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Purcell

Mardi 18 novembre 2008 2 18 /11 /2008 12:12
Bonjour !

Etonnant comme vous vous êtes habitués à une certaine... longueur chez moi !! Il y en a même pour signaler n'avoir jamais aussi vite survolé un billet "lyrique" que la dernière fois.
Sur que j'ai fait court, mais Riton aussi, enfin quand on lit ou écoute lles p'tits bouts de l'œuvre  sauvés de la poussière des siècles, si ça se trouve, il pensait en faire une Tétralogie de douze à treize heures lui aussi.*
On retourne donc à nos amours puniques (c'était tout de même l'origine de la ville non ?) et comme précédemment, ça risque d'être fort bref, on a des "trous" dans la partition comme je vous l'ai déjà signalé.

DIDON et ENEE - Henry Purcell - ACTE II et III

ACTE II

Le lieu : une grotte, habitation troglodyte d'une faune féminine peu recommandable dans les histoires populaires : les sorcières et magiciennes de tous poils (ne pas oublier les sorcières "barbues" de Macbeth) Toiles d'araignées et poussières d'ossements de bon ton, quelques lueurs sataniques de loupiotes passées à la peinture rouge, des cris et grincements de dents en fond sonore, des rubans de fumigènes artistement dissimulés dans des crevasses de rochers de polystirène expansé, enfin tout le bataclan d'une maison hantée de fête foraine.(un sabbat dans un T3 résidentiel, on va moins y croire)
à la scène deux, on se retrouve dans un bosquet, l'air rendu irrespirable par les émanations souffrées dans la cambuse des excitées du chignon, un petit peu de chlorophyle, ça ne peut pas faire de mal.

les personnages :
- la magicienne, cheftaine de cette troupe d'éclaireuses d'un genre spécial
- deux sorcières, point nommées par contre, mais qui sortent du gros de la troupe pour jouer les triplettes de Belleville avec elle**.
- les copines des trois allumées, histoire d'en imposer un peu quand il faut pousser la gouallante
- les Furies, souffant de SPM*** en permanance, et qui expriment chorégraphiquement leur état de nervosité sans moufter, un petit ballet étant de bon ton dans l'opéra classique
- Belinda, la frangine de l'héroïne
- une "seconde dame", ce qui implique que Belinda est considérée comme la première dans la hiérarchie carthaginoise (ça c'est de la gynocratie !
- Enée, (comme toujours, faut qu'il se fasse attendre... c'est pour ça sans doute que le titre de l'oeuvre commence par le pseudo de sa copine du moment, encore un qui fait de la figuration)
- un Esprit (rien qu'un pour tout ce beau monde ?... ben dis donc...)


L'acte deux débute par le prélude des sorcières (là, le "prologue" n'est pas passé à l'as) et la magicienne fait son entrée un tantinet énervée en gesticulant comme un moulin à vent et en gouallant comme une perdue (les filles énervées, ça hurle  dans l'imagerie...populo-masculine évidemment)

"Frangines ! Vous dont le trompe-couillon****  pique les yeux du péquin moyen en baguenaude ! Vous qui faites crisser vos griffounettes sur le carreau dès que ça commence à sentir le sapin quelque part ! Ramenez votre couenne dans le secteur, et que ça saute ! j'ai des nouvelles fraîches en ce qui concerne le patelin d'à côté (Carthage) !"

Les nanas sont loin d'être sourdes, et avec le volume sonore de la cheftaine, même équipées d'un sonotone, rien qu'avec le souffle elles étaient au jus qu'il fallait se magner le popotin. Question diplomatique et de bon ton pour s'enquérir de ce qu'a la magicienne de si important à leur révéler pour leur faire lâcher leur brouet d'yeux de crapauds au vermicelle de lombrics séchés et choeur aux paroles imperrisables  ("ho, h, ho, ho, ho, ho !" ça peut être impérissable..; quelque part dans le monde, voyez le "yotohooo" walkyrien) quand la belette annonce que leur pire ennemie, Didon avant le coucher du soleil aura du mouron à se faire quant à son utilité en ce bas monde.
Pour ça, le moyen est trouvé d'avance, son copain Enée se coltine  une malédiction divine au valseur (tiens donc !) il doit suivre l'itinéraire olympien (et non olympique) et aboutir en Italie (c'était déjà l'Italie ? J'ai un doute...). Pour l'instant les deux tourtereaux sont en train de péter des pigeons d'argiles aux alentours (ils chassent en vrai, mais j'aime pô la chasse) mais quand ils vont être à court de munitions pour leur kalachnikov, faudra bien qu'ils piquent une sieste à l'ombre, c'est que c'est pas résistant des sang-bleus sous quarante-douze degrés phare-and-light ! Mais elle a un "lutin" (vi, c'est le mot employé) sous le coude, un type du genre caméléon qu'il suffit de costumer en Mercure (je l'imagine en thermomètre, désolée, pas ma faute !), le messager divin et de le charger d'un pneu (télégramme) urgent lui demandant de se bouger les miches pour appareiller au plus tôt direction la botte latine. C... blond comme il est, il cherchera pas à savoir et s'exécutera sans moufter (ou presque)

Comme elle est décidémment  en forme, la magicienne décide de leur pourrir leur journée jusqu'au trognon en provoquant un orage qui les obligera à rentrer en ville saucés comme des mouillettes tombées au fond d'un bol de kawa  (ses copines signalent d'ailleurs que la mixture est tellement instable, qu'il vaut mieux la concocter dans leur labo secret - façon Umbrella dans Résident Evil,  pour ceux qui connaissent le jeu - à l'air libre, ça risquerait de pêter trop vite)

S'en suit une danse des Furies (autrement baptisée tecktonik)    sur fond d'éclairs, de tonnerre et d'une "horrible musique" (sic. mais remarquez qu'à l'écoute de mon extrait, "c'est pas faux" comme dirait Perceval dans Kaamelot ! Désolée Purcelll, j'ai dérapé !)

La scène deux commence par une ritournelle orchestrale avant le couplet lénifiant de Belinda  (vi, lénifiantn je persiste et signe) vantant les beautés sylvestres de la contrée et ses fourrés giboyeux. Le choeur-écho acquiesse (béni-oui-oui va !) en signalant que c'est même dans les environs qu'Actéon a eu la mauvaise idée de jouer les voyeurs en reluquant Diane en string, on sait où ça l'a mené le pauvre... transformé en cerf brâmant et boîtant plus que bas..; valait mieux qu'on l'achève de toute façon.

Enée entre, signalant qu'il vient de ratiboiser un "monstre" aux canines hypertrophiées et que celles des toutous de la meute qui a bouffé Actéon, c'est des dents de lait à côté (moui, tout ça pour un marcassin pré-pubère je parie, mais je vois bien le gars entrer en scène avec un tête de cochon bien rose au bout de sa lance pour ma part, achetée au boucher du coin avec encore l'étiquette agraffée à l'oreille). Tout le monde s''extasie sur les prouesses cynégétiques du troyen mais Didon met son bémol (si c'est sur la partition, faut vérifier...) en visant du côté du ciel où les nuages bien gras et gris s'amoncellent? Belinda fait jette un oeil aux alentours, pas un arbre, même magrichon pour s'abriter, la seule solution c'est de prendre ses jambes à son cou et de filer quinze noeuds vers la ville.(on lui a dit que ce n'était pas conseillé de se planquer sous un arbre durant un orage  ?)

L'esprit, le fameux lutin de la magicienne, chope le héros par la manche de chemise et lui signale qu'il a le télégramme du grand patron à lui transmettre, ça sera pas long (style télégraphique, normal)

"Mets les voiles (sens propre et figuré) - stop - t'as une ville à reconstruire - stop - direction l'Hespérie - stop- fissa - stop final."

- Et l'autre neuneu qui joue les chiens de plage arrière et s'exécute sans même froncer du pif en risquant une objection timide, ça m'énerve ! J'vais pas le plaindre le zoziau, j'vous garantie ! -

Là, grand moment (de musique peut-être, de n'importe naouak quant aux arguments avancés certainement !);  à peine l'Esprit retourné au fin fond de sa bouteille, (il tient du Djinn, c'est pour ça que je risque l'allusion) Enée soupire qu'il ne sait par quel bout commencer pour faire accepter à sa copine le fait qu'il la laisse tomber comme un vieux string à l'élastoc pété . Il ose un aveu d'amour blessé (amour propre ou amour tout court ?) qu'à la fin de son air, toute son attention dirigée sur la manière d'éviter  les foudres "didonesques" et en rejeter la faute exclusive sur les dieux (ben dame, c'est facile ça, c'est pas ma faute, c'est les divins qui l'ont décidé !  Eh... trouduc... t'as jamais appris à dire non ? Bizarre, il paraît que le bébé sait dire ça avant le oui). Facile de dire que ça serait plus simple  de passer l'arme à gauche, une fois refroidi, c'est plus ton problème s'pas ?!

Fin de l'acte et on entame le dernier, celui où l'héroïne "encaisse" les nouvelles du front (de mer, vu qu'il s'embarque)


ACTE III

Le lieu ::Le port, des barcasses en carton pâte mues "pognesquement" par des accessoiristes planqués derrière, histoire de simuler le mouvement des vagues. Des matelots reconnaissables à leur pull rayé Gauthier et au brûle-gueule vissé au coin du bec, pour faire vieux loups de mer (un bandeau noir sur l'oeil, ça serait pas mal, et quelques jambes de bois... le tonneau de rhum me paraît de bon aloi également, enfin toute le saint frusquin de l'imagerie populaire des "chie-dans-l'eau"***** est bienvenu)

les personnages :
- Si je dis des aviateurs, je doute que ça soit dans le ton général du tableau, on va rester dans l'évocation marine hein ? Des marins donc, décrits précédemment.
- La magicienne, venue prendre sa dose d'iode et d'embruns, les remugles, fumeroles et miasmes diverses de son antre commence à lui porter sur le caisson, faut qu'elle bénéficie des bienfaits des bains de mer (et qu'elle constate le résultat de son plan machiavélo-virgilien)
- ses deux autres copines (ne scindons pas le trio infernal, ça n'aurait plus aucun sens)
- Et le reste de la bande des échevelées de service (elles ont loué un car pour la balade, le chauffeur a préféré rester dans sa cabine avec son 'familier" de compagnie - animal satanique et scotché à son maitre quand on évoque les sorciers -  un yorkhire tricéphale répondant au doux nom de Cerbère)
- Didon la future ex de Enée
- Bélinda (elle la colle comme un rémora à son grondin, difficile à déventouser la bestiole !)
- Enée, le trouduc
- la suite royale, un final sans choeur, ça fait chiche sinon.

Au début de la première scène, les matelots sont en train de danser la gigue ou la "gîte" (plus normal quand on a le pied marin) en brassant beaucoup d'air pour faire semblant d'appareiller le rafiot pour le départ imminant ("hissez le grand caca d'oie" etc...) - Ce que j'adore c'est la dernière citation du marin soliste : "Prenez vite congé de vos nymphes sur le rivage et faites taire leurs lamentations  en leur jurant de revenir (mais sans avoir l'intention de les revoir jamais)".  Si c'est pas clair comme de l'eau de lagon ça !!

Entre la magicienne et ses copines qui s'extasient sur la célérité des préparatifs de départ, m'est avis que les marins sont pas tristes de prendre le large... ils risquaient de virer éperlan en  saumure sinon (maquereau risque de mal être interprété encore une fois).
Surtout, constatation importante, ils sont dans les temps, la promesse de voir leur ennemie jurée s'effondrer au milieu des morceaux de son bonheur enfui avant le coucher du soleil sera tenue ! La cheftaine vise même le bûcher funéraire royale se propageant à tout Carthage, c'est dire qu'elle a une sacrée dent contre les autochtones.
Mort, destruction, malheur... c'est le quotidien de toute bonne sorcière, son discours ne peut qu'être accepté et applaudi même par ses copines. Une petite danse satanique s'impose (je vous épargne le doublon du lien précédent, mais ça me démange...) Petite mise en chorégraphie d'anotée sur le livret : "un feu follet égare les marins parmi les Sorcières"  (oooooh que c'est zouli !)

Après ces délires maritimes et sataniques, ça se calme un peu, la situation est grave et désespérée, on va avoir droit au final, un peu de discipline que diable !

Didon entre, Belinda-Rémora au train, en chouinant toutes les larmes de son corps, elle ne sait plus à qui s'adresser pour se tirer de c't'embrouille, tout et tous y sont passés, du  ciel à la terre, en laissant un message sur le répondeur de ce cher Fatum ("Destin seul refuge laissé aux misérables", ben mon colon... elle est pas tendre !)
Sa soeur tente de la calmer en lui décrivant les yeux noyés de larmes de son amoureux (c'est le sel des embruns, le vent s'est levé avec la marée) si c'est pas une preuve qu'il lui "restera fidèle" ?! (et mon c... c'est du poulet ?! Désolée, je m'emballe, mais j'y crois pas un brin à cet amour imperrisable  de la part d'un type qui se laisse mener par les autres, même si c'est des dieux, et ce depuis le début de son périple)

L'intéressé fait son entrée, la tête basse (comment on peut voir ses yeux emplis de chagrin alors....)  en rasant les murs, histoire d'éviter de se prendre un coup de pompe au train à lui décrocher les plombages

- Là, c'est trop d'la balle, je vous file le "vrai" dialogue! -

"Enée
Que doit faire Enée désespéré?
Comment, Beauté Royale, vous ferai-je part
Du décret du Dieu et vous dirai-je que nous devons nous séparer?

Didon
C'est  ainsi que sur les rives fatales du Nil
Soupire le crocodile trompeur ;
C'est ainsi que les hypocrites, qui commettent un meurtre,
Rendent les cieux et les Dieux responsables de leurs actes."

Le gars constate qu'il va avoir du mal à convaincre sa copine de sa bonne foi... il préfère le jouer profil plus que bas (je dirais plutôt KO par abandon..; il se "couche" tout simplement) et décide que Dieux ou pas... il reste.
Didon est tellement vexée de son attitude envers elle, qu'elle refuse son "sacrifice" en le fichant à la porte comme un  démarcheur en bidules ménagers aussi encombrants qu'inutiles (de toute façon, je serai elle, je ne me ferai pas d'illusion sur la force de caractère du coco, il tient plus du pantin à ficelles que du type qui maîtrise sa vie, le dernier qui la pousse un peu fort a gagné avec lui)

Après quelques molles tentatives pour s'imposer, il fiche le camp et c'est tant mieux parce que Didon n'allait pas lui faire le plaisir de son suicide en direct, ça serait lui faire trop d'honneur ! Elle devait avoir pris le même cocktail que Léonore dans le Trouvère de Verdi (je narrerai ça un jour, ça vaut le détour aussi) parce que le poison ingéré un peu avant commence à faire son effet; la lourde à peine refermée sur son ex.
L'Air par excellence peut être chanté ! Le sol se dérobe, elle a besoin que ça frangine lui tienne la main, elle ne voit plus grand chose, c'est le trou noir qui s'installe (pas de lueur au bout du tunnel évoqué). Ne lui restent que quelques minutes pour demander à sa frangine de se souvenir d'elle mais de zapper les derniers épisodes, ça la perturberait trop la pov' môme.
Elle se laisse aller et rend son dernier soupir (c'est qu'ils ont été nombreux dans cet opéra les soupirs !)

Le choeur entame une oraison funèbre en invitant les Cupidons descendus des cintres au bout de leur ficelle à garder éternellement sa tombe et l'oeuvre s'achève sans plus de fioritures (déjà que les angelots c'est pas mal, pourquoi en rajouter ?!)

- Petite remarque, le livret signale que les Cupidons "apparaissent dans les nuages au-dessus de sa tombe". Désolée mais j'ai trop l'image façon cartoon d'une pierre tombale apparaissant par miracle, le coyote venant juste de s'écraser pour la énième fois du haut de sa falaise. Je suis loin d'être hermétique à la création artistique quelle qu'elle soit mais qu'on m'explique comment une tombe est apparue, en bordure de mer (suivez, rien n'indique qu'on a changé de lieu depuis la danse des marins et des sorcières) alors que la nana  n'est même pas encore froide.
A la rigueur, couche mortuaire ou bûcher funéraire, j'aurai mieux pigé (les marins en train de péter une barcasse ou deux au sabre d'abordage pour faire du p'tit bois de chauffe en un temps records, ça peut se faire en y mettant de l'huile de coude). Même si elle suivait la mode des gens du coin en se faisant construire son mausolée de son vivant... l'installer sur la jetée me paraît de mauvais aloi, et d'un goût plus que douteux quand on veut attirer le touriste...
M'enfin, ce que j'en dis... De toute façon, Naltum Tate (le librettiste) n'est plus joignable pour les modifications.

Bon, je vous laisse, j'ai des articles à lire par-ci par-là (partout serait plus juste d'ailleurs) . Bonne lecture, bonne audition et à plus.

La dragonne

PS: quelques petits liens supplémentaires, Purcell a encore de beaux jours devant lui !

Re-PS: impossible de répondre à vos commentaires aujourd'hui, je tenterai plus tard, ça cafouille encore.


par des enfants (de 1 à 7 dont la mort  )


Jef Buckley concert lamentation et mort


KLAUS NOMI - WAYWARD SISTERS



swingle singers


* - la Pomme d'or de Vénus remplaçant l'Or rhénan, parce que c'est de là que vient tout ce boxon, le cheval de bois, le rasage d'une ville de la carte, façon incendie d'Atlanta dans Autant en emporte le vent, la fuite sur un "f'êle esquif" et  sans boussole de Enée
- Didon la carthaginoise jouant les walkyries dissidentes,
- Enée en Siegfried exilé sur la flotte et non au milieu d'une forêt avec un nain-nounou psychotique (même parcours si vous vous rappelez, il est le fils d'un mortel, Anchise, et de la déesse Aphrodite), par contre, il n'était pas seul à se faire la belle, un sacré populo aux miches... dont sa légitime, qu'on oublie tout de même trèèèès souvent, et qu'il aurait dû abandonner sur décision des dieux (ben tiens, dès qu'il a vu les côtes carthaginoises et les beautés locales, il l'a fichue à la baille oui ! Vous connaissez la devise marine : "une musaraigne dans chaque port...")
- Et la fin crépusculaire d'une idylle  sur fond de prise de tout le tube de tranquillisants de la walkyrie locale (ben oui, il avait "encore" dû l'abandonner sur décision divine, qui a parlé de libre arbitre un jour ?...)

- Aparté dans l'aparté : ça me donne envie de vous en parler plus longuement de cette histoire, on verra ça après la fin de la narration purcellienne.

** fameux trio infernal ou divin... ou représentation de la destinée, que ça soit les Parques, les Nornes, les trois groupes de sorcières de Macbeth, ça fonctionne par trois ces belettes ; "sacré" chiffre ce trois, au sens propre du terme !

*** syndrome prémenstruel pour les non initiés

**** maquillage

***** désolée pour les... yeux délicats, c'était comme ça que mon paternel appelait les marins (lui c'était un "volant", un frangin a été un "rempant" quelques temps, c'est imagé le monde de l'armée)

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Mardi 11 novembre 2008 2 11 /11 /2008 13:46
Bonjour !



(Je sais, comme jeu de mots visuels, y a mieux, mais faudra vous en contenter  et on est- férié, déjà bien que je sois aux fourneaux !)

Prêts pour une virée carthaginoise ?


... Me dites pas que vous avez bouffé la commission ?!...
Dido and Aeneas in grand-breton in ze texte... toujours pas ?:
D'accord, j'ai mis un peu de temps à vous basculer l'info sur l'affaire du rescapé troyen, mais tout de même, mettez-y un peu du  votre si vous ne voulez pas vous retrouver affublés de noms d'oiseaux, genre... carassin doré...(bon d'accord, il y a mieux comme piaf, mais  c'est rapport au volume cérébral)

Rien ne vaut une immersion complète pour le décrassage neuronal plutôt qu'une toilette de chat* alors on s'y plonge illico, sans tâter l'eau pour gagner du temps** (et ça fera pendant de cheminée avec l'image du poisson rouge de toute façon, sans compter que Carthage n'est pas loin de la grande bleue si je n'me buse...)

Je signale tout de même, c'est rare mais ça peut être utile pour le côté tronqué de ce "masque en quatre divertissements musicaux", qu'on a paumé pas mal de p'tits bouts de l'oeuvre durant les deux siècles que  l'ouvrage  a séjourné au fond d'un tiroir vermoulu d'un cabinet de musique quelconque.

Ecrit aux entournures de 1689 par une certain Riton Purcell, il revoit la lumière du jour bien plus tard, totalement découpé à l'arrache par rapport au livret original (de Naltum Tate, encore un nom à coucher dehors avec un billet de logement ça !)
Un exemple de cette coupe sauvage est l'absence de musique  pour le prologue (peut-être simplement récité à l'origine, on était pas là pour s'en faire une idée de toute façon).et surtout le grand blanc  de la scène finale de l'acte deux, (chœur et danses) totalement passée à la trappe ce qui fait qu'on termine bizarrement l'acte par un récitatif (je sais... ça vous fait une belle guibole que je vous narre les mésaventures d'un livret paumé des lustrines avant qu'on ne pense que ça serait bien de le remettre à la mode, m'enfin, ça peut intéresser des archéo-musicologues, ou des curieux de nature)

Pour les amateurs d'œuvres courtes, ça tombe plutôt bien, celle-ci dure à peu près une heure, pas le temps de se lasser (je dis ça pour ceux qui frémissent à l'évocation des  heures wagnériennes  consacrées aux
journées du Ring, ou pour les frasques nurembourgeoises d'un dénommé Sachs***) et de toute façon, le baroque est plus que audible non ?

Bon, on s'y colle à cette variation sur le thème virgilien de l'Enéide, un bijou - vi, j'insiste, un "joyau" même, soyons fous ! -  ne serait-ce que pour les lamentations finales de cette chère Didon (ah, Janet Baker !)

- aparté : (tiens donc !)  : j'ai frisé le postage de tout le bastringue, mais je le coupe en tranches, même si ça me paraît mesquin les portions, je pense à vos p'tits yeux, c'est-y pas meugnon ça Môdam ?!


DIDON ET ENEE - Henry Purcell - (1659 - 1695)

Ouverture


ACTE I


Le lieu
: appartements de grand standing de Didon, T-quarante-douze (c'est ça le standing, le nombre de piaules et la localisation à deux pas de la plage) vulgairement appelé "palais"

les personnages
:
- Didon (ou Elissa), la proprio, accessoirement reine de Carthage (soprano ou mezzo, je préfère mezzo quand on mesure le registre qu'elle doit couvrir, haute-contre à la rigueur, vu qu'à l'origine les rôles travestis étaient de mise, pensez à Farinelli, même s'il est né quelques années plus tard - pensez plus "jeune" avec Klaus Nomi si ça vous parle mieux)

-
Belinda, sa frangine (soprano), rappelez-vous ma classification personnelle, les soprani sont généralement des "gentils" parfois au sens neuneu du terme, souvent des "subissants" sais pas pourquoi... mais ça n'engage que moi évidemment cette explication

- Leur "suite", c'est à dire le chœur obligatoire pour donner du volume à tout ce tralala; (vous en connaissez beaucoup de cours de palais avec trois pelés et un tondu vous ?)

-
Enée, le fameux Enée chanté par Virgile, le pov' p'tit gars qu'à tout paumé quand Paris a décidé de choisir la mauvaise déesse pour partager la pomme de son goûter (si vous avez des "blancs", c'est par ici et par là que ça se trouve

- Ses potes (il a droit aussi à un chœur, même s'il est exilé, c'est tout de même un chef !)


-=-=-=-=-=-=-

Pas de temps mort, tout ce beau monde entre, les dernières notes de l'ouverture à peine égrenées (ne pas oublier qu'on a paumé de bouts du truc, ça fait comme pour certains films argentiques qu'on tente de sauver du naufrage cinématographique en collant entre elles des bandes coupées à la va-comme-j'te-pousse) il manque donc un prologue mais ça fait la farce tout de même.

Didon fait du boudin et c'est sa frangine qui se croit obligée de meubler la conversation qui s'étiole :

" Arrête de tirer la goule, t'as de l'oseille, la... propriété  s'étend de plus en plus, t'as tout ce que tu veux.... qu'est-ce qu'il te faut de plus !
- vi - chante le chœur  (il sert de ponctuation très souvent, genre point d'exclamation, ou phénomène d'écho, des fois qu'on aurait pas entendu la tirade des solistes) - et une belle nana ne devrait jamais broyer du noir (t'en as beaucoup de ce genre d'adage à la c... le chœur ? Belle ou pas, nana ou pas, je me demande qui paierait pour se retrouver des papillons noirs plein le ciboulot !)"

Didon, un peu saoulée par tant de prévenance se croit obligée de donner une explication à son tirage de goule. Elle a une peine de cœur (et non de chœur, ça c'est au chef de chorale de se la coltiner) Sa frangine lui conseille de cracher sa pastille, vu que plus on la boucle, plus on morfle en principe, (comme les rages de dents pour éviter la roulette du dentiste pour les trouillards).

Didon fait sa mule en persistant dans son mutisme, mais c'est sans compter que la gamine a oublié d'être mononeuralement équipée :
" 'Tends que j'devine... t'en pinces pour le troyen débarqué avec la marée et c'est humain, il nous a tous retournés avec le récit de ses mésaventures, rien de tel chez nous les nanas pour faire vibrer la corde sensible.
- Et en plus c'est tout bon une alliance entre deux encouronnés, ponctue toujours le chœur, l'union fait la force (et l'oignon la soupe) c'est de la stratégie militaire ça ! (adieu l'image romantique de deux cœurs battant à l'unisson, le "peuple" pense à ménager ses arrières, la sérénade au balcon, ça lui passe au-dessus de la tête quand le pays a besoin d'assurer ses bases)
- On peut dire qu'il a su taper où ça fait mal le coco ! - soupire Didon - Qui plus que quelqu'un qui a morflé dans sa vie est capable d'avoir pitié d'une autre "victime" ?! Mais le 'blème, c'est que j'en pince un peu trop, c'est pas normal... (si tu le dis...)
- T'inquiètes ! Il est accro aussi, ça se voit comme le pif au milieu de la goule ! Le p'tit joufflu ailé a pas perdu la main !" (ici évocation d'un Cupidon jouant les jardiniers en leur balançant en pleine tronche des fleurs directement piquées aux parterres élyséens, au diable les varices quand à la métaphore)

Entre Enée et sa suite (et vi... chacun à son chœur, c'est ça la classe !). Belinda l'annonce, comme si on n'avait rien vu après tout le foin qu'a provoqué son entrée, m'enfin c'est du lyrique, les personnages ont une tendance certaine à décrire tout ce qu'ils font et disent, au cas où le jeu de scène ne suffirait pas (ou que le preneur de rôle soit translucide) :
" Mate un peu comme il en jette ton héros !
- Euh... dis moi bibiche (c'est Didon la bibiche) quand est-ce que tu vas me mettre au jus pour tes intentions en ce qui "nous" concerne...
- Tu la fermes illico si tu veux que je reste polie !
- M'en tape ! J'te kife trop :! Fais-moi risette et j'suis cap d'affronter n'importe quel agrès de salle de sport" - (je sais... depuis mon inscription, j'fais une fixette sur la forme physique, désolée !)

Didon se fait travailler au corps par sa frangine et le chœur qui lui susurrent sournoisement l'un que seule celle qui a blessé peut guérir la blessure et l'autre que les yeux du type valent toutes les déclarations enflammées (joli travail de sape !) Et comme  tout finit (enfin l'acte) par une bonne bouffe et un tour de piste, tous le monde est invité à s'en ficher derrière la cravate et à jouer  chorégraphiquement des ripatons au son d'une danse triomphale.

Fin de l'acte, vous voyez, j'ai fait court... On verra la suite plus tard... et pour les extraits musicaux, il suffit de taper sur Youtube Didon et Enée de Purcell, le choix est vaste quoi que la qualité soit difficile à trouver, trop peu joué certainement, j'ai fait au mieux mais vous avez votre propre idée à vous faire, donc n'hésitez pas à fouiner et sur d'autres sites musicaux si vous connaissez d'autres adresses qui "osent" le lyrique

Bonne journée fériée et à plus.

La dragonne

* ne niez pas le fait d'avoir occupé la salle d'eau des plombes quand vous étiez mômes, histoire de faire beaucoup de bruit avec les robinets et de juste se mouiller le museau, parce que "ça mouille trop" et que, comme nos aïeuls d'une autre époque, si on se lave trop, la bonne crasse ne nous protège plus des microbes... J'ai d'ailleurs lu quelque part que les français sont pas au top niveau question hygiène, mais où là est la question à trois brouzoufs !

 **j'en connais qui font ça, on s'éclabousse le nombril, la zone rachidienne comprise entre la c1 et c3, deux doigts suffisent, on ne va pas jusqu'à la septième vertèbre, et on entre douuuuucement dans la flotte, en espérant soit qu'une résistance électrique géante apparaisse et chauffe le tout comme qui rigole soit qu'on se retrouve enduit de graisse de phoque par miracle façon nageur du premier de l'an dans les pays où on se les pèle dès juillet

*** Les Maîtres Chanteurs de Nuremberg de Wagner et le dixième opéra et un des plus long, quatre heures trentre, sans les entractes...


PS: ce rondudju de net faisant sa mijotée, ça rame, infichue de changer la couleur de mes liens... n'oubliez pas de cliquer sur "ouverture", il y a du son derrière.


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