Interlude en attendant mon vrai retour

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Bonjour

Bon, pour mon "grand" retour* et avant d'entamer un narration "opératesque" quelconque, je me chauffe en vous balançant des citations musicales trouvées en baguenaudant sur le net, un jour où je n'avais en tête que de fouiner plutôt que de rédiger quel que billet que ce soit... Autant mettre au clair ce que j'ai glané, - moui... tant est que ce que je dégoise le soit, évidement -  que ça serve à autre chose que d'encombrer mon disque mou ad vitam aeternam (s'il tient jusqu'en 2012, date où le calendar s'arrête... chez les Mayas, si c'est le même topo que pour les prédictions de notre Paco de couturier , on a de la marge remarquez)

Donc des petits trucs humoristiques pour prouver qu'on peut être aimer la musique dite classique et avoir de l'humour, ça n'a jamais été incompatible quoi que certains en pensent, et je crois me répéter, mais autant enfoncer le clou pour que ça rentre, s'pas ? En prime vous aurez mes modestes commentaires personnels pour confirmer ou infirmer certains de ces dires. Je me dois d'illustrer évidement par des extraits musicaux, maintenant que j'ai trouvé cette mine d'informations, je ne suis pas prête de lâcher le bout de gras.

"Aujourd'hui, ce qui ne vaut pas la peine d'être dit, on le chante" note Beaumarchais (1732-1799).
Pas très sympa pour Wolfi (1756 -1791) qui s'était attelé à la tache d'illustrer musicalement son Mariage, ni pour Paisiello (1740 - 1816) et  Rossini et son Barbier (1815, œuvre écrite en 14 jours, chapeau !)... mais il y avait prescription pour le dernier, vu que les os de l'écrivain ne lui faisaient plus mal depuis belle lurette?
A savoir aussi que ce cher Jojo (Joseph II, empereur de son état) trouvait qu'il y avait  "beaucoup trop de notes" dans ces mésaventures capilliculuresques.

En plus, j'ai un doute sur l'inutilité de certains chants ou mélopées... Vous vous souvenez de vos tables de multiplication ? Le p'tit air lancinant qui allait avec, c'était bien pour mémoriser un truc important pour le cursus scolaire non ?**   Il est également prouvé que c'est un excellent moyen pour retenir des choses pas très simples et on emploie même cela comme thérapie pour certains cas de bégaiements, alors....

Henri Jeanson n'a pas été très inspiré par notre littérature de chevet préférée (enfin la mienne, bien évidemment) mais a eu quelques "sorties" sympas telle que celle-ci :
"Un chanteur d'opéra, c'est un type qui reçoit un coup de couteau dans le dos et qui, au lieu de saigner se met à chanter".

Phrase piquante mais d'un certain bon sens et qui m'a faite aussitôt penser à bien des agonisants lyriques...

De Siegfried retrouvant sa mémoire de carassin doré une fois que Hagen, mi homme mi Niebelungen par son papounet Alberich,  lui ait planté un cure-pipe entre les omoplates. Son agonie apporte de la flotte au  moulin des rédacteurs du  dossier sur les  EMI (expériences de mort imminante). On verrait toute sa vie défiler en un éclair (de lucidité pour ce blond héros) et paf ! du coup, il se rappellerait qu'il avait une copine walkyrie royalement laissée choir pour les beaux yeux d'une Gutrune (beurk ce nom !) légèrement aidée par un philtre qui fait perdre les neurones.
Violetta n'est pas en reste, vu qu'elle part du caisson et devrait, en principe économiser ses p'tits poumons, bin non ! Elle s'essouffle à vouloir tenir le haut du pavé jusqu'au bout de l'opéra, tout comme le fait Antonia sachant très bien que c'est ce qui a perdu sa génitrice quelques années plus tôt.

Le pire (je sais... vous allez dire "encore !!!" ) c'est tout de même Werther avec sa bastos dans le carafon et qui continue à aligner les trémolos tout en se vidant allègrement de son raisinet sur les planches scéniques et rabotées de frais.et le comble c'est que Charlotte lui conseille de se taire pour ménager ses forces (en voilà une rude celle-là ! Tout l'opéra elle n'arrête pas de le repousser "par devoir" pour craquer à la fin alors qu'il n'y a plus rien à attendre, quelle cruche !)

J'arrête les frais, mais de vous-mêmes, il est facile de trouver d'autres exemples de mort lyrique lente et douloureuse (pour le spectateur aussi parfois, cela dépend du soliste)

"Les Français sont faits pour composer de la musique d'opéra, les Italiens pour la chanter, les Allemands pour la jouer, les Anglais pour l'entendre et les Américains pour la payer". Comme quoi Caruso  n'avait même pas la reconnaissance du ventre, vu le succès qu'il avait connu Outre-Atlantique alors que ses potes napolitains lui faisaient la trogne en lui préférant De Lucia. Il est à souligner que pour une fois, on est bien placés au palmarès, ne boudons pas ce plaisir.

Pour ceux qui doutaient encore de la mégalomanie galopante de Richie Wagner; quelques phrases suffiront ! Et à lire la longueur de ce que j'ai trouvé, il me semble que ce type est le musicien par excellence sur lequel on aime se soulager.
 
"À la Société, je ne demande que de l'argent, le reste, je l'ai". 
C'est pour ça qu' "On" s'acoquine à une Cosima ou à un Louis II de Bavière... il y en a qui pensent "placement" avant "amitié et amour" que voulez-vous.


Son ex-pote Nietzsche - deux monstres sacrés liés d'amitié, ça ne peut durer, l'un essaie toujours de supplanter l'autre, ou de le convertir - ce penseur donc avait la dent dure contre Wagner et son égo hyper-développé : :"Wagner est-il un homme ou une épidémie ? Il a rendu la musique gravement malade." Théorie amplement développée dans Le cas Wagner  (1888), que je vais me faire un devoir d'ailleurs de relire un de ces quatre :
 «Il est une évidence qui me semble primordiale: l'art de Wagner est malade. Les problèmes qu'il porte à la scène, de purs problèmes d'hystériques; ce que sa passion a de convulsif, sa sensibilité d'exacerbé, son goût qui exigeait des piments toujours plus forts, son instabilité qu'il déguisait en autant de principes, enfin, et ce n'est pas le moindre symptôme, le choix de ses héros et héroïnes, considérés comme types physiologiques (au générique, que des frappés du bocal !), bref, tout cela forme un tableau clinique qui ne permet pas le moindre doute: Wagner est une névrose.» 

A savoir que ce cher Friedrich enfonce un peu une lourde ouverte... Même sans être un spécialiste en médecine des boyaux de la tête ou un musicologue estampillé NF, on se doute qu'il avait quelques problèmes avec ses amis imaginaires  ou non... Voir ce que j'avais déjà dit sur le rôle des femmes dans sa famille, si vous vous en souvenez. Mais ce qu'on aime chez nos chers génies, c'est justement qu'ils sont du genre à descendre de vélo pour se regarder pédaler... la norme n'est pas symbole de passion, faut s'y faire.

Il est à noter aussi que Rossini était tout sauf tendre avec notre teuton mal coiffé "De jolis moments, mais d'effroyables quarts d'heure" ? Il est modeste parce que des passages wagnériens narratifs ou d'introspection dépassent de beaucoup le quart d'heure évoqué parfois... faut savoir s'accrocher à la bouée de sauvetage rescapée de la tempête si on veut surnager jusqu'au bout du maelström lyrique (qui aime bien châtie bien dans mon cas vous le remarquerez)


Les grands-bretons ne sont pas à la traine, peu s'en faut, quand un chef d'orchestre du crû (David Randolph) balance que "Parsifal   est le genre d'opéra qui commence à six heures. Après trois heures, vous regardez votre montre, et il est six heures vingt"


Quand on sait que cette fresque arthurienne (vi, le mythe du Graal, c'est arthurien tout de même) dure près de trois heures quarante... quatre heures quarante au pire des cas - le "pire" étant les pauses-pipi, du moins je l'espère -, c'est des vingtaines de minutes qui commencent à peser leur poids sur notre résistance nerveuse.


Si j'étais médisante, je dirais que c'est le chauvinisme anglo-saxon qui parle, il n'y a qu'un anglais pour parler ou écrire sur "ze King Arthur", comme il n'y a qu'un anglais pour oser critiquer les ornements capillaires des représentants féminins de la Couronne Britannique ou les frasques extra-conjugales des membres de la famille royale. Je remarque d'ailleurs qu'il fut un temps où on s'en battaient l'œil mais grave, mais l'influence anglo-américaine prenant de l'ampleur, tous les tocs, vices, déviances de nos têtes dirigeantes commencent à prendre de plus en plus d'importance dans nos lectures "populacières" (people, j'ai du mal, c'est de l'anglais)n c'est juste un constat, mais ça me saoule un peu.


Un autre anglais, pourtant fort mal traité par ses pairs et concitoyens, Oscar Wilde (ça l'avait peut-être aigri remarquez) n'est pas avare de bons mots également :  "La musique de Wagner est si bruyante qu'on peut parler sans déranger son voisin".

Il est suivi de près par deux types de l'ancienne colonie dépannée par La Fayette, les Etats Unis évidemment,  Mark Twain, le papa de Tom Sayer, "La musique de Wagner est meilleure qu'on pourrait le croire à l'entendre" et surtout Woody Allen avec sa citation qui me fait toujours éclater de rire : "Quand j’écoute WAGNER, j’ai envie d’envahir la Pologne".


Théophile Gautier pour le coup fut économe***, ça change de ses tirades à la Bossuet, en qualifiant la musique de "plus cher  et de plus ennuyeux des bruits"**** . Il parlait là musique en général, mais c'est de famille, puisque sa Judith de fille rencontrant Totor Berlioz à une représentation de Tannhäuser lâcha une réplique pire qu'un vent incongru (ce qui n'était pas de mise pour une jeune femme à l'époque, surtout à l'opéra, à mon avis c'est le seul moyen de se lâcher qu'elle eut trouvé sur l'instant ) : "Comment a-t-on osé mettre une meute de chiens dans Tannhäuser ?  - Pourquoi pas ? On savait qu'à la troisième représentation il n'y aurait plus un chat dans la salle."


Re-petite note à ce sujet, j'ai lu quelque part sur le net (désolée de piquer éhontement la chose, j'ai oublié de mémoriser le lien) qu'une cabale contre l'œuvre aurait été fomentée par les membres du Jockey-Club local, protecteurs et mécènes pas très désintéressés de certaines ballerines, car le ballet se situant au premier acte, cela obligeait ces Muffat  d'Outre-Manche (relire Nana de Zola, vous pigerez mon allusion) à arriver au début de l'opéra s'il voulaient admirer de jolies gambettes et pas à l'entracte selon leur habitude. Mais c'était l'usage de faire figurer des zibellines en tutus au théâtre... "Pour rendre l'opéra supportable, il faudrait allonger les ballets et raccourcir les jupes des danseuses" préconisait Jean d'Alembert (1717-1783) Ce que se fit un devoir de faire le créateur de Tannhäuser à Paris, alors que l'original de Desde n'en comportait pas, mais Vénus tortillant du croupion avec ses copines, que voulez-vous, ça ne pouvait que confirmer l'adage  "le gai Paris"


Il faut tout de même une contre-attaque à ce feu nourri contre Wagner, puisque en représailles, les allemands furent très explicites sur notre sensibilité musicale, liée à nos origines darwiniennes : "peuple de singes" frappe-t-il plus les esprits que "bouffeurs de grenouilles" ?

D'accord, Wagner avait également une dent contre notre chère Exagonie, quoi que sa rombière Cosima fut née de l'union d'un certain Liszt et de Marie d'Agoult, française pur-jus, elle se rangeait aux arguments de son époux (comme stipulé dans le laïus dont on nous rebat les argouanes durant la cérémonie matrimoniale) ; il avait même bidouillé une "Ode à l'armée allemande devant Paris" et une "Capitulation"... qui était tellement vacharde à notre encontre que même les théâtres allemands refusèrent de la monter, c'est vous dire. Mais il faut lire sa biographie pour savoir ce que cette francophobie cachait. (une déception artistique... un claquage de porte au bec... les génies ne souffrent pas qu'on leur tourne de dos)

Ne pas oublier le pied de nez à  Tristan dans une œuvre célèbre de Debussy, qui avait également une dent contre notre prolixe musicien  (la parodie se situe vers le milieu de l'extrait, à vous de la reconnaître)

Le géniteur littéraire d"une bourgeoise mal mariée (Madame Bovary) y va de sa plume sergent-major pour noter que "Wagner : ricaner quand on entend son nom, et faire des plaisanteries sur la musique de l'avenir.".

Mine de rien, mes recherches de piques lyriques se poursuivent, d'une manière aléatoire et suivant mes instants de libre, si je découvre autre chose, je vous tiens au courant, promis.

Pour l'instant, je vous laisse, file dès que faire se peut vous lire et ne vous fixe pas de rendez-vous gravés dans le marbre pour de nouvelles logorrhées verbales, étant donné mes journées plus que bien remplies. Mais rassurez-vous, je ne suis pas absente définitvement, le "retour de la vengeance" aura de nouveau lieu, mais la date est encore très floue.

Bonne continuation et à plus

La dragonne

*enfin, timide le retour, vu que de se la péter avec le retard que j'ai, ça serait effronté de ma part.

** à noter que les comptines genre "Trucmuche est un nul-leux", "machin-chose aux latri-neuuu" jouent sur deux tableaux, infantiliser en rabaissant le sujet de ces piques au rang d'un porteur de couches pas propres et le marquer (à vie parfois) par un air hypnotique et aussi lancinant qu'une roulette de dentiste, ça en a fait des dégâts ce genre de moqueries (dans mon cas c'était "Grozéléphan-eu" (en un mot) en rapport avec mon nom de famille, ce qui évidemment ne vous interpelle nullement, vu que je reste coîte sur ma "vraie" vie)

***qui n'a étudié son Roman de la Momie avec une description longue comme un jour sans pain pour décrire que la nana est juste étendue sur sa couche, faut le faire en longueur, j'suis battue à plate couture !)

**** Je me devais de faire une allusion au coût de la musique en illustrant cela par la rançon demandée par les frangins géants, mais j'avais le choix avec l'air "scintille diamant" des Contes d'Hoffmann également, si j'avais eu du temps, j'aurai encore fouiné, vous me connaissez.

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VIENS 27/12/2009 20:02


Merci pour la fausse joie (lol), mais c'est l'intention qui compte. Au moins, je suis sure que quand tu verras UN garagiste, tu penseras à moi....
Bisous


06/01/2010 12:09


Sur ! Mais faudra que je me trouve avec dragon... vu que je n'ai pas le permis, je fréquente rarement les cambouineux
Bécots ma grande !


Louvre-passion 26/12/2009 11:30


Chère Dragonne, je profite de ce passage pour te souhaiter de bonnes fêtes de fin d'année.


27/12/2009 11:18


Il faut que je m'arrange pour venir chez toi avant que les voeux soient... "périmés".... Merci mon grand, je pense bien à toi aussi... SI on se goupille bien, une
sortie prévue aux beaux jours sur Paris... à cogiter sévèrement... J'te tiens au courant (mon frangin a évoqué notre sortie en ta compagnie, ça lui avait bien plu.)
Bonne fin d'année Atalmont


:0010 Lili Flore :0091: 25/12/2009 17:38


je passe te dire en ce jour de Noël ou le sourire et la joie des enfants nous renvoi vers notre enfance, JOYEUX NOËL ainsi qu'aux tiens, avec des bigs bises


27/12/2009 11:19


Bécots ma Lili... j'espère que tes festivités de fin d'année seront agréables... Je serai "un peu" loin des mes pénates à ce moment là...


Sophos 25/12/2009 10:43


un petit coucou !
Pour te fêter un très beau noel, à toi et à ta famille ;-)
Que les dragons s'éclatent ;-)

Biz
Sophos


27/12/2009 11:19


Meilleurs voeux également Sophos... tout plein de chose agréables.


Quichottine 25/12/2009 09:18


Juste quelques mots ce matin pour te souhaiter un très joyeux Noël et de belles fêtes de fin d'année.

Bisous, Sieglind.
A très bientôt.


27/12/2009 11:20


Profite QUichottine... profite... c'est des moments comme ça qu'on aime bien engranger dans notre mémoire