Bonjour à tous !
Vous vous souvenez du récit de ma rencontre avec mon dragon ?
Evidemment il y a plus romantique : fond sonore : Michel Legrand, « cui-cui » de ‘tits noiseaux, un flou artistique de la pellicule à la Hamilton (rappelez vous « Bilitis »), un océan turquoise où s’ébattent des dauphins (pourquoi pas, dans le genre guimauve, on peut tout imaginer) des plans à la Truffaut sur des regards ennamourés. Woui ! J’aurai pû, si j’aurai voulu, mais j’a pas voulu !
Vous avez eu la version dragonne : Higway to Hell, beuglé dans l’estaminet, que les vitres en tremblaient, le « yark-yark » de mouettes rieuses style Franquin, le flou, c’était pass’ke j’avais pas mes lunettes (chez l’oeillauliste pour rafistolage) et les lentilles je connaissais pas encore (la flemme de les essayer plusieurs heures avant de les commander, simplement), la vasouille gadouilleuse où pataugent, comme des cachalots échoués, les malheureux estivants en attendant que la mer monte (sont persuadés, ceux-là, que toutes les boues sont « curatives » et donc s’en beurdoient allègrement que c’est un plaisir de les voir sécher sur pattes, devenir tous gris et se craqueler) et… enfin, pour les regards… j’crois pas que c’était pas dans mon scénario (en tout cas, à ce moment là)
Mais dans le genre, anecdotes Fourasines (puisque Fouras-les-Bains, il y a) dans la famille, on les collectionne. Un truc assez éprouvant pour lui, le pauvre, mais marrant quand on y repense c’est ce qui est arrivé à un de mes frères jumeaux :
J’étais encore une fois en train de bouquiner au alentours de notre QG (en bas de son escalier donnant sur la plage plus exactement et à l’ombre d’un pin maritime plus que rachitique – mais avec ma carrure, c’était amplement suffisant), lorsque je vis (patinée – je sais, facile !) arriver la bande au pas de charge et c’est pas vraiment dans leur habitude.
Pour s’la jouer bande branchée et cool, la démarche c’est plutôt pas chaloupée, regards blasé et survolant tout ce qu’il croisent, chien, caillou, meuf, mec (là, c’est « style » parce qu’en vrai, z’ont un scanner en permanence qui analyse le sexe opposé pour jauger la bête sur pied)… enfin tout quoi ! ( y aurait eu un martien avec un gun laser à zapper un mammouth en trois secondes en p’tit tas de cendres qu’ils l’auraient ignoré royalement, pass’ke c’était pas « classe »). Donc les cocos arrivaient d’un pas, disons « un zeste soutenu » (au galop presque). Le grand Duduche de la bande se penche vers moi (bin oui, se penche… A votre avis, un grand mètre quatre vingt de nonosses et de viande maigrelette autours causant à un petit mètre cinquante six - à peu près pareil là sur les nonosses - et assis de surcroît, je vous signale que ça se penche pour causer) :
« Eh… le Gadget (oui, parfaitement ! Je revendique ! C’était mon pseudo… j’sais pas … ça vient peut-être de la taille de la bête) ton frangin D…. (chut ! Frérot t’as vu j’te dénonce pas sur le coup) il a comme qui dirait un p’tit prob.
- Tiens ça change de l’ordinaire ! (mes frangins avaient – un peu moins maintenant – « toujours » des problèmes)
- Nan ! Là c’est sérieux et il est même parti à la pharmacie ! »
- Alors, s’il est parti voir l’apothicaire !... Eh ! Duduche ! SERIEUX - chez moi - c’est service des urgences et voiture blanche qui fait « pimpon » ! A la rigueur, un p’tit hélico ça fait tendance et on est au bord de mer alors, ça la f’rait bien…mais là ! Chez le vendeur du sirop du coin… à mon avis, sa vie n’est pas en danger !
- Bin… on sait pas trop…
- Précise… développe… sois lyrique… déballe quoi !
- On l’a vu sortir de l’eau comme une fusée, choper ses fringues, sauter dedans sans même se sécher et nous crier de loin, entre des « Aïes » et des « Ouilles » qu’il revenait, il allait à la pharmacie à l’angle de la place.
- Qu’est-ce qu’il a bien pu encore inventer c’ui-là ?" (Je connais mes frangins… c’est moi, version mec !)
Je me lève, en marquant ma page avec la première chose qui je chope sous la main (j’ai horreur de plier le coin des pages) en l’occurrence une aiguille de pin maritime (écolo s’pas ? Y avait bien d’autres trucs dans le sable, mais vu, l’aspect des débris, j’avais pas trop confiance) et commence à me diriger d’un pas alerte vers l’escalier qui mène à la rue (on s’enguirlandait copieusement avec mes frérots – pour la galerie - mais j’les adore et j’ai une sainte horreur qu’il leur arrive quoi que ce soit)
Je vous fais grâce du trajet jusqu’à la place (surtout qu’on a joué un sacré chassé-croisé avec Leprechaun (c’est le pseudo que j’lui donne j’vous expliquerai à la fin…) Trois bon quarts d’heure à écumer les rues de Fouras-les-Bourbes, pour trouver le zozo ! Enfin j’y arrive (pour être logique c’est lui qui me trouve alors, qu’un peu flappie, j’étais assise sur la place de la mairie, pour reprendre mon souffle)
Je l’entend goualler « Eh, L’Horreur ! » (ça aussi c’était un de mes pseudo…ça aurait pu être LaCréature aussi, ça dépendait de l’humeur…) Je lève le nez (en contemplation depuis pas mal de temps sur un combat titanesques de ch’tites bestioles sur le pavé (fourmis… mouches… araignées… j’sais plus mais y avait du sport ! - J’ai horreur dans la rue, quand j’attend quelqu’un ou que je me repose sur un banc, d’avoir l’air d’attendre justement alors je « meuble »…) Et je vois ma fraternelle version du lutin vert qu’a viré au stroumpf !
Vu mon air plus qu’étonné, il déballe! (valait mieux parce que là une explication était de rigueur pour son changement de bronzage) :
« C’t’à cause de la méduse !
- … mais bien sur !... Tu t’prends pour Persée ?
- Nan ! J’ai chopé une méduse sur la tronche quand j’suis remonté après mon plongeon dans c’te satanée flotte où qu’on voit rien tellement y a de vase !"
En bref donc, si « Alien » était déjà sorti au ciné, il aurait pu me décrire la scène où le mec se fait pécho par la crevette à ressort qui sort de l’œuf. Il s’est pas vulgairement fait coiffer par la bestiole, il l’a littéralement reçu sur la face (le baiser de la pieuvre bonjour !) En plus, sur les photos sous-marines, les méduses c’est toujours très joli, mais celles qu’on cotoie sur les plages c’est assez immonde la preuve :
Là, la zoulie médusette flottant hesthétiquement 
Là, sa version échouée style..."beurk"
En plus que le contact initiale est pas super comme sensation (un peu pâte slim, mais en plus… « beurk » !), en sortant de l’eau, ça a commencé à le picoter sévèrement ! D’où l’urgence de trouver quelqu’un qui lui file un truc pour arrêter ça. La pharmacienne lui a donc donné une pommade quelconque à se tartiner sur la trogne.
Résultat : un frangin soulagé, question démangeaisons, mais affligé d’une couleur… « visagale » du plus beau bleu-violacé ! (c’est qu’il m’a montré le tube, plus bleu que la crémouse, ça existe pas ! et en plus, ça s’estompe pas quand tu l’étales !)
Re-résultat : Le soir on devait aller en boîte, et bin, même sachant qu’avec l’éclairage du lieu, il allait pas être le point de mire de l’assistance, (remarquez, avec son bol, la crème elle aurait été réactive à la lumière noire !), et comme il se voyait mal jouer Elephant Man avec un sac kraft sur la tête, la soirée a tournée Spaghetti Party et déguisements (on le faisait souvent ça, de délirer en se déguisant avec tout ce qu’on trouvait dans les armoires) avec une bonne dizaine de copains compatissants à son malheur et même qu’on a pas regretté d’avoir loupé la Soirée à thème du moment (j’sais plus laquelle, mais ça a pas changé, dans les boîtes il y a forcément une soirée à thème) remarquez, si ça avait été soirée Alien, il avait toutes ses chances le frérot !
Voilà, vous voyez que, question fratrie… la dragonne est bien entourée aussi ! On était quatre, et quand il y avait une bêtise à faire… jamais très loin les uns des autres.
Il y aura d’autres trucs… d’autres thèmes… d’autres… plein d’chose quoi, plus tard, là, je vais faire une pause pour aller dire bonjour aux copains.
Bonne journée
La dragonne
PS : Pour le pseudo Leprechaun de mon frérot, petite explication : il a une trogne de farfadet (enfin je trouve) et de celui qui fait pas mal de bêtises (j’en connais qu’un… le Leprechaun irlandais, celui-ci :

Qui cache une marmite d’or au pied d’un arc-en-ciel et pour l’occuper quand on va le déterrer, il suffit de lui filer une paire de pompes à nettoyer et cirer (c’est un lutin cordonnier)

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