Laponie (suite)

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Bonjour

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Allez, malgré mes bonnes intentions, je n'ai évidemment pas pu me tenir à mes promesses d'écrire un peu plus régulièrement (et plus souvent).
Cette semaine est un peu plus calme, vacances scolaires obligent, pas que je sois toujours concernée par ce créneau d'âge (bien que je régresse parfois) mais le club de sport s'alignant sur leur calendrier et le prof. s'autorisant une petit échappée montagnarde et enneigée, mes horaires seront un peu plus calmes, jusqu'à son retour lundi en huit. On en profite donc, pour poursuivre la narration de mes non-aventures lapones avant que la fièvre body-taekwondesque ne me reprenne.
Allez zou !

abr-alane-fieldson.jpg

Nous nous étions arrêtés à l'arrivée nocturnesque à notre lieu de résidence, ce manque de lumière il allait falloir s'y habituer durant ces quatre jours...pas trop dur en fin de compte, mais sais pas si un séjour plus long n'aurait pas eu une incidence sur notre physique (teint d'endive de cave par manque d'exposition à la lumière diurne) et notre mental (légère tendance à un manque de tonus en fin de journée, c'est à dire à quinze heures et des prunilles pour cause d'hibernation neuronale) Il paraîtrait d'ailleurs que c'est un des patelins où les gens ont tendance à avoir des désir de se mettre en apnée volontaire plus souvent qu'ailleurs, enfin aux dires de notre guide... comme saint Thomas... je demande tout de même à voir parce que les autochtones rencontrés donnaient plutôt l'impression de tenir une forme olympique, avec un joli teint de rose des neiges me rappelant sais pas pourquoi, les personnages d'Hansel et Gretel (tresses et culottes de peau non comprises)

Le lendemain donc de notre arrivée, première sortie "aux horreurs"* pour quelques activités typiques, si le "magasinage" de fin de journée fait partie des coutumes spécifiquement lapones, je crois surtout que c'est le passage obligatoire cette fameuse boutique authentique où l'on nous voit venir avec nos gros croquenots cloutés et notre sac à biffetons bien rembourré (le touriste doit avoir d'imprimé à l'encre sympathique le mot "pigeon" sur le front, pas possible autrement).

ferme aux rennes 2

Première visite donc, la ferme aux rennes, où l'on devait d'ailleurs passer l'intégralité de cette première courte journée. Au programme : posage de valseur dans un traineau pour une promenade tractée par ces p'tites bêtes (un par traineau, petit mais costaud le bestiau !).
... Bon, sans plus... faut vous expliquer que ça sentait l'attrape-c... touriste puisqu'on était tous encordés au renne de tête, lui même guidé par un lapon en tenue folklorique et qu'on allait à la vitesse subliminale de l'escagouille au meilleur de sa reptation pour atteindre sa feuille de laitue préférée (feuille de laitue remplacée chez notre animal par une poignée de lichen cela va sans dire)

Bon, amis de la poésie, détournez pudiquement vos mirettes de l'écran, j'vais devenir scato, mais ça m'a marquée, désolée.
Donc, une constatation :
Est-ce le régime alimentaire "lichenneux" qui fait ça, le froid, l'exercice physique de la tractation du truc en bois chargé de deux pékins enveloppés dans des peaux raides de neige ou un peu de tout ça, mais fait est de constater que le renne a la fâcheuse tendance, tout comme nos braves chevaux de traie d'ailleurs, à soulager ses intestins tous les trois pas (quand on a choisi le traineau en fonction du physique avantageux du renne, c'est à dire blanc-de-blanc, vous imaginez le tableau quand on a vue directe sur son troufignon) L'avantage remarquez, c'est que si la cordée se détache, ça sort de l'habituel petit jeté de cailloux blancs pour marquer son chemin, et blanc sur blanc soyons logiques, on aurait du mal à se repérer (si notre équipée non-sauvage n'était... contenue dirai-je de part et d'autre par des barrières de bois, on aurait carrément pu être sur des rails, l'effet aurait été le même)

ferme aux rennes 4

En bref, rien de folichon dans ce tour de manège et on retourne à la ferme où l'instant mystique nous attend : contact avec une femme chaman !
Alors là... grandiose ! On entre dans la kota en bois (le tipi sur les clichés) et notre guide nous explique que la grande "auburnée" affligée d'un shtreimel** et d'un énorme tambourin de peau va faire un tour parmi nous et prendre un cliché de notre aura à l'aide de ses yeux  outrageusement cernés d'un khôl très peu naturel ( mais c'est fait pour mettre en valeur ceux-ci, façon hypnotiseur de cabaret, désolée de casser un peu la magie du moment, mais là aussi, ça sentait son attrape-c...touriste, la magie du chamanisme n'était pas spécialement au rendez-vous... enfin en ce qui me concerne)

ferme aux rennes femme-shaman

En gros, elle tâte la température de notre totem (animal qui nous est attribué à notre naissance) et dans la communauté, il est de rigueur de déceler un "renne blanc" qui est le symbole de l'harmonie et de la cohésion d'un groupe, l'arbitre en quelque sorte. Et c'est un pov'type qui n'a rien demandé à personne (surtout de se faire remarquer) qui se retrouve sous les projos quand, après s'être plantée devant lui, elle simule la transe non napolitaine et accélère ses tambourinades façon compteur Geiger-Müller qui s'affole. Du coup, après la traduction du guide, le type se rengorge, parce que durant les trois tours qu'elle a fait parmi nous, à chaque fois qu'elle faisait son cirque, on avait tous tendance, lui compris,  à penser qu'il sentait le pâté et que c'était le "méchant" de l'histoire.

Durant ses tours de piste, on a eu droit au regard maquillé outrageusement au fond des mirettes (le premier qui riraaaa aura une tapetteuuuuu !), un arrosage en règle avec une sorte de plumeau (une autre version du pinceau culinaire à dorer les pièces de bidoche), une poignée de graines (blé ? Orge ? sais plus) par le col des fringues et un coup de pouce enduit de cendres sur le front.
Nous venons d'être baptisés chamaniquement...(je lévite déjà... enfin j'essaye, mais la combi des neiges gêne un peu le battement des bras dans cette kota enfumée et exiguë)

A signaler d'ailleurs, qu'au retour de cette virée, j'ai fait un arrêt sanitaire à l'hôtel avant notre retour au village, fort utile au demeurant quand on reste dans une combinaison intégrale toute la journée, (ils n'avaient pas prévu la p'tite bouteille urinoir qu'ont les astronautes, dommage ! Et baisser le bastringue aux chevilles dans la poudreuse, j'aurai eu peur d'attraper un rhume de cerveau - façon de parler évidemment, cet organe cérébral est plus que  rarement localisé à cet endroit... même si certaines pensées sont parfois situées au-dessous de la ceinture) et durant cette pause j'ai semé joyeusement toutes les graines qui se baladaient depuis cet interlude chamanique dans mes sous-vêtements sur le carrelage étincelant des toilettes de l'établissement (heureusement j'étais seule dans les locaux, parce que ça a fait un bruit de collier dont les perles se barrent après rupture du fil, c'est bruyant les graines sur la céramique, j'aurai pas cru ça)

ferme aux rennes kota shaman

Après les nourritures célestes, passons aux nourritures terrestres, pour citer ce bon vieux Commandeur (Don Giovanni) et direction l'autre kota pour un repas aussi roboratif que nécessaire par ces climats rigoureux. Repas que j'ai survolé du bout des ballots - lèvres - puisqu'il y avait une sorte de ragout de rennes, sachant les goûts végétalo-culinaires de votre servante, il fut boudé royalement et savoir qu'on dégustait consciencieusement un copain de la bestiole qui venait juste de nous tracter... c'était comme si on bouffait les roues de la charrette qui nous est utile pour se déplacer (ou qu'on balançait des coups de hache au fond de la barcasse où l'on fait du canotage, suicidaire cette attitude non ?)
De plus, le copain fine gueule a signalé qu'il avait connu mieux et que ça lui rappelait les boîtes de singe (corned-beef) Je me suis rabattue sur les patates (légumes national ?) fort goûteuses et sur la boisson chaude (kawa pour bibi) mais ce n'est pas l'exercice physique qui nous avait fait pousser les crocs pour cette première journée, les muscles ne criaient pas leur manque de carburant..

ferme aux rennes repas

Fin de journée et direction le magasin sur le cercle arctique même (signalé par un petit monument... sur le parking, ils ont dû allonger pour avoir ce privilège sans doute), échoppe grand format où l'on a pu admirer (ou pas) les productions artistiques locales, les tissages et tricots ethniques, les sculptures sur bois et des sortes de tasses de voyage traditionnelles (kuksa) creusées dans des loupes d'arbres (bêtement des tumeurs du bois qu'on emberlificote dans de la ficelle très serrée, qu'on coupe, qu'on fait bouillir et qu'on creuse pour obtenir un gobelet multi-fonction accroché à la ceinture par un lien de cuir, enfin à l'origine, parce que l'industrialisation aidant c'est une chaîne mécanique qui se charge de tout le boulot maintenant) 

On est venu, on a vu et on est repartu sans rien débourser, rien de vraiment attractif dans cet étalage de ramasses-poussière et se fendre d'un bras pour un couvre-chef bien chaud ou une paire de chaussons façon elfe du Père Noël n'était pas dans mes priorités (surtout que j'avais un superbe bonnet à fausses tresses à la Gretchen - désolée, pas de photos, faudra imaginer le tableau -, j'aurai raté tous mes effets avec un truc plus conventionnel)

Retour au village de vacances, fin de journée et nuitée réconfortante concluent cette première journée, ainsi que sa narration, on verra le reste plus tard...

8janvier-timeline.gif

Allez hop ! On file à divers travaux ménagers, on tentera une lecture chez vous et d'ici là, portez-vous bien la troupe !

la dragonne



* de toute façon, s'il y a un pays où il faille se lever dès potron minet pour consacrer le maximum de temps à la visite, c'est bien celui-ci, parce que faire des balades à la lampe de poche, il y a tout de même mieux et les lapons s'alignant au soleil, passées les heures "diurnes", l'activité générale subit un ralentissement certain (magasins fermés au plus tard à seize heures, ça fait tout drôle quand on n'est pas habitué)

** pour info, visionnez Rabbi Jacob, c'est la toque de fourrure traditionnelle dans la communauté juive
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@lain (P'tit Randonneur) 22/03/2010 14:27


Coucou ma Dragonne

Ben vi je suis encore à la traîne comme d'hab ! Mais ne t'en fais pas je pense quand même à toi et je ne t'oublie pas, la preuve. Je repasserai plus longuement.

Gros bisous
@lain


07/04/2010 08:54


Comme je ne t'oublie pas non plus mon grand... ainsi que les autres potes du net.


:0091: :0010: :0085: 04/03/2010 19:14


un bonsoir en passant


07/04/2010 09:11


Un bonjour de même... avant qu'on ne soit "coupées" hé, hé


VIENS 04/03/2010 13:07


Bon, la troupe se porte bien, et toi ?
Bisous!


07/04/2010 09:12


On ne peut mieux, même avec mes problèmes informatiques, c'est dire que je suis zen.


plumette 03/03/2010 10:56


Encore un petit tour pour revoir tout ça et te faire de gros bisous.
A bientôt ma dragounette.


07/04/2010 09:13


Ma Plumette, ça va être dur pour te lire, mais j'y arriverai, peut-être pas aujourd'hui, mais je persiste.. Bonne semaine !


:0091: :0010: :0085: 01/03/2010 13:11


hello...j'espère que cela n'a pas trop soufflé par chez toi....par ici on a résisté...pour une fois !!! bonne journée et tout et tout...


07/04/2010 09:10


ça a soufflé, mais pas plus que d'habitude, pas de dégats...