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Dimanche 12 juin 2005

 Bonjour !

Aujourd’hui suite et fin de l’opéra – c’est plus court que Wagner hein ? – ça repose un peu !

ORPHEE ET EURYDICE

Acte III
Le lieu
: les Enfers avec des couloirs en trompe l’oeil et au sol jonché  de gravats et rochers carton-pâteux, p’tite loupiote de rien du tout pour entretenir l’obscurité inquiétante des lieux (brrr ! c’est Dantesque !)
Les personnages : Orphée, Eurydice, Amor le Dodu et quelques copains des deux tourtereaux.

Le rideau se lève sur Orphée traînant presque par la peau du dos sa copine, qui rechigne un peu,  parce qu’il ne lui accorde pas même un regard en coulisse, depuis le début de leur retour vers la surface :
« Allez ramène toi ma biche on est bientôt arrivé ! - Encourage Orphée.
- Minute papillon ! J’ai raté un épisode ? J’étais pas un peu morte tout à l’heure ? Et là, à part ma cheville qui me lance, je pète le feu !
- T’inquiète je t’expliquerai mais pour l’instant, faut se barrer et vite fait !
- Trop bien ! J’vais pouvoir finir les rideaux du salon, ça me turlupinait un peu de les avoir laissés en plan.
- Oui, Chouchou, mais là, on presse l’allure ! – Pointe d’énervement dans la voix de son copain.
- Attends voir, je te dis que ça me fait plaisir de te voir et ça a l’air de te gonfler ?
- Mais noooooon ! C’est qu’ici j’ai un peu de mal à respirer en marchant alors en parlant…
- Tu pourrais au moins me regarder quand j’te parle, je sens le pâté où quoi ?
- Aïe ! J’attendais celle-là ! C’est pas ça….mais ça peut attendre d’être arrivés en haut non ?
- T’as même pas vu que j’avais changé de coiffure, ben oui j’suis tombée sur trois copines les Sparks, des apprenties coiffeuses qui avaient envie de se faire la main avant l’exam. Pas mal hein ?
- Moui, moui ! superbe !
- Et j’me suis même maquillée, parce qu’en bas, la lumière ça donne plutôt un teint d’endive que de rose. Est-ce que ça me va bien ?
- Mais tout te va Chouchou ! Tu le sais bien !
- Maintenant t’arrête ce cirque, et tout de suite ! Y a quelque chose qui cloche et je veux savoir ! J’ai un truc qui cloche dans ma tenue ?... Il m’est poussé un troisième œil ?... C’est la coiffure !... ça te plaît pas !... J’en étais sure !... On fait des efforts, on se pomponne pour Mossieur, on moufte pas quand Mossieur se pointe comme une fleur au milieu de la fête des copains et que Mossieur nous traîne dehors, sans un bonjour ni un merci, comme un mal poli ! C’est un peu la goutte d’eau qui met le  feu aux poudres !... Heu… le feu de paille qui fait boule de neige…. Mince j’ménerve tellement que j’sais même plus ce que j’dis !... Tu vas répondre quand j’te parle ? »

Alors là, fatale erreur ! Orphée, un peu excédé, se retourne pour lui balancer de la fermer un peu, qu’on verra ça à tête reposée et à la lumière du jour,  et plof ! (oui plof et pourquoi pas plof d’abord ? – me cherchez pas trop, elle m’a énervée aussi l’allumée !) l’Eurydice trépasse à nouveau !
« Zut de crotte de flûte ! Dire qu’on était à deux doigts de réussir ! S’exclame Orphée ! Aussi c’est elle, à me pousser comme ça ! Qu’est-ce que je vais bien pouvoir faire maintenant ? J’ai tout fichu par terre ! Adieu mes petits plats,  mes caleçons lavés, j’vais à nouveau n’avoir qu’une chaussette sur deux ! C’est trop pas d’chance ! ». Dans la version Gluckienne, c’est plutôt « che faro, senza Euridice, dove andro senza il mio ben ? »


Amor, qui trainassait dans le coin, reconnaît les chouinements de notre héros et se pointe pour voir ce qui se passe. Il est vite renseigné en trouvant Orphée trépignant comme si on venait de lui piquer son goûter et sa copine raide étalée au milieu du chemin.
« Bon ! V’la aut’chose ! T’as pas suivi mes instructions ? Elles étaient pourtant claires ! T’as fait du beau gâchis tiens ! Et c’est maintenant Pluton qu’à les oreilles qui sifflent ! Je vais t’arranger le coup, mais c’est la dernière fois ! J’te rend te copine une « dernière » fois mais t’as intérêt de filer doux. Profil bas coco ! Sinon t’aura des nouvelles de mon patron ! »
Après cette réprimande, Amor secoue un peu Eurydice pour lui décoller un peu la pulpe du fond et celle-ci repart comme si de rien n’était (ah, ces mécaniques de précision ! ça se dérègle pour un rien, quoi qu’on en dise !)
Orphée, tout content, prend sa copine dans ses bras pour aller plus vite et franchit les derniers mètres qui les séparent de l’air libre. Et là, va y les « que j’te bisouille », « que j’te câline », « que j’te lâche plus maintenant ! » alors que les copains entament un : « Elle est des no-o-tre… » en faisant la ronde du muguet autours d’eux.

Fin de l’épisode mythologico-emperruqué de ce cher C.W Gluck

A la prochaine pour un nouvel opéra. Là je vous dis tout de suite de quoi il s’agit, sans petit jeu,  parce que c’est vraiment une œuvre très peu connue d’un auteur un peu plus connu (Lully) il s’agira de « ATYS »

par Walsong publié dans : Gluck
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Samedi 11 juin 2005

Bonjour à vous !

Allons-y gaiement pour la suite du péplum sans char,  ni Ben Hur d’ailleurs, je veux parler de l’opéra Orphée et Eurydice de C.W. Gluck

ACTE II
Le lieu
: les Enfers (flammes en carton-pâte, tôle agitée par le machiniste pour les grondements sinistres, figurants cachés sous un drap et agitant des chaînes ;.. ben oui, j’ai bien le droit de décorer comme je veux d’abord, parce que c’est moi qui raconte !)

Les personnages : Orphée, un groupe d’hystériques hormonalement perturbées, une « ombre joyeuse ». Là c’est la définition exacte du rôle : une ombre ! Vous imaginez la tronche de la minette à qui on dit : « ma chérie c’est super, je t’ai trouvé un rôle, tu joue une ombre, mais j’te rassure, joyeuse! » ça doit lui mettre du baume au cœur à l’aspirante diva ! : Mesdames et Messieurs, dans le rôle de la voix off. - mais joyeuse - mademoiselle Trucmuche !

Donc, Orphée arrive en bas des escaliers. Amor le Dodu l’ayant bien rencardé, il n’a pas eu trop de problème à part pour l’éclairage (chiche j’avais dit). Ce qu’il n’avait pas prévu, c’est que le concierge, entre temps, ait changé l’alarme à interrupteur, simple et pratique, pour un nouveau modèle, à code digital ! Donc pour l’arrêter, quand on n’a pas le code… à part le bazooka qu’il n’a pas sur lui, il n’y a pas grand-chose à faire ! Et les Furies rappliquent au triple galop, en hululant tant et si bien qu’elles finissent pas réveiller le clébar  qui montre les crocs d’une façon peu engageante.
Heureusement qu’Orphée a eu le temps de prendre dans le frigo trois gros nonos pour le toutou et son nouvel album pour adoucir les mœurs de tout ce petit monde, car sinon y avait pas d’acte III, et là j’étais bien embêtée !
Pendant que le chien explose les os d’un seul coup de canine (c’est un costaud qui, côté taille, fait bien deux têtes de plus que ceux de sa race – ouaf, ouaf ! Trop fort !) et que les piles des Furies commencent à donner des signes de faiblesse, Orphée en profite pour piquer le passe et entrer dans la « Vallée des Bienheureux » ( ben oui, quoi, il y a des suites à thème dans les hôtels ! Sortez le dimanche après la messe !)
Là, morceau célèbre à la flûte seule, accompagnant une danse style « Marquise m’accorderiez vous ce menuet, s’iou plaît ? ». Les locataires du coin,  chantonnent dans tous les coins « Aux Champs-Élysées – dadadada daaaa – aux Champs-Élysées – dadadada daaaaa… »  Nan ! C’est même pas vrai ; ça ressemble plutôt à : « E quest’asilo ameno et grato » - dans cet asile tranquille et délicieux – y a intérêt, au prix où est la chambre, qu’elle soit tranquille et délicieuse !


« Pardon… s’cuse… p’tite place … - Orphée slalome entre les locataires (c’est une trèèèèèèèèèès grande suite)  - vous n’auriez pas vu ma copine ?... Eury qu’elle s’appelle… grande comme ça, pas très bonne mine, avec un serpent accroché à la cheville ?.... Non, ça vous dit rien ?
- Si c’est  de la petite nouvelle dont tu parles, j’crois qu’elle se refait une beauté avec deux ou trois copines dans les toilettes (toujours l’adage selon lequel, Mesdames, on ne peut pas aller en ces lieux d’aisance toutes seules)
- Euryyyyyy ! C’est Phéphé ! Viens dare-dare ! J’ai ton billet de sortie ! – essaie de crier le héros, pour couvrir le volume de la sono, déjà tellement poussée qu’il y en a certains dont les dents se déchaussent.
On a réussi à déspatuler sa copine du lavabo et on la pilote vers la source des beuglements.
Orphée, prenant bien soin de ne pas regarder Eurydice, l’alpague à l’odeur – non, je ne veux pas dire qu’elle refoule, mais…  les amoureux connaissent le parfum de leur moitié, euh…. En principe…s’pas ?...  J’ai bon ?...  (Ouf ! J’ai rattrapé le coup !)
Une fois sa mie récupérée, ils sortent tous deux de l’appartement, toujours en slalomant, alors que le rideau tombe.

A la prochaine, donc, pour le troisième et dernier acte de l’opéra. Bonne continuation et bonne journée à tous.

par Walsong publié dans : Gluck
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Vendredi 10 juin 2005

Bonjour !

On remonte encore dans le temps, mais on refranchit le Rhin, parce que l’opéra dont je vais parler aujourd’hui est d’un compositeur allemand du XVIIIème siècle : Christoph Willibald Gluck (quelle chance ce nom ! - hé, hé – et les prénoms j’vous dis pas !) Cet opéra s’appelle Orphée et Eurydice, c’est donc la mythologie qu’on va aborder – Eh ! Zoélie ! On cause gréco-latin ici, si ça t’intéresse !

A cette époque, la mode était au « péplum lyrique ». Le genre avec des chars solaires descendant des cintres, des personnages plâtrés et emperruqués, mais vêtus de toges, de bons gros poissons bien caricaturaux, censés représenter des baleines, des flammes infernales ou des flots en furie, moulés dans le carton-pâte, le tout accompagné d’une pyrotechnie rudimentaire (qu’est-ce qu’il y a pu avoir comme incendies de théâtres d’ailleurs à cet époque !) dans une salle où on pouvait apporter son pique-nique.

Donc abordons tout de suite la légende revue et corrigée de:

ORPHEE ET EURYDICE

ACTE I

Le lieu : Un tombeau – ben ça commence fort, côté ambiance ! Mais le cercueil est vide, parce qu’on a piqué le corps pour le mettre au sous-sol (drôle d’idée tout de même)
Les personnages : Orphée, chanteur local , les copains de son groupe et son fan-club, Amor, dieu de l’amour, Eurydice, femme d’Orphée et garde forestier (une dryade c’est une nymphe des bois, entité protectrice des arbres et surtout des chênes)

Après un court (très court même) prélude, le rideau se lève sur une grotte abritant la tombe d’Eurydice.La pauvre aurait pu mourir de n’importe quoi, parce que c’est pas Gluck qui va nous rencarder (pas trop intéressé par les faits divers le coco). Moi, je vous renseigne parce je suis sympa : elle a été mordue par un serpent alors qu’elle jouait à chat avec ses copines et un certain Aristée (le gars pensait à autre chose qu’à jouer, m’est avis, parce que c’est en essayant de se sauver qu’elle a marché sur la létale bestiole)
Donc on découvre son légitime, Orphée , leader du groupe « Orphisme » (il s’est pas foulé pour le nom en tout cas) en plein deuil lyrique (ça l’inspire) :
« Pling, pling, j'ap-pel-leu mon a-mou- reu ain-si» - en italien c’est plutôt : « Cer-co il mi-o ben co-si…. »
reprise des chœurs : « wap-doo-wap ! »

Soudain, Amor, le moufflet ailé et dodu se pointe (sauf que souvent, c’est la dondon ailée et encore plus dodue qui se pointe sur scène) :
« He, le rockeur ! C’est pas bientôt fini ces beuglantes ? Mon patron Zeus, le proprio de l’hôtel à côté m’envoie te dire que, s’il n’y a que ça pour te faire taire, il va te la rendre ta Dulcinée - anachronisme !  Cervantès n’était pas encore né ! -. Par contre il y met ses conditions et t’as intérêt à les respecter, sinon adieu Berthe ! Donc voilà le topo : Tu va descendre au sous-sol de l’immeuble. En bas des escaliers, tu déconnecte l’alarme, tu verras c’est facile, y a marqué « furies » sur l’interrupteur. Ensuite t’arrives à la chaufferie, en principe c’est là que crèche le chien du concierge, un sacré vicelard c’ui-là ! Prévois trois os de gigot, parce que c’est un vorace. Après, c’est du gâteau ! Il te reste plus qu’à offrir ton dernier album dédicacé au concierge (c’est un fan) et le tour est joué ! Il te refile son passe pour récupérer l’Eurydice, tu refais le chemin inverse, et tu vis heureux avec ta copine et très loin, à cause des décibels ! »

A peine son discours fini, que déjà, Orphée se précipite vers les escaliers. L’emplumé le retient pas la veste :
« Hem ! P’tite précision… J’allais oublier… Y a un truc vachement important pour que tu foires pas la mission : Après avoir récupéré la fille,  tu files droit devant sans te retourner, même une fois, pour la regarder, sinon, le marché ne tient plus et tu peux dire définitivement adieu à ta moitié !

Orphée, ayant pris au passage sa médaille de Saint Christophe, peut commencer sa descente en tenant bien la rampe parce que l’éclairage est un peu
chiche.

Fin de l’acte I et de mon article.

A demain pour la suite de ces aventures spéléologico-mythologiques. Passez une bonne journée.

par Walsong publié dans : Gluck
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Impulsions, coups de coeur et de gueule, idées diverses au fil des notes et journées. Vous trouverez dans ce blog ma vision de l'opéra et de bien d'autres choses. Et aussi ma passion : les dragons.




Comme ma trombine évolue au fil de ce "rondudju" de temps, une petite mise à jour du portrait du bestiau, j'ai encore changé de "look" comme on dit... et le cliché du trombinoscope n'est plus vraiment d'actualité (avis, première et dernière fois que vous avez droit à ma goule, moi et les photos, ça fait quarante-douze)

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