Petite mise au point utile
Bonjour!

En relevant mes commentaires (je me fais un point d'honneur à y répondre personnellement, c'est la moindre des civilités), moi Walsong (ou Wälsung selon l'écriture) descendant de la digne lignée du Promeneur, ai noté les questions, fort pertinentes de Jo Havana et naturelles pour la compréhension de ce gros "bâtiment" qu'est le cycle de l'Anneau. Je me dois donc, à fin d'éclaircissement et non pas d'édification des foules béates d'admiration (il ne faut pas rêver!) d'y répondre, malgré ma prime réticence, parce qu'abordant la musicologie pure et quasi philosophique, le côté le plus hermétique pour aborder l'art lyrique.
Par contre, je vais comme toujours employer mes mots et rester dans les grandes généralités. Pour ce qui est d'une étude plus poussée, je vous renverrai aux études faites dans l'Avant-Scène Opéra, LA revue par excellence de l'opéra.
Ben dam', c'est vrai qu'on passe un peu du coq à l'âne entre les deux scènes, et ça ne va pas s'arranger, car chez Wagner, tout est construit sur le même principe. Et cette transition non visuelle on doit la chercher ailleurs et où Mesdames et Messieurs? Je vous le donne Emile, dans.... LA MUSIQUE.
Wagner a inventé, comme De Vinci l'avait fait pour ses notes, un système de cryptage mais, contrairement au grand peintre à la mode en ce moment depuis Dan Brown, en a donné les clés aux auditeurs relativement attentifs. Seul problème: en Allemagne, tout baigne, mais dès qu'on franchit non pas le Rubicon, mais le Rhin, tout se gâte! Dans le livret (le texte de l'opéra, détaillé chanteur par chanteur) on s'aperçoit qu'à chaque fois qu'un personnage évoque un évènement, un personnage, ou un sentiment quelconque, une petite mélodie lancinante l'accompagne. C'est le "motif" wagnérien.
Donc un motif par grand thème et donc ici c'est l'Anneau, d'abord simple Or du Rhin et qui continuera d'évoluer tout au long de la tétralogie pour incarner même le héros initial Siegfried.
Quelque part c'est un peu comme pour les génériques de films : Indiana Jones a le sien qui durant les trois volets est le même mais avec des nuances suivant la sequelle. Superman également, Terminator aussi et, le nec plus ultra, : Stars War (motif de l'alliance, motif de l'empereur, motif de la forteresse noire...) Comme quoi, je vous le disais bien que la différence n'est pas si tranchée entre l'art lyrique et nos nouvelles sources d'inspiration et de détente!
Donc, tout de suite après avoir piqué le trésor, Albérich se fait la belle et là, en principe et au bon vouloir du metteur en scène, les rochers et l'eau disparaissent (ce qu'on pourrait comparer au fondu-enchainé cinématographique) pour, une fois les lumières revenues, montrer les abords du Walhalla.
Et la logique temps, espace? Je vous vois venir! La logique c'est le Motif qui passe du thème du renoncement d'Albérich à l'amour à celui de l'Anneau et enfin, au changement de plan, à celui du Walhalla (qu'on remarquera tout au long du cycle de l'Anneau.
Donc pour être plus clair : fin de scène ou d'acte purement visuel (changement de décors, départ des personnages) avec accompagnement musical qui "prépare" la suite en évoquant les personnages, actions ou lieux qui vont s'y succéder.
Pour ce qui est des allusions à des souvenirs ou réminiscences personnelles, pour ma part, elles sont purement littéraires ou cinématographiques. Loge c'est un peu le génie de la lampe, obligé plus ou moins de contenter son maître ou le petit diablotin qui apparaît dans les Toon's quand le personnage doit faire un choix "cornélien" dirons-nous. Et le monde bizarre de ces non-humains me rappelle singulièrement le traitement qu'en a fait Gillian dans "le Baron de Münschausen". C'est vraiment un univers à la Monty Python plein d'excès et très "visuel".
Si vous avez a chercher à quoi cela vous fait penser, "n'intellectualisez" pas trop votre quête, restez dans le purement sensitif, quitte à remonter à l'enfance c'est là qu'on a le plus de chances de trouver son bonheur.
A Jo Havana, essaie, tu verras , on arrive à des comparaisons complètement louftingues, mais pas si idiotes que ça.
Pour la suite du soap-opera, je vais cogiter ça et vous le distiller au plus tôt! (qu'il n'ai pas trop le temps de s'évanter!)
Bonne journée et Hasta la vista, Baby (référence à...?)