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On y parle musique et ce qui tourne autour

Mardi 17 novembre 2009 2 17 /11 /2009 12:25
Bonjour

Bon, pour mon "grand" retour* et avant d'entamer un narration "opératesque" quelconque, je me chauffe en vous balançant des citations musicales trouvées en baguenaudant sur le net, un jour où je n'avais en tête que de fouiner plutôt que de rédiger quel que billet que ce soit... Autant mettre au clair ce que j'ai glané, - moui... tant est que ce que je dégoise le soit, évidement -  que ça serve à autre chose que d'encombrer mon disque mou ad vitam aeternam (s'il tient jusqu'en 2012, date où le calendar s'arrête... chez les Mayas, si c'est le même topo que pour les prédictions de notre Paco de couturier , on a de la marge remarquez)

Donc des petits trucs humoristiques pour prouver qu'on peut être aimer la musique dite classique et avoir de l'humour, ça n'a jamais été incompatible quoi que certains en pensent, et je crois me répéter, mais autant enfoncer le clou pour que ça rentre, s'pas ? En prime vous aurez mes modestes commentaires personnels pour confirmer ou infirmer certains de ces dires. Je me dois d'illustrer évidement par des extraits musicaux, maintenant que j'ai trouvé cette mine d'informations, je ne suis pas prête de lâcher le bout de gras.

"Aujourd'hui, ce qui ne vaut pas la peine d'être dit, on le chante" note Beaumarchais (1732-1799).
Pas très sympa pour Wolfi (1756 -1791) qui s'était attelé à la tache d'illustrer musicalement son Mariage, ni pour Paisiello (1740 - 1816) et  Rossini et son Barbier (1815, œuvre écrite en 14 jours, chapeau !)... mais il y avait prescription pour le dernier, vu que les os de l'écrivain ne lui faisaient plus mal depuis belle lurette?
A savoir aussi que ce cher Jojo (Joseph II, empereur de son état) trouvait qu'il y avait  "beaucoup trop de notes" dans ces mésaventures capilliculuresques.

En plus, j'ai un doute sur l'inutilité de certains chants ou mélopées... Vous vous souvenez de vos tables de multiplication ? Le p'tit air lancinant qui allait avec, c'était bien pour mémoriser un truc important pour le cursus scolaire non ?**   Il est également prouvé que c'est un excellent moyen pour retenir des choses pas très simples et on emploie même cela comme thérapie pour certains cas de bégaiements, alors....

Henri Jeanson n'a pas été très inspiré par notre littérature de chevet préférée (enfin la mienne, bien évidemment) mais a eu quelques "sorties" sympas telle que celle-ci :
"Un chanteur d'opéra, c'est un type qui reçoit un coup de couteau dans le dos et qui, au lieu de saigner se met à chanter".

Phrase piquante mais d'un certain bon sens et qui m'a faite aussitôt penser à bien des agonisants lyriques...

De Siegfried retrouvant sa mémoire de carassin doré une fois que Hagen, mi homme mi Niebelungen par son papounet Alberich,  lui ait planté un cure-pipe entre les omoplates. Son agonie apporte de la flotte au  moulin des rédacteurs du  dossier sur les  EMI (expériences de mort imminante). On verrait toute sa vie défiler en un éclair (de lucidité pour ce blond héros) et paf ! du coup, il se rappellerait qu'il avait une copine walkyrie royalement laissée choir pour les beaux yeux d'une Gutrune (beurk ce nom !) légèrement aidée par un philtre qui fait perdre les neurones.
Violetta n'est pas en reste, vu qu'elle part du caisson et devrait, en principe économiser ses p'tits poumons, bin non ! Elle s'essouffle à vouloir tenir le haut du pavé jusqu'au bout de l'opéra, tout comme le fait Antonia sachant très bien que c'est ce qui a perdu sa génitrice quelques années plus tôt.

Le pire (je sais... vous allez dire "encore !!!" ) c'est tout de même Werther avec sa bastos dans le carafon et qui continue à aligner les trémolos tout en se vidant allègrement de son raisinet sur les planches scéniques et rabotées de frais.et le comble c'est que Charlotte lui conseille de se taire pour ménager ses forces (en voilà une rude celle-là ! Tout l'opéra elle n'arrête pas de le repousser "par devoir" pour craquer à la fin alors qu'il n'y a plus rien à attendre, quelle cruche !)

J'arrête les frais, mais de vous-mêmes, il est facile de trouver d'autres exemples de mort lyrique lente et douloureuse (pour le spectateur aussi parfois, cela dépend du soliste)

"Les Français sont faits pour composer de la musique d'opéra, les Italiens pour la chanter, les Allemands pour la jouer, les Anglais pour l'entendre et les Américains pour la payer". Comme quoi Caruso  n'avait même pas la reconnaissance du ventre, vu le succès qu'il avait connu Outre-Atlantique alors que ses potes napolitains lui faisaient la trogne en lui préférant De Lucia. Il est à souligner que pour une fois, on est bien placés au palmarès, ne boudons pas ce plaisir.

Pour ceux qui doutaient encore de la mégalomanie galopante de Richie Wagner; quelques phrases suffiront ! Et à lire la longueur de ce que j'ai trouvé, il me semble que ce type est le musicien par excellence sur lequel on aime se soulager.
 
"À la Société, je ne demande que de l'argent, le reste, je l'ai". 
C'est pour ça qu' "On" s'acoquine à une Cosima ou à un Louis II de Bavière... il y en a qui pensent "placement" avant "amitié et amour" que voulez-vous.


Son ex-pote Nietzsche - deux monstres sacrés liés d'amitié, ça ne peut durer, l'un essaie toujours de supplanter l'autre, ou de le convertir - ce penseur donc avait la dent dure contre Wagner et son égo hyper-développé : :"Wagner est-il un homme ou une épidémie ? Il a rendu la musique gravement malade." Théorie amplement développée dans Le cas Wagner  (1888), que je vais me faire un devoir d'ailleurs de relire un de ces quatre :
 «Il est une évidence qui me semble primordiale: l'art de Wagner est malade. Les problèmes qu'il porte à la scène, de purs problèmes d'hystériques; ce que sa passion a de convulsif, sa sensibilité d'exacerbé, son goût qui exigeait des piments toujours plus forts, son instabilité qu'il déguisait en autant de principes, enfin, et ce n'est pas le moindre symptôme, le choix de ses héros et héroïnes, considérés comme types physiologiques (au générique, que des frappés du bocal !), bref, tout cela forme un tableau clinique qui ne permet pas le moindre doute: Wagner est une névrose.» 

A savoir que ce cher Friedrich enfonce un peu une lourde ouverte... Même sans être un spécialiste en médecine des boyaux de la tête ou un musicologue estampillé NF, on se doute qu'il avait quelques problèmes avec ses amis imaginaires  ou non... Voir ce que j'avais déjà dit sur le rôle des femmes dans sa famille, si vous vous en souvenez. Mais ce qu'on aime chez nos chers génies, c'est justement qu'ils sont du genre à descendre de vélo pour se regarder pédaler... la norme n'est pas symbole de passion, faut s'y faire.

Il est à noter aussi que Rossini était tout sauf tendre avec notre teuton mal coiffé "De jolis moments, mais d'effroyables quarts d'heure" ? Il est modeste parce que des passages wagnériens narratifs ou d'introspection dépassent de beaucoup le quart d'heure évoqué parfois... faut savoir s'accrocher à la bouée de sauvetage rescapée de la tempête si on veut surnager jusqu'au bout du maelström lyrique (qui aime bien châtie bien dans mon cas vous le remarquerez)


Les grands-bretons ne sont pas à la traine, peu s'en faut, quand un chef d'orchestre du crû (David Randolph) balance que "Parsifal   est le genre d'opéra qui commence à six heures. Après trois heures, vous regardez votre montre, et il est six heures vingt"


Quand on sait que cette fresque arthurienne (vi, le mythe du Graal, c'est arthurien tout de même) dure près de trois heures quarante... quatre heures quarante au pire des cas - le "pire" étant les pauses-pipi, du moins je l'espère -, c'est des vingtaines de minutes qui commencent à peser leur poids sur notre résistance nerveuse.


Si j'étais médisante, je dirais que c'est le chauvinisme anglo-saxon qui parle, il n'y a qu'un anglais pour parler ou écrire sur "ze King Arthur", comme il n'y a qu'un anglais pour oser critiquer les ornements capillaires des représentants féminins de la Couronne Britannique ou les frasques extra-conjugales des membres de la famille royale. Je remarque d'ailleurs qu'il fut un temps où on s'en battaient l'œil mais grave, mais l'influence anglo-américaine prenant de l'ampleur, tous les tocs, vices, déviances de nos têtes dirigeantes commencent à prendre de plus en plus d'importance dans nos lectures "populacières" (people, j'ai du mal, c'est de l'anglais)n c'est juste un constat, mais ça me saoule un peu.


Un autre anglais, pourtant fort mal traité par ses pairs et concitoyens, Oscar Wilde (ça l'avait peut-être aigri remarquez) n'est pas avare de bons mots également :  "La musique de Wagner est si bruyante qu'on peut parler sans déranger son voisin".

Il est suivi de près par deux types de l'ancienne colonie dépannée par La Fayette, les Etats Unis évidemment,  Mark Twain, le papa de Tom Sayer, "La musique de Wagner est meilleure qu'on pourrait le croire à l'entendre" et surtout Woody Allen avec sa citation qui me fait toujours éclater de rire : "Quand j’écoute WAGNER, j’ai envie d’envahir la Pologne".


Théophile Gautier pour le coup fut économe***, ça change de ses tirades à la Bossuet, en qualifiant la musique de "plus cher  et de plus ennuyeux des bruits"**** . Il parlait là musique en général, mais c'est de famille, puisque sa Judith de fille rencontrant Totor Berlioz à une représentation de Tannhäuser lâcha une réplique pire qu'un vent incongru (ce qui n'était pas de mise pour une jeune femme à l'époque, surtout à l'opéra, à mon avis c'est le seul moyen de se lâcher qu'elle eut trouvé sur l'instant ) : "Comment a-t-on osé mettre une meute de chiens dans Tannhäuser ?  - Pourquoi pas ? On savait qu'à la troisième représentation il n'y aurait plus un chat dans la salle."


Re-petite note à ce sujet, j'ai lu quelque part sur le net (désolée de piquer éhontement la chose, j'ai oublié de mémoriser le lien) qu'une cabale contre l'œuvre aurait été fomentée par les membres du Jockey-Club local, protecteurs et mécènes pas très désintéressés de certaines ballerines, car le ballet se situant au premier acte, cela obligeait ces Muffat  d'Outre-Manche (relire Nana de Zola, vous pigerez mon allusion) à arriver au début de l'opéra s'il voulaient admirer de jolies gambettes et pas à l'entracte selon leur habitude. Mais c'était l'usage de faire figurer des zibellines en tutus au théâtre... "Pour rendre l'opéra supportable, il faudrait allonger les ballets et raccourcir les jupes des danseuses" préconisait Jean d'Alembert (1717-1783) Ce que se fit un devoir de faire le créateur de Tannhäuser à Paris, alors que l'original de Desde n'en comportait pas, mais Vénus tortillant du croupion avec ses copines, que voulez-vous, ça ne pouvait que confirmer l'adage  "le gai Paris"


Il faut tout de même une contre-attaque à ce feu nourri contre Wagner, puisque en représailles, les allemands furent très explicites sur notre sensibilité musicale, liée à nos origines darwiniennes : "peuple de singes" frappe-t-il plus les esprits que "bouffeurs de grenouilles" ?

D'accord, Wagner avait également une dent contre notre chère Exagonie, quoi que sa rombière Cosima fut née de l'union d'un certain Liszt et de Marie d'Agoult, française pur-jus, elle se rangeait aux arguments de son époux (comme stipulé dans le laïus dont on nous rebat les argouanes durant la cérémonie matrimoniale) ; il avait même bidouillé une "Ode à l'armée allemande devant Paris" et une "Capitulation"... qui était tellement vacharde à notre encontre que même les théâtres allemands refusèrent de la monter, c'est vous dire. Mais il faut lire sa biographie pour savoir ce que cette francophobie cachait. (une déception artistique... un claquage de porte au bec... les génies ne souffrent pas qu'on leur tourne de dos)

Ne pas oublier le pied de nez à  Tristan dans une œuvre célèbre de Debussy, qui avait également une dent contre notre prolixe musicien  (la parodie se situe vers le milieu de l'extrait, à vous de la reconnaître)

Le géniteur littéraire d"une bourgeoise mal mariée (Madame Bovary) y va de sa plume sergent-major pour noter que "Wagner : ricaner quand on entend son nom, et faire des plaisanteries sur la musique de l'avenir.".

Mine de rien, mes recherches de piques lyriques se poursuivent, d'une manière aléatoire et suivant mes instants de libre, si je découvre autre chose, je vous tiens au courant, promis.

Pour l'instant, je vous laisse, file dès que faire se peut vous lire et ne vous fixe pas de rendez-vous gravés dans le marbre pour de nouvelles logorrhées verbales, étant donné mes journées plus que bien remplies. Mais rassurez-vous, je ne suis pas absente définitvement, le "retour de la vengeance" aura de nouveau lieu, mais la date est encore très floue.

Bonne continuation et à plus

La dragonne

*enfin, timide le retour, vu que de se la péter avec le retard que j'ai, ça serait effronté de ma part.

** à noter que les comptines genre "Trucmuche est un nul-leux", "machin-chose aux latri-neuuu" jouent sur deux tableaux, infantiliser en rabaissant le sujet de ces piques au rang d'un porteur de couches pas propres et le marquer (à vie parfois) par un air hypnotique et aussi lancinant qu'une roulette de dentiste, ça en a fait des dégâts ce genre de moqueries (dans mon cas c'était "Grozéléphan-eu" (en un mot) en rapport avec mon nom de famille, ce qui évidemment ne vous interpelle nullement, vu que je reste coîte sur ma "vraie" vie)

***qui n'a étudié son Roman de la Momie avec une description longue comme un jour sans pain pour décrire que la nana est juste étendue sur sa couche, faut le faire en longueur, j'suis battue à plate couture !)

**** Je me devais de faire une allusion au coût de la musique en illustrant cela par la rançon demandée par les frangins géants, mais j'avais le choix avec l'air "scintille diamant" des Contes d'Hoffmann également, si j'avais eu du temps, j'aurai encore fouiné, vous me connaissez.
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Lundi 14 septembre 2009 1 14 /09 /2009 11:17
Bonjour


Deux semaines, ça doit être suffisant pour vous avoir permis de fouiner dans tous les liens que je vous ai filé au dernier article "réponse à vos commentaires", faudrait p't'êt' penser à continuer avant que les commentateurs ne se demandent si c'était vraiment eux qui avaient balancé les mots que j'avais attrapés au rebond.
On va tacher d'avancer, parce que si les..  flâneries persistent, cette série de billets risque de bouffer totalement la vedette à ce qui vous fait venir(*) ici, la narration d'œuvres lyriques que vous ne connaissez ni des dents ni des lèvres (pour paraphraser Michel Coluzzi)

Or donc, place à vous et à vos avis.

Quichottine 
Bon pour ne rien te cacher, ma culture est très maigre et, avant de venir chez toi, je n'avais écouté, la plupart du temps que les ouvertures de certains de Wagner (Il y en avait quatre sur mon 33 tours, dont Tanhauser, que j'adore, sans pour autant jamais m'être demandée de quoi il était question (j'ai honte, mais c'est vrai) et quelques grands airs qu'on entend partout... (la Traviata, dans les films, c'est le top... les héros -surtout les héroïnes- pleurent en l'écoutant)
Te dire que je me suis pourtant régalée avec certains airs écoutés à la télé, au temps où je n'avais pas peur de regarder Mozart (du Barbier de Séville aux noces de Figaro... j'ai bien aimé), je peux. L'air de la calomnie est magnifique.
Ensuite... j'aime davantage certaines tessitures, une basse me fait vibrer, bien plus qu'un ténor... mais c'est une question de goût.
Par contre, j'ai vu "La Flûte enchantée" plusieurs fois, j'adore !
Et là... ma fille vient de m'apporter ses extraits du Tovatore... alors, avant de te dire de qui je veux parler (je pourrais te demander de me dire ce que tu penses de la Reine de la Nuit, mais ce n'est pas une héroïne) donc, je vais prendre le temps de l'écouter...
Tu sais, de tes quatre héroïnes, comme ça, sans réfléchir, j'aurais dit Marguerite... Mais je ne sais pas pourquoi.
Voilà, si tu arrives à me suivre dans mes explications, je te tire mon chapeau !



Tannhaüser... tiens donc, ça me fait penser que je n'ai encore pas maltraité le sujet, ainsi que Parsifal d'ailleurs (ça coulerait pourtant de Rhin, vu que c'est le papa d'un certain chevalier au cygne déjà évoqué ici). Ne pas oublier l'Umlaut teuton ma grande... ma mémé serait pas contente sinon (mais on s'en fiche un peu, paraît qu'on ne risque pas la peine capitale en faisant des modifications aux noms propres)

Il y a d'ailleurs une "méchante" dans celui-ci... même si traiter Vénus  d'ensouffrée n'est pas totalement justifié,  mais voilà, c'est une déesse païenne qui se fait un devoir de  détourner un    chrétien de la "bonne voie"  (et pas bonne voix, quoi que... lorsqu'on connaît le thème  de l'opéra,  le lapsus  est permis).
A noter les accents parsifaliens du final, pour ceux qui connaissent, pour les autres, un petit exemple**. Beau petit filet de voix elle aussi (Grace Bumbry n'est pas vilaine non plus si vous y allez jeter une argouane)

Tu as encore bouffé la commission  Quichottine...  Le Barbier et son air  sur la rumeur de Don Basilio  http:// c'est  "encore"  de Rossini et non de Mozart (post-it sur le frigo, j'vois que ça, j'en use et abuse dans mon cas, mémoire de carassin doré oblige).  Les tessitures "dans les caves" pour  les  chanteurs, j'aime plutôt,  ainsi que les mezzos et  contraltos pour les nanas, mais ça,  tout le monde commence à s'en douter, vu  que j'arrête pas de le rabâcher (ou alors c'est que vous  manquez  d'attention  les cocos)
La  Flûte, on y  revient,  la méchante Reine de la  Nuit évoquée précédemment, avec son  pendant  "positif"... Sarastro  (une basse,  pour te faire plaisir ). Quelque part, je me demande si les méchants ne sont pas le Doppelganger, le double négatif des héros, donc des héros tout de même... (et on en revient à ce que je dis toujours... s'ils n'existaient pas, les héros ne seraient pas non plus)
Marguerite et sa naïveté... si je n'avais envie de la tarter pour lui apprendre la vie, je lui serai tout de même reconnaissante pour son air final (moui... par Gounod interposé, cela va sans dire, la Marguerite commune, celle des villes et des champs, sais pas si elle m'attendrirait autant, ah... magie de la musique !) à noter que la... lévitation finale me rappelle également celle de Isolde... j'ai des connexions mentales et auditives très personnelles je sais .... comme celle de Thaïs sur son lit de souffrance d'ailleurs

Au demeurant, je m'aperçois qu'on parle de Rédemption, de sacrifice.... tout comme celui de Brünnehilde sur son cheval Grane,
De Senta se prenant un bouillon.

Les martyres abondent dans le lyrique;  les sacrifiées, tout comme la pov' Léonora de la Forza del Destino de Verdi,
La copine d'Edgar de Puccini, Fidelia... (un nom dur à porter ça, je flipperai qu'on me confonde avec Lassie),
Une pucelle orléanaise et Tchaïkovskienne;
Une Wally en manque de poudreuse.


Tout comme les sacrifiées volontaires... ce qui me fait passer (en douceur) au commentaire suivant de ce cher Atalmont

Atalmont 
Une héroïne d'opéra qui m'a marqué....
Tout de suite c'est Carmen qui me vient à l'esprit.
D'accord tu vas me dire "c'est classique, c'est trop connu....".
Mais le personnage (crée vers 1875) a quelque chose de fascinant. Ce n'est pas l'héroïne "potiche" qu'on voit partout. Elle a du caractère souviens toi quand elle dit à Don José "chiens et loups ne font pas longtemps bon ménage".
Et puis j'ai un bon souvenir de l'oeuvre que j'ai vu à l'opéra Bastille.
Voilà, voilà....



Si c'est pas une sacrifiée au machisme ça !!! Mais suis-je obligée d'y revenir à cette nana, c'est un symbole universel de plus non ?

Il y en a d'autres du même acabit.... si on regarde du côté de Lulu de Alban Berg, pas d'extrait correct, désolée (le seul final trouvé est tellement "trash" que j'ai scrupule à vous le filer, il risque de vous empêcher de digérer)

Dans Khovantchina de Moussorgski, Marfa   se permet d'inviter des potes à son barbecue si c'est pas de l'altruisme ça ! (Un petit extrait du choeur... j'aime les choeurs slaves, pas ma faute) Dosifey n'est pas mal... (euphémisme, c'est une "gueule" de l'œuvre)

Lucia qui s'autorise un pétage de plomb fatal, un "suicide" bidouillé en quelque sorte, alors que son pote passe à l'acte tout bêtassement (je sais, je radote, mais c'est histoire de donner de nouveaux extraits)

Léonore qui en fait de même.

Les suicides avérés ou programmés, ça foisonne aussi, à vous de tenter de les dégoter.

Si je parle de Blanche... ça aussi, déjà évoqué, mais comment ne pas y songer.... on est pile poil dans le sacrifice (collectif de surcroît), une redite là aussi, mais cette scène je ne m'en lasse pas. A ceux qui ont loupé la narration, vous êtes invités à aller jeter un oeil à mon "résumé" de l'œuvre, ça élucidera le drôle de bruit qui ponctue la scène finale.

Juliette  
Pour moi tu sais il n'y a qu'une héroïne d'Opéra :
Mélisande.
Quelle personnage complexe! Elle s'est entourée définitivement de mystère. D'où vient-elle ? elle ne le dira jamais.
Elle fait la conquête de toute la famille en un clin d'œil, Tous l'adorent. Les femmes la materne, les hommes la désire.
Mais elle ment avec une facilité désarmante et touchante. C'est une rouée mais un être si fragile et si mystérieux que j'en suis fascinée depuis des décennies.
Et je crois qu'elle ne pouvait que mourir jeune et disparaître comme elle était apparue, mystérieusement, peut-être pour reparaître ailleurs, jetant sa couronne et pleurant sur le mal qu'on lui a fait.

Je délire toujours un peu quand je parle d'Elle


                                                                           Mélisande sans ses couettes

J'ai un mal énoooorme avec Debussy, quoi que j'aime bien cette histoire (culture médiévalo-teutone ou non oblige, on voit sa copine Isolde, Sieglind même) mais je me soigne rassure-toi !, son côté "rouée" je ne sais... elle ment comme une gamine prise la main au pot de confiture de fraises, on l'excuse parce qu'elle est jeune et destinée à finir ainsi... les condamnés d'office trouvent plus facilement grâce à nos yeux, s'pas ? Mine de rien, je crois que c'est son monde imaginaire plutôt que ses mensonges qui la tue.....

J'aime ce genre de commentaire Juliette, on sent que tu vis le truc.

Jane  
Mes deux héroïnes préférées dans l'opéra (pour le peu que j'en connaisse , soyons modeste , car tu sais que dans les chorales c'est plutôt le chant sacré qui prévaut !), ces deux héroïnes sont Carmen et Mme Butterfly ! Ce sont deux opéras que je connais , d'abord , et puis ces héroïnes sont tellement à l'opposé l'une de l'autre même si elles sont toutes les deux dévorées par la passion , l'une lutte pour sa liberté et choisit de mourir pour la conserver , l'autre se laisse emporter par la vague du désespoir , l'une est toute violence et force , l'autre toute douceur et tendresse...
D'ailleurs ce serait bien que tu nous racontes Mme Butterfly , mais difficile de faire de l'humour avec cette histoire...Une gageure...Tu as dit que tu les aimais !!



J'ai connu pire comme défi, regardes du côté du Dialogue des Carmélites ou de la Traviata... Pour Carmen, pas de commentaires superfétatoires... on va me dire que je tourne en boucle sinon, mais pour madame Mouche-à-beurre (déjà moins poétique en Exagonien non ?), étant donné que je n'ai pas encore traité cet opéra, ça va paraître tout neuf de filer quelques extraits pour appuyer ton ressenti personnel  fort juste d'ailleurs ma grande.

Douceur tendresse 
"faisage" de compositions florales
rêve
désespoir  ....

Un monde sorti de la tête de Pierre Loti, un petit côté estampe nippone de bon aloi, presque colonialiste si on y songe, la femme n'étant pas spécialement un être "qui en a" dans la culture du Soleil Levant (mais est-ce réservé à la culture nippone ?.... on pourrait en causer....)

Bon, on va dire que j'ai répondu correctement (m'enfin question longueur, question justesse, suis pas musicologue, et encore heureux !) alors tous à l'écoute et à bientôt; Comme il se doit, je vous laisse du temps pour cela, ce qui me permettra moi-même d'aller faire un tour par chez vous... Bon début de semaine.

La dragonne

PS: a signaler pour les "nouveaux" qu'il faut cliquer sur les trucs en gras, je dis ceci pour la personne qui m'a envoyé un message me signalant qu'elle ne trouvait pas d'extraits, elle avait simplement oublié de passer le curseur au bon endroit (désolée de ne pouvoir répondre d'une manière plus personnelle, pas d'adresse pour l'accusé de réception, si j'ose m'exprimer ainsi)



* (je ne cause pas de  mes gaffes, même si j'en connais qui ont une préférence pour cette catégories, les sadiques, à moins que vous classiez ça dans "œuvres mimiques farfelues"

** A noter que ce bon vieux Richie ne déroge pas à sa règle de base, changer l'ordre de la chronologie... Parsifal fut le dernier opéra alors que Lohengrin fut le sixième (septième si on considère le premier : Les Noces, qui resta inachevé)
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Mardi 1 septembre 2009 2 01 /09 /2009 11:56

Cliquez sur la photo et à vos Harrap's !



Bonjour

Pas la peine de vous dire que j'suis un chouillas en retard pour ma... "rentrée" bloguesque, mais vous savez quoi ?... Aucun remord, aucun scrupule n'est venu me tarauder à ce sujet. Il a passé le coin de la rue il y a belle "larirette" le temps où j'avais la mine basse et le clavier tremblotant en implorant la divinité Blogototep de m'accorder son pardon (comme si ça datait de la première dynastie égyptienne le début de mon blog, m'enfin... tout est relatif s'pas ?)
Je n'avais tout simplement pas envie de reprendre  de suite après mon retour de vacances, la balle était dans mon camp, j'l'ai chopée au vol et ai écouté le Molloch horridus qui se tenait sur mon épaule gauche*. http://www.bourlingueurs.com/australie/faune/page_08.htm
Mais là, point trop n'en faut, il y a vraiment urgence à ce que je me tirlipote les neurones, je frise l'état végétatif d'un plat d'endives pré-gratinées et ça me donne des impatiences, c'est signe qu'il est temps de refaire surface avant la mort cérébrale** (le moment ou le cerveau-gruyère devient affectueux et couvre onctueusement les astéracées langoureusement emmaillotées dans leur couette parisiennement porcine)

Alors...on y va et pour démarrer ma saison lyrique personnelle, il est grand temps que je conclue  ma réponse à vos commentaires sur les nanas dans l'opéra - (commençant en concluant... paradoxe des paradoxes ça !) -, ça, je ne l'ai pas oublié, laisser un bout de billet avec des points de suspension, ça va faire désordre dans mes archives, les points de suspension n'étant réservés qu'à ma ponctuation très personnelle lors de mes diverses rédactions... cela va sans dire.

Roanne  
Oh là là, ma culture opératesque est trop nulle pour que je sache quel perso féminin m'a le plus fait vibrer (disons avec prudence qu'il m'en reste encore trop à découvrir).
Cependant, comme je suis dans une période anti-greluchenitude, je suppose que je serai plus sensible au chant des "garces/méchantes" de service car les donzelles qui ne font rien pour s'en sortir, ça m'agace ^^ (pourtant dans la réalité, les garces je ne les supporte pas).
Donc une héroïne qui en veut, qui se bat, qui va jusqu'au bout, ça me plait.
Si tu en as en stock, je prends ! :))  :

J'ai en stock évidemment. Quant à la formulation de tes "blancs" lyriques, je préfère de beaucoup les parenthèses... ça m'a toujours semblé la bonne formule de toute façon. On n'est jamais nul en quoi que ce soit... on n'en connait tout simplement peu ou prou, tout comme je n'arrête pas de dire que le poncif "j'aime pô" remplace souvent inconsciemment "je pige pô"***
On a tous nos périodes anti-greluchenitude récurantes, notre petit côté suffragette ébouriffée certainement, même si on soupire quand on est seule avec une histoire à l'eau-de-rose entre les pognes et la  trogne penchée "à l'intello" pour masquer ça sous les fards d'un  sens critique aiguisé comme le katana d'une héroïne de Tarantino (... bon, j'vais vous faire un aveu... je fonds comme glace sybérienne en équateur en lisant Jane Austen et Elizabeth Gaskell, j'serai damnée pour ça****)

Pourquoi crois-tu qu'on aime les héros de blanc vêtus (au sens figuré évidemment), parce qu'ils ont leur faire-valoir : les méchants de service ! Le yin du yang, la part d'ombre, le Doppelganger obligatoire voir vital pour que le neuneu de service sorte du troupeau bêlant, s'il n'y avait pas de traître de service, de salaud patenté, que serait un héros sinon ?! (je rabâche, je sais)

- Ortrud de Lohengrin, c'est un Iago en panty enrubanné, mais Elsa-la-douce (rien à voir avec Irma du même qualificatif, quoi que...) ne déclencherait pas tout ce boxon si cette majestueuse garce ne mettait son grain de chlorure de sodium dans le bouillon-light qu'est une histoire de justice divine par duel interposé

- Un Macbeth aurait autant de consistance qu'un flan parisien si sa Lady sentant le souffre n'était derrière à le pousser au train. A noter d'ailleurs (enfin c'est ce que j'ai crû noter pour ma part) Ce couple stérile ne peut enfanter que destruction et souffrance, une progéniture arrondirait trop les angles, on leur trouverait toujours l'excuse de vouloir assurer les arrières de leurs gamins en leur constituant un p'tit capital

- La Reine de la nuit de la Flûte enchantée... la maman exclusive et dévastatrice de Pamina, si c'est pas un symbole de l'affrontement clarté-obscurité ça ! La seule  à ne pas avoir de p'tit nom au générique... plus un concept philosophique qu'un être de chair (alors que son ex-copain Zarastro a gardé le sien... bizarre non ?)

- Amnéris-la-jalouse de Aïda, qui a des renvois ( grastriques et autres) quand elle se rend compte qu'elle vient de péter son jouet toute seule


- Abigaille qui veut être calife à la place du calife

- Turandot,    (vous connaissez l'impératrice Tseu Hi... elle me la rappelle bigrement    pattes d'oies non comprises) Quoi que... le coup des trois énigmes qu'elle impose à ses soupirants... sais pas si c'est pur sadisme ou instinct de survie... enfin un beau Sphinx tout de même (à savoir que Puccini s'est arrêté à la mort de l'esclave Liu, "la mort étant plus forte que l'Art" et la fin heureuse est due à quelqu'un d'autre, Alfano)... En me relisant... ce n'est pas une "vraie" méchante, tu peux la classer plutôt dans ta catégorie "héroïne qui en veut", ça sera plus juste pour ce qui la motive vraiment.

Là, ce sont des méchantes agissantes, mais c'est sans compter sur les bonnes à tout faire du lyrique, celles qu'on utilise comme vulgaire chiffon bouffe-poussière, les mollasses qui suivent le dernier courant d'air qui a soufflé dans les parages, du moment qu'elles ont l'impression d'exister. Les "fausses" méchantes... les gourdasses pour certaines au vu des bourdes qu'elles alignent ne pensant pas à mal

Exemples ? :

- Kundry de Parsifal (à narrer celui-ci évidemment)  la minette en espoir de rédemption... normal, c'est l'opéra "chrétien" par excellence ça (pour le plaisir, je vous file aussi un extrait de notre Crespin nationale, une des rares wagnériennes française à avoir pu s'imposer à Bayreuth)

- Eboli qui déballe le pot-aux-roses   et s'en bouffe les dents après (là encore, acte de contrition et pénitence très catho au fond d'un couvent quelconque pour elle)

- Gutrune du Crépuscule... la nana au filtre d'amour qui n'a que ce moyen pour se faire remarquer par Siegfried (et encore faut que Hagen lui souffle l'idée !)

Pas évident de  trier entre  vraie et fausse perfidie lyrique... pas si simple... Pas simple non plus dans le théâtre classique d'ailleurs ... la preuve :   (désolée, j'ai "dérapé" sur ça, pas pu faire autrement de la ficher, même si Phèdre est une victime plus qu'une méchante).

Sans parler des méchantes de circonstances   ... élevées sous la mère pour ficher le souk et se recevoir des bouffes à la fin de l'ouvrage (quand ce n'est pas passer directement à la casserole au sens propre du terme   ).
Ces nuisibles sont légion... trop fatiguant de toutes les chercher pour une reprise, surtout que certaines n'ont d'autre utilité que de faire briller les chromes des héros sans une motivation solide telle que la soif de pouvoir mégalo-galopante ou la haine chronique de l'humanité.

Les frangines de Cendrillon par exemple... allez trouver un air où elles ne jouent pas les siamoises (il en existe, mais pas en extrait, bien évidemment) des méchantes bourgeoises quoi.

Les donzelles de la Piedra del Paragone de Rossini, translucides et prévisibles... pas trouvé d'extraits où elles figurent seules non plus, je vous balance la "pub" pour le DVD que j'ai évidemment, j'aime plutôt bien cette version (et pas que pour son humour ravageur) encore des nuisances bourgeoises

Magdalena frangine du sbire engagé par Rigoletto pour trucider celui qui a osé toucher à sa gamine....  elle a même des états d'âmes en pensant que ça serait gâcher de le ficher à la baille alors qu'il peut encore servir (à noter qu'elle n'a la nécessité d'exister qu'au dernier acte, c'est vous dire la place qu'on lui donne !) plus "utilité" tu me fais signe hein ?!

Etc... tiens, fichez-vous à l'eau et épluchez un peu les extraits et œuvres pour en trouver des vocations de "tapisseries"

Bon, je m'arrête là, si je place encore quelques commentaires, ça va faire péter tout le bastringue étant donné la longueur de mes réponses... Je vous laisse digérer ça tranquillement, et l'écoute n'en sera que plus attentive (du moins je l'espère) si je freine légèrement sur l'ajout d'extraits pour cette journée de reprise bloguesque... A plus, chez vous ou ailleurs, bonne reprise pour ceux qui reprennent le carcan j'suis de tout coeur avec eux (suis crédible alors que je me les tourne béatement chez moi ? ....)

La dragonne



* - ou droite... sais plus la place qu'occupent les bons et mauvais esprits dans les dessins animés... y a t il un ordre d'ailleurs à respecter pour faire apparaitre ces p'tites consciences cornues ou auréolées sur l'extrémité supérieure de nos trapèzes surdéveloppés par la pratique intensive du body-taekwondo (vi, Hulk tremblote dans son calcif en voyant que je brigue son titre, mais j'suis magnanime, je le lui laisse avec grand plaisir, le vert me sied mal au teint), faudrait que j'étudie ça... "La symbolique "toonesque" et ses paraboles sociales" ça s'appellerait (m'est avis que ça a dû être fait ce truc, comme pour Bettelheim et ses contes de fées, une mine d'or pour les psychoneuneus du dimanche.

** Et j'ai du mérite ! Je viens de péter ma paire de lunettes préférée (on s'en fout) et pianote avec un truc qui me fait ressembler à une chouette hulotte passée se refaire un look tendance chez un styliste tropézien soixante huitard... et sous substances hallucinogènes.(on s'en fout d'autant plus... mais c'est histoire d'en rajouter à la longueur du texte, vous commencer à piger comment je tourne...)

*** vraie formulation d'un état de fait dont je n'abuse point moi-même (le coup du cordonnier mal chaussé, en quelque sorte) étant donné une "certaine" (certifiée même) ignorance du fameux domaine informatique qui me fait en rajouter dans la buserie blondesque plutôt que d'avouer ouvertement que j'ai un poil énorme dans la paume qui m'empêche d'y aller jeter un oeil

**** quoi que la majorité de leurs héroïnes sont des belettes qui sont tout sauf subissantes si on y pense bien, j'ai une petite lueur d'espoir quant à mon salut éternel du coup

- Publié dans : On y parle musique et ce qui tourne autour
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