LUCIA DI LAMMERMOOR - Comment on entourloupe une oie blanche!

Publié le par Sieglind

Bonjour à tous !

Bien reposés ? Et bin tant mieux, quoi que, en regardant à la fenêtre (enfin ici) on n’a qu’une idée : se remettre au lit ! Il pleut, mais d’une force ! Que, si ça continue, comme ça dans les quarante jours, j’risque de me mettre à la bricole navale dans le jardin moi ! (pour les couples d’animaux, j’aurai p’tete des manques… parce que, dans le coin, c’est chats et chiens et… chiens et chats). Mais ça m’empêche pas d’avoir à vous raconter la suite de l’histoire commencée hier alors, « allonzy Alonso » comme on dit .


Illustration de Rafal Olbinski

Donc, hier, on en était resté aux serments d’amour et de fidélité éternel échangés par deux amoureux alors que le copain devait partir pour une p’tite course à l’étranger du copain.. Voici l’acte II de Lucia di Lammermoor de Donizetti.

Le lieu : le château mais à l’intérieur, déco : très british grand siècle avec des trucs bien lourds bien coupants aux murs, des meubles rococos et bien massifs, une cheminée, du genre qu’on rentre dedans debout pour allumer les bûches (p’tet’ un ou deux chiens style « poussés tout en pattes et anorexiques », mais faut qu’ils soient sourdingues… parce que les faire rester à moins de vingt mètres de types s’égosillant comme des malades, ça risque de les perturber et on aura un accompagnement de hurlements à la mort du plus bel effet, si c’est pas une cavalcade au travers de toute la scène ou un saut de l’ange dans la fosse d’orchestre)

Les personnages : Normanno (le « servant » du frangin de Lucia), Enrico, le fameux frérot « légèrement » intéressé, Lucia, un chœur (invités, personnel de maison… tous triés sur le volets pour pouvoir pousser la chansonnette sans avoir la honte de sa vie), Arturo (le fiancé officiel et friqué de Lucia), Raimondo (l’aumônier) et Edgar (toujours vingt ans après la bataille, le « vrai » fiancé de Lucia)

A l’ouverture du rideau, Norman et Enrico patientent en jouant au poker menteur sur un coin de la table :

« Ta frangine va pas tarder !
- Celle-là, elle commence à me courir ! Tout le monde est arrivé pour les noces, et Mam’zelle s’entête à refuser le mari fri…ngant qu’j’lui propose !
- J’crois qu’y pas de crainte à avoir ! Entre les lettres de son copain qu’on a discrètement fait disparaître et le fait qu’on ait déballé que, soit disant, en France, il aurait trouvé chaussure à son pied… elle est sur la bonne voie pour devenir raisonnable !
Tiens, la voilà qui v’nant ! Toi, file chercher l’Arturo qu’on presse un peu le mouvement !

Normanno se le fait pas dire deux fois et en s’rait presque sorti par la fenêtre, pour gagner du temps. La frangine se pointe un peu pâlichonne sur les bords, et légèrement à côté de la plaque (m’est avis… qu’elle nous couve kek’chose, la gamine !) :

« Alors frangine, pourquoi tu fais la tronche ?
- Si on t’demande….
- Si c’est à cause de ton ex, ce gros naze qu’a pas un fifrelin … tu f’rais bien de faire une croix dessus, vu la manière dont il te traite !
- J’te f’rais dire que j’lui ai donné ma parole pour notre mariage à ce gars !
- Après c’que le facteur vient d’apporter… j’crois pas que ça soit nécessaire de la tenir!

Il lui balance une lettre, tellement fausse que l’encre est pas encore sèche, qui serait la preuve que son mec a trouvé mieux de l’autre côté de la Manche !


Lucia a comme un blanc… bin oui, faut dire que ça fait jamais plaisir au p’tit déj. de recevoir un courrier nous annonçant que l’élu d’notre cœur est parti avec quelqu’un d’autre. Là, ses céréales, elles ont l’air de pas trop bien passer elle a l’air d’être à deux doigts de se manger le dallage sous le choc.
Le frangin lui fait remarquer que c’est peut-être pas le moment de tomber dans les pommes,, parce que son futur arrive et qu’entre parenthèse, ça va remettre un peu d’ordre… dans ses affaires et pas que financières, (et oui, v’la c’qui arrive quand on mise sur le mauvais cheval en politique et qu’il se casse la figure… à l’époque ça pardonnait pas)

« Moi c’est quoi ce délir ?- lance Lucia un peu excédée (on la comprend)
- Bin y a que ton futur mari, l’Arturo, qui puisse me remettre dans les p’tits papiers du  grand ponte qui dirige le patelin, sinon…couic – dit-il en se passant le pouce sous le menton (ça c’est vrai que pour chanter après le passage du bourreau, les cordes vocales risquent d’avoir un peu d’mal à fonctionner ! D’où l’expression « couper le sifflet »
- Je sais pas… mais d’un coup, j’ai envie d’arrêter d’respirer…
- En plus, si tu me dépanne pas et que j’me fais couper le kiki, même sans tête, mon fantôme trouvera bien le chemin pour venir te pourrir tes nuits !


On change de scène pour se retrouver dans la grande salle du château où tous le monde est réuni (sauf Lucia, qu’avait quand même besoin de s’isoler après une telle nouvelle) Le chœur (payé pour jouer les invités contents de se trouver là, chez un mec si cool – bin oui, pour le trouver cool, faut qu’ils soient payés, c’est pas possible autrement !), le chœur donc entonne une chanson style « il est des notre » au nouvel arrivant, et futur d’une Lucia plus que dubitative sur ses chances d’avenir. Enrico s’la joue grand copain en excusant sa frangine qui doit se pomponner parce que pleurer… sur la mort de sa môman, ça fait quand même légèrement couler le mascara (quel faux c… jeton, c’ui là !) :

« Ah ! Tu m’rassures ! Mon p’tit doigt m’avait dit qu’ça serait plutôt à cause d’un certain Edgardo – répond Arturo
 - Meuuuu nooooon ! T’auras mal été renseigné c’est sa MAMAN qu’elle réclame ! (il insiste un peu trop j’trouve… l’autre va finir par avoir des doute) D’ailleurs la gamine va t’dire ça elle-même !


Lucia entre avec deux suivantes comme cannes anglaises (normal, c’est chez les grands-bretons que ça s’passe alors faut faire couleur locale).
« Frangine j’te présente ton promis ! – Tiens-toi droite et dis bonjour au Monsieur !
- Salut mignonne, t’sais qu’t’es canon toi ?. Roucoule Arturo…
- Euh si on passait aux choses sérieuses – coupe l’Enrico qui perd pas le nord, en lui fichant le contrat de mariage sous les narines

C’t’abruti d’Arturo, tellement dans sa bulle, signerait n’importe quoi, même son arrêt de mort (quoique…  m’enfin j’dis rien… on verra la suite)

« Maintenant à toi frangine ! (à son ton, j’ai l’impression qu’il vaut mieux qu’elle s’exécute)

Elle s’exécute (moralement aussi, parce qu’à mon avis c’est au trente sixième dessous qu’il est son indice « joie-de-vivre »)
Tout le monde s’arrête parce qu’on entend quelqu’un qui sonne à la porte, qu’à mon avis ça urge et qu’une fois celle-ci ouverte, ils ont intérêt à dégager la voie jusqu’aux sanitaires parce que ça doit être la tourista qu’il se paie le nouvel invité, vue l’insistance avec laquelle il se pend à la cloche d’entrée.


La porte s’ouvre, un peu aidée par une épaule plus qu’énervée (j’vois très bien d’ailleurs les battants se casser la goule dans un grand « blaaaam » avec le héros entraîné cul  par-dessus tête dans son élan, mais… non, ça s’rait trop beau !)

Enfin le mec pressé s’avance (évidemment, vous avez deviné qu’c’est Edgardo, revenu théâtralement au bon-mauvais moment, sinon ça manquerait d’intensité dramatique)

« Ahaaaaa ! V’la l’éléphant ! Où est la porcelaine ?
- Oh m..ercredi ! - lance l’assistance.
- On peut dire qu’ça vous la coupe hein ? J’vous préviens… j’suis électrique alors essayez pas d’me toucher, vous serez vite au courant ! Et toi la Lucia ! C’est comme ça qu’tu tiens tes promesses ? Ah bravo ! Tu t’sens pas un peu bouseuse sur le coup ? Le pire, c’est que, comme un niaiseux de première, j’en pince encore pour toi !
- J’ai p’tet’ été un peu vache avec la frangine tout d’même – pense tout haut Enrico -  vu sa mine, j’ai l’impression qu’elle a stucké (bugué, pas imprimé, pété un cable, grillé un fusible, enfin c’que vous voulez)
- Alors, là en principe c’est « Adieu, monde cruel » la formule… hein c’est ça ? – demande Lucia à la ronde. La pauvre a l’air de plus trop savoir où elle crèche.
- Y a que les galets qui verseraient pas leur larmichette devant c’te pov’ môme ! – s’apitoie Raimondo, le curé.

Enrico se reprend et balance à Edgardo qu’il a intérêt à reprendre le chemin par lequel il est arrivé parce que ça risque de tourner vite au vinaigre la fête. L’interpellé réplique un truc du genre « répète un peu pour voir… qu’on rigole », le curé s’interpose pour faire rengainer les canifs qui sont tous sortis à la vitesse de l’éclair (avec la formule rituelle quiconque vit par la ferraille, risque le tétanos ou un truc dans le genre)
Enrico signale à Edgardo, qu’il arrive un peu tard et que son ex, bin c’est avec l’autre potiche qu’elle est mariée.

« Même pas vrai ! Hein Lucia ? – réplique Edgardo –
- Euhhh !...
- Si c’est comme ça, tiens v’la ta bagouse, j’te prierai de me rendre la mienne parce qu’ça jure un peu avec l’anneau à côté ! » – il la balance à peine récupérée et la piétine (c’est mature ça tiens !) – « j’vous crâche tous à la g..oule et allez mourir ! »
Les autres commencent à s’agiter, on est à deux doigts de l’émeute on fiche Edgar à la porte avant que ça vire à l’hécatombe alors que le curé et les suivantes soutiennent une Lucia plus que nauséeuse et pas très en forme.

Le rideau tombe sur le deuxième acte de Lucia di Lammermoor.

Alors vous avez vu ? C’est c’qu’on peut appeler un rebondissement des plus dramatiques dans un opéra, hein ? Et c’est pas fini ! Y a encore le troisième… mais ça, on verra demain, y f’ra jour, comme on dit !

Je vous souhaite une bonne journée et à plus tard, pour la suite. Portez-vous bien !
La dragonne

 

Publié dans Donizetti

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Moyra 08/09/2005 14:12

Pus de courage! Je relis mes Astérix . Ca arrive à me faire sourire comme ton opéra maison. Bisou Dragonne
Ohoooo! J'sens un peu de lassitude là... c'est le temps qui t'influence? Allez Moyra on est là, nous...
Gros bisous pour te remonter le morale

Briesing 07/09/2005 12:40

Quel suspens !
Raaalala! A qui l'dis-tu! lol
Bises Briesing

jeanyves 07/09/2005 08:40

moi j'attens tes reactions chez manue
bonne journée
Pétée de rire! C'est du grand truc! Je le garde pour te dire! lol
Faites gaffes les autres... ça peut vous... "freiner" ... lol
Bises jeanyves

zordar 06/09/2005 22:11

Ah ! Les réunions de famille !
C'est vrai que la plupart du temps ça tourne en eau de boudin, mais à ce point... j'espère que c'est quand même rarissime! lol
Bonne journée Zordar

alarash 06/09/2005 21:07

coucou. voila j'ai une annonce urgente a faire passer et je sais k tu connais enormement de monde. alors je te la file ;) si tu p la faire tourner c urgent:

France 3 pour l'émission "On ne peux pas plaire à tout le monde" recherche de toute urgence des jeunes ados "bloggeurs" pour des tournages. ils doivent etre agés de 10 à 17 ans et parler d'eux, leur vie, leurz passions, leurs craintes, leurs ambitions, leurs angoisses et leurs delires: tout ce qui touche votre vie personnelle.

si t'es interressé ou d'autres: appeler Marie Laurence au: 0686891374

Le tournage est tres urgent , vous pouvez la contacter meme tard. Faites le vite aujourd'hui si vous pouvez.
voilou. si ca t'interresse. et si tu penses que ca va interressé d'autres personnes n'hesites pas a faire tourner ce message.

voilou. gros zoux ma tite dragonnette
Décidemment, j'dois vraiment ressembler à une journaliste moi! Tout le monde me demande en ce moment...lol
J'vais voir à balancer ça sur un fil, mais pourquoi, ne le fais-tu pas? Timide? strange...lol
Bises alarash