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Jeudi 29 septembre 2005

Bonjour !

Alors on aborde la fin de cet opéra bouffa qu’est Le Barbier de Séville ? Point de sueurs froides, votre pensum est bientôt fini les copains ! Mine de rien, celui-ci, il n’a beau faire que deux actes, il est bien dense en intrigues et rebondissements, je trouve et encore, c’est sans compter la musique avec un vrai souffle lyrique et humoristique même! Du bon Rossini de derrière les fagots et une scène d’orage… mémorable côté instrumentale, et point n’est besoin de regarder du côté de la Sixième de Beethoven pour comprendre que c’est une sorte de mini poème symphonique à lui tout seul ; d’ailleurs il nous a habitués à ce genre d’intermèdes, allez voire du côté de Guillaume Tell (et celui qui me dit, ce morceau, je connais pas…. Mmmmm , je n’sais pas ce qui me retiens de lui mettre la tête dans la platine ! Hé, hé !) Si j’étais une pro et que me niveau confiance me le permette je vous en ficherai moi, des extraits musicaux… mais après réflexion, où serait le plaisir que vous alliez de vous-mêmes dégoter les morceaux hein ?

Donc LE BARBIER DE SEVILLE de Gioacchino Rossini ACTE II (suite et…fin)

Le lieu : Un pièce, encore dans la maison du Picsou local, Bartolo. Une grande fenêtre (ouvrante, vaut mieux pour la suite)

Les personnages : Bartolo (normal, c’est quand même à la base chez lui !), Basile le maître de musique et homme à tout faire du maître des lieux, Rosine, pupillesquement verrouillée dans la place, Figaro et son blaireau, le comte et son blason, un officier (c’est plus une baraque, c’est une caserne !) sa troupe (choristes engalonnés) et Berta et Ambrogio, complètement passés aux oubliettes. (il a du les virer !)

Au lever du rideau, bartolo est en pleine conversation pré-matrimoniale :
« Alors comme ça, cet Alonso est inconnu au bataillon ?
- Jamais vu ce coco !
- Donc, c’est que l’ennemi est dans la place !
- En tout cas, les bifetons, c’est des vrais et ça fait une belle bosse la liasse qu’il m’a filée !
- M’en fiche à minuit, tout est réglé et la gamine se retrouve embartolosée pour le meilleur et pour le pire !
- Avec ce temps ! Courir trouver le notaire ? Surtout qu’il est déjà réquisitionné par Figaro qui marie sa nière.
- File le chercher je te dis ! Figaro, tonton, ça me fait rire tiens ! Tout ça c’est pour réquisitionner le mec et qu’on se retrouve le nez dans la pâtée ! »

 



Basile prend les clés de la porte d’entrée et file comme le vent, qui souffle pas mal d’ailleurs à l’extérieur, m’est avis, que ça va tourner à l’orage.

Bartolo apostrophe sa pupille qui entre en lui sortant le gros canulard que le faux don Alonso (donc le vrai comte) lui a sorti :
« Tiens machine ! J’en ai une bien bonne à te raconter : ton soi disant amoureux, cousin de Figaro, et bin tes billets il en fait des cocottes en papier pour décorer l’appart d’autres nanas ! La preuve !  - il lui file le billet doux. En plus, pour arranger la sauce, il est de mèche avec un certain comte Almaviva et fait le marché pour lui. - (bien vu quand même !)
- C’est pas au paradis qu’il l’emportera celui là ! – (un tantinet vexée ?) – pour le faire bisquer, bin j’vous épouse ! – (elle a la vengeance leste quand même !). Par contre, il va y avoir un problème ce vil séducteur et Figaro vont pas tarder à montrer leurs sales museaux de traîtres, étant donné qu’ils ont piqué la clé de votre trousseau.
- Merci de l’info, j’vais chercher les flics on va les prendre en flag, on dira qu’ils sont venus piquer l’argenterie ! »

Il sort et après le fameux interlude orageux, la fenêtre du balcon s’ouvre et les deux zozos mentionnés entrent, à l’aide d’une échelle, un peu à essorer, en faisant « splotch-splotch » avec leur godillots mouillés, vu la saucée qu’ils ont reçue.





A ce niveau c’est pas l’averse c’est le déluge au quarantième jour et les fringues bien imbibées d’eau, ça doit être coton ça pour le jeu de scène (plinc, plinc, splitch, splotch à chaque tirade, y a mieux comme boîte à rythme) – j’imagine très bien l’accessoiriste en train de leur balancer des seaux d’eau dans la tronche pour faire plus vrai tiens ! A tâtons vu le peu de lumière (l’orage a dû faire péter les plombs de l’installation) ils cherchent Rosine et la trouvent. Le comte s’élance :
« T’avances et  j’te décalque ! – siffle la fille en position de karateka
- M’enfin qu’est-ce qui te prends ? C’est ton cycle qui de travaille ou quoi ?
- On joue les rabatteurs pour un blasonné, et on se pose la question !
- Mais alors … t’en pince vraiment pour le Lindor !
- J’ferai ce foin sinon ?
- L’affaire est réglée parce que le gars emparticulé c’est bibi ! Y a plus de lézard, tu en pince pour moi et pas pour mon porte-feuille, donc j’t’épouse ! - (les filles faites gaffe aux mecs qui s’appellent Lindor….ils vous testent !)
- Chouette ! - Approuve Figaro - mais crotte de patafiolle ! (ça c’est un bémol à la liesse collective !) Y a des mecs qui se pointent dans la rue avec une loupiote ! Faudrait voir à garer nos miches ! Re fiante de ptérodactyle ! L’échelle s’est fait la malle ! Et j’ai pas mon élastique sur moi ! Vite ! Planquez les meubles ! »





Ils sortent tous pour ne pas se faire repérer, mais restent à proximité pour ne rien perdre de l’histoire. Basile entre, traînant derrière lui le notaire(rôle muet, ça repose !). Figaro ne se laisse pas démonter et s’avance en disant qu’il a failli attendre ! Bin oui ! Sa « nièce » doit se marier illico presto avec le compte Almaviva. Manque plus que la croix au bas du papier et enveloppé c’est marié !
Le comte se débagouse et lui tend le cabochon :
« Mais ça serait y pas tombé de ton didine ça par hasard ?
- Corruption de… musicien ?
- Tu préfères que j’te débouche les sinus ? Menace l’amoureux en lui fichant sous le pif un tromblon.
- Maintenant que j’y pense… j’ai maigri et la bagouse a du glisser… Donc qui sert de témoins ?
- Ta fiole et Figaro ! ».

Tout le monde y va de son autographe. Bartolo entre à ce moment avec une escouade au train :
« Haut les mains, peau d’lapin ! Z’êtes faits comme des ragondins !
- Nom, prénom, âge, qualité ? – lance l’officier qui commande cette joyeuse troupe.
- Rien qu’à la première syllabe tu te fais petit mais alors d’un petit qu’il faudra une loupe pour pas te marcher dessus ! En plus t’as pas intérêt à filer tes sales pattes sur ma meuf… sinon c’est au fin fond du Pérou que t’iras faire la circulation ! J’suis le comte Almaviva  énième du nom !
- Bin mon colon ! – lance Bartolo un peu secoué
- Toi le vieux croûton, t’as pas intérêt à la ramener, étant donné que ta pupille, et bin c’est ma légitime maintenant ! – lui assène derrière les oreilles Almaviva en lui fichant le contrat sous les naseaux. Pour arrondir ton compte en banque cherches ailleurs ! Cendrillon se fait la belle !
- Et dire que cette carpette de Basile a tourné sa veste ! En plus, je leur ai prémaché le boulot en piquant l’échelle !
- C’était « une précaution inutile » tu crois pas ? – ironise Figaro
- M’en fiche j’garde la dote en dédommagement." (facilement calmé le vieux barbon !)

Et chacun y va de son couplet de vœux de bonheur alors que le rideau tombe sur la fin de l’acte.





Voilà ! Vous pouvez fermer les cahiers et sortir en récréation ! Le Barbier ne vous a pas trop « rasés » j’espère ? Un conseil d’ami…. Tâchez d’écouter au moins des extraits de celui-là, il a tout pour être « audible » par tout le monde (musique, texte marrant et même pour ceux qui peuvent trouver la version filmée, le jeu de scène est assez drôle) par « barbant » quoi le truc (je sais j’en fais un peu trop, mais c’est pile « poil » le moment non ?)

Bonne journée et à plus.

La dragonne

par Sieglind publié dans : Rossini
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Mercredi 28 septembre 2005

Bonjour !

Alors vous avez digéré l’étouffe-chrétien d’hier ? Je vous en ai mis une sacrée portion hein ? Mais c’est pour rattraper les jours, un peu trop nombreux, la semaine dernière, où je n’ai rien fichu (enfin de… conséquent). Là, je vais éviter les dialogues (sauf aux moments cruciaux) parce que ça se chevauche tellement, que ça va prendre une dimension…muraille-de-Chinesque ! Donc on reprend la narration où on l’avait laissée, c'est-à-dire à la fin de l’acte I sur une bande complètement estomaquée par la myopie foudroyante de la maréchaussée quant au sieur Almaviva, comte de son état. (Ouaaaah, je rime !)

LE BARBIER DE SEVILLE – ACTE II

Le lieu : le salon de musique de Bartolo (enfin, ça m’étonnerai qu’il sache apprécier quoique ce soit à part le bruits des espèces sonnantes et trébuchantes comme on dit !). Un Yamaha dernier cri, fourni avec le type pour pédaler (bin oui, étant donné qu’il va falloir attendre encore quelques temps pour mettre « au courant » tout le monde…), une chaise (je sais bien qu’il y en a un qui jouait du piano debout, mais la pour les petites lombaires… c’est bien mieux, vous croyez pas ?) et plein de bouts de papier remplis de notes de musiques traînant par ci par là.

Les personnages : Bartolo, le pingre, le comte (une nouvelle fois déguisé, mais en prof. de musique), Rosine la coquine, Figaro,le roublard sévillan, Basile (le vrai, mais peu doué maître de musique), Ambrogio et Berta, les deux domestiques (l’endormi et l’enchifrenée par les bons soins de Figaro dans l’acte précédent), un groupe de soldats à la fin.

Bartolo, à la levée du rideau, est en train de se gratter le crâne pour savoir qui peut être le zozo qui a fait tout le tintouin à l’acte précédent, c’est sur, il doit être payé par le comte pour repérer les lieux.
On frappe et… quand on parle du loup…  le zozo en question fait son apparition, attifé en maître de musique (c’est quoi la panoplie ? Un métronome ? Un diapason ? Un rouleau de papier… musique ?)

Et vas-y que je te fais des ronds de jambes, des courbettes, des cirages de pompes, alors que le vieux rat se demande où il a bien pu voire cette trombine. Le « nouvel » arrivant se présente comme Don Alonso, (encore un pseudo) élève de Don Basile. Celui-ci a chopé un méchant virus et doit rester au dodo avec madame bouillotte et monsieur thermomètre pour toute compagnie. En plus (il prend des airs de conspirateur) il était par hasard à l’auberge quand le billet doux de Rosine lui est tombé dans les pattes (comment ça…. il le dit pas) il est à bonne école, côté calomnie, avec Basile et a eu l’idée de faire croire que le billet vient d’une autre copine du compte et que lui se fiche éperdument de sa pupille. (rusé l’animal, bonne tactique, amadouer le tuteur pour approcher la minette).
Le vieux jeton ne se rend même pas compte qu’il se fait rouler dans la farine et remercie le pseudo musicien en l’assurant qu’il va prévenir Rosine tout de suite. Le comte trépigne d’impatience (il ferait bien de se contrôler, ça lui a pas réussi la première fois de s’énerver)

Rosine entre et a un mouvement de surprise qu’elle déguise en « faux » mouvement. La leçon de chant peut commencer et devinez ce qu’il y a au programme ? La fameuse chanson du début de l’opéra : La Précaution Inutile ! Ce qui a le don de saouler un tantinet Bartolo, vu qu’il n’y a que ça qui passe en ce moment à la radio ( y a bien un piano avec pédaleur, pourquoi pas la radio, au point où j’en suis, s’pas ?).On peut dire que ça le gave tellement qu’il en a une digestion difficile et s’endort même au bout trois minutes. Entre les vrais couplets, les deux autres se font des œillades, des serments, des chuchotis. Bartolo se réveille juste à la fin des déclarations enflammées mais discrètes pour dire que de son temps, c’était autre chose la zic !  Et v’la t’y pas qu’il nous pousse la chansonnette antédiluvienne (c’est juste après qu’il a plu).

Heureusement que Figaro entre pour stopper l’animal, sinon, il va sortir tous ses vieux fonds de tiroirs. Il arrive avec le Gillette parce que c’est l’heure du toilettage du bouledogue.
« Pas le temps ! Reviens demain, il f’ra jour !
- Pas possible Doc ! Cahier de rendez-vous plein pour deux jours (le régiment complet à coiffer, rasage des galonnés, la moumoute d’une marquise a teindre en blond et à bigoudiner… et j’en passe et Paul reste !) C’est ça où tu cherches un autre merlan mon vieux !
Tiens voilà les clés va chercher ton matos ! »

Figaro n’attendait que ça, puisque sur le trousseau il y a la clé qui ouvre le balcon (un tour de passe-passe et elle change de proprio). Il sort et on entend peu après une bruit de vaisselle cassée (l’accessoiriste, avec une pile d’assiettes ) Bartolo se dresse d’un bond et va voire l’étendue des dégâts (on peut pas avoir confiance dans le petit personnel, c’t’un monde ça !). Le comte profite du départ du vieux pour demander si la fille veut bien convoler. Elle a juste le temps de répondre un oui empressé (faut dire que la question, elle l’attendait avec une certaine impatience) et Figaro et Bartolo refont leur apparition. Le barbier a laissé tomber dans l’escalier tout le nécessaire à raser de Bartolo et accuse le fait qu’on y voit strictement rien dans cette baraque de pingre. Il a « sauvé » quand même le nécessaire et commence à raser Bartolo lorsque…. l’agonisant, le presque enterré Basile fait son apparition.

« Et m…ercredi ! balancent les complices en marivaudage
- Et bin mon colon ! Pour quelqu’un de malade, t’as du courage de tenir sur tes cannes ! –lance Bartolo – et ton élève ?
- Quoi ? Comment ? Quel vélo bleu ? Des traces de pneus sur me lunettes ? La femme de qui a eu un veau ? Mais de quoi on cause ici ? – questionne éberlué le prof., l’officiel.
- Fichez le  dehors - chuchote le faux élève à Bartolo - il est pas au courant pour la lettre, il va tout ficher en l’air ! – puis plus haut, à Basile – Mon pov’ vieux z’avez une mine de trépassé ! Sortir avec la fièvre de bourrin que vous tenez, ça va pas la tête ! Il lui file des bifetons en faisant mine de lui tâter le pouls.
Les autres en rajoutent des palettes :
« Sale tronche ! On dirait qu’il est prêt de trépasser !
- C’te mine ! Du vrai papier mastiqué !
- S’il faut, c’est la scarlatine !
- Allez zou ! Au pucier !»

L’autre n’insiste pas trop, étant donné qu’on lui demande d’aller se reposer et qu’en plus, on le paie pour ça. Figaro demande à Bartolo si c’est pour aujourd’hui ou la Pâque Russe qu’il veut se faire coupe-chouter (bin oui, le rasoir, c’est pas un coupe-chou, que ça s’appelle ?). Pendant qu’il lui beurdoie bien la goule avec de la mousse (cils et sourcils compris à mon avis le rasage, par ce qu’il lui tartine ça sur toute la tronche, histoire que l’autre ne puisse pas regarder ce que les tourtereaux sont en train de manigancer. Le comte explique à Rosine qu’à minuit pétante, l’heure du crime, ils viendront en commando ninja pour la sortir de ce guêpier.


Bartolo est peut être temporairement aveugle, mais ses facultés auditives sont intactes et il se lève comme un diable :
« Vu ! (enfin façon de parler) Vous croyez apprendre à un vieux ouistiti à faire des grimaces ? Vous allez passer un sale quart d’heure, c’est moi qui vous le dis ! Comptes vos abattis, il risque d’y avoir des manques à l’arrivée ! »

Tous le monde s’éparpille aux quatre coins de la baraque laissant le vieux tout seul. Il appelle ses domestiques et à leur arrivée, charge Ambrogio de courir dare-dare chercher Basile. Il sort en pétard et laisse Berta seule qui soupire parce que si Rosine trouve un galant… elle pourra consoler son tuteur (elle en pince pour le vieux rat, et bin dis-donc !).

On s’arrête ici, parce que le reste va déménager sévèrement ! On a besoin de prendre une bonne goulée d’air avant d’aborder la suite et fin de cet opéra. Je vous laisse donc et vous dis à plus tard. Portez vous tous bien et bonne journée.

La dragonne

par Sieglind publié dans : Rossini
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Mardi 27 septembre 2005

Bonjour !

Alors on a vu les aventures – enfin le début – de notre cher Figaro, barbier et entourlipouilleur à ses heures. On est donc prêts à apprendre la suite et comment son plan, pour faire rentrer le comte dans la place, va bien pouvoir fonctionner…

ACTE I (suite)

Le lieu : un salon dans la maison de Bartolo. Truc bien représentatif du type. Carton pâte, simili peau de bête, rideaux Prisunics… le minimum vital côté meubles, les bougies sous cadenas, au cas où on aurait l’idée de faire un peu plus de lumière que le truc chiche dispensé dans la pièce. Des tableaux en point de croix avec de bonne citations bien édifiantes : « un sous est un sou », « Un tien, vaut mieux que deux tu l’auras », « Time is money ». Un portrait de son idole : Picsou. Des patins pour faire bosser les visiteurs et pas avoir à payer la femme de ménage pour cirer le parquet. Enfin, la maison typique d’un rapiat.

Les personnages : Les mêmes qu’au début sans Fiorello et ses musiciens, mais avec Berta (Marceline dans la version française) et Ambrogio (Ambroise) deux domestiques de Bartolo.

Rosine est en train de rêver sur un poulet (pas le gallinacé ! Le mot doux) qu’elle compte faire passer à son amoureux, le comte, et se demande comment elle va pouvoir y arriver avec son cerbère de tuteur autoproclamé fiancé. Figaro entre dans la pièce :
« Et comment va la p’tite dame ? Oh, on a une toute ch’tite mine !
- Je m’em…nuie à cent sous de l’heure !
- Une fillette pleine de ressource comme vous ?
- A quoi ça sert calfeutrée dans ce trou à rat ?
- Ma pov’ p’tite cocotte va ! Mais j’en quand même des infos pour vous…
- Pas maintenant j’entend Bartolo qui repointe son vilain pif !
- Je m’cache dans un coin, mais c’est que partie remise."


Bartolo entre en râlant après Figaro qu’a soi disant estropié la moitié de son personnel de maison avec ses remèdes de bonne femme. Il demande à Rosine si elle n’aurait pas vu le zoziau par ici. Elle répond, pour le faire bisquer qu’il était là, y a pas longtemps et qu’elle l’a trouvé fort « aimable » (et toc, dans le râtelier) et fière de sa tirade rejoint sa chambrette. Le vieux reste à melouner sur la froideur de sa future et demande à ses domestiques Berta et Ambrogio s’ils n’ont pas vu le coupeur de tifs. Les autres lui répondent qui en éternuant, qui en baillant (les fameuses prescriptions de Figaro) Comme il a pas le décodeur, il préfère les renvoyer à leur boulot.

Don Basilio (le prof de musique à la botte du tuteur) entre :
« Eh chef sérénissime, lumière de l’Occident, phare du monde nouveau… (c’est un obséquieux le type, un lèche caoutchoucs de première !) j’viens vous prévenir d’un os pour votre projet matrimonial : le comte Almaviva est dans le secteur et vu qu’il est accro à la Rosine… faudrait peut-être trouvé un plan pour lui ficher sa réputation en l’air. (là, le fameux air de La Calomnie)
- Et ça consiste… ?
- A balancer un truc bien crade sur, j’sais pas moi, ses mœurs, qu’il doit du fric à tout le monde, que c’est un serial killer. Vous savez comment ça marche : vous dites qu’il s’est coupé en se faisant une tartine, et au bout d’un moment l’info vous revient comme quoi il est amputé des quatre membres. Faut laisser le téléphone arabe jouer… au bout du compte c’est les autres qui font le travail de démolition pour nous.
- Pas mauvaise l’idée, mais en attendant on file dans mes apparts pour peaufiner le contrat de mariage. Et une fois mariés, vous inquiétez pas… les prétendants feront un grand détour pour passer devant chez nous ! »

Ils sortent tous les deux et Rosine et Figaro reviennent dans la pièce. Ce dernier qu’a tout entendu, marmonne que ça va pas se passer aussi facilement que ça leur plan à deux balles et s’avance pour informer la fille des dernières nouvelles :
« Eh ! Machine ! J’te préviens mais demain t’es invitée à une fête !
- Première nouvelle !
- Pourtant c’est toi le plat de résistance, si j’ose m’exprimer ainsi, vu que c’est de ton mariage avec Bartolo dont je parle.
- Même pas vrai !
- Des preuves ? Colles ton œil à la chambre du tuteur, tu verras bien que c’est pas des mots croisés qu’ils rédigent lui et Basilio.
- Alors là, s’il croit que je vais me laisser faire… il connaît pas encore sa pupille ! Au fait… pour changer de sujet, c’ui là me gonfle un peu, qui c’est le type qui s’égosillait sous mes fenêtres ?
- Un cousin, Lindor, qui finit ses études ici. C’est sur, c’t’un brave gars mais il n’a qu’un défaut, c’est qu’il en pince pour une super nana attends que j’me souvienne il m’a même écrit son nom parce que j’arrivais pas à l’imprimer, même écrit j’ai du mal d’ailleurs (il épelle) R.O.S.I.N.E. ça te dis quelque chose ?
- Mais c’est de bibi alors qu’il est amoureux ? On peut dire que c’est fait comme les chiens pour mordre le monde étant donné que je louche aussi vers ce type ! »
- Ce qui serait bien … c’est s’il avait un petit billet tendre de ta part, ça l’aiderait à venir plus vite. »

L’autre lui file le billet en se faisant un peu prier (coquine va ! Elle avait déjà prévu le coup !) Figaro l’empoche et sa carapate pour jouer les vaguemestres.
Rosine reste seule mais pas longtemps, le tuteur refait son apparition :
« De quoi vous causiez avec le merlan ?
- De tout de rien, de la flexibilité des queues de vaches, de l’âge du capitaine… de pleins de trucs, de pas grand-chose en fait.
C’est ça ! Prends-moi pour une buse ! C’était pas de la lettre qui t’a filé entre les doigts par le fenêtre par hasard ? Et ça, sur ton didine, c’est pas une trace d’encre ? (Il a lu tout Conan Doyle)
Bin j’me suis cramée le doigt alors je l’ai trempé dans l’encre
Tu t’fiche de ma tronche ? Ce matin, y avait six feuilles de papier correspondance, il n’en reste que cinq !
J’en ai fait un emballage pour les carambars que j’ai filé à la copine de Figaro
Et la plume ? Hein pourquoi elle est mouillée ?
J’ai fais du coloriage !
Bien sur ! Tu dis ça à un cheval de bois, il te donne un coup de pied ! Tu sais ce qui attend les Pinocchiotes ? Un bon verrous à leur piaule ! Tu mets le nez dehors et ça chauffe pour ton matricule ! Capisci ?
Il sort en claquant la porte.(pas trop fort, le carton pâte, c’est pas du chêne massif !) et la fille rétorque que de toute façon enfermer une nana, c’est lui donner l’occasion de faire travailler ses neurones pour s’en sortir et elle s’éclipse par l’autre porte.

Berta se précipite à la porte d’entrée que quelqu’un est en train de dégonder à force de taper dessus. Le comte fait son apparition, déguisé en soldat et beurré comme un p’tit Lu (enfin, c’est pour de faux, comme on sait) :
« Salut les aminches ! Fait soif ici !
- Qu’est ce que c’est encore que ce zozo ? – s’inquiète Bartolo en refaisant son entrée.
- Z’êtes bien Balordo ? Bertoldo ? Machin-chose quoi !
- Bartolo bougre de bourricot !
- Une bise à Zapi, collègue ! Je guérie aussi des vieilles mules !
- Tu me lâches dis ? Et d’abord c’est quoi ce Barnum ?
- J’dois loger chez toi ! J’ai un billet pour de mon régiment ! »

Rosine entre et s’approche doucement : un soldat bien murgé chez son tuteur, ça a de quoi intriguer tout de même. Le comte se fait reconnaître discrètement par la belle  A voix haute, il demande le chemin de sa piaule parce que là, il a – soi disant – du mal à mettre un pied devant l’autre. Bartolo lui signale qu’il est exempt d’hébergement et file vers son bureau pour trouver le papier officiel et le lui montrer à cet ivrogne galonné. Le bidasse, alias Lindor, alias le comte file une pichenette au parchemin qui s’envole en lui signalant qu’il en a rien à battre, parce que la kasbah lui plaît et qu’il a décidé d’y retirer ses bottes et sur le champ. L’autre prend un bâton pour le ficher dehors. Le comte joue les matamores en gesticulant le plus possible pour attirer l’attention du vieux pendant qu’il laisse tomber une lettre devant Rosine (ça y va la correspondance dans cet acte ! Pire que msn !) Ruse suprême, il pose un mouchoir dessus et rend le tout à la gamine comme si de surprise, elle en avait laissé tomber le sien ! Un bref échange de papier et le tuteur pensant tomber sur un truc du genre « Ma chérie…. » se retrouve en train de lire : « slips kangourous, chemises de nuit, gant de toilette…la liste du linge à laver. Le comte prend la mouche, parce que Rosine craque et que Bartolo la serre d’un peu près. Il tire l’épée et veut embrocher le vieux bardon.
Figaro entre au milieu de cette foire d’empoigne :
« On se calme ! On respire un grand coup !
C’est lui qu’a commencé !
Nan ! C’est l’autre
Tu la veut celle-là
Essaie qu’on rigole, on va jouer aux osselets après !
Mais c’est pas bientôt fini ! J’vais en prendre un pour taper sur l’autre ça va pas traîner ! »

Arrêt sur image parce qu’on frappe énergiquement à la porte : c’est les flics (les voisins, alertés par les cris,  ont dû faire le 17). La maison poulaga (assez nombreuse pour former un chœur) s’informe de l’objet du litige. Chacun parle en même temps pour expliquer son cas. Les flics cherchent pas longtemps et veulent embarquer le comte qui glisse sa carte d’identité au chef. Celui-ci change d’attitude et fait signe à sa troupe de reprendre la direction du poste. Les autres sont changés en statues de sel et Bartolo veut l’ouvrir mais un zitto (silence !) lancé d’une manière menaçante par les keufs suffit à lui clouer le bec.

L’acte se finit sur toute cette troupe complètement déboussolée qui ne sait plus quoi penser de ce qui vient d’arriver (nous on se doute que vu le pédigré présenté au chef, ça calme d’office l’envie de faire une bavure)

On verra donc la suite la prochaine fois, mais je crois que pour le plan « bidasse cuit » c’est râpé (faut dire qu’il est sanguin le comte !).

Bonne continuation et à plus tard donc.
La dragonne

par Sieglind publié dans : Rossini
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Impulsions, coups de coeur et de gueule, idées diverses au fil des notes et journées. Vous trouverez dans ce blog ma vision de l'opéra et de bien d'autres choses. Et aussi ma passion : les dragons.




Comme ma trombine évolue au fil de ce "rondudju" de temps, une petite mise à jour du portrait du bestiau, j'ai encore changé de "look" comme on dit... et le cliché du trombinoscope n'est plus vraiment d'actualité (avis, première et dernière fois que vous avez droit à ma goule, moi et les photos, ça fait quarante-douze)

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