Les Maîtres et le candidat
Bonjour !
Bien réveillés, en forme pour affronter, non seulement un journée de boulot, mais un plâtrée de dragonne ? On va voire ça tout de suite !
On continue l’acte un des Maîtres Chanteurs de Wagner, par la scène deux, celle, qui va nous tenir au courant de la valeur potentielle d’un Walther Stolzing (nobliau poétisant) auprès d’une confrérie très fermée de grands pontes de la musique (enfin d’après eux)
Pour le lieu et les personnages, voire l’article précédent, puisque on reste dans la fameuse église Sainte Catherine à Nuremberg.
Walther vient d’être présenté aux autres éminents membres de la société des Maîtres Chanteurs en tant que candidat au concours d’entrée.
Par contre, je vous avais dit que c’était pas des mecs simples ces fanas de la tablature ! Faut suivre le rite dans les règles : d’abord l’appel !
« Machin…- Présent !- Truc… - Voui ?- Bidule…- En personne !- Chose…- Aux cabinets ! » (ça c’est pas dans l’opéra, mais ça serait marrant, je trouve d’en voire un arriver avec les chausses pas encore relacées et se tenant la chemise pour pas se prendre une heure de colle pour retard)
Etcéteri etcetera…
Pogner, le papa du bibelot qui va revenir au gagnant du concours de chant explique pourquoi il a eu cette idée lumineuse (franchement, au début, je ne sais pas si sa fistonne était du même avis… ça faisait plutôt prix de concours agricole non ? « Pour cette belle vache charolaise, vous avez la laitière en prime ! » Bonjour la journée de la femme à l’époque !)

La potiche du concours
« Les mecs y en a ras la chocolatière qu’on nous traite nous, les bourges, de rats de d’harpagons ! Etant donné que ma fistonne, c’est ce que j’ai de plus précieux, j’vais leur montrer à ces médisants qu’on place l’amour de la musique avant celui de nos picaillons - (là, faut dire qu’il s’engage pas trop… parce que c’est pas son oseille qu’il lâche, c’est quand même sa rejetone, à moins que ça soit elle qui fasse bouillir la marmite… allez savoir…) – par contre, la gamine a son mot à dire, et si elle peut pas piffer son futur, elle a toujours le droit de l’envoyer paître ! » - (Ah ! Tout de même !)
Beckmesser, le marqueur qu’a des vues sur Eva essaie bien de lui faire changer d’idée, ainsi qu’un autre Maître Chanteur, Kothner (conservé dans le formol, lui !) mais il tient bon ! Les Maîtres Chanteurs devront voter pour le vainqueur, d’accord, mais Eva aura le choix de dire oui ou non.
Hans Sachs, le Maître Chanteur, cordonnier de son état, a une bien meilleure idée :
« Et si on demandait au peuple de voter, pour changer ? Comme ça on pourrait pas se planquer derrière notre code et les autres gars verraient qu’on est pas si inaccessibles que ça ?
- T’es malade ! Faire voter le Dupond du coin ? Et notre prestige alors ? On est quand même l’élite ! Plutôt crever la goule ouverte ! » - (à mon avis… c’est non).
Comme ça sert à rien et qu’ils sont plus têtus que des ânes bâtés, Sachs n’insiste pas.

Pogner, lance que c’est pas tout ça, mais faudrait peut être faire passer le brevet d’admission au poste de Maître à ce brave petit mec de Walther, parce qu’il commence à sécher sur pied le coco. Beckmesser tire une tronche qui en dit long sur ce qu’il pense du bellâtre.
On pose donc les questions d’usages. : taille ? Poids ? Âge ? Prof de chant ? Là, petit problème : Le chevalier annonce qu’il s’est autodidacté lui-même, tout seul, comme un grand et qu’il s’est inspiré de la nature (il imite à merveille le cri de la carotte pour attirer les lapins !)
Les vieux briscards sont un tantinet sceptiques (comme la fosse du même nom) mais ne demandent qu’à voire – enfin écouter - ce que ça peut donner un type ignorant toute règle d’écriture musicale . On lui indique la chaise où il doit se tenir et Beckmesser rentre dans une espèce d’isoloir pour écouter et marquer sur une ardoise les manquements aux règles. (à mon avis, faut pas trop compter qu’il lui fasse une fleur à l’aspirant chanteur)
Le jeunôt commence à dégoiser nature, p’tits zoziaux, amour, rondes dans les près, saute-mouton, on a presque l’impression de voire arriver la fille Hingals gambadant à travers les champs avant qu’elle ne rétame la trombine dans la luzerne.
L’autre zigoto dans sa guitoune sort comme un diable en brandissant l’ardoise : elle est plus noire mais blanche, vu les traits rageurs qu’il a inscrits pour chaque faute de forme. D’après lui, y en a marre de ce petit rigolo, faut le saquer et vite fait !

Les autres momies sont un peu déstabilisées dans leurs bandelettes par ce… truc qui se veut une chanson et commencent à s’agiter. Hans Sachs, qui paraît lui, apprécier le « potentiel » du gamin, à beau leur dire de fermer leur goule, c’est peine perdue. Les antiquités ne veulent rien entendre : c’est d’la musique de sauvageon ça !
Walther continue de plus belle, malgré le brouhaha ambiant (il en a rien à cirer de ces vieux schnocks) et Beckmesser, ce fielleux, en profite pour lancer méchamment à Sachs, qu’il a intérêt à se grouiller de lui finir sa paire d’espadrilles pour demain, histoire de se rendre vraiment utile. (c’est mesquin ça !)
Au final les Maîtres Chanteurs, enfin la majorité, refusent l’accès de la confrérie au jeune type. Tout le monde se sépare. Et Sachs ferme la marche complètement dégoûté de ces vieux croûtons accrochés à leur satanée tradition comme à leur déambulateur.
L’acte finit et pas sur une note optimiste. Mais, pour une fois, on peut se dire, que ça ne peut que s’arranger, n’est-ce pas, étant donné que c’est comique cet opéra.
A demain donc pour la suite et passez une bonne journée.
La dragonne
PS: Aucun rapport avec la choucroute, mais je viens de faire un tour chez Louvre-Passion. Il a fait une vidéo de la visite du département Egypte! Tous les trucs qu'on a vu y sont! Allez-y!
Bien réveillés, en forme pour affronter, non seulement un journée de boulot, mais un plâtrée de dragonne ? On va voire ça tout de suite !
On continue l’acte un des Maîtres Chanteurs de Wagner, par la scène deux, celle, qui va nous tenir au courant de la valeur potentielle d’un Walther Stolzing (nobliau poétisant) auprès d’une confrérie très fermée de grands pontes de la musique (enfin d’après eux)
Pour le lieu et les personnages, voire l’article précédent, puisque on reste dans la fameuse église Sainte Catherine à Nuremberg.
Walther vient d’être présenté aux autres éminents membres de la société des Maîtres Chanteurs en tant que candidat au concours d’entrée.
Par contre, je vous avais dit que c’était pas des mecs simples ces fanas de la tablature ! Faut suivre le rite dans les règles : d’abord l’appel !
« Machin…- Présent !- Truc… - Voui ?- Bidule…- En personne !- Chose…- Aux cabinets ! » (ça c’est pas dans l’opéra, mais ça serait marrant, je trouve d’en voire un arriver avec les chausses pas encore relacées et se tenant la chemise pour pas se prendre une heure de colle pour retard)
Etcéteri etcetera…
Pogner, le papa du bibelot qui va revenir au gagnant du concours de chant explique pourquoi il a eu cette idée lumineuse (franchement, au début, je ne sais pas si sa fistonne était du même avis… ça faisait plutôt prix de concours agricole non ? « Pour cette belle vache charolaise, vous avez la laitière en prime ! » Bonjour la journée de la femme à l’époque !)

La potiche du concours
« Les mecs y en a ras la chocolatière qu’on nous traite nous, les bourges, de rats de d’harpagons ! Etant donné que ma fistonne, c’est ce que j’ai de plus précieux, j’vais leur montrer à ces médisants qu’on place l’amour de la musique avant celui de nos picaillons - (là, faut dire qu’il s’engage pas trop… parce que c’est pas son oseille qu’il lâche, c’est quand même sa rejetone, à moins que ça soit elle qui fasse bouillir la marmite… allez savoir…) – par contre, la gamine a son mot à dire, et si elle peut pas piffer son futur, elle a toujours le droit de l’envoyer paître ! » - (Ah ! Tout de même !)
Beckmesser, le marqueur qu’a des vues sur Eva essaie bien de lui faire changer d’idée, ainsi qu’un autre Maître Chanteur, Kothner (conservé dans le formol, lui !) mais il tient bon ! Les Maîtres Chanteurs devront voter pour le vainqueur, d’accord, mais Eva aura le choix de dire oui ou non.
Hans Sachs, le Maître Chanteur, cordonnier de son état, a une bien meilleure idée :
« Et si on demandait au peuple de voter, pour changer ? Comme ça on pourrait pas se planquer derrière notre code et les autres gars verraient qu’on est pas si inaccessibles que ça ?
- T’es malade ! Faire voter le Dupond du coin ? Et notre prestige alors ? On est quand même l’élite ! Plutôt crever la goule ouverte ! » - (à mon avis… c’est non).
Comme ça sert à rien et qu’ils sont plus têtus que des ânes bâtés, Sachs n’insiste pas.

Pogner, lance que c’est pas tout ça, mais faudrait peut être faire passer le brevet d’admission au poste de Maître à ce brave petit mec de Walther, parce qu’il commence à sécher sur pied le coco. Beckmesser tire une tronche qui en dit long sur ce qu’il pense du bellâtre.
On pose donc les questions d’usages. : taille ? Poids ? Âge ? Prof de chant ? Là, petit problème : Le chevalier annonce qu’il s’est autodidacté lui-même, tout seul, comme un grand et qu’il s’est inspiré de la nature (il imite à merveille le cri de la carotte pour attirer les lapins !)
Les vieux briscards sont un tantinet sceptiques (comme la fosse du même nom) mais ne demandent qu’à voire – enfin écouter - ce que ça peut donner un type ignorant toute règle d’écriture musicale . On lui indique la chaise où il doit se tenir et Beckmesser rentre dans une espèce d’isoloir pour écouter et marquer sur une ardoise les manquements aux règles. (à mon avis, faut pas trop compter qu’il lui fasse une fleur à l’aspirant chanteur)
Le jeunôt commence à dégoiser nature, p’tits zoziaux, amour, rondes dans les près, saute-mouton, on a presque l’impression de voire arriver la fille Hingals gambadant à travers les champs avant qu’elle ne rétame la trombine dans la luzerne.
L’autre zigoto dans sa guitoune sort comme un diable en brandissant l’ardoise : elle est plus noire mais blanche, vu les traits rageurs qu’il a inscrits pour chaque faute de forme. D’après lui, y en a marre de ce petit rigolo, faut le saquer et vite fait !

Les autres momies sont un peu déstabilisées dans leurs bandelettes par ce… truc qui se veut une chanson et commencent à s’agiter. Hans Sachs, qui paraît lui, apprécier le « potentiel » du gamin, à beau leur dire de fermer leur goule, c’est peine perdue. Les antiquités ne veulent rien entendre : c’est d’la musique de sauvageon ça !
Walther continue de plus belle, malgré le brouhaha ambiant (il en a rien à cirer de ces vieux schnocks) et Beckmesser, ce fielleux, en profite pour lancer méchamment à Sachs, qu’il a intérêt à se grouiller de lui finir sa paire d’espadrilles pour demain, histoire de se rendre vraiment utile. (c’est mesquin ça !)
Au final les Maîtres Chanteurs, enfin la majorité, refusent l’accès de la confrérie au jeune type. Tout le monde se sépare. Et Sachs ferme la marche complètement dégoûté de ces vieux croûtons accrochés à leur satanée tradition comme à leur déambulateur.
L’acte finit et pas sur une note optimiste. Mais, pour une fois, on peut se dire, que ça ne peut que s’arranger, n’est-ce pas, étant donné que c’est comique cet opéra.
A demain donc pour la suite et passez une bonne journée.
La dragonne
PS: Aucun rapport avec la choucroute, mais je viens de faire un tour chez Louvre-Passion. Il a fait une vidéo de la visite du département Egypte! Tous les trucs qu'on a vu y sont! Allez-y!
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