Macbeth - Acte IV -
Bonjour!
Allez, pour la majorité, c'est la fin des congès de fin d'année, donc j'y retourne. D'accord, suivant la logique, je ne devrais pas m'en occuper, étant donné que je ne suis pas dans le cursus normal de la vie active (en gros j'suis une grosse feignasse de mère au foyer, comme m'avait envoyé un jour quelqu'un qui s'en est vite mordu les dents d'ailleurs, faut pas me saouler longtemps avec les poncifs de ce genre) mais par solidarité avec ceux qui bossent (donc ne sont pas feignasses comme moi) je fais comme si, et me lève tôt en conséquence.
Euh... j'suis crédible ? Pas trop hein ?... Bon d'accord, vous gardez le truc sur la personne qui s'est vue habillée pour plusieurs hivers quand elle m'a traitée de glandeuse, ça c'est véridique, mais on va plutôt dire que je me lève en même temps que dragon sinon je repique du pif et c'est lui qui doit me secouer pour me réveiller à son retour en me tendant sa gamelle de midi pour raison de morne-plainitude côté cuistance (j'ai une fâcheuse tendance à faire le tour du cadran si on me laisse sous la couette, c'est dans ma nature plus que profonde, abyssale dirais-je)
Bon, c'est pas tout ça, faudrait peut-être se bouger pour narrer la fin de Macbeth, sinon, j'en connais qui vont être obligés de l'inventer eux-mêmes si ça continue. Donc, on y retourne et vous remarquerez là encore, que l'acte est sinon bâclé (j'aimerai aussi bien bâcler quelque chose moi tiens !) du moins pressé dans le mouvement (genre coupé en quatre scènes ou plutôt tableaux relativements courts avec changement de lieu à chaque scène, bonjour les machinistes et accessoiristes divers, ils doivent tâter du métier grave là !). Si on y regarde bien, la présentation de l'acte arrivera même à être plus longue que son contenu (enfin rapport à la longueur de chaque scène naturellement)
J'suis prématuré et alors... ça te défrise ?!
MACBETH - Acte IV
Le lieu ou les lieux donc :
- au premier tableau, une zone paumée et floue à la frontière de l'Ecosse et de l'Angleterre. Floue à cause du fog évidemment et paumée... parce qu'elle est du genre à être survolée par les colombes du Sénégal et encore elles volent sur le dos pour ne pas voir la misère. Dans le fond, joliment peinturluré sur la toile, le fameux bois de Birnam évoqué par les sorcières (j'imagine assez bien une production locale des petites sections de maternelle moi, ça ne jurerai pas trop avec certaines "productions picturales" des metteurs en espace, j'suis p't'êt' vache, mais faut voir ce qu'ils nous pondent des fois !)
- deuxième tableau, une galerie dans le château de Macbeth, assez floue la description du livret, mais je vois bien un portion de couloir lugubre à souhait, genre celui de la Belle et la Bête de Cocteau y compris flottements de rideaux dûs aux courants d'air et appliques murales en forme de bras de mecs articulés et qui suivent vos mouvements (j'étais pas bien haute, mais quand j'ai vu ça, j'ai flippé ma race pendant un bon bout de temps, je vous garantie !)
- on passe de la galerie à la garçonnière de Macbeth (c'te manie des emblasonnés d'avoir leur propre piaule ; ou alors tous les sangs bleus ronflent comme des sonneurs et c'est pour la paix des ménages, si j'étais langue de p. j'avancerai bien qu'ils font souvent hôtel du cul tourné, Môdam ayant ses névralgies dès que le soleil descend à l'horizon, mais ça serait méchant... quoi que... vu la tronche de certains..."fin de race" ça s'explique des fois)
- dernier tableau, une vaste plaine (aussi morne que celle de Totor Hugo) ; nouvelle production des grandes sections sus-évoquées, un trait vaguement horizontal avec du bleu franc au-dessus et du vert-pomme pas mûre au-dessous (sont mimis ! Ils idéalisent tout, allez trouver du bleu et du vert franc dans les landes outre-manchiennes, et ailleurs aussi si on y pense !)
Les personnages :
- Au premier tableau, un choeur bien affligé (genre tire-jus passé à l'oignon juste avant pour une larmichouille réaliste), un Macduff boudant dans son coin (je vous concède un "enfin !" de soulagement) et un Malcolm totalement inconnu au bataillon, à part pour ceux qui connaissent la généalogie du roi Duncan, mis en apnée définitive au début, et pour cause, c'est son fiston, celui qui s'est barré parce que ça sentait le roussi cette nuit là (et vu aussi que les Macbeth ont tout de même tout fait pour le faire accuser de parricide), celui-ci secondé par quelques copains de l'armée anglaise de l'époque (des bobbies façon Sacré Graal, ça me plairait bien...)
- Au second tableau, le doc personnel des Macbeth, une version plus... élisabéthaine de notre médecin de famille, la comtesse déjà vue quand Macbeth a pété une durite en pleine fiesta, rôle style garniture de cheminée, juste pour dire que la lady n'est pas le seul rôle soliste féminin de la production mais pas assez importante pour qu'on se soit donné la peine de filer son pseudo (pfff! y'en a vraiment que pour les têtes d'affiches !) et la lady en question, pas au top de sa forme.
- troisième tableau et quasi monologue de Macbeth se prenant le chou tout seul, avec juste un choeur "au-dehors" (normal, vous invitez rarement du monde à assister à votre ratatinade de moral, à part si vous êtes au théâtre évidemment)
- au dernier tableau, on voit se pointer en vrac dans la hâte d'en découdre, un Macduff décoiffé, des supporters boostés à la roteuse, Macbeth (faut bien qu'il soit présent, vu que ça va être sa fête, et de nouveau le fiston de Duncan, Malcolm.
Donc, levée de rideau sur la frontière écosso-anglaise (ou anglo-écossaise, à vous de choisir votre camp) avec un choeur en train de se la jouer choeur antique de lamentations. Au programme : patrie opprimée (récurent comme déjà dit chez Giuseppe, ça a dû plaire à l'époque !) sombre coco à éliminer rapport à une épidémie galopante de suicide par coups de couteau dans le dos, désertification des campagnes due non à l'attrait des villes mais à l'épidémie sus-nommée, tout ça sur fond de pleurs de crocodiles c'est à dire mouchoirs sur le pif pour pas qu'on voit qu'on en a rien à battre, vu qu'on est payé pour jouer les pleureuses (enfin "on" concerne les choristes évidemment, nous on en a pas grand chose à secouer non plus, mais on a dû même refiler du blé au lieu de se faire payer, cherchez l'erreur...)
Macduff arrête de faire du boudin pour la ramener, style "j'suis le plus malheureux et en plus j'ai un vrai rôle soliste, moi !" (péteux !):
"Mes pov' lardons ! Même ma belette y est passée ! Quelle enflure ce Macbeth ! En plus, je me tape la honte de ma vie, vue que j'étais à Perpet-lès-Bouses quand c'est arrivé, en train de protéger mes miches pendant qu'il se la jouait Hérode et massacre des innocents. Gare à ses valseuses, j'vais m'en faire des pendants d'oreilles pour la peine !" - (pas grand chose à voir avec le livret, sauf que je suis dans ma période "trophées tribaux")
Malcolm arrive au son du tambour (c'est pas la Fille du Tambour Major d'Offenbach, ne vous gourez pas !) avec ses potes et la première chose qu'il demande c'est le nom du bois qu'on voit au loin (quel mal poli, ni bonjour ni m... !). Quand il est renseigné (comme si c'était vital, suffisait juste de savoir que c'était une forêt... m'enfin...) il a une idée lumineuse (genre "chtonk") et voit bien sa soldatesque déguisée en Ents pour se fondre dans le paysage et ratatiner du tyran avec effet de surprise en bonus. Il demande qui est de la fête et, vu que tout le monde lève le bras (ils n'ont pas vraiment le choix, de toute façon) toute la troupe entame un champ guerrier genre "Tiens t'aura du gourdin, et dans le bas des reins un coup d'pied dans les rotuuuuuleuuuu" (pas logique non plus, mais version paternelle de l'hymne de la légion)
Changement de tableau et on trouve le doc. en train de chuchoter (version "sotto-voce" lyrique) avec la comtesse anonyme sur la santé neuronale de lady Macbeth:
" Deux nuits qu'ça dure ce p'tit manège ! En plus de somnambuler elle dégoise ! Et de quoi?
- Comptes pas que je déballe ça ! J'y pige rien et ça me fiche les miquettes ! Tiens la v'la qui v'nant !
- C'est obligé la loupiote qu'elle se trimballe ?
- Quitte pas sa veilleuse, elle flippe dans le noir comme les mômes qui sait !
- Elle fait un de cet oeil de tête de veau sauce gribiche ! - (gli occhi spalancare ou écarquiller des mirettes, c'est moins visuel je trouve, c'est le cas de le dire d'ailleurs) - mais qu'est-ce qu'elle magouille ?
- Elle se lave les pognes."
Pendant que les deux zoziaux commentent la gestuelle de la lady, façon "Taboo", au cas où ça ne serait pas assez clair pour nous, la nana commence à blablatter toute seule, alors que les deux autres n'en mènent pas large, vu l'aveu :
" Purée de patafiole de tâche ! Tu vas partir dis !!!... Bon c'est pas tout ça, tu vas te bouger au lieu de trembler comme un môme ! Ziva !... Mazette ! C'est quoi la contenance "hémoglobineuse" d'un vioque en général ? Parce que là, y m'semble que ça fait tout de même pas mal non ?... Et avec quoi je vais ravoir mes paluches maintenant ?!... T'es pâlichon façon p'tit suisse mon pauv'gars ! Mais te fais pas de bile, il est pas prêt de remonter d'où il est Banquo !... On sonne à l'entrée... rapplique ta couenne et fiche-toi des baffes pour te donner des couleurs aux joues, ça fait trop flag !"
Elle s'éloigne ainsi que les deux autres, pendant qu'on entre pour le troisième tableau dans les appartements de Macbeth.(plateau tournant? Scène sur vérin hydraulique, décors peints sur roulettes et poussés par des types planqués derrière ? Tout est à envisager). Le sombre individu à l'humeur dans le même choix de nuancier est en train de marmonner contre Macduff, vendu sinon à Moscou du moins aux anglais, et qui va lui ficher des bâtons taille poutres faîtières dans les rayons de sa bécane. Même s'il n'arrête pas de se rassurer en se disant qu'avant qu'un type né d'une nana lui coupe définitivement le sifflet, il y aura crue du siècle, il sait bien que ça commence à sentir la fuite de propane. En plus, question réputation, vu son actif, il est pas prêt de se faire de copains prêts à lever leur chope à son enterrement, vaut mieux même envisager un cercueil programmé pour s'enterrer tout seul, ça risque de ne pas être la foule non plus pour le porter jusqu'à son carré de gazon!
On entend couiner dans les coulisses que la reine vient de clamser et on assiste à l'arrivée en roulé-boulé de la comtesse (version chute au judo qu'on apprend dans les premières leçons) pour confirmer la chose, au cas où le choeur encoulissé n'aurait pas été assez audible.
Réaction de l'intéressé : il s'en fiche comme de l'an quarante, genre la vie c'est beaucoup de bruit pour pas grand chose et délire d'un bredin (là, c'est assez similaire à la tirate de Willie) c'est tout juste si on a pas droit à un bras d'honneur, il traite vraiment la mort de sa musaraigne par dessus la jambe (faut dire que comme purge, elle se posait là non ?)
Autre coup de théâtre, le choeur des soldats entre en beuglant que le p'tit bois fait des siennes (la forêt marche quoi).
Autre réaction de Macbeth : "j'me suis fait entuber par les barbues pactisantes (n'oubliez pas, les sorcières sont censées être pileusement fort bien fournies) mais j'm'en bat l'oeil, je fonce, ça passe où ça casse !". Il sort suivi par ses sbires et on change de tableau pour arriver à l'ultime scène (ouf, plus bien longtemps à souffrir mon verbiage, vous pouvez commencer à respirer !)
Les soldats anglais sont en rang d'oignon avec une branchette à la mimine (c'est comme le casque des types à l'armée, avec un brin d'herbe, ils sont persuadés de se fondre impeccablement dans le paysage) et s'avancent lentement, vu que du bois ça doit avoir quand même du mal à se bouger les racines (un peu de réalisme que diable!
Macduff l'ouvre encore (maintenant qu'on lui a laissé la parole, il en profite, avant que le rideau ne tombe)
"Lâchez vos brindilles, on passe à la vitesse supèrieure !" Il dégaine son coupe-papier en traversant la scène pour sortir côté cour, suivi des soldats. Un petit intermède façon galop de la brigade ultra-light et il revient, ses potes toujours aux miches, côté jardin en se tatanant avec Macbeth :
"Bin mon colon, ça va être ta fête !
- Même pas peur ! T'es né comment toi, pour croire que tu peux me maraver ?
- J'suis un prématuré, on m'a tiré avant terme du giron maternel et toc !
- Et m... tous les bols !"
Pour la forme, on s'enfile un p'tit pousse-rapière et on s'escrime (hé, hé) à nous convaincre qu'en plus d'être chanteur, on est ceinture vert-chocolat-bleu-pâle de katana occidental (à dire vrai, "mon" Macduff au Capitole avait plus de chance de s'éborgner lui-même que d'épingler Macbeth, mais l'autre bougeait autant qu'un mannequin de stand de tir, valait mieux, vous imaginez un Macbeth feintant et appliquant la botte de Nevers, le tyran aurait mis du temps à être punaisé au décors !).
A propos de punaisé, voilà Macbeth piqué au vif (au sens propre) et qui pisse le raisiné (encore une agonie lyrique qui m'espante, il se vide et trouve tout de même la force de sortir son air, il a de la ressource l'agonisant !). Il se ficherait des baffes d'avoir écouté les sorcières, mais il faut dire que c'est sa faute, elles étaient peut-être énigmatiques mais il aurait dû se renseigner sur ses connaissances non? Et puis ce genre de pacte, dans les films ou les bouquins, il faut être la dernière des buse pour ne pas se douter de l'entourloupe !
Après avoir réalisé qu'il s'était laissé avoir par son ambition hypertrophiée, il décide, enfin, de rendre le dernier soupir et tous les... survivants se lancent dans un choeur triomphant:
"Il s'la pète moins le sournois, maintenant qu'il est transformé en sushi ! Un hourra pour Macduff, il nous a bien débarrassés d'un sacré nuisible ! Enfin on va pouvoir se la couler douce, vu que le vrai roi est dans nos p'tits papiers !"
Fin de l'acte et moralité: évitez les cartomanciennes si vous voulez vivre au pays des kilts, de un, parce qu'elles piquent du museau, ce qui n'est pas tendance pour des nanas et de deux, parce qu'il faut savoir décrypter ce qu'elles dégoisent façon centuries du célébrissime Michel de Nostre-Dame, sinon on est sur de se faire rouler dans la blédine (farine c'est trop commun aussi).
Bonne journée (et même plusieurs pour digérer mon pavé, mais vous avez l'habitude maintenant)
La dragonne qui file chez vous voir ce qu'elle a loupé.
Allez, pour la majorité, c'est la fin des congès de fin d'année, donc j'y retourne. D'accord, suivant la logique, je ne devrais pas m'en occuper, étant donné que je ne suis pas dans le cursus normal de la vie active (en gros j'suis une grosse feignasse de mère au foyer, comme m'avait envoyé un jour quelqu'un qui s'en est vite mordu les dents d'ailleurs, faut pas me saouler longtemps avec les poncifs de ce genre) mais par solidarité avec ceux qui bossent (donc ne sont pas feignasses comme moi) je fais comme si, et me lève tôt en conséquence.
Euh... j'suis crédible ? Pas trop hein ?... Bon d'accord, vous gardez le truc sur la personne qui s'est vue habillée pour plusieurs hivers quand elle m'a traitée de glandeuse, ça c'est véridique, mais on va plutôt dire que je me lève en même temps que dragon sinon je repique du pif et c'est lui qui doit me secouer pour me réveiller à son retour en me tendant sa gamelle de midi pour raison de morne-plainitude côté cuistance (j'ai une fâcheuse tendance à faire le tour du cadran si on me laisse sous la couette, c'est dans ma nature plus que profonde, abyssale dirais-je)
Bon, c'est pas tout ça, faudrait peut-être se bouger pour narrer la fin de Macbeth, sinon, j'en connais qui vont être obligés de l'inventer eux-mêmes si ça continue. Donc, on y retourne et vous remarquerez là encore, que l'acte est sinon bâclé (j'aimerai aussi bien bâcler quelque chose moi tiens !) du moins pressé dans le mouvement (genre coupé en quatre scènes ou plutôt tableaux relativements courts avec changement de lieu à chaque scène, bonjour les machinistes et accessoiristes divers, ils doivent tâter du métier grave là !). Si on y regarde bien, la présentation de l'acte arrivera même à être plus longue que son contenu (enfin rapport à la longueur de chaque scène naturellement)
J'suis prématuré et alors... ça te défrise ?!MACBETH - Acte IV
Le lieu ou les lieux donc :
- au premier tableau, une zone paumée et floue à la frontière de l'Ecosse et de l'Angleterre. Floue à cause du fog évidemment et paumée... parce qu'elle est du genre à être survolée par les colombes du Sénégal et encore elles volent sur le dos pour ne pas voir la misère. Dans le fond, joliment peinturluré sur la toile, le fameux bois de Birnam évoqué par les sorcières (j'imagine assez bien une production locale des petites sections de maternelle moi, ça ne jurerai pas trop avec certaines "productions picturales" des metteurs en espace, j'suis p't'êt' vache, mais faut voir ce qu'ils nous pondent des fois !)
- deuxième tableau, une galerie dans le château de Macbeth, assez floue la description du livret, mais je vois bien un portion de couloir lugubre à souhait, genre celui de la Belle et la Bête de Cocteau y compris flottements de rideaux dûs aux courants d'air et appliques murales en forme de bras de mecs articulés et qui suivent vos mouvements (j'étais pas bien haute, mais quand j'ai vu ça, j'ai flippé ma race pendant un bon bout de temps, je vous garantie !)
- on passe de la galerie à la garçonnière de Macbeth (c'te manie des emblasonnés d'avoir leur propre piaule ; ou alors tous les sangs bleus ronflent comme des sonneurs et c'est pour la paix des ménages, si j'étais langue de p. j'avancerai bien qu'ils font souvent hôtel du cul tourné, Môdam ayant ses névralgies dès que le soleil descend à l'horizon, mais ça serait méchant... quoi que... vu la tronche de certains..."fin de race" ça s'explique des fois)
- dernier tableau, une vaste plaine (aussi morne que celle de Totor Hugo) ; nouvelle production des grandes sections sus-évoquées, un trait vaguement horizontal avec du bleu franc au-dessus et du vert-pomme pas mûre au-dessous (sont mimis ! Ils idéalisent tout, allez trouver du bleu et du vert franc dans les landes outre-manchiennes, et ailleurs aussi si on y pense !)
Les personnages :
- Au premier tableau, un choeur bien affligé (genre tire-jus passé à l'oignon juste avant pour une larmichouille réaliste), un Macduff boudant dans son coin (je vous concède un "enfin !" de soulagement) et un Malcolm totalement inconnu au bataillon, à part pour ceux qui connaissent la généalogie du roi Duncan, mis en apnée définitive au début, et pour cause, c'est son fiston, celui qui s'est barré parce que ça sentait le roussi cette nuit là (et vu aussi que les Macbeth ont tout de même tout fait pour le faire accuser de parricide), celui-ci secondé par quelques copains de l'armée anglaise de l'époque (des bobbies façon Sacré Graal, ça me plairait bien...)
- Au second tableau, le doc personnel des Macbeth, une version plus... élisabéthaine de notre médecin de famille, la comtesse déjà vue quand Macbeth a pété une durite en pleine fiesta, rôle style garniture de cheminée, juste pour dire que la lady n'est pas le seul rôle soliste féminin de la production mais pas assez importante pour qu'on se soit donné la peine de filer son pseudo (pfff! y'en a vraiment que pour les têtes d'affiches !) et la lady en question, pas au top de sa forme.
- troisième tableau et quasi monologue de Macbeth se prenant le chou tout seul, avec juste un choeur "au-dehors" (normal, vous invitez rarement du monde à assister à votre ratatinade de moral, à part si vous êtes au théâtre évidemment)
- au dernier tableau, on voit se pointer en vrac dans la hâte d'en découdre, un Macduff décoiffé, des supporters boostés à la roteuse, Macbeth (faut bien qu'il soit présent, vu que ça va être sa fête, et de nouveau le fiston de Duncan, Malcolm.
Donc, levée de rideau sur la frontière écosso-anglaise (ou anglo-écossaise, à vous de choisir votre camp) avec un choeur en train de se la jouer choeur antique de lamentations. Au programme : patrie opprimée (récurent comme déjà dit chez Giuseppe, ça a dû plaire à l'époque !) sombre coco à éliminer rapport à une épidémie galopante de suicide par coups de couteau dans le dos, désertification des campagnes due non à l'attrait des villes mais à l'épidémie sus-nommée, tout ça sur fond de pleurs de crocodiles c'est à dire mouchoirs sur le pif pour pas qu'on voit qu'on en a rien à battre, vu qu'on est payé pour jouer les pleureuses (enfin "on" concerne les choristes évidemment, nous on en a pas grand chose à secouer non plus, mais on a dû même refiler du blé au lieu de se faire payer, cherchez l'erreur...)
Macduff arrête de faire du boudin pour la ramener, style "j'suis le plus malheureux et en plus j'ai un vrai rôle soliste, moi !" (péteux !):
"Mes pov' lardons ! Même ma belette y est passée ! Quelle enflure ce Macbeth ! En plus, je me tape la honte de ma vie, vue que j'étais à Perpet-lès-Bouses quand c'est arrivé, en train de protéger mes miches pendant qu'il se la jouait Hérode et massacre des innocents. Gare à ses valseuses, j'vais m'en faire des pendants d'oreilles pour la peine !" - (pas grand chose à voir avec le livret, sauf que je suis dans ma période "trophées tribaux")
Malcolm arrive au son du tambour (c'est pas la Fille du Tambour Major d'Offenbach, ne vous gourez pas !) avec ses potes et la première chose qu'il demande c'est le nom du bois qu'on voit au loin (quel mal poli, ni bonjour ni m... !). Quand il est renseigné (comme si c'était vital, suffisait juste de savoir que c'était une forêt... m'enfin...) il a une idée lumineuse (genre "chtonk") et voit bien sa soldatesque déguisée en Ents pour se fondre dans le paysage et ratatiner du tyran avec effet de surprise en bonus. Il demande qui est de la fête et, vu que tout le monde lève le bras (ils n'ont pas vraiment le choix, de toute façon) toute la troupe entame un champ guerrier genre "Tiens t'aura du gourdin, et dans le bas des reins un coup d'pied dans les rotuuuuuleuuuu" (pas logique non plus, mais version paternelle de l'hymne de la légion)
Changement de tableau et on trouve le doc. en train de chuchoter (version "sotto-voce" lyrique) avec la comtesse anonyme sur la santé neuronale de lady Macbeth:
" Deux nuits qu'ça dure ce p'tit manège ! En plus de somnambuler elle dégoise ! Et de quoi?
- Comptes pas que je déballe ça ! J'y pige rien et ça me fiche les miquettes ! Tiens la v'la qui v'nant !
- C'est obligé la loupiote qu'elle se trimballe ?
- Quitte pas sa veilleuse, elle flippe dans le noir comme les mômes qui sait !
- Elle fait un de cet oeil de tête de veau sauce gribiche ! - (gli occhi spalancare ou écarquiller des mirettes, c'est moins visuel je trouve, c'est le cas de le dire d'ailleurs) - mais qu'est-ce qu'elle magouille ?
- Elle se lave les pognes."
Pendant que les deux zoziaux commentent la gestuelle de la lady, façon "Taboo", au cas où ça ne serait pas assez clair pour nous, la nana commence à blablatter toute seule, alors que les deux autres n'en mènent pas large, vu l'aveu :
" Purée de patafiole de tâche ! Tu vas partir dis !!!... Bon c'est pas tout ça, tu vas te bouger au lieu de trembler comme un môme ! Ziva !... Mazette ! C'est quoi la contenance "hémoglobineuse" d'un vioque en général ? Parce que là, y m'semble que ça fait tout de même pas mal non ?... Et avec quoi je vais ravoir mes paluches maintenant ?!... T'es pâlichon façon p'tit suisse mon pauv'gars ! Mais te fais pas de bile, il est pas prêt de remonter d'où il est Banquo !... On sonne à l'entrée... rapplique ta couenne et fiche-toi des baffes pour te donner des couleurs aux joues, ça fait trop flag !"
Elle s'éloigne ainsi que les deux autres, pendant qu'on entre pour le troisième tableau dans les appartements de Macbeth.(plateau tournant? Scène sur vérin hydraulique, décors peints sur roulettes et poussés par des types planqués derrière ? Tout est à envisager). Le sombre individu à l'humeur dans le même choix de nuancier est en train de marmonner contre Macduff, vendu sinon à Moscou du moins aux anglais, et qui va lui ficher des bâtons taille poutres faîtières dans les rayons de sa bécane. Même s'il n'arrête pas de se rassurer en se disant qu'avant qu'un type né d'une nana lui coupe définitivement le sifflet, il y aura crue du siècle, il sait bien que ça commence à sentir la fuite de propane. En plus, question réputation, vu son actif, il est pas prêt de se faire de copains prêts à lever leur chope à son enterrement, vaut mieux même envisager un cercueil programmé pour s'enterrer tout seul, ça risque de ne pas être la foule non plus pour le porter jusqu'à son carré de gazon!
On entend couiner dans les coulisses que la reine vient de clamser et on assiste à l'arrivée en roulé-boulé de la comtesse (version chute au judo qu'on apprend dans les premières leçons) pour confirmer la chose, au cas où le choeur encoulissé n'aurait pas été assez audible.
Réaction de l'intéressé : il s'en fiche comme de l'an quarante, genre la vie c'est beaucoup de bruit pour pas grand chose et délire d'un bredin (là, c'est assez similaire à la tirate de Willie) c'est tout juste si on a pas droit à un bras d'honneur, il traite vraiment la mort de sa musaraigne par dessus la jambe (faut dire que comme purge, elle se posait là non ?)
Autre coup de théâtre, le choeur des soldats entre en beuglant que le p'tit bois fait des siennes (la forêt marche quoi).
Autre réaction de Macbeth : "j'me suis fait entuber par les barbues pactisantes (n'oubliez pas, les sorcières sont censées être pileusement fort bien fournies) mais j'm'en bat l'oeil, je fonce, ça passe où ça casse !". Il sort suivi par ses sbires et on change de tableau pour arriver à l'ultime scène (ouf, plus bien longtemps à souffrir mon verbiage, vous pouvez commencer à respirer !)
Les soldats anglais sont en rang d'oignon avec une branchette à la mimine (c'est comme le casque des types à l'armée, avec un brin d'herbe, ils sont persuadés de se fondre impeccablement dans le paysage) et s'avancent lentement, vu que du bois ça doit avoir quand même du mal à se bouger les racines (un peu de réalisme que diable!
Macduff l'ouvre encore (maintenant qu'on lui a laissé la parole, il en profite, avant que le rideau ne tombe)
"Lâchez vos brindilles, on passe à la vitesse supèrieure !" Il dégaine son coupe-papier en traversant la scène pour sortir côté cour, suivi des soldats. Un petit intermède façon galop de la brigade ultra-light et il revient, ses potes toujours aux miches, côté jardin en se tatanant avec Macbeth :
"Bin mon colon, ça va être ta fête !
- Même pas peur ! T'es né comment toi, pour croire que tu peux me maraver ?
- J'suis un prématuré, on m'a tiré avant terme du giron maternel et toc !
- Et m... tous les bols !"
Pour la forme, on s'enfile un p'tit pousse-rapière et on s'escrime (hé, hé) à nous convaincre qu'en plus d'être chanteur, on est ceinture vert-chocolat-bleu-pâle de katana occidental (à dire vrai, "mon" Macduff au Capitole avait plus de chance de s'éborgner lui-même que d'épingler Macbeth, mais l'autre bougeait autant qu'un mannequin de stand de tir, valait mieux, vous imaginez un Macbeth feintant et appliquant la botte de Nevers, le tyran aurait mis du temps à être punaisé au décors !).
A propos de punaisé, voilà Macbeth piqué au vif (au sens propre) et qui pisse le raisiné (encore une agonie lyrique qui m'espante, il se vide et trouve tout de même la force de sortir son air, il a de la ressource l'agonisant !). Il se ficherait des baffes d'avoir écouté les sorcières, mais il faut dire que c'est sa faute, elles étaient peut-être énigmatiques mais il aurait dû se renseigner sur ses connaissances non? Et puis ce genre de pacte, dans les films ou les bouquins, il faut être la dernière des buse pour ne pas se douter de l'entourloupe !
Après avoir réalisé qu'il s'était laissé avoir par son ambition hypertrophiée, il décide, enfin, de rendre le dernier soupir et tous les... survivants se lancent dans un choeur triomphant:
"Il s'la pète moins le sournois, maintenant qu'il est transformé en sushi ! Un hourra pour Macduff, il nous a bien débarrassés d'un sacré nuisible ! Enfin on va pouvoir se la couler douce, vu que le vrai roi est dans nos p'tits papiers !"
Fin de l'acte et moralité: évitez les cartomanciennes si vous voulez vivre au pays des kilts, de un, parce qu'elles piquent du museau, ce qui n'est pas tendance pour des nanas et de deux, parce qu'il faut savoir décrypter ce qu'elles dégoisent façon centuries du célébrissime Michel de Nostre-Dame, sinon on est sur de se faire rouler dans la blédine (farine c'est trop commun aussi).
Bonne journée (et même plusieurs pour digérer mon pavé, mais vous avez l'habitude maintenant)
La dragonne qui file chez vous voir ce qu'elle a loupé.
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