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Verdi

Mardi 14 avril 2009

Bonjour



Allez, point trop n'en faut (de feignasserie et bidouillages diverses*) on y retourne à cet opéra, car depuis le temps, Léonore a eu le loisir d'écouter pousser ses racines blanches et c'est une quinquagénaire hululante que le Trouvère risque de retrouver à son retour, si on m'attend pour la narration de celui-ci. De plus, pour un acte, je me vois mal décider de laisser ça en plan, ça ferait désordre, des oeuvres inachevées ça existe, voir du côté de Schubert et consorts, mais ce n'est pas le cas de ce drame lyrico-romantico-totalement-abracabrantesque (mais bôôô tout de même hein, me faites pas dire ce que je ne pense nullement)


LE TROUVERE - G. Verdi - Acte IV -

Le lieu :

Une aile de poulet... pardon de palais à l'Aliaferia (rappelez-vous Saragosse, L'auguste César et tout le bataclan du premier acte, je vais pas en remettre une couche, suffit de se reporter au même paragraphe,) à l'angle de cette tour ibére on distingue à travers l'horreur d'une profonde nuit** ce qui pourrait être sa jumelle (normal dans un château de toute façon) nonobstant ses barreaux et tessons en crête de muret, (m'étonnerait que ça soit réservé aux hôtes de marque)
A la scène trois, on traverse la tour-prison, tel Dutilleul (le passe muraille de Marcel Aymé, rappelez-vous le film avec Bourvil) pour se retrouver dans une de ses charmantes garçonnières, très spartiates (on dirait "japonaises" maintenant, c'est tendance)  une paillasse qui se vide lentement de son foin, une cruche de flotte qui sert de bassin de plongeon acrobatique à un rongeur maniaco-dépressif, un quignon de pain dur comme le bois (d'où la maniaco-dépressivité du rongeur). Ce dénuement décoratif, a son utilité, dans un mètre carré il vaut mieux éviter de se cogner aux meubles surtout quand on a pas de loupiote (...et qu'on n'est pas enchaîné au mur évidemment)

Les personnages :

- Ruiz, le pote du héros, accessoirement membre de sa soldatesque
- Léonore (ça me fait tout drôle de l'appeler de son vrai p'tit nom depuis le temps que je le massacre), l'Hélène de cette guerre homérique
- Un choeur religieux, pour le fameux miserere
- Manrico, toujours trouvère gazouillant mais mis en cage tel un vulgaire serin par un oiseleur sans scrupule (rien à voir avec Papageno*** celui-là !)
- Le Comte de la Luna (l'oiseleur en question), rival en bien des choses, amour... politique... distribution des rôles... bin vi, qui vous dit qu'il ne rêvait pas ce baryton de jouer les gentils,  mais souvenez-vous d'un mien non-article où je décrivais les tessitures... c'est soit un vieux, soit un méchant****
- Azucena, la... "mère" du héros. Enfin... jusqu'au pseudo coup de théâtre final, ne sont dupes que ceux qui n'arrivent qu'à cet acte ultime, pour les autres, on n'est pas nés de la dernière giboulée martienne et les délires lyriques et verbaux de la bohémienne lors des actes précédents .nous ont confirmé qu'elle était non seulement du genre à descendre de vélo pour se regarder pédaler (bredine quoi) mais que son "trauma" (causons psy, j'adore !) datait des temps agités de sa jeunesse et d'une correction oculaire laissant fortement à désirer (se référer évidemment aux actes pré-cités, je ne vais pas remettre ça sur la carpette non plus)

Le rideau roulant se lève (façon épicerie de quartier, avec l'employé en blouse comme dans mon enfance, ça me plairait assez) sur une scène plongée sinon dans le noir (je sais, c'est le chant qui est privilégié, mais tout de même)  du moins chichement éclairée par une Sélène plutôt pâlichonne (voilà ce que c'est de faire des économies d'ampoules pour projos... du quarante watt, ça fait plutôt veilleuse de chambre de marmots qu'astre nocturne propice aux roucoulades (ce qui n'est d'ailleurs pas le sujet, Lolo a d'autres chats à fouetter que de penser à badiner dans les parterres fleuris en hurlant la tête levée vers le satellite qu'elle a vu le loup)

Quand on parle de la louve justement... celle-ci fait son entrée, accompagnée de Ruiz, tous deux façon commando en expédition au milieu d'un cartel sud-américain (le langage des pognes, le bonnet noir, les rangers, et le maquillage au bouchon brûlé. me paraissentt de bon aloi), déplacement souple et furtif, compromis heureux entre la technique impayable de Sam Fisher et celle de Solid Snake (Splinter Cell et Metal Gear Solid évidement,  "action-infiltration" addiction oblige !)... bien sur,  cette souple furtivité est proportionnellement quantifiable puisque liée au  tour de taille de la diva (mais inversement plus jouissive à l'esprit d'humeur farceuse quand celui-ci  frise le diamètre d'une futaille de vieux cru) :

Ruiz indique le doigt pointé non sur la lune mais sur le bâtiment carcéral que c'est là-d'dans qu'est engeôlé son copain et repart à l'invitation de Lolo vers sa loge qu'il ne quittera plus jusqu'au salut final et de bon ton.
Pour ce qu'elle va faire, point n'est besoin d'un bataillon de marines, et elle est "armée" (elle vise la bagouze qu'elle porte - ah... heureux temps des joaillers des Médicis ! - ). La scène qui suit, m'étonnerait fort que vous n'en connaissiez pas quelques bribes (même sans ça, à force de vous causer "miserere"... ça a dû s'imprimer non ?).

Autant pour moi ! Je lançais l'idée qu'il y avait plus à propos pour roucouler et c'est pourtant ce que la musaraigne s'ingénie à faire, en soupirant après le prisonnier et espérant qu'il passe une bonne nuit ( -elle est gentille la gamine ! Vous en connaissez beaucoup qui dormiraient sur leurs deux orteils la nuit précédant le suivi de la fameuse Ligne Verte***** vous ?)
Elle est interrompue par le glas (et son fameux miserere) ce qui a le don de la faire descendre en piqué de son nuage. En pleine nuit, au pied d'un cachot, avec des pingouins qui annonent une prière des morts, ça a légèrement tendance à plomber le moral non ?

Extra-muros (intra-muros pour être franc, vu que c'est elle qui est à l'extérieur, paradoxe des agencements metteurs-en-espatiens) Manrico est en train de chouiner après une mort qu'il réclame proche et rapide, il en marre de se ronger les lunules (le reste étant bouffé depuis belle larirette, il ne reste que les zones blanches à la base à machouiller). En l'entendant, ça fait "chtonk" et elle décide qu'elle ne restera pas sur terre une seconde surnuméraire après son zigouillage, au moment où il sera exécuté, elle y passe !... Mais faut tout de même qu'elle s'arrange pour le voir une dernière fois.

On peut dire que le hasard fait bien les choses (moui... enfin, faute de mieux...) puisque le comte et quelques uns de ses hommes font leur entrée :
"Bon, j'crois que j'ai été plus que cristallin... on me hache menu le fiston mais c'est la mère qu'on fiche à cuire, pas d'embrouillamini ! Allez, au trot ! - les soldats se "tirent ailleurs" (je sais;.. mais trop tard pour le jeu de mot militaire, c'est balancé) c'est à dire dans la tour-geôle
"
C'est bien fait pour ses pieds ! (enfin si le bourreau n'est pas un manche... c'est pas les pieds qui auront à pâtir du fil de sa hache) J'ai remis la pogne sur Castellor, une bonne chose de faite... mais j'ai paumé la trace de Lolo... ça a une légère tendance à influer sur ma bonne humeur (tiens donc... il en a plusieurs d'humeurs ? : faire la gueule et taper tu pied, j'croyais que c'étaient les deux seules qu'il connaissait, étant du genre à rigoler quand il lui tombe un oeil ce triste sire) 

- J'suis là, te bile pas !
- Qu'est-ce que tu fou-t'il donc ici ?!
- Un p'tit truc à te demander...
- Me dis pas que c'est ce à quoi je pense...
- Bin justement, pile poil ! J"te demande de le gracier... (j'abrège, parce que les "pitié" et les "non-non !" se succèdent pas mal) et en échange... j'te propose d'aller lui causer un brin et promis, une fois que je l'aurai convaincu de se barrer... j'suis ta nouvelle copine (y en avait il une ancienne d'ailleurs...)
- Croix de bois...
- médaille de guerre ! (croix de fer) Si j'mens...j'fais la bise à Lucifer de ta part !"

Le comte, travaillé par ses hormones n'a aucun mal à revenir à de meilleurs sentiments et siffle le geôlier. Comme quoi promettez la bagatelle à Attila et à ses Huns...il entre léviter dans la lamaserie la plus proche de sa yourte, mais ça ne vaut que pour les méchants héros "équipés", les physiquement et moralement castrés transfèrent leur pulsions en une boulimie de conquête et de pouvoir et tout son cortège d'intrigues et magouilles d'impasses de coupes-goussets, il n'y a qu'à voir Alberich le Nibbelungen, Klingsor le magicien de Parsifal...Monostatos de la Flûte (pas clairement énoncé, mais étant un maure... au service de Sarastro... ça sent son eunuque, du moins mentalement)

Pendant que le type a le dos tourné, Lolo, dévisse le cabochon de sa bague et avale son contenu. Bon, pas la peine d'être sorti du cirage béni (Saint Cyr) pour comprendre qu'elle ne vient ni de gober de l'herbe qui rigole, ni un médoc contre son mal de tronche, encore moins la poudre pétillante qu'on s'achetait gamins dans des capsules qui me rappelaient singulièrement et totalement hors contexte religieux le pain asyme qui compose les hosties "bio-dégradables" pour ne pas dire solubles sur la langue.

... Re-chtonk ! Je conseille au metteur en scène de lui faire bouffer ça... c'est plein de couleurs pas très naturelles mais seyantes au regard et certains pigeront peut-être l'allusion à la "communion" des âmes par delà la mort, allez savoir...

Le type se retourne juste à temps pour voir Lolo s'entrucher en avalant de travers, mais met ça sur le compte de la tension dramatique (la poudre pétillante rose bonbon ou jaune canari aux commissures labiales, ça serait pas mal ...Surtout si elle tousse et qu'elle en envoie un p'tit nuage façon aérographe mal réglé) Il jubile,  il a enfin ce qu'il voulait mais la fille meloune sous cape que "compte là dessus et bois de l'eau, t'auras qu'un macabé à mettre dans ta parure de draps !"
Ce contrat établi verbalement, (ils ont confiance !) tous deux entrent dans la tour.

On traverse donc la muraille à la scène trois pour tomber sur le triste tableau d'une bohémienne totalement avachie sur un grabat alors que le Trouvère veille sur elle.. 

"Tu dors ? (déjà, le fait de lui poser la question, c'est loupé !)
- J'ai un peu de mal à trouver la bonne position, mes rhumatismes se réveillent, tu m'étonnes... t'as vu les tâches d'humidité sur la tapisserie qui se décolle (quelle tapisserie ?!)...  c'est un coup à choper la mort ça ! (elle veut mourir en bonne santé on dirait). Bon on arrête de chouiner et on se secoue, de toute façon, j'en ai plus pour longtemps, j'pars du caisson dans ce trou à rat.
- Arrêtes tes co... t'as de la fièvre... ça fait dire n'importe naouac !
- T'entends pas les bourreaux qui s'amènent, je sens déjà l'odeur de roussi du feu de joie qu'ils ont dressé, c'est pour dire !
- La pauvre, ça s'arrange pas... y a pas un bruit (à part le rat au bord de la cruche qui fait des ploufs en s'entraînant au saut carpé) et tout le monde à part nous coince la bulle"

Azucena commence à s'emballer et se repasse la scène de la mort de sa mère ce qui a le don de la faire entrer en convulsions. Heureusement il est là pour la recevoir, sinon elle se mangeait du dallage moisi. Il la berce pour la rassurer, et c'est payant, elle se calme un peu et son délir tourne autour d'images plus gaies, la montagne, les virées en cordée, la lyre du gamin pour accompagner la marche... (en montagne, vaut mieux éviter au dégel, une avalanche est vite déclanchée, surtout s'il joue mal de l'instrument) Elle parvient à s'endormir et Manrico souffle un peu, c'est qu'elle pèse un peu plus qu'un nouveau-né à bercer la môman !

Comme le silence ne peut pas durer, surtout dans l'opéra, la porte s'ouvre à la volée et une onore un peu débraillée déboulle (c'est qu'il y en a des volées de marches dans cette rondudju de tour !)   (entre nous, j'suis une fan de Marilyn Horne - la "Azucena" du récital, faut l'écouter dans du Haendel ou du Rossini, c'est quelque chose !)
"Sympa de venir me voir avant qu'on ne m'estourbisse, c'est pas que ça arrange la sauce, mais ça me met du beaume au coeur.
- Arrête ton délire, t'es sauvé !
- Hein ?
- Traîne pas cent sept piges... file !
- Et toi ?
- J'suis retenue ailleurs.
- Et... me dis pas que c'est ce à quoi je pense ?! T'as passé un marché avec ce c. de la Lune, je n'vois que ça pour que la tôle s'ouvre aussi facilement ! Roulure ! (je sais "parjure" est  la rime en ure de la traduction, mais je le vois plutôt cracher ça ou d'autres épithètes de prostétiputes, l'apostrophe me paraît bien trop mesurée vu l'état d'esprit dans lequel il doit se trouver l'amoureux blessé.)"

Là, on a droit à la tentative désespérée de Lolo pour se justifier. - Tout comme pour le comte, elle a du mal a s'imposer dans une discussion, déjà dans le duel du début, dans sa tentative ratée pour retenir Manrico d'aller au secour de sa mère, c'était pas le pied alors qu'on ne me parle pas de femme de tête... la seule solution pour se dépatouiller de ces embrouilles c'est soit le couvent, soit avaler son bulletin de naissance, ça manque de consistance je trouve, elle me rappelle assez la Senta du Vaisseau Fantôme, parfaite victime sacrificielle, le fameux ange de pureté  tout comme Marguerite de Faust, c'est loin d'une Lady Macbeth, où même d'une Violetta dans la Traviata, qui se sacrifie pourtant ausi, mais en connaissance de cause puisque elle a vécu "elle" ! (je sais j'suis dure mais les "victimes", j'ai du mal)

Pour qu'enfin Manrico daigne lui laisser dire un mot, il faut que ça soit  le dernier, l'ultime, celui d'adieu, vu qu'elle est train d'agoniser  sous les remontées acides de son poison à retardement? Entre deux rots digestifs (classe !)  elle lui déballe qu'elle vient d'avaler un truc périmé (genre yaourt) pour éviter de passer à la casserole avec l'autre et rester "pure" pour lui.

- là encore, coup de gueulisation : qui la conforte dans le fait qu'une fois libre il n'aille pas taquiner de la belette tzigane dans une roulotte bigarrée ? Son sacrifice c'est du flan ! Le temps aidant, les hormones retravaillent et surtout la vie trouve toujours sa voie. On en revient au sacrifice de Violetta ou de Marguerite Gauthier si vous préférez... Germont finit embourgeoisé jusqu'au trognon et sa soeur a enfin fait le mariage de convenance que la malheureuse héroïne avait mis en péril en exhibant son statut de cocotte de luxe. Dans le sens inverse, c'est sans compter sur la balle dans le carafon de Werther, la Charlotte sucre les fraises (hé, hé) bien longtemps après son départ précipité et en obéissant aux exigences maternelles d'un mariage la préservant des problèmes financiers dont étaient victimes les filles d'une famille à l'époque victorienne (à d'autres époques aussi remarquez et pas révolues)

Le fait est que le héros change totalement d'optique et se lamente à tous vents sur le  fait d'avoir accusé un "ange" de toutes les turpitudes dignes des vénales récipiendaires des noms d'oiseaux qu'il avait éructé par mon intermédiaire (j'aime bien embrouiller mon monde... tout ça pour dire qu'il l'a littéralement traitée de "pute", c'est moins classe du coup). Les crampes gastriques se faisant plus douloureuses, Lolo décide de se mettre en apnée définitive, ça lui évitera de trop goualler et Manrico d'arrache la perruque de désespoir alors que le comte, attiré par le boucan, entre à son tour.

Il est furax, et on le comprend, la nana est revenue sur le marché et tire sa révérence, ça a de quoi le faire sortir de ses gonds et pour la peine, il ordonne qu'on chope le Trouvère et qu'on le traîne sans délai au lieu du supplice.
Azucena, qui a eu du mal à s'endormir mais tout autant de mal à se réveiller malgré le tintouin ambiant ouvre une mirette pour constater que Manrico n'est plus en train de la bercer. Le comte la secoue pour la réveiller complètement et la pousse vers la fenêtre pour qu'elle assiste aux derniers instants du gamin.
Il jubile, mais pas pour longtemps, elle fait une crise cardiaque mais a juste le temps de lui balancer à la goule qu'il vient de rectifier son frangin (en voilà une nouvelle !) meurt et le laisse dans une mouise pas possible avec l'énormité de la boulette qu'il vient de faire et de longues nuits d'insomnie à se flageller pour expier (ou payer la peau des miches une thérapie à vie c'est selon l'époque où l'on transpose l'histoire)

Fin de l'oeuvre !

Vous voyez, je ne vous avais pas menti en vous disant que plus tarabiscoté comme argument fallait se lever aux prunilles ! Bon, si on peut faire abstraction des invraisemblances de l'intrigue, de la minceur "morale" de certains personnages, il n'en reste pas moins que c'est un opéra sympa à l'écoute et à la vision, si vous en avez l'occasion, ne le boudez pas, ça serait ballot.

Bon, je file aux fourneaux, puis séance de lecture chez vous... enfin la routine quoi... Bonne lecture et à plus la troupe !

La dragonne

PS: je vous parlais de Marilyn Horne, du coup... paf ! Avalez ça !
les Huguenots par exemple (vi, je sais... comme Rossini on fait mieux pour commencer l'énumération)
les contes d'Hoffmann
Rodelinda   (là, j'ai bon quand je parle de Haendel)
L'Italienne à Alger   (re-bon !)
Nuits d'été de Totor Berlioz 
La donna del lago 

On arrête là, mais si vous voulez des titres, ou des "voix", faut pas hésiter à me demander de l'écoute vous le savez.


* Je vous expliquerai ces bidouillages un autre jour, évitons les longueurs apartésiennes (de aparté) mais il y aura du temps, entre mon finissage de récit, le "lecturage" de vos pontes journalières en rade et un "réponssage" aux commentaires, je ne risque pas de m'ennuyer.

** vi, dans le livret, il est bien signalé la profondeur quasi racinienne de celle-ci, mais évitons de causer d'Athalie et de ses malheurs, ça ne ferait que nous embrouiller encore plus, c'est vraiment pas la peine, vu l'intrigue déjà bien tarabiscotée...
...J'ai eu une "absence"... j'me suis vue "traiter" aussi mal que je le fais les tragédies classiques ; vous imaginez ce pauvre Horace, amoureux fou de Chimène et dont le cousin Rodrigue, qui a du coeur et est accro à l'Antigone, (un antidépresseur pas commercialisé) à juré d'avoir la peau depuis que son papounet lui est apparu la tête tintant comme une clarine après qu'on lui ait versé du plomb fondu dans les argouanes... de quoi me ficher à dos tous les puristes momifiés, ça c'est sur ! (un peu plus ou un peu moins vous me direz...)

*** j'me fais pas d'illusion... Mozart et son "kazoo magique", ça vous est sorti de l'esprit ça fait des lampadaires

**** à par quelques exceptions, comme  ce bon vieux Rodrigue dans Don Carlos (et pas le Cid évoqué ci-dessus), les barytons ont pour nom non  pas "légion" mais presque : Macbeth, Rigoletto, Germont de la Traviata,, Renato du Bal Masqué, Amonasro le papounet d'Aïda, Iago dans Otello (rien à voir avec la perruche de Disney hein !) et là, je ne reste que dans le cadre verdien de mon énumération, pour Donizetti, Bellini et même Beethoven avec son Don Pizzaro le méchant de son unique opéra "Fidélio" ça fonctionne aussi.

***** Ligne évoquée par Stephen King, celle que suivent les condamnés à mort


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Lundi 16 mars 2009
Bonjour !

Allez, je crois bien que trois semaines soient la durée acceptable pour éviter l'indigestion neuronale ;  pour les autres c...hoses, celle-ci varie et variera selon la portée philosophique - ou non - du sujet abordé. De plus, il faut bien l'avouer, ce délai me donne enfin l'occasion de n'être pas trop à l'arrache chez vous, mon retard de lecture reprend ainsi des proportions plus acceptables (ça dépend de l'échelle de mesure personnelle me direz-vous).
Rassurez-vous, plus qu'un acte supplémentaire à souffrir et on pourra parler d'autre choses, parce que j'suis lucide, vous vous délectez quand j'en arrive à causer gaffes et mésaventures dragonesques (un comble, mine de rien, quand on vise du côté du titre de blog, mais c'est de ma faute, j'avais qu'à pas commencer... j'assume). Allez, trêve de belles-ficellées* on y va !

LE TROUVERE - G. Verdi  - Acte III ou Il figlio della zingara (le fils de la bohémienne si vous maîtrisez mal le pizzaiolo)

Le lieu :
De la  scène une à quatre, un camp scout, aux pieds des murs de Castellor, place forte que les protagonistes se disputent comme des clebs un os de gigot. Les "méchants" avec comme chef de clan le Comte de la Luna se la pètent armée orque de Sauron à Minas Tirith**, mais c'est pas pour récupérer une bagouse, mais Lolo, la nana par qui et pour qui tout arrive. A remarquer que dans certaines narrations, le château fort se transforme en camp romano, plus dans l'esprit des origines supposées (à tort) du héros de l'intrigue mais il ne faut pas oublier que certains autres mettent en avant le fait que ça soit un allié de poids dans un conflit politique, il doit avoir pignon sur rue tout de même.
Donc, pour le camp, c'est vous qui voyez... vous pouvez insister sur le côté fidèles de Baden Powel ("l'inventeur" du scoutisme***) et faire se trimballer les assaillants en culotte courte et foulard noué, juste armés de leur canne de randonneur et de croquenauds (écrases-bouses, grosses godasses) de marche avec zoulies chaussettes roulées élégamment aux chevilles (un conseil toutefois, la pilosité chimpanzéesque de certains chanteurs peut piquer les yeux, une séance d'épilation au sucre de betterave s'impose). Quand à moi, vu mon allusion plus haut, les grimer en orques et trolls des cavernes me plaît bien (et ça serait bien la première fois qu'un orque ou un troll s'exprimerait avec plus d'une syllabe et en musique de surcroît)? A savoir que le côté décorateur d'intérieur est profondément enfoui, voir inexistant chez ces cocos,  deux trois bûches en  train de crâmer  des nonosses par-ci par-là, reliques de leurs dinettes successives, un tronc d'arbre dénudé et planté au sol pour maintenir tendue une peau de bique (hypertrophiée la bique) et servant de tente au chef, c'est bien suffisant?
A la scène cinq, on se retrouve à l'intérieur de la place fortifiée, dans une piaule à balcon voisine  de la chapelle (donc, qui dit chapelle dit truc en dur, enfin en principe, et la théorie du camp romano ne tient plus, à moins qu'ils se baladent avec une roulotte customisée par le Vatican, et soient en route pour les Saintes Maries de la Mer, évidemment)



Les personnages
  :

- Des soldats-orques et des fantassins-trolls
- Ferrando, le bras droit du comte
- Le Comte de la Luna, sous son masque grimaçant et baveux de personnage de Warcraft, c'est sur qu'il n'a aucune chance que Lolo en pince pour lui un jour  
- Azucena, la "mère" du Trouvère (moui... on est pas dupe, même si elle dit le contraire, on a tous pigé qu'elle n'est pas la "biologique")
- Léonore, notre Lolo préférée, bique au piquet dans cette histoire  (bon... Hélène de Troie c'est pas mal non plus... mais ce n'est pas mon style)
- Manrico, le troubadour-ninja (ça m'espante toujours qu'on mette en avant le fait qu'il gratouille de la mandoline ou du luth dans cette histoire, étant donné que depuis le début il a plutôt tendance à se fritter à l'autochtone plutôt qu'à composer des lieder - désolée, j'ai vu le type des Maîtres Chanteurs de Nuremberg, le Minnesänger**** Walter, celui qui veut réussir le concours d'admission, même si son "boulot" d'origine c'est tout de même... chevalier)
- Ruiz, pote du trouvère, et quelques uns de ses copains pour étoffer le "aux armes" de fin d'acte, tataner de l'assiégeant sur un frêle solo, ça a moins de chance de lui filer les miquettes.

Lever de rideau sur la soldatesque des méchants, et là, faut s'accrocher pour s'imaginer des orques
mordoriens (de Mordor dans Tolkien, suivez !) ou morts-de-rire en train de se taper une partie de 421 avec l'os iliaque d'un malheureux ennemi comme plateau de jeu. C'est pourtant ce qui est prévu au livret, ils "jouent ou fourbissent leurs armes" que c'est marqué, donc cette joyeuse bande chantonne "alea jacta est" (ou le "motiv" non wagnérien d'une pub pour un nettoyant à métaux miracle, c'est selon les groupes) 
En tout cas, ils en ont ras la cafetière les cocos, c'est pour ça qu'ils s'occupent comme ils peuvent, les rations s'épuisent et le beurre de cacahuètes va bientôt manquer (les marshmallows pour le camping-gaz aussi, et mine de rien, depuis le début, on dresse pas mal d'autels à Loki, l'entité ignifugée du Ring*****)
Après un hymne guerrier version Hojotoho-Heiaha walkyrien ils s'égosillent un peu partout dans la nature-coulisse (- à vous signaler, qu'égosiller a été un truc que j'ai dit longtemps avant qu'on ne me fasse remarquer que c'était s'égayer aux quatre coins du paysage la vraie expression, c'est resté du coup et ça tombe plutôt bien quand on parle lyrique non ? -)

Une fois la scène désertée (mauvais plan quand on a une prise de forteresse au programme des réjouissances !) le Comte sort de dessous sa peau de bique et jette un oeil inquiet en direction des murs du château en tournant en boucle sur son sujet préféré :
Lolo.
Mine de rien, ça sent son Agamemnon,  le siège et tout le bastringue..; faut pas se beurrer, c'est juste pour récupérer la zibeline ces grandes manœuvres. 

Il est tiré de sa rêverie par le tintouin que font ses hommes dans les coulisses et Ferrando entre pour l'informer qu'il lui rapporte un p'tit cadeau surprise (lèche-bottes va !) en la personne d'une bohèmienne. Tiens donc... si ça se trouve, vu toutes les invraisemblances de l'argument... un peu plus ou un peu moins, et paf ! J'vous l'donne Emile... c'est Azucena ! (c'est-y pas un bol de cornuto ça ! Les gens du voyage, ça se déplace en principe en tribu et faut que ça soit elle qui se fasse pécho, manque-de-bolisme chronique où elle s'entraîne ?)

Le Comte sautille sur place comme Heïdi devant le cadeau de son pépé (un sempiternel frometon alpestre, mais l'emballage est toujours différent, c'est ça qui la met en joie la blondinette bavaroise, à c't'âge là, on s'esbaudit d'un rien) et on traine la bohémienne par la tignasse choucroutée jusqu'à lui (tout à son sautillement, il mettrait trois plombes à traverser la scène)
Elle se débat et supplie ses tortionnaires (vi, un tirage de tif, c'est une torture, croyez-en les souvenirs ludiques  d'une tendre enfance partagée généreusement - copieusement avancerais-je même - avec trois frangins !). L'interrogatoire sans la lampe dans les yeux commence, le tison près des rétines, ça le fait moins, à part dans Michel Strogoff de Jules Verne, mais ça ne lui a pas réussi (tiens, pas si hors sujet... si je me souviens bien... il y a aussi une bohémienne dedans... mais du côté obscur de la force). En gros, d'où qu'elle vient... où qu'elle va, qu'est-ce qu'elle manigance (elle ne peut que manigancer... c'est une zingara tout de même !).

Et c'te buse qui
déballe qu'elle vient de Biscaye ! Le patelin même où tout  ce méli-mélo a vu le jour, quand le frangin du Comte a été clicnapé ! Faut-y être à l'Ouest tout de même (plus précisément au Nord-Ouest de la péninsule ibérique). Du coup, Ferrando tique, puisqu'il a déjà évoqué se malheureux incident à l'acte un et le Comte commence à cuisiner à feu vif  la belette sur ce sujet brûlant (gloire à Loki !)
On ne peut pas dire qu'elle en mène très large l'Azucena ! Elle s'excuse en disant qu'elle a son  môme à aller chercher à la sortie de l'école et évoque une casserole de lait laissée sur la gazinière mais ça n'a d'autre résultat que de conforter Ferrando dans l'idée qu'il la connaît et depuis un bail. Il se tape le front du plat de la main et lance un "mais bon dieu mais c'est bien suuuur !" qui tombe comme le cimeterre d'un exécuteur des hautes œuvres persan (shamshīr.) 

Azucena a beau jurer ses grands dieux qu'il se gourre totalement, qu'elle était même pas là... son avenir est tout tracé, elle va suivre le même chemin que sa génitrice. Elle est tellement paniquée qu'elle appelle même son gamin Manrico au secours.
... Là, franchement, où elle est suicidaire ou les touffes de cheveux arrachées durant cette arrestation musclée ont entraîné dans leur chute les neurones qu'il y avait juste en dessous ! Elle vient de donner une raison supplémentaire au Comte de trucider du troubadour ! Et quelle économie !  Estourbir la kidnappeuse et son rival préféré par la même occasion, décidemment c'est Noël aujourd'hui !

- C'est à peine suggéré, mais il nous fait le grand méchant des films musclés, celui qui enlève la chair de la chair (ou la zibeline, c'est selon) du héros bodybuildé et nourri sous l'éprouvette de testostérones concentrées. C'est une prise d'otage, tout bêtassement ! Comme noblesse, on repassera !


A la scène suivante, on change de décor pour se retrouver dans le meublé de Manrico où nos tourtereaux préférés coulent le parfait amour tout en se demandant si c'est bien le moment, puisqu'ils ont un siège sur les bras et que des murs ça se pulvérise au C4 qu'elle qu'en soit la densité. Mais Manrico est confiant, ses potes sont bien entraînés et ils vont expédier ça en deux coups de cuiller à pot. Il envoie Ruiz faire le guet dehors,  ça lui permettra de ne pas jouer la chandelle (il y a mieux comme attribution de rôle dans les roucoulades non ?)


La scène suivante est toute consacrée aux
papouilles et serments amoureux,    
Manrico tente même de rivaliser avec le Cantique des Cantiques en décrivant l'anatomie de Lolo par le menu (mais il n'a aucune chance, le cantique des cantiques; je regrette, on a du mal à s'aligner) et termine par une promesse à la Capulet et Montaigu; c'est à dire une union post-mortem (Tristan et Iseut, le Hollandais Volant, Francesca da Rimini... Eloise et Abelard... et toute la bande,  ça montre que ces ficelles sont toujours à la mode) 
Comme ça commence à saouler le monde toutes ces galanteries, Ruiz entre en trombe (n'oubliez pas la tradition que j'ai de faire entrer plutôt en vrac les protagonistes, ça fonctionne sur n'importe quel opéra le mangeage de lattes de parquet) et couine que sa mère est en train d'être traînée en tôle et que s'il ne le croit pas, il n'a qu'à jeter un œil par la fenêtre au lieu d'admirer le génotype iridien de sa copine.

Là, le trouvère
coule une bielle et afflige les ravisseurs de sa môman de tous les noms de piafs qu'il connaît (et il en connaît, proche de la nature comme il est !) Par la même occasion, il met au jus Lolo, qui n'avait pas eu l'honneur d'une présentation en règle à la future belle famille (faut déjà qu'ils se fixent pour ça, les bohémiens.. pas évident !) Il les traite même de barbares ! (ça va bien avec les orques de toute façon non ?) et s'emballe au point de visualiser le bûcher qu'il va se faire un plaisir d'éteindre avec le raisiné de ses ennemis   (où il se la pète Vlad Tepes troisième du nom où il a totalement perdu les boulons sous le choc) 

Il promet de tous les ratatiner ou d'y laisser sa peau (pas de demie mesure) tandis que Lolo pique sa crise de désespoir, mais faut la comprendre aussi  la pauvre, un moment on envisage un p'tit pavillon de banlieue où élever ses octuplés  et ses douze labradors et la minute d'après, ça parle de carnage, de vengeance, de victoire... de mort, ça a de quoi déconcentrer tout de même un peu.

Son copain sort en courant, suivi par Ruiz et ses potes sur fond de rumeurs de combat, de cliquetis d'épées (le son d'un couteau à découper qu'on passe au fusil suffira, mais faudra monter un peu le son) le tout battant le tempo d'hymnes guerriers  (
Aux armes citoyens, la Charge de la brigade légère, Vas-y bidasse, remplis mon quart... vous avez le choix)

Le rideau tombe sur cette fin d'acte d'une manière aussi tranchante que les opinels et lagioles qui vont se déchaîner dans les coulisses (c'est l'heure du casse-croûte d'entracte) et j'en profite pour faire une pause bien méritée, je vous conseille d'en faire autant, tout ce bruit et cette fureur, ça perturbe non ?


Bonne journée, bonne semaine, bonne continuation, bonne... tout ce que vous voulez et à plus !


La dragonne




* billevesées


** siège du Gondor dans le livre V du Seigneur des Anneaux pour ceux qui auraient des blancs


*** à remarquer que scout vient de l'ancien françois,
escoute, éclaireur, cocoricooooo !

**** de Minne, amour courtois et sänger chanteur, troubadour en exagonien


***** qui dit Anneaux, dit Anneau, donc mythologie norroise bidouillée façon Wagner oblige. Je sais, des fois, j'me fatigue moi-même avec mes "chtonks" mentaux, mais c'est trop tard pour les médocs, en plus j'aime pô ça, les trucs pour éviter de voir des bestioles zarbies, j'les aime bien en plus ces bestioles....


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Lundi 23 février 2009
Bonjour !

Deux semaines pour lire mes pavés, ça devrait suffire non ? Dire qu'au début de ce blog, je comptais raconter les opéras d'une traite, et encore sans l'idée d'ajouts d'extraits, vous imaginez les surchauffes et implosions cérébrales que ça aurait suscité ?! Bon, ça y est, vous devez être remis de vos émotions lyriques, on peut passer à autre chose et là, si vous me dites que vous ne connaissez pas le début de l'acte, j'peux rien pour vous, c'est un "tube de pub" ça.. A vous signaler que rien n'a changé, il suffit de cliquer sur les trucs soulignés (à l'arrache, évidemment) et vous avez l'extrait ou le lien)

LE TROUVERE - G. Verdi - ACTE II* -

Le lieu 

Scène un et  deux : La Biscaye**     Montagnes pointues comme les "Dents d'sa mère", paysage de lune pelée, lumière générale rougeoyante et pas seulement parce que c'est le lever du jour, "un grand feu brûle au milieu du théâtre" (sic) - autant vous dire que j'ai bien déliré en imaginant les chanteurs et les pompiers de service en train de pousser leur gouallante tout en se passant les seaux d'eau pour circonscrire l'incendie (qu'elle idée de se faire griller des marshmallows sur un butagaz au milieu  d'une scène en bois ! Ah... ces d'jeun's !)

Scène trois :: Un cloître sur fond d'arbres-silhouettes étant donné que c'est la nuit, on n'y voit pas à trois lunules d'ongles de doigts de pieds, encore ça de gagné si le décorateur a du mal avec le "rendu"  réaliste d'un feuillage ibère (ou autre). Etant donné  que Léonore, sa copine et le grand méchant lunatique sont de la fête, je suppose qu'on a du se téléporter en Aragon du côté de la forteresse de Castellor (la magie du spectacle et ce fameux phénomène "espace-temps", ce bon vieux Spock n'a rien inventé)

Les personnages :

- des bohémiens ("ladelidou, la delidou la bonne aventure", comme dirait le Robin des Bois "renardisé" de Disney)
- leur cheftaine, Azucena. Ne pas  lésiner sur les sequins cliquetants de son châle-mantille et la taille des anneaux d'oreilles version perchoir à perruches, du fond de la salle faut pas qu'on la confonde avec une des sorcières de Macbeth, même si j'y vois une certaine ressemblance, et pas seulement parce que l'opéra est du même auteur, le feu façon sabbat sans doute, mais pas que ça.(but du jeu pour ceux qui veulent, voir les ressemblances avec ces magiciennes à barbiche)
- Manrico, le héros-troubadour (moui, mais là encore, vous en connaissez beaucoup de pousseurs de chansonnette qui se la pètent guerillero ?)
- Un messager "anonyme", (mais si on y réfléchit... vous connaissez le nom de votre facteur vous ?)
- Le comte de la Luna, le "rival" (tant en politique qu'en amour, à noter)
- son capitaine des gardes préféré, Ferrando
- des pingouines (pour le chœur inspiré et dévot, éviter trois pékinoises, ça va faire chiche)
- Léonore, celle qui aurait pu éviter tout ça si elle avait voulu porter ses binocles la fois précédente (il est vrai qu'à l'époque, les montures sympas ne devaient pas se trouver facilement mais étant donné que son rendez-vous était nocturne... qu'est-ce qu'elle en avait à ficher de passer pour la chouette hulotte du patelin... j'aime même l'imaginer portant les lunettes à vision nocturne chères à tout bon joueur de Splinter Cell, ça ça aurait été classe !)
- Inès sa suivante et copine de régiment.
- Ruiz, un "soldat" au service de Manrico*** et des copains à lui, pour faire le poids contre le chœur des "méchants"

Au lever de rideau, on tombe sur une soirée à la Hugues Aufray sauf que les participants se lâchent un peu question décibels, (ça tient plus de "Santiano"  que de la complainte de Stewball ça c'est sur !)  et là, comme énoncé plus haut, si vous ne reconnaissez pas ça, j'vois que le suicide au yaourt périmé.
On a droit à une ode au jour naissant et aux avantages du travail manuel (et oui, les bohémien adorent chanter en redressant la lame de  leur canif à l'enclume, comme dans la scène de l'Or du Rhin, les marteaux, les vrais, sont plus que de bon aloi, essentiels dirai-je au tempo de la ritournelle)

Parmi cette joyeuse bande, il y en a une qui tire la trogne c'est la cheftaine Azucena, elle a l'air à quinze miles nautiques de la fiesta, le regard aussi brumeux qu'un merlu court-bouillonné, le neurone en baguenaude et les bouclettes de sa perruques choucroutée risquant d'être carbonisées tant est penché son chef sur les flammes du butagaz. Si on tend l'oreille, possible puisque le chœur a fort à propos terminé de vanter les mérites ancillaires (ou autres) d'une bohémienne, on l'entend melouner (marmoner) dans son duvet labiale à en faire saliver d'envie tout psychothérapeute digne de ce nom.
Même pas besoin d'une séance à la Mesmer...    elle "voit" un bucher, la foule des badauds en mal de sensations malsaines, une pauvre nana trainée enchainée vers les flammes, les cris façon jeux du cirque romains, enfin l'éternel arsenal de toute exécution capitale . Et ça n'a pas l'air de dater de la veille sa fixette parce que les auditeurs, dont elle vient joyeusement de plomber le moral, préfèrent retourner à leur boulot, et  la ville c'est pas la porte à côté, faut se magner le troufignon.

Ne restent en scène que Manrico et Azucena. On se demande où il était pendant tout ce temps passé avec ses potes bohémiens, parce qu'il a totalement loupé cette histoire et la bonne femme est obligée de lui rafraichir la mémoire. A jouer aux Sharks et Jets  il sèche souvent  les cours de généalogie familiale. 
On apprend, au détour d'une petite remontrance sur ses fréquentations et ses loisirs, sa filiation avec l'accro aux transes non napolitaines - tadaaaam ! Premier coup de théâtre ! - en même temps que le sort malheureux de son aïeule préférée, la môman de sa môman, inspiratrice malgré elle de la complainte précédente (et pourtant elle n'entendait pas des voix... elle).- re-tadaaaam ! -

Là, où ça frise le n'importe naouac c'est quand Azucena termine son récit en lâchant malencontreusement qu'elle  a merdouillé sérieusement quant à sa vengeance  filiale. J'vous explique en gros... elle kidnappe le môme du comte, allume son bûcher personnel et va pour mettre en broche le marmot. Il lui fait une séance à la Chat Botté de Shrek et ses mirettes noyées de larmes sont à deux doigts de la faire renoncer. C'est compter sans l'arrivée du spectre roussi de sa génitrice**** et comme celle-ci n'arrête pas de lui seriner "vengeance" Azucena balance le mioche dans la braise. Le fantome satisfait disparaît avec un "plop" de bulle de savon géante et elle baisse les yeux sur... le fils du comte ! Dans le feu de l'action (c'est le cas de le dire) elle s'est emmellée les ripatons et a fichu son propre rejeton au feu.

- Alors là, imaginez votre servante à la première audition de cet opéra (ça ne date pas d'hier !) et éclatant de rire à l'écoute des paroles du livret. J'en arrive à croire que cette œuvre est une publicité déguisée pour les opticiens moi. Entre Lolo qui se plante de galant et celle-ci qui fait de même avec son môme, si c'est pas une mise en garde contre les..." inconvénients" d'une mauvaise vue ! Par contre, ne vous méprenez pas, le livret est moyen-moyen question crédibilité, mais la musique c'est autre chose !

"Euh... j'ai raté un épisode ou j'suis pas ton fils ?...
- Meuh noooon ! Autant pour moi ! J'suis tellement déboussolée quand je pense à ça que ça s'embrouille un peu, t'es bien mon gamin !
- Si tu le dis...
- Et qui c'est qui t'a mis du mercurochrome quand tu t'es frité avec les mômes du quartier hein ? (bon d'accord, c'était un combat à la lance contre son meilleur ennemi le comte de la Luna et il a failli y rester, une guerre des boutons basque ça le ferait moins question héroïsme romantique il faut le reconnaître)
- Sur que j'ai failli y rester !
- Et toi, triple buse, qui lui fait grâce pendant ta dernière discussion avec lui alors qu' il lâche son cure-dent et que tu peux l'épingler... J'pige pô...
- Moi non plus... mais au moment de le planter, j'ai entendu une voix venant d'en haut (tiens donc !!!) et qui gouallait "pitié"
- J'espère que tu ne referas pas la même erreur et que si tu le tiens au bout de ton opinel, tu le dégommeras aussi sec !"

La conversation est interrompue par un messager arrivant ventre à terre (éviter le style marathonien du type crachant ses poumons pour balancer l'info, ça ferait désordre en lyrique, à part pour la Traviata... et encore...)
En bref, c'est une victoire pour leur camp, la cité de Castellor est prise, mais sa copine Lolo a entendu dire que son amoureux y était resté et a décidé d'entrer dans les ordres ( adieu monde cruel ! Encore une qui se prend pour sœur Marie de l'Agonie du Christ de Poulenc)
Azucena tape du poing sur l'autel imaginaire de l'autorité maternelle pour le sommer de rester avec elle mais ça ne fonctionne pas, Manrico a décidé de tout faire pour faire taire cette rumeur (ah... l'air de la calomnie !) ça serait ballot qu'elle "mette les voiles" (mouarf!) pour la longévité de leur histoire d'amour .-  Aucun lien de parenté avec Eloise et Abélard, de toute façon, et si c'était le cas, là, ça serait trop gros à avaler, les filiations cachées ou reconnues, c'est marre ! -
La môman tente un placage et une clé de bras pour l'empêcher de filer, mais rien n'y fait et Manrico file secourir de la donzelle en péril (lance... honneur et vie à sauver... chevalier... duel... j'sais pas, j'ai vu le chevalier au cygne, désolée de l'amalgame)

Changement de décors avec le départ précipité du héros et on se retrouve à la dernière scène face à une bande de conspirateurs (Rigoletto ?!) drapés sinon dans leur dignité (un kidnapping, il y a plus glorieux !) du moins dans leur cache-poussière (plis masquant le bas du visage, tête couverte,il n'y a que les yeux de visibles si je puis dire,  comme tout bon lon en quête de méfait)

Le c. de la Lune (re-désolée !) est en train de se donner du cœur au ventre, parce qu'il faut le dire, son entreprise va en énerver plus d'un... le grand barbu là-haut compris, lui piquer une de ses ouailles alors qu'elle entre à son service, ça ne va pas le laisser indifférent - (quand il est "bien" chanté, cet air est plus qu'audible, pour rester sobre) 
Ayant évoqué son sourire, ses yeux de bichette, enfin tout l'attirail du piège à loup où il a fichu le pied et le palpitant, il redescend sur terre pour inviter ses hommes à se planquer dans les buissons, ça va être le moment  

Les religieuses prient lyriquement dans le lointain alors que le comte et ses sous-fifres revoient  un brin leur cours de stratégie avant "l'oral" (re-mouarf ), puis entrent sur scène ainsi que Léonore et sa copine Inès.
La copine marche plutôt à reculons, ça ne lui plaît qu'à moitié d'accompagner Lolo jusqu'aux portes du couvent, ça va être dur de se refaire une amie (Facebook et autres joyeusetés pour cœurs esseulés, ça n'existait pas encore).
Lolo la console, si on peut dire, en expliquant que c'est marre des embrouilles de la vie et des coups de bugnes du sort, elle va enfin "goûter la paix profonde que le ciel garde à ses élus" (ça ne vous rappelle décidemment pas un certain Dialogue ?)

Elles en sont à leurs effusions et léchages de pommes d'adieu quand le comte fait irruption sur la scène (dérapage non contrôlé côté cour, glissades sur des bottes de scène n'ayant aucune adhérence et mangeage de chemin de croix grandeur nature côté jardin, ça me paraît plaisant à l'œil)
La basse-cour s'égaye dans tous les coins, des hommes au milieu de toutes ces oies blanches, c'est comme balancer un canis lupus à la diète depuis quinze jours dans un poulailler de palmipèdes rondouillards. Et que ça commence à crier "au loup" et que ça s'évanouit dans les pare-terres, pendant que le comte se jette sur Lolo comme le croco de Fantasia sur l'hippotame en tutu (quelle ménagerie hein ?)

Tout le monde  se fige quand Manrico arrive tel Zorro (sans Bernardo ni Tornado). Lolo en est baba  Voir son amoureux bien vivant alors qu'on lui avait certifié que sa seule façon de le revoir c'était de faire tourner les guéridons, ça a de quoi perturber la motricité et le travail cérébrale il est vrai. Un autre surpris, c'est le comte (à sa décharge, ce n'est donc pas lui qui a fait courir l'info histoire de tenter une récupération de désespérée en mal d'amour). Tout son plan tombe à la flotte du coup. Plus de rival six pieds sous terre et plus de nonette à enlever, c'est qui qu'a l'air fin à c't'heure ?
Léonore rend grace au ciel et à ses occupants pour le retour du héros et Manrico lui confirme qu'il n'a rien d'un pur esprit. Chacun monologue qui une action de grâce, qui un soupir de soulagement face à la menace écartée, qui un énervement plus que justifié quant à des plans si bien goupillés qui floppent aussi lamentablement. Les choeurs respectifs (chacun des acteurs principaux a le sien, jouant les ponctuations... Lolo et ses religieuses, le comte et ses affidés, Manrico et ses potes avec Ruiz en chef de manécanterie)

Après un flou certain dû à la surprise, les bonnes habitudes ne se perdant pas, chacun des rivaux ne pense qu'à une chose, tabasser (et plus si affinités) l'autre... Bagarre générale et le comte est désarmé (encore ?). Le comte lance quelques imprécations tendance malédiction et plaies d'Egypte réunies alors que Manrico chope par la mimine sa Lolo et se barre au triple galop et que les pingouines filent se planquer derrière les murs de leur cloître préféré.

Fin de l'acte et fin de mon verbiage... je vous laisse assimiler tout ça et file vous lire dès que faire se peut. Bon début de semaine la troupe !

La dragonne

* J'ai totalement bouffé l'info comme quoi les actes de cet opéra avaient des titres, rare ça pourtant chez Giuseppe comme chez ses potes. Le premier s'intitule "le duel", le second "la bohémienne". Si vous avez des blancs quant à l'intrigue, les titres ça peut aider non ?

** Si je vous dis Bilbao et Guernica, autant vous dire que c'est une région dont les habitants ont l'habitude de se tataner à l'autorité en place et on en a la preuve ici,  ça ne date pas d'hier

*** Alors là, ça devient de plus en plus fumeux... Trouvère ?... Bidasse ?... Bohémien ?...  J'y perds mon euskara
moi !

**** Du Shakespeare j'vous dis ! Les sorcières, les spectres, la folie... un compromis entre Macbeth et Hamlet. Tout ce qu'il faut pour un bon gros drame romantique !


NB : il y a un lien qui ne fonctionne pas mais la plate-forme fait de la résistance, on verra à arranger ça quand ça sera tassé, promis !


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