Bonjour à tous !
Alors ça déménage au pays de Lipton hein ? Faut dire que la théine n’est pas faite pour calmer, ça serait même le contraire, niveau effet !
Donc, en bref, une bande de théinomanes en manque s’en prenait à deux pauvres petits tourtereaux en train de roucouler (non ils sont pas portugais !) au milieu de ruines brahmaniques de la grande époque.
On va donc voire ce que le sort cruel et dramaturgique en diable leur réserve…

Les Pêcheurs de Perles – Georges Bizet- ACTE III
Le lieu :une tente igloo grand format zippée avec un butagaz allumé sur la table de camping pliante avec les bancs incorporés (tu déplie le tout, et tu peux pique-niquer à quatre sur un truc qui tenait le volume d’une petite valise ! Ouahhh le progrès !), puis la forêt avec une statue du dieu Brahma
Les personnages : Zurga, Leïla (sans ses macarons et son fusil laser), le chœur (hommes et femmes), Nadir, Nourabad et ses fakirs
Au premier tableau on découvre Zurga assis seul et en train de compter ses neurones tellement il a l’air absorbé ; il va voir quel temps il fait dehors en dézippant la tente et constate que ça sera pas encore aujourd’hui qu’il pleuvra des cordes. A mon avis, c’est le cadet de ses soucis ! Il l’a mauvaise de s’être fait avoir par son copain Nadir :
« Dire qu’on était à la maternelle ensemble ! ça, j’suis obligé de sévir - (comme sévice, la condamnation à mort, c’est sur c’est du sérieux !) – en plus il va falloir faire subir le même sort à Leïla – (là, Ian Solo, il est pas vraiment dans le secteur pour la dépatouiller de cette sale affaire) - Franchement c’est pas de gaîté de cœur, mais ça pique un peu côté myocarde de se faire piquer sa meuf préférée par son copain d’enfance »
Leïla, fait justement son apparition « presse-livrée » par deux indous armés de poignard. Elle veut lui causer entre quatre zieux :
« Euh, grand chef, j’ai une faveur à te demander… Nadir, tu l’oublies ! Dans cette histoire, il n’y est pour rien, c’est juste la faute à Pas-de-chance si on s’est retrouvés.
- Franchement, ça serait pas d’refus, mais il y a un hic… t’en pinces pour lui ! Et j’suis jaloux comme un tigre du Bengale - (c’est pas trop loin, donc la comparaison choque pas…) – donc, j’élimine le problème, plus d’amoureux, plus de difficulté pour s’endormir !
- C’est ça ! T’as qu’à la jouer « Cocu magnifique » tiens ! Mais j’te préviens ton fameux sommeil, réparateur, si t’as pas les cachets pour… tu s’ras très mal et t’as pas fini de tournicoter sur ton matelas, parce que le remord… ça vaut une bonne dose de caféine en intraveineuse ! Piss’ke c’est comme ça, tiens t’auras qu’à filer mon collier à ma maternelle quand tu la verras ; où je crècherais, les bimbeloteries, ça sert plus à grand-chose ! »
Elle sort précipitamment escortée de ses deux porte-couteaux. Zurga ouvre des yeux comme des soucoupes et se lance à ses trousses, le médaillon à la main (tiens, tiens…)
La scène change et on se retrouve au milieu de la forêt. Nadir est assis « confortablement » sur un bûcher dressé devant la statue du dieu indou Brahma. Les Indiens ont l’air relativement énervés, faut dire que le vin de palmier circule dans les godets et ça tape sérieux derrière les oreilles ce truc là ! Il se fiche carrément du sort qu’on lui réserve mais ce demande ce qu’on a fait de sa copine. (compréhensible).

Nourabad entre précédant Leïla et ses fakirs. Les deux amoureux se jettent dans les bras l’un de l’autre (qu’à mon avis il faudra un sacré décapsuleur pour les décrocher). Ils se font des adieux en règles (tremoli – bin oui, un tremolo, des tremoli…- larmichouillettes, soupirs à fendre les pierres etc…)
On voit une lueur rouge qui monte à l’horizon (un projecteur sur le décor peint du fond, j’sais je casse l’ambiance, mais côté profondeur… j’vous ai déjà dit que la scène c’est pas l’Avenue des Champs-Elysées dans les salles dramatico-lyriques). Ils vont pouvoir commencer les festivités sacrificatoires.
Sauf que… Zurga entre en trombe une hache à la main :
« Vite les mecs ! Allez chercher des seaux, le camp est en train de partir en fumée ! » – et pendant que les autres sortent dans le désordre il glisse aux deux amoureux : « C’est moi qu’ai fichu le feu avec mon Zipo, tendez les menottes que j’vous file un coup de main pour vous libérer. J’ai pas trouvé les clés, j’ai pris ce qui me tombait sous la main ! Bin oui, fais pas ces yeux ronds Leïla ! J’te dois une fière chandelle ! C’est quand même toi qui m’a planqué quand t’étais môme … »

Il lui refile la chaîne de cou. (ça, vu la tête qu’il faisait au tableau précédent, c’était couru d’avance, fallait pas être devin pour envisager la suite). Nadir et sa copine se carapatent sur les hauteurs tandis que Zurga prend un peu de repos, appuyé à l’idole et la hache à la main.
Le rideau tombe : fin de l’opéra ! On peut dire que c’est une fin rondement expédiée n’est-ce pas ?
Par contre, comme précédemment abordé, dans un autre article, Les pêcheurs de Perles est un opéra qui comporte pas mal de versions et dont une plus traditionnellement donnée du second tableau de cet acte. Là, après des chants et des danses tribales, Nadir et Leïla entrent ensemble sur la scène et après des invocations du prêtre Nourabad vont être sacrifiés quand on voit la fameuse lueur. Même tirade, à peu de chose près de Zurga pour expliquer la chose. Une scène débute ou tout le monde se congratule après la libération des prisonniers. Changement à ce moment : Zurga leur dit de se magner le popotin et attend le retour de la foule en délire. Et comme il faut quand même une victime sacrificielle (bin oui, ils ont pas stocké du bois pour rien au milieu du plateau tout de même) c’est le chef qu’on choisit comme méchoui.
Comme quoi, on en revient à ce qu’on disait : il faut au minimum une mort par opéra, sinon ça plaît pas (la version précédente était trop gentillette peut-être pour les spectateurs en manque de sensations fortes)

Méditez, méditez bien et freinez sur le thé, parce que vous voyez que c’est pas bon pour les nerfs !
Je file de ce pas, pour me préparer mon kawa réparateur (contradictoire en diable la dragonne hein ? Théine, caféine, même combat !) Bonne journée et soyez sages !
La dragonne
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