La chasse est ouverte!

Publié le par Walsong

Bonjour à vous ! Voilà le tournant du virage – comme disait un voisin de mes grands parents – car, ce cher Ring va s’achever et ça me fait toujours quelque chose, même si je sais comment ça finit (je me fais avoir à tous les coups, et c’est Monsieur Kleenex qui s’en frotte les mains)


LE CREPUSCULE DE DIEUX - ACTE III

Le lieu : une région boisée et giboyeuse (sympa le mot, j’aime bien !) et le « Gibichs Inn » by night.
Les personnages : Siegfried, les filles du Rhin, Gunther, Hagen, les chasseurs, Gutrune et Brünnhilde

Donc l’acte s’ouvre sur la forêt giboyeuse (ah ! je ne m’en lasse pas !) au bord du Rhin poissonneux (bof ! Moins joli le mot), Les trois filles du Rhin, s’entraînent comme Esther Williams, mais côté synchro, c’est pas encore ça ! Siegfried s’est levé dès potron-minet pour dégommer quelques canettes (plus petit qu’un dragon, il maîtrise moins) et se fait interpeller par les trois minettes.
« Eh ! Beau mec ! T’aurais pas un truc qui nous appartient sur toi ?
- Nan ! Tout ce que j’ai, c’est à Bibi !
- Même la bague ? En plus, on voudrait pas que tu l’prennes mal, mais ça fait un peu efféminé sur toi, tu ferais mieux de nous la refiler
- D’accord je l’ai acheté chez « cours vite » mais c’est pas une raison parce que je l’ai piquée pour me la faire taxer aussi ! » En clair : c’est non pour rendre la bague aux filles.
Celles-ci s’en vont cacher leur dépit au fond de l’eau – noyer leur chagrin quoi (oui bof ! moyen, je sais, mais on est Dimanche et c’est repos même pour mes petites circonvolutions cérébrales !)


Le reste de la bande rapplique au son du cor (ça a plus de gueule comme entrée, il faut le reconnaître, qu’au son du flageolet) Et Hagen commence à baratiner Siegfried, pour qu’il raconte son histoire, et si possible en prenant son temps (comme ça il peut lui servir un verre cocktailisé de contrepoison pour qu’il retrouve la mémoire). L’autre ne se fait pas prier, et commence à raconter son enfance (en se faisant mousser évidemment). Il commence à avoir la pépie (faut dire que, sur scène, avec toutes les « gouallantes » qu’il pousse on le comprend). Il prend une grande rasade du breuvage aimablement tendu par ce faux c… de Hagen, et… ça fait « Pling » (petite loupiote au dessus de la tête de l’intéressé). Il reprend son récit en parlant de rochers en flammes, de jeune guerrière endormie, de réveil bisouilleux, et de mariage. (Là, Gunther réalise que c’était sous influence que Siegfried a joué les livreur de nanas).


« Tiens regarde les beaux corbeaux – lance Hagen à Siegfried, qui lève la tête. Le fils d’Albérich en profite pour lui entrer une bonne longueur d’acier trempé entre les omoplates. Le héros meurt, non sans avoir poussé son dernier couplet et regretté sa copine.
Aparté : ce qui m’étonne dans les opéras, c’est que ces morts de héros, leur laissent quand même le temps de pousser la complainte un bon bout de temps, avant de décider d’arrêter de respirer (le pire c’est Werther, qui en principe, s’est visé au cœur et vocalise comme si c’était au pied qu’il avait tiré – remarque c’est peut-être le cas… potiche comme il est !) Fin de l’aparté.


Une fois Siegfried à terre, c’est un peu le bazar aux alentours ; ça courre dans tous les coins, ça crie, ça pleure, ça tombe dans les pommes (pourquoi les mecs n’auraient-ils pas le droit d’être sensibles, même s’ils sont chasseurs ? Autant pour moi ! Comme sensibilité, ils ne connaissent que celle de la détente de leur tromblon). Ils tirent à la courte paille pour savoir qui va cochonner son costume en portant la dépouille et, une fois les heureux élus désignés, tout ce petit monde reprend le chemin de la demeure des Gibichs. (Là, interlude célèbre de la marche funèbre du « plus grand héros du monde » reprise, si vous connaissez le film, dans Excalibur de John Boorman).
Hagen est parti en éclaireur. Gutrune fait les cent pas, la clope au bec, la cafetière à la main, en attendant le retour de cette virée sylvestre – elle le sent pas le coup (pour une fois, on lui donne raison). Hagen entre en dérapage contrôlé et l’informe de la situation :
« Euh, pouf, pouf, - c’est l’essoufflement – t’as regardé si t’avais du noir dans ta garde-robe ?
- Non pourquoi ? C’est tendance ?
- Si on veut… tendance, nécessité... Mais ça s’rait bien, parce que ton copain tout neuf, maintenant, il est tout mort ! »
Gunther entre, avec le reste de la troupe et le gisant, pour se faire sauter sur le râble par sa frangine :
« C’est de ta faute ! J’tai déjà dit de porter tes bésicles même si t’as l’air moins sexy avec, sans, tu raterais une vache dans un couloir !
- Me regardes pas comme ça ! – lui répond il – c’est pas moi, c’est lui qu’à glissé et s’est retenu à Siegfried, manque de bol, y avait une lance au milieu et le Sieg s’est retrouvé punaisé. C’est la faute à Pas-de-chance !
- Oui, c’est vrai - répond le coupable – mais c’était pour aider Siegfried qui me demandait de porter l’anneau, parce que ça le gênait pour viser ; d’ailleurs comme il me l’a proposé, je vais le prendre, ça me fera un souvenir de ce brave mec !
- Dans tes rêves ! – rétorque Gunther – t’y touche surtout pas, sinon , tu la vois celle-là ? »


La querelle dégénère et Gunther glisse lui aussi sur la lance de Hagen. Ce dernier se précipite vers le corps de Siegfried pour lui piquer l’anneau, quand le bras de celui-ci se dresse pour le menacer d’outre-tombe. (un peu le Commandeur dans Don Juan, mais juste le bras). En tout cas, ça calme, et tout le monde recule à bonne distance.
C’est ce moment que choisit Brünnhilde pour entrer dans la danse et dans la pièce, pour annoncer qu’elle est au courant de toutes leurs petites manigances par ses copines rhénanes, et que certains vont passer un sale quart d’heure ! Elle récupère l’anneau au doigt de son copain, Gutrune, pour faire son intéressante, décide de s’évanouir (mais c’est raté, parce c’est pas vraiment elle la vedette pour l’instant et tout le monde s’en fiche). La Walkyrie siffle le petit personnel :
« Faudrait me ramasser quelques fagots, parce que j’ai une crémation à préparer moi ! Maintenant y en a marre de tout ça ! J’ai plus de copain, mon père m’a fichu dehors, je peux être arrêtée pour recel à cause de cette fichue bague, et évidemment comme Siegfried s’est défilé, qui on va charger un max à votre avis ? En plus je viens de me casser un ongle ! Là, c’est trop ! J’vais m’immoler avec mon homme, ça fera peut-être partir la migraine que je me traîne depuis ce matin ! »
Sur ces bonnes paroles et comme, plus on est de fous, plus on « frit », elle enfourche son canasson – pardon fier destrier – Grane, et, fouette cocher, direction la fournaise. Les filles du Rhin ont juste le temps de récupérer l’anneau au passage et retournent sous l’eau avec Hagen accroché à leurs basques écailleuses – c’est un tenace le gars, mais un peu niais, tout de même, il ne va pas tenir longtemps en apnée.

Fin du méchant mais aussi fin des dieux, parce que Wotan ayant été un peu chiche sur les alarmes incendie, celui-ci voit son Walhalla partir en fumée en même temps que ses rejetons.

Moralité : l’Amour, toujours l’Amour, qui rétablit la balance et fout les dieux par terre !

Autre Moralité : si vous faites construire, assurez la bicoque et ne lésinez pas sur les extincteurs.

Fin du cycle de l’Anneau et la prochaine fois, on aborde quelque chose de tout à fait différent et de moins conséquent. Indice : c’est Italien, ça aime les fleurs blanches, c’est fragile du caisson… Pas trouvé ?

Vous aurez donc la surprise la prochaine fois.... A bientôt!

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Publié dans Wagner

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B
Dernier acte un final en apotheose ...la marche funebre de Siegfred et l'immolation de Brunhilde ..Vite ...je reecoute un cd de l'opera ..
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S
ça donne envie? Même ma narration spéciale? Chouette, remarques que j'ai tourné pendant toute cette série d'articles sur la Tétralogie avec l'intégrale audio aussi alors;..Bonne écoute Baggins.
K
ce qui est absolument sublime dans le dernier volet du Ring, c'est le Voyage de Siegfried, quand on entend les flux et reflux des cordes hyper lyriques (je me rappelle plus dans quel acte c'est - la honte !), alors là je fond littéralement !! parce que ça annonce complètement l'impressionnisme et tutti quanti...
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S
Et en plus, ça annonce la "chute" si je puis dire! Les fameux motifs wagnériens étant mis en place depuis le début de la Tétra... la fin est récurente à chaque instant de l'oeuvre! Wagner à une conception "aquatique" de la musique dirais-je... une sorte de mouvement de marée, entrainant doucement mais surement chaque instrument dans un flux et reflux mais, tout est basé sur... le Rhin non?  CQFD. et le voyage de Siegfried apparaît dans le prologue du Crépuscule et décrit très visuellement encore le voyage au bord du Rhin jusqu'au château des Gibichs (Gunther et Gutrune - pfff: avec un nom comme ça, je me planque sous une bâche moi hé, hé)Motif évoqués, l'anneau l'épée, le héros, et Siegfried l'intrépide, ainsi que le thème des filles du Rhin le dernier thème étant celui de la malédiction de l'anneau (donc le plan à la Détritus de Hagen pour le récupérer)Quand tu a pigé les motifs collant aux personnages, point n'est besoin presque des images et des noms, tout est inscrit dans les notes, c'est gé-an-ti-ssi-me comme écriture!Bises et bonne soirée Kfigaro
W
Là,profonde révérence très asiate, mains jointes et pieds serrés (ouille mes reins!)<br /> Merci J
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L
Pas d'accord, chère SKW, c'est justement la version Wally habillé Kung fu des opéras qui séduirait son lecteur!
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W
Tu me vois en Totor Hugo en jupons (d'abord c'est faux, j'ai pas de jupons - surtout des costumes kung Fu - hein, Petite Plume?) et c'est sans prétention aucune que j'écris, c'est juste parce que j'aime l'humour et j'aime apprendre aux gens sans les barber. En plus la couronne de laurier, c'est limite comme ornement (et on dirait qu'on va passer au court-bouillon, rien qu'à l'odeur)
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