Bonjour à tous !
Donc, vous avez eu droit hier à mes premiers pas en politique (ça fait mieux que de dire que je me suis prise le chou avec un maire tout de même) remarquez, qu’à propos de « pas » j’étais quand même à deux doigts de lui envoyer mon 36 compensé au valseur pour lui apprendre les bonnes manières à ce type.
Après être revenue dans la salle et avoir appris l’identité du personnage, (fortuitement et d’une cigogne…voir article de la veille) Je pratiquais, non une séance de relaxation style respiration contrôlée et pause yoga adéquate (sur le strapontin, le lotus, y avait de toute façon pas la place) mais un truc que je fais souvent (me demandez pas pourquoi) faire jouer mes doigts et mes poignets (style Rubinstein avant son récital, mais sans le piano) D’ailleurs c’est efficace (ça me calme, alors on peut le dire : c’est efficace… du moins sur moi). La cigogne à mes côtés me lance de regards mi-intrigués mi-outrés, comme si c’était le comble de la malséance ! (Et elle, montrer du doigt c’est pas vulgaire ?) Et chacun oublie l’autre à l’extinction du plafonnier, enfin du gros truc plein de bouchons de carafe qui me pend dangereusement au dessus de la caboche, même si c’est très au-dessus – pass’ke s’il tombe, avec la hauteur, ça va prendre de la vitesse et du poids et le Gadget… c’est à la paille, qu’il faudra la récupérer (j’vous avais prévenu, j’ai une imagination débordante et j’adore les films catastrophes, manquait plus que l’entrée de King Kong, sur scène et c’aurait été le bonheur parfait !)
Donc, tout se passe bien, l’orchestre entame très professionnellement (mais pas trop expressivement, si je me souviens bien) le début du second acte (la fête foraine, vous vous rappelez ?) Et là, j’vois déjà un problème assez conséquent chez les figurants (il y en a pas mal qui ont gardé leur paire de binocles et la monture… on peut pas dire que ça fasse vraiment moyenâgeux ! Le pire, c’est que derrière un stand soit disant garni de victuailles (bien carton-pâteuses) y a même un pseudo marchand qui porte des mocassins à glands ! (le drap sur les tréteaux va pas jusqu’en bas) Mais ça à la rigueur, c’est des détails, et je ne m’y attarde que juste le temps de noter l’anachronisme de la chose (y a pas mort d’homme et pis les gens à la vue corrigée, ils peuvent pas faire autrement peut-être, sinon ça serait des chutes inopportunes dans la fosse d’orchestre ; imaginez un instant la panique ! Rigolez pas, si j’avais pas de correction, ça serait l’hécatombe autours de moi, plus myope et j’suis classée « arme létale »)
Donc, la fête à neuneu bat son plein et on arrive à l’épisode où Méphistophélès a tellement énervé le frère de Marguerite que celui-ci veut lui trouer la bidounette ! Dans l’histoire, le diable en rouge, trace dans l’air autours de lui un symbole magique qui le met hors de portée des coups et quand le Valentin (le frère donc) fait mine de l’embrocher, ça fonctionne pas, et avec un truc du genre : « ciel mon épée se brise » il doit laisser tomber le cure-dent en deux tronçons (c’est pas magique c’est des accessoires faits pour, comme le coup du poignard qui suinte le raisiné avec une poire cachée, ou la lame qui s’enfonce dans le corps mais en vrai dans le manche – là je sais, je fiche en l’air d’un coup vos illusions ! C’est dur mais c’est ça la magie du théâtre !) Sauf que là… l’épée et bin elle a jamais voulu se briser ! Et vas y que j’la laisse tomber, et vas-y que j’la secoue discrètement en la reprenant (en tout, ça a bien duré une bonne demi-minute et quand on vient de la sortir la fameuse phrase « ciel, et patati et patalère » on attend, en principe un effet immédiat) Au bout d’un moment il s’est quand même lassé (de toute façon il allait pas faire l’acte avec c’t’histoire, et les autres avaient une ou deux notes à pousser – le spectacle doit continuer s’pas ? – donc, il a souverainement ignoré la fausse Nothung (l’épée de Siegfried, pour vous rafraîchir la mémoire) pour concentrer son regard de haine pure vers Méphisto (la frustration ça aide pour le jeu d’acteur !) Je m’disais, qu’il était limite de lui sauter sur le poil (c’était pas prévu dans le synopsis, mais ça le démangeait sérieux, ça se voyait même sans binocles, pour vous dire) j’ai vu ce qui déclenchait cette ire fort à propos : le sulfureux était pété de rire, il se fichait carrément de sa trombine (on sentait chez lui, un « malin » plaisir à être témoin de la mésaventure de son camarade – comme quoi, le truc qu’on dit dans le milieu du spectacle … que les acteurs ou chanteurs ont leurs têtes etc. là c’était évident !) L’épisode de l’épée rebelle fini, la scène s’achevait, pour laisser entrer Faust pour sa tentative de drague de Marguerite à la sortie de l’office. Là, rien, d’important à signaler jusqu’à la fin de l’acte (je m’attendais presque à entendre venant des coulisses un bruit de bagarre à la « Petit Village d’irréductibles gaulois » mais non… rien pas un bruit (enfin, pas un venant des coulisses parce que dans la fosse et sur scène, ça y allait de l’égosillement !... remarquez que maintenant que j’y pense avec le tintouin qu’ils faisaient tous, même si les deux autres se duélisaient à coup de lance-roquette, on n'aurait rien entendu!On a eu droit à un autre entracte, mais j’suis pas sortie, enfin juste dans le hall car la nuit était tombée, donc plus rien à voir à part les loupiotes des voitures et j’avais pas envie de me reficher à dos un péquin quelconque (j’avais eu mon compte !)On fait une pause, parce que c’est un peu longuet et je vous raconte la dernière partie de ce Faust bourré de rebondissements (involontaires, ceux-ci) un peu plus tard d’accord ?
Bonne journée et bonne fin de semaine
La dragonne
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