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Jeudi 25 août 2005

Bonjour à tous !

Hier, c’était le tournant du virage dans Faust de Gounod. Bin oui ! La blanche Marguerite, j’crois bien qu’elle s’est laissée « effeuiller » sans trop de difficultés. C’était bien la peine, de nous mettre un livre de messe sous le nez au deuxième acte ! Elle a l’air de quoi maintenant ! En tout cas, pour son admission au couvent des Oiseaux, j’crois qu’elle a loupé l’épreuve pratique !

Il faut dire que Faust, aidé de Méphisto le pourpreux, l’a bien aidée à « trébucher » (des fleurs, des colifichets, un ou deux compliments et … enveloppé, c’est pesé ! Elle a vu le loup !)

On va donc aborder l’acte IV pour savoir où en sont les choses… m’est avis, que ça va pas être du beurre mou ! (surtout qu’à l’époque, y rigolaient pas vraiment avec l’honneur des fillettes !)

Donc FAUSTActe IV et certainement l’Acte V aussi, parce que le premier est assez court, point de vue… intrigue (quoique très dramatique… à l’origine, parce que je vous promets pas que vous allez sortir les mouchoirs)

Le lieu : La chambre de Marguerite, le truc de midinette avec des posters de Faust partout, le bouquet un peu passé, qu’elle a gardé sous cloche, la parure de draps coucher de soleil et Flipper bondissant, « Hélène, je m’appelle Hélène… » qui tourne en boucle sur le mange-disque puis, après une malheureuse scène, la cathédrale : clochetons gothique flamboyant, gargouillesquement ornés, rosace vitrailleuse bien éclairée pour que ça soit mis en valeur, Christ en Gloire, et tout et tout ( pour l’imagerie, se reporter à Notre Dame de Paris, ça fera très bien l’affaire !), puis, nouvelle scène et on se retrouve devant la baraque de la fille..(on connaît déjà, surtout le jardin.)

Les personnages : Marguerite évidemment, Siebel, le mec qu’a pas la main verte, "Méphistophélès et son chœur démoniaque" ( ça ferait pas mal comme nom de groupe ça, vous trouvez pas ?), un chœur de soldats, Valentin et Faust.

Au lever du rideau, Marguerite sait plus où se fourrer, elle a la honte de sa vie ! Bin oui, Marthe, la copine-voisine-duègne n’a pas vraiment assuré sur le coup… résultat : faute ! Carton rouge ! Elle a perdu son innocence l’oiselle ! Et ça, c’est pas évident à cacher, surtout que côté réparation des dommages, faudrait que le zigoto se manifeste et depuis le « dérapage », plus de nouvelles ! Faust s’est littéralement volatilisé, pouf ! A pu d’Faust, parti le philosophe ! (Il a du lui faire le coup du paquet de clopes à acheter…un classique)
Siebel, bonne pomme, serait bien d’accord pour le remplacer au pied levé (c’est le cas de le dire) mais c’t’idiote est encore accro et espère qu’il va revenir (elle lui filera des patchs comme ça, il aura plus besoin de ressortir au bureau de tabac)

Donc c’est avec cette idée que la fille part direction l’église pour mettre un cierge (à Lourdes ça fonctionne, alors on sait jamais).


Elle en prend une botte (sur le nombre, y en a bien un qui va marcher…) et les allume sous la statue de Saint Antoine de Padoue (bin oui, c’est y pas le Saint Patron des objets perdus ? Et, sans être grivoise - juste réaliste - y a « deux » trucs qui lui manquent maintenant l : son mec et ce qui est utile pour se mettre en blanc aux épousailles, j’vais quand même pas vous faire un dessin !)

Méphistophélès se pointe et la montre du doigt (c’est pas poli !) et lui prédit qu’elle va avoir les miches au chaud dans pas longtemps (derrière, le chœur des diables fait des « ouhouuuu » «lugubres alors que les fidèles chantent un dies irae accompagné par les « tuuuu- tuuuu ! » des grandes orgues – joyeuse l’ambiance comme vous voyez !) La pov’ fille flippe sa race comme pas deux, et pique un sprint pour sortir de l’église.

- parenthèse : c’est quand même un des passages les plus importants de la partition et le fait que je dégoise sur ça n’empêche pas que c’est très dramatique et un tantinet lugubre –

A la troisième scène on se retrouve devant la maison Valentin-Margot alors que les soldats reviennent au son d’un truc très connu aussi : « Gloire immortelle de nos aïeux », la Marseillaise locale en quelque sorte.

Siebel vient accueillir son copain Valentin, mais il est un peu dans ses petits souliers… L’autre sent qu’il y a de l’eau dans le gaz et flaire l’odeur de cramé du côté de la chambre de sa frangine.
Faust et Méphistophélès arrivent, la goule enfarinée avec une guitare.

Le cornu commence une sérénade : « vous qui faites l’endormie » . Là aussi, en gros, « Hé Machine ! C’est pas la peine de faire semblant, t’as très bien vu et entendu qu’j’étais sous ton balcon (tiens… ça me rappelle Claude Nougaro ça…) et qu’à force de piétiner, j’attaquais le pavé ! Et c’est pas la peine de dire que tu répond qu’avec la bagouse au doigt, pass’ke t’as déjà donné de ta personne, j’te ferai remarquer ! »


Evidemment, le frangin, on peut pas dire que ça lui plaise énormément la ritournelle il se retourne non pas vers le souffreux, mais vers Faust :
« quoi t’insulte ma frangine ? Mais tu sais qu’c’est avec ta vie là, que tu joues ?
- Arrête ! Y a que la vérité qui blesse ! Tu te sens visé ? »

Le ton monte, les épées sortent des fourreaux (Valentin est certainement passé chez Siegfried pour faire reforger la sienne… laissez, je mélange, mais j’aime bien le métissage !) on commence à se piquer le lard mais Faust, lui,  a quelqu’un de son côté d’assez balaise côté tour de passe-passe (là aussi, ça me rappelle Wotan du côté de Hagen dans la Walkyrie) et son coup d’épée transperce comme qui rigole le frangin ombrageux. Il tombe agonisant, mais trouve quand même le temps d’attendre que sa sœur sorte de sa chambre, dévale l’escalier, ouvre la porte fermée à clé, écarte les badauds et se penche sur lui pour la couvrir copieusement de noms d’oiseaux et la maudire jusqu’à la septième génération.

L’acte se finit sur cette scène dramatico-lyrique au possible ! – re-parenthèse : des fois, suivant les productions, l’ordre des scènes de cet acte est modifié suivant la version choisie (des fois, pour les opéras, plusieurs versions sont disponibles, du fait de l’auteur originel, mais parfois de compositeurs ayant remanié la chose…)

Acte V et Final

Le lieu
: une cellule dans la prison de la ville.

Les personnages : Faust, Méphistophélès, Marguerite  et chœur des anges

J’vous explique un truc d’abord : Quand Gounod révisa Faust pour l’Opéra de Paris, il dut accepter un caprice (ils appellent ça une tradition, mais c’est la même chose) c’est qu’il y ait un ballet, Pas évident, surtout au dernier acte qui est censé se passer en taule ! L’idée lumineuse qu’ils ont eu lui, et les auteurs du livret, c’est que le ballet se passe pendant la nuit de Walpurgis sur le mont Brocken (là c’est piqué texto dans Goethe, et c’est la nuit du Sabbat par excellence) Faust y rencontre pas mal de têtes connues, Cléopâtre, Hélène de Troie, Phryné (une courtisane grecque), ... Monica Lewinski…


Mais alors y a un truc qui s’impose c’est un sacré changement de décors (bin oui, on passe de la montagne à la campagne et en plus à un cul de basse fosse ! Pas évident, donc on supprime presque toujours cette scène de petits tutus possédés par Belzébuth et on la remplace par une « vision » de Faust qui médiumise sa copine un peu pâlichone et une trace rouge au cou. On peut dire que ça l’inquiète tout de même un peu, parce qu’il demande à Méphisto de le conduire où elle retenue prisonnière.

Evidemment comme dans le genre de cata, plus y en a, plus c’est prenant, la Marguerite, en plus de perdre sa virginité et bin… son test de grossesse il a viré tellement vite que la couleur, elle était même plus sur le nuancier ! Et on en rajoute une couche : elle a rien trouvé de mieux que de tuer le fruit de sa « boulette » (Plus gros comme truc, là tu meure !) Evidemment, à l’époque ça pardonne pas, et elle se retrouve condamnée à être pendouillée !

Faust se précipite sur sa copine et veut la forcer à se faire la belle avec lui. Il s’arrête pass’k’il y a un truc qui cloche et sacrément… Elle est complètement à l’ouest, tellement virée bredine, qu’elle est du genre à descendre de vélo, pour se regarder pédaler ! Frapadingue quoi ! Elle cause kermesse, valse, jardin… te fait un mic-mac de tout ça, se rappelle plus où elle habite, ni quel jour on est ! Elle a bugué sévère !


Ah ! Autant, pour moi ! Il y a un truc qu’elle pige et très vite, c’est que le mec en rouge, soi-disant copain avec Faust, c’est drôle, mais il a les pieds fourchus et c’est pas normal qu’il fiche le feu à tout ce qu’il touche !

Et là, elle a l’illumination ! Elle appelle à la rescousse : « Anges purs, anges radieux ! » Sympas, ils lui répondent (sans rire, ce passage est extra ! Il vous prend aux tripes, c’est Ze trio de l’opéra). L’air monte, monte, on se demande s’il va redescendre un jour et… Plouf ! Il retombe, mais c’est parce que la Marguerite a rendu son dernier soupir !

« Et Mer…credi ! rage Méphistophélès, qu’a perdu une partie de son butin. Loupé !
 - Gagné ! » lui répondent les angelots alors que l’hologramme de Margot commence son ascension !

Faust se finit donc sur un message très édifiant ! Le biscornu, ne gagne jamais ! Y a toujours un truc qui lui échappe au dernier moment, quand il pense qu’il va empocher sa mise avec intérêt !

Par contre le Faust, on l’oublie carrément, il peut rester jeune, crever sur place, redevenir sénile, on s’en bat l’œil ! D’ailleurs pourquoi ça s’appelle Faust le truc ? Parce qu’il est légèrement « transparent » dans l’histoire de Gounod. Méphisto d’accord -  d’ailleurs Boïto, un autre musicien l’a bien pigé, pour appeler son opéra du nom du diable - ou Marguerite - comme les allemands préfèrent nommer cet opéra, selon eux très loin de la version de Goethe, leur compatriote - mais ce mec insipide… ça me dépasse, si vous voulez un vrai Faust, il faut lire le texte de la nouvelle du poète allemand. Là, ça me fait penser à l’Arlesienne de Bizet, on en entend parler, mais on la voit jamais, comme le dahu !

Enfin, il n’empêche que j’aime bien cet opéra et pour deux bonnes raisons : la musique, ça c’est évident et les trucs dont j’ai été témoin, les trois fois où je suis allée le voir (pas d’affilé, je vous rassure !) Mais ça… ça va être le sujet pour un autre article (et une autre rubrique, vous vous en doutez)

Je vous laisse en vous souhaitant une bonne journée. A plus tard
La dragonne

 
par Sieglind publié dans : Gounod
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Comme ma trombine évolue au fil de ce "rondudju" de temps, une petite mise à jour du portrait du bestiau, j'ai encore changé de "look" comme on dit... et le cliché du trombinoscope n'est plus vraiment d'actualité (avis, première et dernière fois que vous avez droit à ma goule, moi et les photos, ça fait quarante-douze)

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