peu à l’ouest, parce qu’elle peut pas s’empêcher de penser au gars rencontré à la fête foraine (Faust évidemment). Elle s’assied devant sa machine à tricoter (le pull irlandais est pas fini, il reste une manche à faire) et chantonne un truc qui parle du roi de Thulé – un bled paumé en Islande – une histoire de gobelet qu’une nana aurait laissé à son mec comme héritage (en or, quand même, c’était pas du toc) et que le type utilisait pour les grandes occases pour se rappeler sa copine. D’ailleurs on lui a donné sa dernière potion dedans, il a vu, bu et mourru ! (c’était peut être un bouillon de onze heure son truc et pas son médicament, parce qu’il était quand même roi, et que ça devait se bousculer pour la succession. D’accord, je cherche la petite bête, mais faut tout envisager s’pas ?)
Elle a le sifflet coupé au milieu de sa chansonnette quand elle aperçoit les cadeaux laissés sur le pas de sa porte – même de loin, on se rend compte que c’est pas des échantillons de produits quelconques laissé par le facteur ! Petite pensée attendrie, mais juste attendrie pour Siebel est ses miséreux bouquets et là, elle vise du côté du coffret. Elle l’ouvre, sort la bimbeloterie, et comme toutes (ou presque toutes) les nanas commence à essayer les perlouzes et les strass. Est-ce qu’il faut « vraiment » que je vous cite ce qu’elle chante ? Ou alors cette image vous suffit ?


En gros :
« Mince ça m’éclate de mater les bijoux sur moi ! On dirait que j’ai pris du galon, j’suis plus tricoteuse, mais princesse à pedigree, comme quoi un rien m’habille ! » - (Un rien? Enfin, des diamants de l’or et des perlouzes cultivées, ça habille n’importe qui)
Ses égosillements ont alerté la copine Marthe, chargée par le frangin de jeter un œil sur les bonnes mœurs de Marguerite, elle rapplique et remarque les bijoux, le bouquet et… l’arrivée de deux zozos (dont un bizarrement fringué) et tout ça avec un calme surprenant, j’dois dire parce que, pour quelqu’un qui joue les Duègnes, elle a pas l’air trop affolé quand même de voir deux mâles dans la bergerie.

Méphisto s’avance et lui annonce que son légitime vient de rester sur le carreau à la guerre. Là aussi, une larmichette, un mouchoir tamponné sous les narines, quelle démonstration de douleur conjugale ! Je regrette là aussi, mais quand on chiale, y a tout qui fout le camp : le maquillage, le nez rouge qui coule, les yeux de lapins russes, les grimaces d’un chanteur de flamenco en plein trip,… là, ce qu’elle nous fait c’est du cinoche ! D’ailleurs, la preuve, faut pas longtemps à Méphistophélès pour l’entraîner à l’écart et lui montrer ses estampes japonaises !



Faust se retrouve donc en solo avec sa Marguerite avec qui il aimerait bien jouer à « un peu, beaucoup, passionnément… » (pas de pétales, mais les fringues suffiraient). Mais c’est elle qui prend la direction des opérations et commence à effeuiller, vraiment, une fleurette, pendant que de l’autre côté de la scène, le couple Méphisto-Marthe se la conte aussi la fleurette avec peut-être un peu moins de… fioriture dans le discours.
Après un quatuor marivaudeux, les couples se séparent et Marguerite promet à Faust de le revoir le lendemain. Elle entre chez elle et Faust se cogne à Méphisto qui lui montre la fenêtre où sa minette est déjà en train de compter les minutes jusqu’au rendez-vous.
Il grimpe au balcon (en principe accessible dans les opéras, vu la corpulence de certains ténors, je les imagine mal jouer les Yamakasi bondissants pour venir faire bibise à la copine). Marguerite ouvre à son amoureux et se jette à son cou.
Là, j’ai un délire, un autre, me direz-vous, j’imagine la Castafiore entraînant dans son élan le dodu ténor et tout le monde passant cul par-dessus tête par le balcon, pour se retrouver en vrac dans la fosse d’orchestre – soupirs de regrets – hélas c’est qu’un délire, mais je ne désespère pas qu’un jour j’y aie droit, avec tout ce que j’ai déjà vu !)
Et c’est sur cette scène de bisouillage que se finit le troisième acte de Faust.

 

Qu’adviendra-t-il de la blanche Marguerite ? Et de son faustien d’amoureux ? Méphisto va-t-il gagner sur toute la ligne (âme du philosophe en poche et pureté d’une « vraie » jeune fille en prime) ? Et bin ça attendra demain parce que j’arrête pour aujourd’hui ! Dommage hein ? Mais ça n’en sera que meilleur la révélation pas vrai ?


Je vous laisse et passez une bonne journée. A plus…
La dragonne

PS: Pour les amateurs de vieille ritournelle, je vous balance les paroles de la fameuse chanson du roi de Thulé commencée par Marguerite et pas finie... pour cause de frivolité joaillière

Il était un roi de Thulé
Qui, jusqu'à la tombe fidèle,
Eut en souvenir de sa belle
Une coupe d'or ciselé.
Nul trésor n'avait tant de charmes :|
Dans les grands jours il s'en servait.
Et chaque fois qu'il y buvait
Ses yeux se remplissaient de larmes.
2. Quand il sentit venir la mort,
Etendu sur sa froide couche,
Pour la porter jusqu'à sa bouche,
Sa main fit un suprême effort.
Et puis en l'honneur de sa dame, :|
Il but une dernière fois.
La coupe trembla dans ses doigts,
Et doucement il rendit l'âme.

Précision: le "Thulé" cité ça peut être L'Islande comme les Iles britanniques (c'était les romains qui les avaient appellées comme ça, moi, j'préfère l'Islande même si, à mon avis, ça se situe plus près de nous, ça fait plus... exotique et un Roi dans un igloo, ça fait version mec de la "Reine des neiges" vous trouvez pas?)

 
par Sieglind publié dans : Gounod
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Impulsions, coups de coeur et de gueule, idées diverses au fil des notes et journées. Vous trouverez dans ce blog ma vision de l'opéra et de bien d'autres choses. Et aussi ma passion : les dragons.




Comme ma trombine évolue au fil de ce "rondudju" de temps, une petite mise à jour du portrait du bestiau, j'ai encore changé de "look" comme on dit... et le cliché du trombinoscope n'est plus vraiment d'actualité (avis, première et dernière fois que vous avez droit à ma goule, moi et les photos, ça fait quarante-douze)

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