LUCIA DI LAMMERMOOR

Publié le par Sieglind


Bonjour !

Enfin, on reprend un rythme plus « lyrique », si je puis dire ! C’est vrai que cette semaine ne fut pas des plus productive question narration d’opéra, mais, j’avais envie de faire une coupure parce que, depuis la création du blog,, j’en ai raconté quand même pas mal, mine de rien.


Donc, ce lundi matin, c’est un opéra romantique au possible (question histoire), connu par certains airs, dont le fameux extrait figurant dans « le Cinquième Elément » de Besson, chanté par une diva extra-terrestre au teint  plus que maladif, si vous vous rappelez bien, celle dont la seconde partie du morceau ressemble légèrement aux envolées délirantes d’une certaine Yma Sumac.
Comme vous avez pas la mémoire vive d’un poisson rouge (enfin j’espère pour vous…), vous vous rappelez l’affiche que je vous avais mise la semaine dernière : Lucia di Lammermoor de Gaetano Donizetti.


C’est encore un opéra tiré d’un roman, celui de Walter Scott (faudrait faire le compte d’ailleurs, de toutes les productions lyriques issues de la littérature…. ça foisonne !). Là, c’est une sombre histoire d’amour contrarié par l’ambition galopante d’un frangin. Mais ça pourrait être Lucrezia Borgia, remarquez, et.. bien d’autre opéras aussi – l’amour contrarié c’est quand même la pierre d’attouchement d’une intrigue, et si on vous dit : « bin vous allez voir un truc où il ne se passe rien, la journée ordinaire d’un brave couple bien pépère » j’sais pas si ça va vraiment vous motiver pour visionner la chose…(imaginez l’Aria en Ré de la ménagère faisant sa vaisselle, et le duo enflammé : « Passe-moi, l’sel, bibiche – t’as qu’à lever ton derch minou ! »… un grand… non-moment !

Donc là, en principe, ça bouge. Voici donc l’acte Un de Lucia di Lammermoor

Le lieu : Le jardin du château Ravenswood (déjà pas folichon, le nom de la bicoque : la forêt des corbacs… y a mieux comme « nid » d’amour)

Les personnages : Henry (Enrico) Ashton (le fameux frère un brin intéressé), Norman (Normanno) un de ses fidèles, Raymond (Raimondo) (le curé privé de la famille, bin oui, à l’époque, les grandes familles avaient leur chapelain attitré, c’était tendance), un groupe de copains (un chœur quoi), Lucie (Lucia) (la frangine du frangin intéressé), Alice (Alisa)  (sa copine de jeu), et Edgard (Edgardo) le proprio du château Ravenswood et incidemment l’amoureux de Lucia.

Le rideau se lève sur les jardins du château. Des chasseurs sont en train de fureter dans tous les coins. Enrico le frangin de Lucia s’est mis dans de sales draps (lyriquement : « son étoile à pâli récemment », traduction : il est dans la m…ouise). Il s’est mis à dos le roi du moment et a fait des placement un peu… hasardeux sur l’emprunt russe. Seul moyen de se tirer de là : que la frangine épouse Arthur Bucklaw, friqué et bien placé point de vue politique. Là encore, on pourrait se demander pourquoi il retrousse pas ses manches et qu’il cherche pas du taf ? Et bin non, ça serait déchoir ! Un noble, ça naît noble, mais ça travaille pas, ça épouse des fortunes ! Ils ont tous pris l’excuse d’une chasse pour se retrouver dans les parages et faire de l’espionite aïgue ! Enrico est en train de râler comme un veau :
« Quand j’pense que c’t’idiote a qu’un oui a donner, et mes ennuis sont finis, et elle veut pas du mec que j’lui ai dégotté ! Et la famille, elle y a pensé à la famille c’t’oie du Périgord ?
- La pov’ môme, sa maman vient de passer l’arme à gauche, on peut pas lui en vouloir si elle veut pas penser à la bagatelle – répond Raymondo l’aumônier.
- Tu t’fiche de moi, là, mais elle en pince, seulement pas pour le bon ! -  lance Normanno, revenu de ses investigations buissonesques.- Et pour un mec qui s’la joue anonyme ! tout ça parce Môssieur, lui a bêtement sauvé la vie en fichant une bastos dans le caisson d’un taureau qui l’avait prise pour une cape d’Escamillo, j’lui ai pourtant dit que le rouge ça attirait les bêtes ! Depuis, c’est rencards sur rencards dans le parc et j’ai bien une idée… et p’tet un nom à mettre sur la tronche de l’empêcheur de convoler en rond.
- mais c’est qui enfin ? – demande Enrico, un soupçon excédé.
- Si j’vous dis que vous le portez pas dans votre cœur…
- Dis moi pas qu’c’est Edgar ? Mon meilleur ennemi ? – (c’est encore une de ces brouilles qui se perdent dans la nuit des temps, que les familles savent même plus pourquoi elles se font la tronche, mais elles entretiennent la tradition, par réflexe)
- T’as gagné une tringle à rideaux !
- Et les voilages qui vont avec ! - lancent en chœur les copains – parce qu’on vient de le voir le zozo qui tournait dans les parages !
- Alors là… fallait pas ! Il vient de signer son bulletin d’entrer au cimetière lui !
- Faut savoir passer l’éponge dans la vie… - avance prudemment l’aumônier.
- Dans tes rêves ! Il va suinter le raisiné d’ici peu c’est moi qui te l’dis ! S’pas les gars ?
- Sur !  Il va pas s’en tirer à si bon compte" – répondent les copains chasseurs du dimanche.

Tout ce monde légèrement allumé, se retire et on aperçoit une fontaine aux sirènes qu’à connu des jours meilleurs (là, en principe, étant donné que le changement de décors, on s’arrange pour faire court, c’est un projecteur qui met le robinet en évidence, jusque là dissimulé dans l’ombre) Lucia fait les cent pas en attendant son galant :
« La ponctualité et lui, ça fait deux !
- Attends… t’as vu les risques qu’il prend ? Avec ton pit-bull de frère dans les parages ?
- Surtout qu’j’ai vu un truc pas net dans le coin…
- Développe ?
- T’sais que dans c’te bassin, y a une meuf qu’a plongé involontairement, un peu aidée par son mec jaloux, un des ex-proprio du château. Et bin, j’te jure, j’avais rien bû, bin j’lai vue !
- Faut arrêter la camomille ! C’est trop fort pour toi !
- Nan, croix d’bois, croix d’fer… Elle m’a fait coucou et a voulu parler mais s’est volatilisée et l’eau de la fontaine, elle a viré au rouge d’un coup !
- A mon avis, c’est un signe ! T’as intérêt à rentrer dans le rang et casser avec ton mec.
- T’es bredine ? C’est le seul qui me fasse rire et en ce moment, on peut pas dire que ça soit la joie à la baraque !
- Tiens ! Quand on parle du loup… J’vais faire la vigie, mais jouez-la discret, parce que j’sens pas le truc.. j’ai un mauvais feeling moi…"


Alisa sort alors qu’Edgardo fait son entrée :
« Ma p’tite biche, j’t’ai bipée parce qu’j’avais un truc important à  t’dire ! J’ai une course à faire… mais c’est pas la porte à côté… faut que j’aille en France
- T’as pas trouvé plus près pour une superette ?
- Rigole pas ! C’est important, et pis ça va me permettre de causer avant à ton frangin. Etant donné que c’est lui le chef de famille maintenant, c’est à lui que j’dois m’adresser pour demander ta main non ? Faut vraiment que j’en pince pour toi, après tout c’qu’il a fait subir à ma famille (mon père en a fait les frais, le pov’ !) surtout qu’j’avais juré d’avoir sa peau... pour remettre un peu les pendules à l’heure.
- Oublie-ça ! Le mieux c’est qu’on s’aime encore un peu sans penser aux autres.
- Pour ça, faut que tu m’jure fidélité éternelle – (tiens-donc… c’est pas Cosi mais….) – tu s’ras ma femme, même si pour l’instant on peut pas passer devant le curé. Tiens ! J’te file ma bague  - (ils ont la bagouse facile dans les opéras) t’as qu’à me donner la tienne (elle doit avoir des paluches de déménageurs pour que ça lui aille, à moins qu’il la mette au p’tit doigt) – J’peux partir, sinon heureux, du moins rassuré, j’ai une option sérieuse sur toi !
- T’as fait l’bon choix ! J’te reste fidèle et vais me mettre d’office au canevas en t’attendant j’ai juste à faire le plein de kleenex, parce qu’c’est pas trop la joie… m’enfin, quand on peut pas faire sans…"

Et sur ces serments échangés, l’acte se finit, l’un part en France, l’autre va jouer les femmes de marins bretons jusqu’à son retour… enfin, c’est c’qui est prévu… et comme on sait, dans l’opéra, ça tourne jamais comme on l’avait goupillé !

A plus tard donc, pour la suite de Lucia et sortez vos mouchoirs, vous aussi, parce que ça va pas aller en s’arrangeant cette petite bleuette !

Bonne journée
La dragonne

 

Publié dans Donizetti

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Philippe Désandré 31/03/2006 19:01

Je ne peux pas m'empêcher de lire et relire, et d'imprimer tes synopsis pour mes amis chanteurs. J'ai tellement aimé l'Opéra à l'adolescence que j'en ai fait un métier! J'aurais mieux fait de m'abstenir, car quand le virus est pris, c'est inguérissable, et à 50ans passés il est toujours aussi virulent...

Sieglind 31/03/2006 21:18

Merci, et ça ne nous lâche jamais, rassure-toi! (je n'ai pas encore 50ans, mais ça approche à grands pas hé, hé) Je n'ai aucunement envie de perdre ça!Bonne soirée Philippe.

Francky 06/09/2005 21:01

Coucou Dragonnilla !
Dure journée !!! pffff... Enfin bientôt le lit ,)
J'espère que Jojo ne parlera pas cette nuit ;o)))))
Gros bisous et bonne nuit !
:0010:
Allez les garçons, au dodo, c'est l'heure!
Gros bisous et moi, c'est le matin, maintenant!

cleomede 06/09/2005 16:16

Rien à faire moi ça me fait toujours penser un peu à du Molière.
C'est peut-être pas elle qu'a des doigts de déménageur mais lui qu'a des mains de fillette lol, pis vaut peut-être mieux les femmes de marins bretons que Pénélope, c'est moins long
Hier j'ai même pas pris le temps de te dire que je craquais sur tes grenouilles lol, pis je préfère la castafiore à la callas
Bisous à mon gadget
C'est pas le même Style Maria et Bianca! Ni le même registre...lol
Bises cleomede

wiwine 06/09/2005 07:44

pourquoi on doit sortir nos mouchoirs? on va rire ou pleurer :0021:
Au choix, mais j'aime bien l'idée de "pleurer de rire"...lol
Bises Wiwine

legnoch 06/09/2005 05:26

T'as remarqué qu'il y avait une dizaine de lignes de ton texte qu'on lit deux fois de suite ???
Si si, sous la photo.. en gras, et pas en gras...
Vu ça + la narration dragonnienne, je te soupçonne d'avoir un tantinet abusé du jaja avant d'écrire ton article hein !!
lol !
Merci de l'info, j'vais vérifier!
Heureusement que t'es là! lol
Bises Legnoch