Petites notes sur Nabucco
Bonjour tout le monde!
Bon, comme certains en étant restés sur leur faim quant à la ... fin (pas la même) de l'opéra Nabucco, je reviens apporter des petites précisions.
Mais attention! N'attendez pas un cours magistral et une analyse pointue, je ne fais qu'aimer l'opéra je ne suis pas une spécialiste et il y a des bouquins super bien bidouillés pour ça, et même des sites si vous savez fouiner un peu.
D'ac, on reste baba devant la conclusion, ça sent le plié vite fait au fond du sac un jour de départ en voyage, le matin où on a eu une panne de paupières.
Mais il faut savoir que ce n'était que le troisième opéra de celui qui allait devenir "le" Verdi de tous les Italiens (Oberto puis Un Jour de Règne, boudé royalement par le public, y a de quoi vexer tout de même!) et qu'il n'était donc à l'époque pas encore bien connu (totalement obscure oui!)
Sur ce, l'impresario du coin (Milan et son "échelle") lui propose l'histoire... Le type s'emballe pour la scène des prisonniers, et commence à s'atteler à ça. Donc, en résumé: il a tilté sur ce qui allait devenir "va pensiero" sous sa pogne et le reste, on a l'impression que c'est juste la garniture.
Ce qu'il faut savoir c'est que l'Italie était occupée à l'époque et que Verdi, en bon patriote, en avait marre de voir les envahisseurs autrichiens et français occuper ses charentaises à tour de rôle (toutes déformées qu'elles étaient, importables!).
Qu'est ce qui peut tomber mieux qu'un opéra sur la libération d'un peuple à votre avis? Pas grand chose d'autre ma foi et on bidouille ça très loin et il y a des suspensions (lustres) pour que ça soit "politiquement" correct on enveloppe sa diva (qui deviendra sa seconde femme d'ailleurs) dans un costard antique, ni vu ni connu j't'embrouille, l'occupant n'y verra que du feu! (est-ce à dire que les occupants sont tous des petzouilles incultes...)*
Donc, en résumé, il fallait bien expliquer pourquoi ces braves hébreux se retrouvaient jouer les jardiniers paysagistes en Assyrie et que l'intervention du grand patron les sauvaient tous pour redonner de l'espoir à ses copains milanais et autres. L'intrigue à mon avis, il s'en battait un peu le coquilllard, ce qui comptait, c'est de faire passer le message: "liberté pour nous et barrez-vous les nuisibles". Il a repris ça dans pas mal d'opéras d'ailleurs (tiens à savoir lesquels ça serait rigolo...)
Devinez quel air était sur toutes les lèvres et ce même à son deuxième enterrement - bin oui, il en avait voulu un simplissime, mais son fan club a voulu faire les choses en grand (rappellez-vous Totor Hugo chez nous) - le "va pensiero" des esclaves évidemment! On le propose même régulièrement comme hymne italien, pour vous dire!
Et là, ça a été le démarrage de sa carrière lyrique et politique (quoi qu'elle n'ait pas trop duré celle-là, étant plutôt branché épiderme et sentiments que "statut" et cogitations)
D'ailleurs petite anecdote: il y avait tagué sur les murs de cette époque d'occupation des "VIVA V.E.R.D.I" partout (Viva Victor Emmanuel Rey Di Italia, bien trouvé hein?)
Donc, l'opéra en lui-même est intéressant parce que c'est là que Giuseppe devient Verdi aux yeux des autres... c'est le truc qui le propulse dans le faisceau des projo. du jour au lendemain. Que les hébreux aient mis trois heures ou trente ans à se libérer... c'est pas le problème ce qui compte c'est qu'ils sont libres et que les nuisibles disparaissent ("ils" à remplacer par toute ethnie asservie ou occupée par une autre évidemment)
Comme par hasard, la méchante musaraigne doit morfler (les méchantes morflent toujours dans les opéras) et concevoir une régnante à la Tseu Hi ou Elisabeth ou Catherine la Grande, c'est inenvisageable, vu la culture machiste de l'époque (et pas qu'en Italie quoi qu'on en pense!) Là, il est magnanime elle souffre pas trop et a même le choix des armes, par rapport à certaines trucidouillées par leurs frangins, paternels, cousins, maris et autres représentants du sexe dit fort, dans les autres opéras et chez d'autres compositeurs.
Un grand oublié (plus potiche de garniture de cheminée vous me le faites savoir) c'est tout de même Ismaël! Un petit soupirant de l'autre bord, pour lancer une intrigue amoureuse (faut que ça soit l'amour qui fasse changer de camp, sinon le fric, c'est pas classe!) Au dernier acte on le plante sur scène pour faire zouli et il gazouille avec les autres, mais depuis la scène quatre de l'acte II, il a dû devenir aphone et si ça se trouve il le fait en playback! Comme bibelot, on ne fait pas mieux!
Remarquez que même "Phéné" est translucide et à part sa conversion, je vois mal l'opéra s'appeller Phénéna, ça ferait encore moins d'entrées!
La frangine de Zacharie, le prêtre de Jérusalem, je vois pas ce qu'elle vient faire dans l'histoire non plus (le vieux soldat fidèle à Nabucco a plus de chance de tenir la route pour vous dire!) "bonjour!! J'suis la frangine de Zach! Au r'voir!" ça se résume presque à ça (elle arrive dans le truc un peu comme un tif dans le bouillon celle-là)
C'est vrai qu'avec mon baratin ça se résume à peu: un "fado" scandé en choeurs avec de la garniture autour mais soyons logiques, à part l'air de Zacharie qu'on arrive encore à connaître... quel est l'air qu'on a en tête quand on balance le nom de Nabu?
A dire vrai, ça fait le coup de Carmen, on oublie souvent la habanera pour ne garder que le "toréador ton c. n'est pas en or" pardon "toréador prend gaaaaaaaardeuuu" d'Escamillo (sous-fifre dans l'opéra aussi, cantonné au rôle du bellâtre adepte des salles de muscu qui fait virer toutes les belettes de la paupière)
Pourtant... d'accord, ce n'est pas une oeuvre à connaître obligatoirement, mais allez y faire un tour, il y a de bon moments, faut simplement oublier les "standards".
Allez, je file... je vous avais prévenus, c'est pas un cours d'amphi... pour de vraies précisions se reporter évidemment à mon bouquin de référence: l'Avant-Scène Opera, dans la colonne de droite en haut, ça c'est du béton, du sérieux, du pointu et tout et tout!
Bonne journée, sous la flotte ici, ce qui présage un week-end en combi néoprène pour aller faire les courses demain, que du bonheur! Je file à la cafetière et vous salue bien bas (celui qui dit que, vu ma taille, j'aurai pas beaucoup à me pencher, s'en prend une magistrale quoi que virtuelle, nan maiiiiis!)
La dragonne
* Entre parenthèse, on pourrait revenir sur une "Guerre des Mondes" qu'on a ressorti sous diverses formes lors de crises importantes (Guerre Froide, menace islamiste...etc) les méchants petits gnomes verts représentants les "méchants" dans la vie réelle. Comme quoi l'idée est toujours à la mode!
Bon, comme certains en étant restés sur leur faim quant à la ... fin (pas la même) de l'opéra Nabucco, je reviens apporter des petites précisions.
Mais attention! N'attendez pas un cours magistral et une analyse pointue, je ne fais qu'aimer l'opéra je ne suis pas une spécialiste et il y a des bouquins super bien bidouillés pour ça, et même des sites si vous savez fouiner un peu.
D'ac, on reste baba devant la conclusion, ça sent le plié vite fait au fond du sac un jour de départ en voyage, le matin où on a eu une panne de paupières.
Mais il faut savoir que ce n'était que le troisième opéra de celui qui allait devenir "le" Verdi de tous les Italiens (Oberto puis Un Jour de Règne, boudé royalement par le public, y a de quoi vexer tout de même!) et qu'il n'était donc à l'époque pas encore bien connu (totalement obscure oui!)
Sur ce, l'impresario du coin (Milan et son "échelle") lui propose l'histoire... Le type s'emballe pour la scène des prisonniers, et commence à s'atteler à ça. Donc, en résumé: il a tilté sur ce qui allait devenir "va pensiero" sous sa pogne et le reste, on a l'impression que c'est juste la garniture.
Ce qu'il faut savoir c'est que l'Italie était occupée à l'époque et que Verdi, en bon patriote, en avait marre de voir les envahisseurs autrichiens et français occuper ses charentaises à tour de rôle (toutes déformées qu'elles étaient, importables!).
Qu'est ce qui peut tomber mieux qu'un opéra sur la libération d'un peuple à votre avis? Pas grand chose d'autre ma foi et on bidouille ça très loin et il y a des suspensions (lustres) pour que ça soit "politiquement" correct on enveloppe sa diva (qui deviendra sa seconde femme d'ailleurs) dans un costard antique, ni vu ni connu j't'embrouille, l'occupant n'y verra que du feu! (est-ce à dire que les occupants sont tous des petzouilles incultes...)*
Donc, en résumé, il fallait bien expliquer pourquoi ces braves hébreux se retrouvaient jouer les jardiniers paysagistes en Assyrie et que l'intervention du grand patron les sauvaient tous pour redonner de l'espoir à ses copains milanais et autres. L'intrigue à mon avis, il s'en battait un peu le coquilllard, ce qui comptait, c'est de faire passer le message: "liberté pour nous et barrez-vous les nuisibles". Il a repris ça dans pas mal d'opéras d'ailleurs (tiens à savoir lesquels ça serait rigolo...)
Devinez quel air était sur toutes les lèvres et ce même à son deuxième enterrement - bin oui, il en avait voulu un simplissime, mais son fan club a voulu faire les choses en grand (rappellez-vous Totor Hugo chez nous) - le "va pensiero" des esclaves évidemment! On le propose même régulièrement comme hymne italien, pour vous dire!
Et là, ça a été le démarrage de sa carrière lyrique et politique (quoi qu'elle n'ait pas trop duré celle-là, étant plutôt branché épiderme et sentiments que "statut" et cogitations)
D'ailleurs petite anecdote: il y avait tagué sur les murs de cette époque d'occupation des "VIVA V.E.R.D.I" partout (Viva Victor Emmanuel Rey Di Italia, bien trouvé hein?)
Donc, l'opéra en lui-même est intéressant parce que c'est là que Giuseppe devient Verdi aux yeux des autres... c'est le truc qui le propulse dans le faisceau des projo. du jour au lendemain. Que les hébreux aient mis trois heures ou trente ans à se libérer... c'est pas le problème ce qui compte c'est qu'ils sont libres et que les nuisibles disparaissent ("ils" à remplacer par toute ethnie asservie ou occupée par une autre évidemment)
Comme par hasard, la méchante musaraigne doit morfler (les méchantes morflent toujours dans les opéras) et concevoir une régnante à la Tseu Hi ou Elisabeth ou Catherine la Grande, c'est inenvisageable, vu la culture machiste de l'époque (et pas qu'en Italie quoi qu'on en pense!) Là, il est magnanime elle souffre pas trop et a même le choix des armes, par rapport à certaines trucidouillées par leurs frangins, paternels, cousins, maris et autres représentants du sexe dit fort, dans les autres opéras et chez d'autres compositeurs.
Un grand oublié (plus potiche de garniture de cheminée vous me le faites savoir) c'est tout de même Ismaël! Un petit soupirant de l'autre bord, pour lancer une intrigue amoureuse (faut que ça soit l'amour qui fasse changer de camp, sinon le fric, c'est pas classe!) Au dernier acte on le plante sur scène pour faire zouli et il gazouille avec les autres, mais depuis la scène quatre de l'acte II, il a dû devenir aphone et si ça se trouve il le fait en playback! Comme bibelot, on ne fait pas mieux!
Remarquez que même "Phéné" est translucide et à part sa conversion, je vois mal l'opéra s'appeller Phénéna, ça ferait encore moins d'entrées!
La frangine de Zacharie, le prêtre de Jérusalem, je vois pas ce qu'elle vient faire dans l'histoire non plus (le vieux soldat fidèle à Nabucco a plus de chance de tenir la route pour vous dire!) "bonjour!! J'suis la frangine de Zach! Au r'voir!" ça se résume presque à ça (elle arrive dans le truc un peu comme un tif dans le bouillon celle-là)
C'est vrai qu'avec mon baratin ça se résume à peu: un "fado" scandé en choeurs avec de la garniture autour mais soyons logiques, à part l'air de Zacharie qu'on arrive encore à connaître... quel est l'air qu'on a en tête quand on balance le nom de Nabu?
A dire vrai, ça fait le coup de Carmen, on oublie souvent la habanera pour ne garder que le "toréador ton c. n'est pas en or" pardon "toréador prend gaaaaaaaardeuuu" d'Escamillo (sous-fifre dans l'opéra aussi, cantonné au rôle du bellâtre adepte des salles de muscu qui fait virer toutes les belettes de la paupière)
Pourtant... d'accord, ce n'est pas une oeuvre à connaître obligatoirement, mais allez y faire un tour, il y a de bon moments, faut simplement oublier les "standards".
Allez, je file... je vous avais prévenus, c'est pas un cours d'amphi... pour de vraies précisions se reporter évidemment à mon bouquin de référence: l'Avant-Scène Opera, dans la colonne de droite en haut, ça c'est du béton, du sérieux, du pointu et tout et tout!
Bonne journée, sous la flotte ici, ce qui présage un week-end en combi néoprène pour aller faire les courses demain, que du bonheur! Je file à la cafetière et vous salue bien bas (celui qui dit que, vu ma taille, j'aurai pas beaucoup à me pencher, s'en prend une magistrale quoi que virtuelle, nan maiiiiis!)
La dragonne
* Entre parenthèse, on pourrait revenir sur une "Guerre des Mondes" qu'on a ressorti sous diverses formes lors de crises importantes (Guerre Froide, menace islamiste...etc) les méchants petits gnomes verts représentants les "méchants" dans la vie réelle. Comme quoi l'idée est toujours à la mode!
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