Le chevalier au cygne (suite)
Bonjour !
Alors, prêts pour la seconde partie des aventures wagnériennes à la Halle aux Grains ? On y retourne tout de suite, donc. Nous en étions restés au moment où, plagiant Don Juan, une fois rassasiées de nourritures terrestres, nous envisagions une sustentation plus éthérée, purement auditive mais combien nourrissante pour notre petite tête !
Enfin, nous voyons arriver les chœurs (mecs d’un côté, nanas de l’autre). Surprise agréable : on est à portée de voix et de gestes du copain. Que croyez vous qu’on ai fait ? Evidemment, cela aurait été trop simple qu’on la boucle sagement jusqu’à l’extinction des feux et le début de l’œuvre. On se lance dans des « Ouhou ! Eh, Psssst ! Machin ! »(c’est pas son prénom évidemment, mais il se reconnaîtra) Avec des sauts et des grands moulinets style pom-pom girls (les pompons auraient été bien utiles tiens !)
L’interpellé nous a parfaitement « visualisées » (c’est le terme) mais tourne ostensiblement la tête (du genre « Si je regarde ailleurs, j’ai plus de chance que les copains du groupe oublient de me demander si je connais les deux allumées qui jouent au chien jaune »).
On arrête, parce que sinon, on risque de voire arriver des mecs en costar blanc qui nous invitent à faire un tour dans une zoulie voiture qui fait « pimpon » jusqu’à un charmant chalet très « douillet » étant donné qu’il est entièrement capitonné.
Les solistes arrivent, le chef, et après les applaudissements d’usage, l’opéra commence. Rien, à part la musique et des chanteurs plus que corrects (excellents même, pour certains) et copine et moi, on reste babas, complètement tétanisées par la force de la partition (et notre démon personnel en train de digérer dans un coin, nous accordant ainsi un semblant de crédibilité en société.) Mais voilà… étant donné le trop plein d’émotion et notre version très personnalisée de la femme de Loth pendant tout un acte, il est évident que ça va pas durer, et qu’à l’entracte ça va péter quelque part !
Et ça loupe pas ! La pause arrivant, on se précipite (là aussi c’est le terme) et pas aux sanitaires, droit sur le copain, qui n’a même pas le temps d’esquisser un geste de retraite (tout juste si on a pas enjambé la séparation des balcons pour aller plus vite) La charge de la brigade légère sans les chevaux ! On commence à jouer les groupies et les autres membres mâles du chœur nous regardent de haut (au sens propre du terme ! C’est le rang des barytons et basses et, question taille, c’est en rapport avec l’organe !
Pour vous donner une échelle… visibilité : boucle de ceinture (et allez pas chercher une allusion grivoise les pervers !) Le copain nous signale que ça serait peut-être bien d’aller prendre le frais dans le couloir, étant donné, que là, il sature un peu côté place (surtout qu’il reste encore deux actes à assumer dans son box).
On le suit, enfin « les » suit, étant donné qu’ils ont tous la même idée. Et on recommence à causer contre-ut (enfin, pas pour eux… tessiture oblige !). Là, j’ai une question qui me tarabuste depuis le début de l’acte : A un moment, on entend des trompettes censées venir du lointain annonçant l’arrivée de Lohengrin. Et « effectivement » elles semblent venir carrément de l’extérieur de la salle (je me suis penchée limite de basculer par-dessus la rambarde (la personne derrière moi a dû avoir une vision très sélecte de mon popotin en prime), pour viser du côté des cuivres… et les trompettes, elles étaient sagement posées sur les genoux des mecs… mystère !).
Petit sourire attendri style « ces nanas, un rien les amuse ! » et le copain nous entraîne dans une petite salle à côté. Explication : les trompettistes se placent ici et jouent en suivant les indications du chef par écran interposé. Boum ! Encore une image d’Epinal qui se casse la goule (j’aimais bien, moi, l’idée des trompettes à l’extérieur, en plus, vous imaginez la tronche des passants se la pétant sérieux, croyant que c’était pour marquer leur déambulation ? Que d’honneur !) Tout d’un coup, je m’aperçois (par ce fameux moniteur interposé), que la salle de concert commence à sérieusement se remplir. Petit coup de coude à la copine et suggestion « faudrait p’t’être bouger sa couenne ! », parce qu’avec la foule, on risque (encore) de se faire remarquer si on arrive alors que tout le monde attend dans un silence quasi religieux le début du second acte.
Là, début de panique ! Dans le feu de l’action, on s’est retrouvées dans l’allée réservée aux choristes et eux, très professionnellement regagnent leur place. Et où qu’on est ? En plein milieu !(toujours visibilité ceinturon) Nous voilà presque entraînées de force, style vague de lemmings dans leur phase « plongeon collectif du bord de la falaise », en train de nager le papillon à contre courant pour essayer d’éviter de faire tache dans la formation (Image : géant – colosse - marmule – espace – espace – titan – balaise - costaud… Dans cette énumération, deux erreurs se sont glissées) Je balance à copine, que si nos forces nous manquent et qu’on se retrouve sur scène, on a intérêt à trouver des partitions vite fait, pour faire moins « touristes » L’avantage des petits gabarits, c’est quand même que ça se faufile facilement, et après quelques contorsions et des « pardon », « s’scusez », « t’tention », « j’suis en bas, si vous cherchez d’où vient la voix », on arrive à sortir de ce courant humain, pour regagner nos places (un peu essoufflées sous l’effort tout de même).
Le second acte arrive, nous replongeant de notre état « chlorure-de-sodiumeux » et ce, jusqu’à l’entracte suivant (le dernier, au grand soulagement du copain, certainement !) La dernière note jouée et les premières lumières à peine rallumée… les deux groupies re-foncent vers le seul élément familier de la salle : le pauvre copain ! Sympa, il nous voit débouler tout en gardant son courageux sourire. Re-sortie dans le couloir et re-papotage lyrico-anecdoteux, quand une espèce de grand échalas se pointe, roulant sa caisse et ronronnant (rugissant même) de la voix pour… s’appuyer du coude sur mon épaule ! J’ai l’air d’une canne anglaise ? Regards mi-amusés et mi-inquiets de copine et copain, ils savent que le côté « contact physique » sauvage, c’est pas trop mon truc, et connaissant le bestiau, le fatigué ferait peut-être bien de compter ses doigts (à porter de ma goule) avant qu’il ne s’aperçoivent que la balustre humaine a un sacré coup de dent ! Là, je les surprend en ne bougeant pas d’un millimètre et en levant la tête (complètement en arrière oui, vu la taille du charolais !) J’suis dans ma période coolitude (ça se voit même à ma tenue, étant donné que je suis en levis noir et perfecto) et si ça l’a tué de pousser sa complainte, je ne vois pas d’inconvénient à ce qu’il reprenne son souffle (mais pas trop longtemps, l’épaule commence à grincer) Après avoir récupéré et repris une station verticale correcte (il était temps, j’ai l’impression d’avoir la forme de son avant-bras incrusté dans la bidoche) on continue à papoter à quatre, cette fois, de Wagner, de la « lourdeur » de certaines partitions et de la longueur, presque inhumaine des fois, de ses œuvres (les Maîtres Chanteurs, près de cinq heures et demi d’opéra, quand même !) Le reste de l’entracte suit sans incidents sauf qu’on commençait avec copine à esquisser quelques pas chassés pour se repositionner dans l’axe de notre escalier, histoire de pas se retrouver embringuées pour un autre tour d’autos-tampons !
Pour la suite et fin de cet opéra, tout fut dans le plus pur style zénitude et conformité avec le lieu, donc plus rien ne nous est arrivées… dans les murs, parce qu’il ne faut pas oublier le retour avec une folle du volant ! Vous vous souvenez qu’elle m’avait fait une visite guidée des « mauvais lieux » toulousains ? Et bin là, elle a voulu à tout prix me montrer des nouvelles arrivantes (du Brésil, ça veut tout dire) pour me demander à brûle pourpoint : « A ton avis, bique ou bouc ? ». A plus de minuit, et à fond les gamelles, le sexe avéré ou trafiqué de ces dames était à cent lieues de mes considérations (j’essayais plutôt de me souvenir de combien d’os est composé le corps humain)
Elle m’a quand même ramenée saine et sauve devant chez moi (en fait je lui ai même demandée de me déposer avant, vu que ça lui faisait faire un détour de rentrer dans le lotissement, et que j’étais dans un état nerveux, qui me faisait envisager le fait de sauter en marche comme solution idéale d’évasion.)
Alors, ça vous dirait si je vous la présentais ma copine ? Elle vaut le détour, surtout pour ceux qui veulent éprouver leur flegme devant une situation extrême ! En tout cas, pour aujourd’hui, c’est fini et il faudra attendre la prochaine fois pour que vous ayez encore droit à des gaffes de ce genre là.
Je vous laisse et vous souhaite une bonne journée. A plus tard
La dragonne
Une petite adresse pour en connaître plus sur la Halle aux Grains :
http://www.onct.mairie-toulouse.fr/halle_aux_grains.php
Alors, prêts pour la seconde partie des aventures wagnériennes à la Halle aux Grains ? On y retourne tout de suite, donc. Nous en étions restés au moment où, plagiant Don Juan, une fois rassasiées de nourritures terrestres, nous envisagions une sustentation plus éthérée, purement auditive mais combien nourrissante pour notre petite tête !
Enfin, nous voyons arriver les chœurs (mecs d’un côté, nanas de l’autre). Surprise agréable : on est à portée de voix et de gestes du copain. Que croyez vous qu’on ai fait ? Evidemment, cela aurait été trop simple qu’on la boucle sagement jusqu’à l’extinction des feux et le début de l’œuvre. On se lance dans des « Ouhou ! Eh, Psssst ! Machin ! »(c’est pas son prénom évidemment, mais il se reconnaîtra) Avec des sauts et des grands moulinets style pom-pom girls (les pompons auraient été bien utiles tiens !)
L’interpellé nous a parfaitement « visualisées » (c’est le terme) mais tourne ostensiblement la tête (du genre « Si je regarde ailleurs, j’ai plus de chance que les copains du groupe oublient de me demander si je connais les deux allumées qui jouent au chien jaune »).
On arrête, parce que sinon, on risque de voire arriver des mecs en costar blanc qui nous invitent à faire un tour dans une zoulie voiture qui fait « pimpon » jusqu’à un charmant chalet très « douillet » étant donné qu’il est entièrement capitonné.
Les solistes arrivent, le chef, et après les applaudissements d’usage, l’opéra commence. Rien, à part la musique et des chanteurs plus que corrects (excellents même, pour certains) et copine et moi, on reste babas, complètement tétanisées par la force de la partition (et notre démon personnel en train de digérer dans un coin, nous accordant ainsi un semblant de crédibilité en société.) Mais voilà… étant donné le trop plein d’émotion et notre version très personnalisée de la femme de Loth pendant tout un acte, il est évident que ça va pas durer, et qu’à l’entracte ça va péter quelque part !
Et ça loupe pas ! La pause arrivant, on se précipite (là aussi c’est le terme) et pas aux sanitaires, droit sur le copain, qui n’a même pas le temps d’esquisser un geste de retraite (tout juste si on a pas enjambé la séparation des balcons pour aller plus vite) La charge de la brigade légère sans les chevaux ! On commence à jouer les groupies et les autres membres mâles du chœur nous regardent de haut (au sens propre du terme ! C’est le rang des barytons et basses et, question taille, c’est en rapport avec l’organe !
Pour vous donner une échelle… visibilité : boucle de ceinture (et allez pas chercher une allusion grivoise les pervers !) Le copain nous signale que ça serait peut-être bien d’aller prendre le frais dans le couloir, étant donné, que là, il sature un peu côté place (surtout qu’il reste encore deux actes à assumer dans son box).
On le suit, enfin « les » suit, étant donné qu’ils ont tous la même idée. Et on recommence à causer contre-ut (enfin, pas pour eux… tessiture oblige !). Là, j’ai une question qui me tarabuste depuis le début de l’acte : A un moment, on entend des trompettes censées venir du lointain annonçant l’arrivée de Lohengrin. Et « effectivement » elles semblent venir carrément de l’extérieur de la salle (je me suis penchée limite de basculer par-dessus la rambarde (la personne derrière moi a dû avoir une vision très sélecte de mon popotin en prime), pour viser du côté des cuivres… et les trompettes, elles étaient sagement posées sur les genoux des mecs… mystère !).
Petit sourire attendri style « ces nanas, un rien les amuse ! » et le copain nous entraîne dans une petite salle à côté. Explication : les trompettistes se placent ici et jouent en suivant les indications du chef par écran interposé. Boum ! Encore une image d’Epinal qui se casse la goule (j’aimais bien, moi, l’idée des trompettes à l’extérieur, en plus, vous imaginez la tronche des passants se la pétant sérieux, croyant que c’était pour marquer leur déambulation ? Que d’honneur !) Tout d’un coup, je m’aperçois (par ce fameux moniteur interposé), que la salle de concert commence à sérieusement se remplir. Petit coup de coude à la copine et suggestion « faudrait p’t’être bouger sa couenne ! », parce qu’avec la foule, on risque (encore) de se faire remarquer si on arrive alors que tout le monde attend dans un silence quasi religieux le début du second acte.
Là, début de panique ! Dans le feu de l’action, on s’est retrouvées dans l’allée réservée aux choristes et eux, très professionnellement regagnent leur place. Et où qu’on est ? En plein milieu !(toujours visibilité ceinturon) Nous voilà presque entraînées de force, style vague de lemmings dans leur phase « plongeon collectif du bord de la falaise », en train de nager le papillon à contre courant pour essayer d’éviter de faire tache dans la formation (Image : géant – colosse - marmule – espace – espace – titan – balaise - costaud… Dans cette énumération, deux erreurs se sont glissées) Je balance à copine, que si nos forces nous manquent et qu’on se retrouve sur scène, on a intérêt à trouver des partitions vite fait, pour faire moins « touristes » L’avantage des petits gabarits, c’est quand même que ça se faufile facilement, et après quelques contorsions et des « pardon », « s’scusez », « t’tention », « j’suis en bas, si vous cherchez d’où vient la voix », on arrive à sortir de ce courant humain, pour regagner nos places (un peu essoufflées sous l’effort tout de même).
Le second acte arrive, nous replongeant de notre état « chlorure-de-sodiumeux » et ce, jusqu’à l’entracte suivant (le dernier, au grand soulagement du copain, certainement !) La dernière note jouée et les premières lumières à peine rallumée… les deux groupies re-foncent vers le seul élément familier de la salle : le pauvre copain ! Sympa, il nous voit débouler tout en gardant son courageux sourire. Re-sortie dans le couloir et re-papotage lyrico-anecdoteux, quand une espèce de grand échalas se pointe, roulant sa caisse et ronronnant (rugissant même) de la voix pour… s’appuyer du coude sur mon épaule ! J’ai l’air d’une canne anglaise ? Regards mi-amusés et mi-inquiets de copine et copain, ils savent que le côté « contact physique » sauvage, c’est pas trop mon truc, et connaissant le bestiau, le fatigué ferait peut-être bien de compter ses doigts (à porter de ma goule) avant qu’il ne s’aperçoivent que la balustre humaine a un sacré coup de dent ! Là, je les surprend en ne bougeant pas d’un millimètre et en levant la tête (complètement en arrière oui, vu la taille du charolais !) J’suis dans ma période coolitude (ça se voit même à ma tenue, étant donné que je suis en levis noir et perfecto) et si ça l’a tué de pousser sa complainte, je ne vois pas d’inconvénient à ce qu’il reprenne son souffle (mais pas trop longtemps, l’épaule commence à grincer) Après avoir récupéré et repris une station verticale correcte (il était temps, j’ai l’impression d’avoir la forme de son avant-bras incrusté dans la bidoche) on continue à papoter à quatre, cette fois, de Wagner, de la « lourdeur » de certaines partitions et de la longueur, presque inhumaine des fois, de ses œuvres (les Maîtres Chanteurs, près de cinq heures et demi d’opéra, quand même !) Le reste de l’entracte suit sans incidents sauf qu’on commençait avec copine à esquisser quelques pas chassés pour se repositionner dans l’axe de notre escalier, histoire de pas se retrouver embringuées pour un autre tour d’autos-tampons !
Pour la suite et fin de cet opéra, tout fut dans le plus pur style zénitude et conformité avec le lieu, donc plus rien ne nous est arrivées… dans les murs, parce qu’il ne faut pas oublier le retour avec une folle du volant ! Vous vous souvenez qu’elle m’avait fait une visite guidée des « mauvais lieux » toulousains ? Et bin là, elle a voulu à tout prix me montrer des nouvelles arrivantes (du Brésil, ça veut tout dire) pour me demander à brûle pourpoint : « A ton avis, bique ou bouc ? ». A plus de minuit, et à fond les gamelles, le sexe avéré ou trafiqué de ces dames était à cent lieues de mes considérations (j’essayais plutôt de me souvenir de combien d’os est composé le corps humain)
Elle m’a quand même ramenée saine et sauve devant chez moi (en fait je lui ai même demandée de me déposer avant, vu que ça lui faisait faire un détour de rentrer dans le lotissement, et que j’étais dans un état nerveux, qui me faisait envisager le fait de sauter en marche comme solution idéale d’évasion.)
Alors, ça vous dirait si je vous la présentais ma copine ? Elle vaut le détour, surtout pour ceux qui veulent éprouver leur flegme devant une situation extrême ! En tout cas, pour aujourd’hui, c’est fini et il faudra attendre la prochaine fois pour que vous ayez encore droit à des gaffes de ce genre là.
Je vous laisse et vous souhaite une bonne journée. A plus tard
La dragonne
Une petite adresse pour en connaître plus sur la Halle aux Grains :
http://www.onct.mairie-toulouse.fr/halle_aux_grains.php
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