LA CLEMENZA DI TITO - Acte II - Fin -
Bonjour,
Vous savez quoi ? Je m'aperçois qu'on va – enfin – finir cet opéra de Wolfi et que cette fois, contrairement au reste des articles étouffes-chrétiens, ça va vous tenir à peine la dent creuse ! Enfin, question contenu, pour les "enluminures" faites-moi confiance !
C'est là qu'on voit que je ne suis pas scribouillarde professionnelle, qu'on constate que causer, ça, je sais faire, mais y mettre la forme et surtout savoir découper le truc en rondelles bien identiques, j'ai un peu de mal (euphémisme !).
M'enfin, on va dire que je fais dans l'allégé question intrigue en début de semaine, quitte à meubler un peu à la fin, avec des con... statations hautement philosophiques concernant ma « deux-mains-gaucherie » légendaire ou des trucs un peu plus légers qu'un romain qui se prend le chou rapport à un attentat contre son auguste personne.

LA CLEMENZA DI TITO – Acte II – (suite)
Le lieu :
Toujours le même qu'au début de l'acte, vu que les abords « capitoliens » sont plutôt dangereux après l'incendie, et que les costards « drapesques » et blancs de chez immaculé risqueraient de morfler un peu avec la suie (jouer Titus en toge de camouflage, remarquez que ça devrait interpeller aussi nos metteurs en espace avides de resituer tout le bazar à notre époque, histoire de nous prendre pour des neu-neus, comme si on n'était pas capable de se rendre compte par nous-mêmes que les thèmes avancés sont toujours d'actualité)
A la scène 16, un espace pas mal décoré, qui mène à l'amphitéâtre, des arcades partout par lesquelles on peut même voir l'arêne et les membres du complot impérial en train d'être beurdoirés à la sauce tartare en attendant d'être bouffés par les lions.
Les personnages :
- Titus au début, vu qu'il a demandé à être seul avec lui-même, il avait un truc important à se dire en privé
- Publius, son préfet préfé-ré
- Vitellia, l'excitée de la cafetière, celle qui change d'idée comme de string quant à son ex-futur époux
- Servilia, la soeur du "terroriste" Sextus
- Annius, son p'tit copain,
- un Choeur pour meubler un peu les gradins, un spectacle sans spectateurs, ça craint sinon.
La scène onze commence sur le monologue de notre empereur titusien et vu ce qu'il déballe, c'est du lourd, pas comme s'il avait à choisir entre la poire ou le fromage à la cantoche à midi, là... c'est tout de même la vie de son pote qui est au menu , bonne raison pour qu'on y réfléchisse un tantinet avant d'opter pour le repas des fauves ou pour le passage d'éponge (remarquez que, pour le côté purement logique, le passage d'éponge s'effectuera obligatoirement dans l'arêne après la bouffe des félins, mangent comme des cochons ceux-là et en fichent partout en plus !)
« J'suis dégoûté ! J'me la pète magnanime, et on me roule dans la blédine. Y a pas à tortiller, faut sévir ! 'Tends voir une minute, j'suis tout de même le représentant suprême de la loi, si je l'applique pas où va-t-on !(tontaine et tonton). Allez on respire un bon coup et on signe ce rondudju de papelard et baste l'amitié ! Il est coupable, faut qu'il paie ! - (il signe le poulet) -
Bin voilà, je viens d'envoyer un concitoyen à la mort et en plus un pote !... Par contre, ça va pas être reluisant dans ma biographie ça... on pourra lire : "Titus, l'ex-magnanime, celui qui en a eu marre de jouer les gentils" ; pas top tout de même ! Vaut mieux que je reste dans mon rôle, j'suis habitué au costume... depuis le temps ! - (il déchire la lettre) -
Une bonne chose de faite ! Mon pote sauve sa couenne et tout ce qu'on aura à me reprocher c'est d'avoir fait un acte de pitié tout ce qu'il y a d'humain, on est pas des boeufs ! » - (il balance la lettre qu'il a bien déchiquetée pendant ce temps, histoire de se passer les nerfs) -
Publius entre et Titus lui signale qu'il faudrait se grouiller s'ils ne veulent pas louper le début du spectacle aux arênes. Le préfet demande pour Sextus, et il lui est répondu plus qu'évasivement que son sort est décidé... Publius prend ça comme une condamnation du coco, vu qu'il n'a pas vu les confettis qui trainent partout sur la scène.
Avant d'aller au cirque, Titus balance un p'tit air où il justifie sa décision par le fait que s'il faut être un type à la main leste quant aux exécutions qu'on le « démissionne » c'est pas dans sa nature et en plus, si ses concitoyens doivent faire de l'huile à chaque fois qu'il éternue, bonjour la confiance et la sérénité pour faire le boulot d'empereur !
Il sort, Publius au train, mais Vitellia, entrant au même moment - (comme déjà dit, jamais une scène vide, toujours le système genre « vases-communiquants » pour éviter qu'il y ait un « blanc visuel et auditif » dans la continuité de l'oeuvre) - . elle siffle le préfet pour qu'il fasse marche arrière :
« Pssst ! Machin, rapplique tes fesses ! J'ai un truc à te demander...
- Pas le temps, j'dois servir de chaperon à Titus !
- Pour aller où ? Et Sextus ?
- Au cirque et il fait partie des attractions !
- M... ! Et... il a eu le temps de causer à Titus ?
- Que ça a même duré des plombes !
- Et...
- J'en sais pas plus, ils ont eu une conversation en tête à tête, j'étais pas invité."
Il sort, parce que la fille, à s'accrocher comme une groupie à son péplum, est un danger certain pour sa pudeur naturelle, une toge, ça tient debout parce que c'est la mode comme dirait Mémé * !
La fille reste seule et commence à entamer la deuxième phalange de ses doigts, vu que depuis que son soupirant-accessoire s'est fait entauler, les ongles sont tous rognés jusqu'à la lunule ! (j'aurai pu être plus explicite j'aurai mis "joystick", parce qu'un mec qu'on utilise à ce point, juste quand on en a besoin, si c'est pas du gadget érotico-gaillard, j'veux bien être transformée en bretzel !)
Elle est en train de se dire que les carottes sont cuites pour elle aussi, et rien qu'à la trombine de Publius, son espérance de préparer des flans à ses p'tits-enfants pour le goûter est en train de disparaitre dans la cuvette des chiottes.
Evidemment, c'est à ce moment qu'elle envisage le fait qu'elle aurait dû déballer tout le topo à Titus plus tôt, ça aurait économisé des prises de tête à tout le monde et faute avouée étant à moitié pardonnée selon l'adage, ça valait mieux que d'être vendue par un autre, parce que là, on est sur d'y laisser sa peau.
Servilia entre à son tour avec Annius aux miches (ceux qui disent que c'est normal... ont l'esprit aussi mal tourné que moi, je confirme !). Tous les deux sont en trains de s'arracher le crin de la caboche en pensant à ce qui attend le pauvre Sextus et viennent demander à Vitellia d'intercéder en sa faveur, une future impératrice, ça a quand même son mot à dire non ?
C'est là que l'allumée pige (enfin) que le pauvre type n'a rien déballé et se sent plus légère de trois tonnes tout d'un coup. Elle signale qu'ils partent devant, elle les suit mais Annius lui conseille de ne pas attendre la Pâque Russe, la vie de son pote et futur beau-frère ne tient que par un cheveu dévitalisé. Servilia en rajoute une couche en disant que son pauvre frangin mérite bien qu'elle se sorte un peu les doigts du valseur, étant donné qu'il faisait une fixette sévère sur elle et que c'est pas en chialant que ça va arranger la sauce.
Elle les envoie ballader en disant qu'elle rapplique dès qu'elle peut mais qu'elle a besoin de faire le point (tu m'étonnes ! Vu son état permanent de girouette en plein vent, ça va être dur de rester sur la même idée plus de dix minutes !)
Les deux amoureux démarrent en vrombissant direction le cirque et laissent Vitellia se prendre le chou à son tour (pas toujours les mêmes nan maiiiiis !)
"Bon, ma fille, c'est pas tout ça, mais faudrait se décider ! Est-ce que t'as les tripes pour regarder ton soupirant se faire grignoter les orteils par les lions ? Un type tellement sympa, qu'il préfère servir de casse-dale aux bestioles plutôt que de vendre la mèche ? Et qui ne moufte même pas... alors que tu vas réchauffer les draps de Titus le soir même ?! A savoir s'il ne va pas déballer ça au décors et que les moellons ne me ressortent pas ma faute en pleine tronche un de ces quatre... * Vaut mieux que je déballe tout, même si j'peux faire une croix après sur mon avancement dans la société huppée, le pauvre Sextus ne mérite vraiment pas de finir en croquettes pour matous ! Allez, j'vais finir aux galères et je donne pas cher de ma peau, mais ce qui est dit est dit, j'déballe !"
Changement de décors à la scène seize. Titus entre accompagné de sa cour, au son d'un chant de louange de bon ton interprété par la chorale locale "I 'Morituri" (I Muvrini, c'était déjà pris) *.
Titus prévient qu'avant de donner le top-départ des réjouissances, il voudrait bien qu'on lui amène le condamné, autant faire court, ça changera. Annius et Servilia se pendent à ses basques en hululant des "pitié" longs comme le bras. Titus leur signale que c'est un peu tard, son choix est fait, s'il avait dû compter sur leur avis... on y serait encore.
Sextus paraît, encadré par ses gardes-chiourme, un ange passe... vitesse grand V, Titus lui coupant les rémiges en plein looping.
Il est en train de lire le chef d'accusation au pauvre gars quand Vitellia déboule sur scène, dérape, s'emberlificote les ripatons dans les pans de sa toge et finit en vrac, le pif sur les doigts de pied de l'Auguste. Comme Titus est perplexe quant à son attitude, la donzelle avoue, genre "tu vas en rester comme deux ronds de flan quand tu vas savoir qui c'est le méchant de l'histoire, vu que c'est bibi" - (c'est rien de le dire parce que là, c'est une tonne de brique qu'il se reçoit sur le carafon) - Il lui demande combien ils sont au juste dans le coup, elle avoue qu'elle a eu toute seule, comme une grande, cette idée de génie et tout ça pour se venger d'avoir été mise de côté dans ses projets matrimoniaux.
Là, Titus s'interroge sur la possiblité qu'il avait de rester couché ce matin avec la journée de bouse qu'il se tape. C'est encore un coup des olympiens pour éprouver son caractère, mais ils en seront pour leur frais ! Il a décidé de continuer à jouer les gentils, na ! En bref, on déchire les contraventions et on passe à autre chose.
Sextuor final pour conclure cette mensuétude titusienne en l'honneur des souverains contemporains de Wolfi, où tout le monde y va de son couplet sur la grandeur, l'intelligence de l'empereur, le souvenir de la boulette qui restera tout de même au passif des coupables, même avec un coup de blanco sur leur casier judiciaire. On peut dire que ça sent la brosse à reluire à plein pif, mais étant donné que c'était une commande, faut pas s'attendre à ce qu'on ait vraiment laissé le choix aux auteurs de l'opéra...
Fin de cette Clémence de Titus, avec une petite question... qui doit tarauder certains, est-ce que Titus a tout de même perduré dans ses intentions de convoler avec une sournoise ?
A mon humble avis, la musaraigne a été entièrement inventée pour la circonstance (l'opéra de commande), vu qu'on n'en trouve trace nulle part, même ici, j'ai vérifié ! Et entre nous, on peut être bon, mais de là à être assez c. pour se marier à une intrigante qui est capable de vous poignarder dans le dos, juste parce que vous avez oublié son anniversaire... faudrait vraiment le faire !
Allez, vous étiez prévenus, pas grand chose dans le fond, mais encore une fois, c'est la forme (ou l'absence de forme, comme vous voulez) qui fait la longueur chez moi. Bonne "digestion" et à plus, je file voir si l'herbe est plus verte ailleurs, avec tout ce qu'il a flotté, ça risque d'être le cas !
La dragonne.
* Tenir debout parce que c'est la mode, revient à dire que tout le bazar est plus ou moins en équilibre et qu'un rien suffit pour que ça se fasse la malle.
* Comme le fameux Midas, roi de Phrygie. D'accord on connait plus la légende du type qui transformait tout ce qu'il touchait en or quarante-douze carats, mais je préfère la légende où, après avoir servi d'arbitre à un concours style Eurovision mythologique, il aurait fait le mauvais choix en votant pour Marsyas, un satyre moins bien côté que son rivale Apollon. Pour le punir, mauvais perdant, ce dernier lui aurait filé des oreilles d'ânes qu'il planquait après sous un bonnet phrygien. Problème, un de ses valets était au courant, et comme ça le démangeait de déballer l'histoire, il n'a rien trouvé de mieux, pensant que ça n'aurait aucune conséquence, que de creuser un trou dans le sol et d'y susurer ce secret d'état. Re-problème, le sol en principe, c'est fertile et au printemps suivant, les roseaux poussant ont recraché toute l'affaire à chaque coup de vent (et c'était venteux le secteur !). De honte, Midas se serait suicidé en sirotant du... sang de boeuf ! (tiens donc...)
Entre parenthèse, Ovide a préféré confronter Apollon à un faune plus connu, Pan, ça parlait peut-être plus aux contemporains qu'un illustre inconnu, certainement...
* Là, je met la chansonnette, plus lèche-c..bottes vous me faites signe !
"Tu as montré dans le bref cours
De cette journée, grand héros,
Que tu es l'objet des pensées
Et de l'amour des Dieux.
Mais il n'y a aucune raison de s'émerveiller,
Bienheureux Auguste,
De ce que les Dieux protègent ainsi
Celui qui leur ressemble."
Vous savez quoi ? Je m'aperçois qu'on va – enfin – finir cet opéra de Wolfi et que cette fois, contrairement au reste des articles étouffes-chrétiens, ça va vous tenir à peine la dent creuse ! Enfin, question contenu, pour les "enluminures" faites-moi confiance !
C'est là qu'on voit que je ne suis pas scribouillarde professionnelle, qu'on constate que causer, ça, je sais faire, mais y mettre la forme et surtout savoir découper le truc en rondelles bien identiques, j'ai un peu de mal (euphémisme !).
M'enfin, on va dire que je fais dans l'allégé question intrigue en début de semaine, quitte à meubler un peu à la fin, avec des con... statations hautement philosophiques concernant ma « deux-mains-gaucherie » légendaire ou des trucs un peu plus légers qu'un romain qui se prend le chou rapport à un attentat contre son auguste personne.

LA CLEMENZA DI TITO – Acte II – (suite)
Le lieu :
Toujours le même qu'au début de l'acte, vu que les abords « capitoliens » sont plutôt dangereux après l'incendie, et que les costards « drapesques » et blancs de chez immaculé risqueraient de morfler un peu avec la suie (jouer Titus en toge de camouflage, remarquez que ça devrait interpeller aussi nos metteurs en espace avides de resituer tout le bazar à notre époque, histoire de nous prendre pour des neu-neus, comme si on n'était pas capable de se rendre compte par nous-mêmes que les thèmes avancés sont toujours d'actualité)
A la scène 16, un espace pas mal décoré, qui mène à l'amphitéâtre, des arcades partout par lesquelles on peut même voir l'arêne et les membres du complot impérial en train d'être beurdoirés à la sauce tartare en attendant d'être bouffés par les lions.
Les personnages :
- Titus au début, vu qu'il a demandé à être seul avec lui-même, il avait un truc important à se dire en privé
- Publius, son préfet préfé-ré
- Vitellia, l'excitée de la cafetière, celle qui change d'idée comme de string quant à son ex-futur époux
- Servilia, la soeur du "terroriste" Sextus
- Annius, son p'tit copain,
- un Choeur pour meubler un peu les gradins, un spectacle sans spectateurs, ça craint sinon.
La scène onze commence sur le monologue de notre empereur titusien et vu ce qu'il déballe, c'est du lourd, pas comme s'il avait à choisir entre la poire ou le fromage à la cantoche à midi, là... c'est tout de même la vie de son pote qui est au menu , bonne raison pour qu'on y réfléchisse un tantinet avant d'opter pour le repas des fauves ou pour le passage d'éponge (remarquez que, pour le côté purement logique, le passage d'éponge s'effectuera obligatoirement dans l'arêne après la bouffe des félins, mangent comme des cochons ceux-là et en fichent partout en plus !)
« J'suis dégoûté ! J'me la pète magnanime, et on me roule dans la blédine. Y a pas à tortiller, faut sévir ! 'Tends voir une minute, j'suis tout de même le représentant suprême de la loi, si je l'applique pas où va-t-on !(tontaine et tonton). Allez on respire un bon coup et on signe ce rondudju de papelard et baste l'amitié ! Il est coupable, faut qu'il paie ! - (il signe le poulet) -
Bin voilà, je viens d'envoyer un concitoyen à la mort et en plus un pote !... Par contre, ça va pas être reluisant dans ma biographie ça... on pourra lire : "Titus, l'ex-magnanime, celui qui en a eu marre de jouer les gentils" ; pas top tout de même ! Vaut mieux que je reste dans mon rôle, j'suis habitué au costume... depuis le temps ! - (il déchire la lettre) -
Une bonne chose de faite ! Mon pote sauve sa couenne et tout ce qu'on aura à me reprocher c'est d'avoir fait un acte de pitié tout ce qu'il y a d'humain, on est pas des boeufs ! » - (il balance la lettre qu'il a bien déchiquetée pendant ce temps, histoire de se passer les nerfs) -
Publius entre et Titus lui signale qu'il faudrait se grouiller s'ils ne veulent pas louper le début du spectacle aux arênes. Le préfet demande pour Sextus, et il lui est répondu plus qu'évasivement que son sort est décidé... Publius prend ça comme une condamnation du coco, vu qu'il n'a pas vu les confettis qui trainent partout sur la scène.
Avant d'aller au cirque, Titus balance un p'tit air où il justifie sa décision par le fait que s'il faut être un type à la main leste quant aux exécutions qu'on le « démissionne » c'est pas dans sa nature et en plus, si ses concitoyens doivent faire de l'huile à chaque fois qu'il éternue, bonjour la confiance et la sérénité pour faire le boulot d'empereur !
Il sort, Publius au train, mais Vitellia, entrant au même moment - (comme déjà dit, jamais une scène vide, toujours le système genre « vases-communiquants » pour éviter qu'il y ait un « blanc visuel et auditif » dans la continuité de l'oeuvre) - . elle siffle le préfet pour qu'il fasse marche arrière :
« Pssst ! Machin, rapplique tes fesses ! J'ai un truc à te demander...
- Pas le temps, j'dois servir de chaperon à Titus !
- Pour aller où ? Et Sextus ?
- Au cirque et il fait partie des attractions !
- M... ! Et... il a eu le temps de causer à Titus ?
- Que ça a même duré des plombes !
- Et...
- J'en sais pas plus, ils ont eu une conversation en tête à tête, j'étais pas invité."
Il sort, parce que la fille, à s'accrocher comme une groupie à son péplum, est un danger certain pour sa pudeur naturelle, une toge, ça tient debout parce que c'est la mode comme dirait Mémé * !
La fille reste seule et commence à entamer la deuxième phalange de ses doigts, vu que depuis que son soupirant-accessoire s'est fait entauler, les ongles sont tous rognés jusqu'à la lunule ! (j'aurai pu être plus explicite j'aurai mis "joystick", parce qu'un mec qu'on utilise à ce point, juste quand on en a besoin, si c'est pas du gadget érotico-gaillard, j'veux bien être transformée en bretzel !)
Elle est en train de se dire que les carottes sont cuites pour elle aussi, et rien qu'à la trombine de Publius, son espérance de préparer des flans à ses p'tits-enfants pour le goûter est en train de disparaitre dans la cuvette des chiottes.
Evidemment, c'est à ce moment qu'elle envisage le fait qu'elle aurait dû déballer tout le topo à Titus plus tôt, ça aurait économisé des prises de tête à tout le monde et faute avouée étant à moitié pardonnée selon l'adage, ça valait mieux que d'être vendue par un autre, parce que là, on est sur d'y laisser sa peau.
Servilia entre à son tour avec Annius aux miches (ceux qui disent que c'est normal... ont l'esprit aussi mal tourné que moi, je confirme !). Tous les deux sont en trains de s'arracher le crin de la caboche en pensant à ce qui attend le pauvre Sextus et viennent demander à Vitellia d'intercéder en sa faveur, une future impératrice, ça a quand même son mot à dire non ?
C'est là que l'allumée pige (enfin) que le pauvre type n'a rien déballé et se sent plus légère de trois tonnes tout d'un coup. Elle signale qu'ils partent devant, elle les suit mais Annius lui conseille de ne pas attendre la Pâque Russe, la vie de son pote et futur beau-frère ne tient que par un cheveu dévitalisé. Servilia en rajoute une couche en disant que son pauvre frangin mérite bien qu'elle se sorte un peu les doigts du valseur, étant donné qu'il faisait une fixette sévère sur elle et que c'est pas en chialant que ça va arranger la sauce.
Elle les envoie ballader en disant qu'elle rapplique dès qu'elle peut mais qu'elle a besoin de faire le point (tu m'étonnes ! Vu son état permanent de girouette en plein vent, ça va être dur de rester sur la même idée plus de dix minutes !)
Les deux amoureux démarrent en vrombissant direction le cirque et laissent Vitellia se prendre le chou à son tour (pas toujours les mêmes nan maiiiiis !)
"Bon, ma fille, c'est pas tout ça, mais faudrait se décider ! Est-ce que t'as les tripes pour regarder ton soupirant se faire grignoter les orteils par les lions ? Un type tellement sympa, qu'il préfère servir de casse-dale aux bestioles plutôt que de vendre la mèche ? Et qui ne moufte même pas... alors que tu vas réchauffer les draps de Titus le soir même ?! A savoir s'il ne va pas déballer ça au décors et que les moellons ne me ressortent pas ma faute en pleine tronche un de ces quatre... * Vaut mieux que je déballe tout, même si j'peux faire une croix après sur mon avancement dans la société huppée, le pauvre Sextus ne mérite vraiment pas de finir en croquettes pour matous ! Allez, j'vais finir aux galères et je donne pas cher de ma peau, mais ce qui est dit est dit, j'déballe !"
Changement de décors à la scène seize. Titus entre accompagné de sa cour, au son d'un chant de louange de bon ton interprété par la chorale locale "I 'Morituri" (I Muvrini, c'était déjà pris) *.
Titus prévient qu'avant de donner le top-départ des réjouissances, il voudrait bien qu'on lui amène le condamné, autant faire court, ça changera. Annius et Servilia se pendent à ses basques en hululant des "pitié" longs comme le bras. Titus leur signale que c'est un peu tard, son choix est fait, s'il avait dû compter sur leur avis... on y serait encore.
Sextus paraît, encadré par ses gardes-chiourme, un ange passe... vitesse grand V, Titus lui coupant les rémiges en plein looping.
Il est en train de lire le chef d'accusation au pauvre gars quand Vitellia déboule sur scène, dérape, s'emberlificote les ripatons dans les pans de sa toge et finit en vrac, le pif sur les doigts de pied de l'Auguste. Comme Titus est perplexe quant à son attitude, la donzelle avoue, genre "tu vas en rester comme deux ronds de flan quand tu vas savoir qui c'est le méchant de l'histoire, vu que c'est bibi" - (c'est rien de le dire parce que là, c'est une tonne de brique qu'il se reçoit sur le carafon) - Il lui demande combien ils sont au juste dans le coup, elle avoue qu'elle a eu toute seule, comme une grande, cette idée de génie et tout ça pour se venger d'avoir été mise de côté dans ses projets matrimoniaux.
Là, Titus s'interroge sur la possiblité qu'il avait de rester couché ce matin avec la journée de bouse qu'il se tape. C'est encore un coup des olympiens pour éprouver son caractère, mais ils en seront pour leur frais ! Il a décidé de continuer à jouer les gentils, na ! En bref, on déchire les contraventions et on passe à autre chose.
Sextuor final pour conclure cette mensuétude titusienne en l'honneur des souverains contemporains de Wolfi, où tout le monde y va de son couplet sur la grandeur, l'intelligence de l'empereur, le souvenir de la boulette qui restera tout de même au passif des coupables, même avec un coup de blanco sur leur casier judiciaire. On peut dire que ça sent la brosse à reluire à plein pif, mais étant donné que c'était une commande, faut pas s'attendre à ce qu'on ait vraiment laissé le choix aux auteurs de l'opéra...
Fin de cette Clémence de Titus, avec une petite question... qui doit tarauder certains, est-ce que Titus a tout de même perduré dans ses intentions de convoler avec une sournoise ?
A mon humble avis, la musaraigne a été entièrement inventée pour la circonstance (l'opéra de commande), vu qu'on n'en trouve trace nulle part, même ici, j'ai vérifié ! Et entre nous, on peut être bon, mais de là à être assez c. pour se marier à une intrigante qui est capable de vous poignarder dans le dos, juste parce que vous avez oublié son anniversaire... faudrait vraiment le faire !
Allez, vous étiez prévenus, pas grand chose dans le fond, mais encore une fois, c'est la forme (ou l'absence de forme, comme vous voulez) qui fait la longueur chez moi. Bonne "digestion" et à plus, je file voir si l'herbe est plus verte ailleurs, avec tout ce qu'il a flotté, ça risque d'être le cas !
La dragonne.
* Tenir debout parce que c'est la mode, revient à dire que tout le bazar est plus ou moins en équilibre et qu'un rien suffit pour que ça se fasse la malle.
* Comme le fameux Midas, roi de Phrygie. D'accord on connait plus la légende du type qui transformait tout ce qu'il touchait en or quarante-douze carats, mais je préfère la légende où, après avoir servi d'arbitre à un concours style Eurovision mythologique, il aurait fait le mauvais choix en votant pour Marsyas, un satyre moins bien côté que son rivale Apollon. Pour le punir, mauvais perdant, ce dernier lui aurait filé des oreilles d'ânes qu'il planquait après sous un bonnet phrygien. Problème, un de ses valets était au courant, et comme ça le démangeait de déballer l'histoire, il n'a rien trouvé de mieux, pensant que ça n'aurait aucune conséquence, que de creuser un trou dans le sol et d'y susurer ce secret d'état. Re-problème, le sol en principe, c'est fertile et au printemps suivant, les roseaux poussant ont recraché toute l'affaire à chaque coup de vent (et c'était venteux le secteur !). De honte, Midas se serait suicidé en sirotant du... sang de boeuf ! (tiens donc...)
Entre parenthèse, Ovide a préféré confronter Apollon à un faune plus connu, Pan, ça parlait peut-être plus aux contemporains qu'un illustre inconnu, certainement...
* Là, je met la chansonnette, plus lèche-c..bottes vous me faites signe !
"Tu as montré dans le bref cours
De cette journée, grand héros,
Que tu es l'objet des pensées
Et de l'amour des Dieux.
Mais il n'y a aucune raison de s'émerveiller,
Bienheureux Auguste,
De ce que les Dieux protègent ainsi
Celui qui leur ressemble."
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