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Texte Libre

Avis à la population !

Vous faîtes partie de ceux qui croient que l’opéra n’'est pas pour eux, que c'est trop compliqué, qu’il ne se passe rien, et que pour faire bonne mesure, la plupart du temps ce n'est même pas en français et que même si c'est en français, on ne comprend pas ce qu'ils disent ?

Je vais ici vous démontrer le contraire, mais à ma manière, alors les "puristes", gaffe !

Mais j'aime aussi des bestioles pas courantes, les dragons, alors ne vous étonnez pas d'en voir traîner quelques uns de temps en temps

 

Un petit coin est également réservé pour tous ceux qui veulent réagir que ça soit à mes coups de coeur (et de gueule) ou blablater d'eux-même sur tout (même la flexibilité des terminaisons "colonne-vertébratoires" des ruminants ou de l'âge canonique ou non du capitaine de corvette).

Lundi 5 mai 2008
Bonjour tout le monde

Comme promis, je me dois de retourner sinon au Carmel* du moins à ses occupantes (ou futures occupantes, vu la démarche thérapeutico-religieuse de l'héroïne). L'intrigue étant fort peu "dense" au début de l'oeuvre (inutile de chercher un galant dans un placard à balai ou sautant par le balcon" pélargoniumniquement" garni, les sœurs tourières veillent !) je vais faire concis et me servir du synopsis plutôt que du livret, nous y gagnerons en longueur tous autant que nous sommes et cela permettra de finir (peut-être) l'acte au bout de cet article**.
Allez, plus vite on y retourne, plus vite on s'en remet (là, ça fait vraiment la nana motivée, pas à dire !)

LE DIALOGUE DES CARMELITES - Acte I suite -

Le  lieu :
Le parloir du Carmel de Compiègnes au second tableau. Oubliez tout de suite une déco à la "dernier salon où l'on cause", on fait dans le minimalisme là aussi. Deux pliants de part et d'autre d'une grille (version antique de l'Hygiaphone certainement).

Troisième tableau : l'intérieur de la tour qui doit servir de garde-manger, étant donné que les nanas y sont  en train de ranger les sacs de "musiciens" (haricots blancs) et les boîtes de "singe( corned beef)
Au quatrième tableau;: une cellule*** de l'infirmerie avec son lit à barreaux, les potences à glucoses, la feuille de soin et tout le bastringue, mais sans le bel interne façon Urgences, désolée les copines (à la  rigueur un vieil aumonier pourrait croiser aux alentours, toutes voiles dehors, mais vaut mieux pas, c'est pas bon signe pour faire remonter de la courbe de température des occupantes du lieu), parce qu'il faut être réaliste, à part un certain Javelinot, médecin attitré de la place, vieux croûton bien rassis, ce n'est pas le tendron qui fourmille dans la place !

Les personnages :
- La prieure, Madame de Croissy, qui a dû connaître des jours meilleurs, elle ne paraît pas au mieux de sa forme la pauv'dame.
- Blanche, l'agoraphobe de service
- Constance de saint Denis, une "gamine" dans ce lieu, on se demande ce qu'elle a bien dû faire comme bêtise pour se retrouver là, couvrir de graffitis à la bombe la façade de l'hôtel particulier de pôpa et môman sans doute, ou émettre des bruits interstinaux incongrus en plein repas officiel... allez savoir...
- Une sœur tourière (lyriquement muette, le casting est ouvert à toutes, du moment qu'elles sachent faire une figure longue d'ici à demain et portent bien le costard, si ça vous intéresse...)
- Mère Marie, bras droit de la prieure, zélatrice confirmée (surtout qu'elle vise le strapontin de sa patronne qui n'en a plus pour bézef de temps, il faut le reconnaitre)
- Monsieur Javelinot (une flèche !) médecin attaché au Carmel
- Sœur Anne de la Croix, dont le seul rôle est de manquer de virer dans  les choux quand sa prieure commence à voir des éléphants roses lors de son agonie

Comme dit précédemment, il semble que l'auteur ait pensé que l'opéra commençait vraiment à ce moment et c'est donc là qu'on a droit au premier prélude. Alors que le rideau se lève, la Prieure est en train de s'escrimer pour avancer son siège de la grille qui la sépare de l'héroïne (avec son bol, si ça se trouve, il est vissé au sol pour éviter qu'on ne l'utilise pour péter la séparation et se faire la belle)
"Tu m'excuses minette, mais j'suis obligée de me trimbaler le pliant à chaque fois que je crapahute, c'est pas pour faire "style" mais j'ai du mal à bouger ma carcasse ces derniers temps
- Ma foi Mémé, tu prends plutôt ça bien, chapeau ! J'aurai du mal à ne pas chouiner dans le même cas !
- Moui  si tu le dis... mais autant c'est fastoche d'oublier tout le tremblement autour, autant s'ignorer soi-même n'est pas du beurre mou, j'te le garantie ! Mais qu'est-ce qui t'amène dans les parages la belle ?
- J'ai vu de la lumière... nan j'rigole ! J'suis assez branchée sur l'idée "d'héroïsme" de votre manière de vivre, il en faut pour tenir ici non ?
- Te fais pas avoir par le papier cadeau, t'as une image d'Epinal des locaux, mais tu vas t'apercevoir qu'y baguenauder c'est une autre histoire ! T'imagines surtout pas qu'on y teste sa force d'âme, ça serait plutôt le contraire si on y pense et ne comptes pas qu'on s'attendrisse sur son sort ici, c'est pas la politique de la baraque !
- M'en tamponne ! - répond Blanche en chouinant - du moment que j'sois à l'abri !"

La tirade de la zibeline énerve la Prieure plutôt qu'elle ne l'attendrit, elle doit sentir que c'est la lâcheté de la gamine qui l'a poussée à entrer dans les ordres et non pas une poussée de fièvre religieuse. Blanche lui propose son nouveau blaze de clan : Sœur Blanche de l'Agonie du Christ". Et ça, ça la secoue un peu mais elle la bénit tout de même, ce qui équivaut à une signature en bas de contrat d'embauche, ne reste plus qu'à passer prendre son paquetage à l'intendance.

Troisième tableau au son d'un prélude plus léger, le comptage des fayots pour la cantoche ! (je sais c'est réducteur). Là, on mesure la vie trépidante des ces nanas,  rien qu'à l'évocation d'un fer à repasser

Cette nana, on se demande ce qu'elle fiche dans la place, elle détonne "légèrement" dans le décor ambiant, elle blagasse, rigole, sautille partout en racontant la fiesta pour les noces de son frangin alors que Blanche, plus catho que le pape et tirant une trombine de deux lieues lui plombe le moral en lui disant qu'elle manque un peu de retenue?.Ce qui la mine, c'est que la môme, sous son pif qui goutte encore du lait a une attitude plus saine qu'elle face à la mort. Elle a eu une vie courte mais joyeuse, pourquoi la mort serait elle différente ? (ça, faut le  faire tout de même!) et en plus, Constance "sent" qu'elle est faite pour passer l'arme à gauche jeune et "sait" qu'elles mourront ensembles. Pour une belette qui a peur de son ombre, l'évocation de la mort prochaine n'est pas des plus folichonnes et elle rétorque que c'est bien là  paroles de nana "stupide et orgueilleuse".

La gamine baisse le nez sous la semonce et le tableau se termine ainsi. Ah... elle peut être fière d'elle la Blanche de L'Agonie christique ! Réussir à pourrir le moral d'une môme, grand ça, édifiant !

Quatrième et dernier tableau de l'acte, on se retrouve à l'infirmerie où Mère Marie est en train de tenir la main de la Prieure qui n'en a plus pour longtemps. Bon, je vous dirais que j'aime bien cette scène, la musique m'a bien parlée (troisième écoute depuis ce matin, ça veut tout dire !)
" J'dois dire Marie qu'avec tout le temps que j'ai passé à penser à la mort, j'en ai un peu perdu de vue le "Patron". J'ai du mal à le distinguer en ce moment, Il est un peu flou.... Tiens, au fait... tu sais que le pseudo de la nouvelle, c'est celui que j'avais choisi quand je suis entrée ici ? (on capte mieux qu'elle ait été secouée quand Blanche lui a annoncé son choix).tu piges du coup que ça soit ma chouchoute, des "de l'Agonie du Christ" y en a pas des tombereaux dans la place, ça rapproche !"
Justement, quand on parle de la louloute...Blanche arrive, le tire-jus à la pogne, toute tourneboulée par ce départ imminent. La Prieure lui fait ses dernières recommandations : rester simple mais ne pas se sous-estimer, tout en lui donnant sa bénédiction. La minette ressort pour quelques instants, elle craque, ça va faire désordre sur la scène.

Le médecin montrant son blair, la Prieure en profite pour lui demander du rabiot de médoc, elle a besoin d'être zen pour causer à "ses filles" avant de se mettre en apnée définitive. Il lui répond que c'est "d'la bonne" et qu'elle risquerait un mauvais trip, ça la  secouerait trop. La Mère Marie-tape-dur (une coriace, ça s'entend à son discours) lui conseille plutôt de se "tourner vers Dieu" et pas vers les copines, c'est pas de ce côté qu'elle aura un coup de main pour l'aider à faire ses pacsons (bagages).

Là où l'on voit que l'agonisante est bien secouée c'est qu'elle rétorque qu'elle le fera s'il pense d'abord à elle, donnant-donnant ! Elle commence à tourner le bouton de l'ampli un peu fort en gouallant et "La Marie" qui a la trouille qu'elle fiche les miquettes et le doute aux pensionnaires, préfère fermer les fenêtres pour étouffer ses élans vocaux.
La Prieure, dans un dernier sursaut "déliratoire" visualise la chapelle totalement chamboulée et désertée.
Blanche revient pour capter la dernière émission locale, un "mort, j'ai le j'tons de la mort !" des plus réconfortants pour une nana déjà pas très stable.

Tout s'achève avec le dernier souffle "prieuresque", enfin "tout", l'acte premier de l'œuvre, faut pas  rêver ! Les malheurs  de Sophie au Carmel ne font que commencer évidemment. Entre parenthèse, j'aime bien aussi la prière "ora pro nobis" du deuxième acte, mais  c'est une autre histoire, réservée à la prochaine narration de ce Dialogue à la Poulenc.

Sur ce, je vous laisse, tâche de lire quelques billets chez les potes et file me faire tirer le portrait à fin d'obtention de la carte obligatoire à l'inscription au club sportif. Je mettrais donc un peu de temps à tous vous lire, mais ne vous inquiétez pas, j'y arriverai un jour... j'y arriverai...

Bon début de semaine.

La dragonne


* ceux qui commencent à me connaître savent qu'il y a plus de chance d'y trouver un chachlik mercerisé à poil long  en quête de spiritualité qu'une dragonne gesticulante au vocabulaire fleuri, je risquerai fort de heurter la sensibilité des copines de cellule (vous remarquerez d'ailleurs qu'on parle de "cellule" en ce qui concerne leur carrée, ça veut tout dire !)

** Bon, je dois avouer que j'ai vraiment du mal avec le contexte de cette aventure carmélitesque, je crois que je n'ai pas encore "réglé" certains trucs de mon éducation, ça doit parasiter et le côté "dépouillé" qu'évoque BMC dans son commentaire me pèse un peu dans celui-ci, pourtant j'aime ce genre de traitement,  la preuve, j'écoute sans déplaisir Le Château de Barbe-Bleue de Bartok et il y a moins de monde sur scène pourtant. Ou alors, mon argouane est prévue pour les motifs wagnériens ou les airs de bravoure verdiens, allez savoir, faut que je la déconditionne, ça ne se fait pas en crachant dessus, (balèze d'ailleurs si on y arrive !), il y a du  boulot d'écoute en perspective (je vais cumuler les exercices musculaires avec le groupe de six dans l'oreillette, m'est avis que ça va faire jaser dans la salle de gym, mais un peu plus ou un peu moins... j'ai l'habitude) 

*** Bon, inutile de dire que je dois me prendre de plein fouet l'allusion à la réclusion "pénale" à chaque fois que je lis et écoute cette œuvre. "Cellules"... "parloir"... "grille"... une sorte de Prison Break lyrique me saute au pif plutôt qu'une allusion à une retraite spirituelle, et  je parie que les "détenues" n'ont même pas de salle de remise en forme comme dans les prisons qu'on voit sur la pellicule.(je sais... là aussi, je tourne un peu en boucle depuis que je me suis mise en tête de me reconstituer un capital musculaire digne de ce nom, ça va remplacer ma fixette sur Oblivion, s'pas Adü ?) Quant à dire que c'est la marade à tous les étages, ça m'étonnerait un tantinet, elles sont plutôt du genre à rigoler quand il leur tombe un œil, les pingouines, décidément pas pour ma pomme ce genre de club Med.

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Lundi 21 avril 2008
Bonjour !

Allez BMC, sors de ton apnée (euh, vu le temps que j'ai mis à m'y mettre à ce Dialogue des Carmélites, le type du Grand Bleu à côté de toi va passer pour déficient respiratoire ) tu vas enfin l'avoir ton rendez-vous de Compiègne *.

Vous  dire que c'est mon opéra préféré serait mentir comme un arracheur de chicots, mais j'ai une raison, sinon bonne du moins appréciable pour ça, j'ai la honte d'avouer que je n'avais jamais pensé écouter autre chose que la fin dramatique de cette oeuvre (une trouvaille qui m'espante à chaque fois) et je suis obligée de reconnaître aussi mes graves lacunes en ce qui concerne les compositeurs lyriques du siècle dernier (création de l'oeuvre en janvier 1957, on parle bien du siècle dernier).
Et je n'ai pas peur d'avouer également que le sujet m'a toujours rebutée, la religion "en vrai" ou en lyrique, même avec une Jeanne d'Arc de Tchaïkovski, (ou de Verdi, ou celle de  la cantate de Rossini)  j'ai du mal ; désolée pour mes pingouines d'institutrices, ça n'a pas tenu à l'usage, contrairement à l'éducation en elle-même (où là, j'ai de "beaux restes" comme on dit)

Forte de cette constatation sur mon inculture dans ce domaine, j'ai donc dû me procurer l'enregistrement, sinon de la création, du moins "officiel" de cinquante huit, avec une de mes chanteuses préférée "française", Régine Crespin **. C'est donc avec ça dans les oreilles que je tape en ce moment, ce qui fait que j'apprends en même temps que vous alors le premier qui me traite d'encyclopédie lyrique sur patte aura la preuve par l'exemple que je suis tout sauf ça (je bats ma coulpe, c'est fort "audible" ! Je m'attendais à du plus raide, mais Poulenc  étant un bon "mélodiste" on devait supputer tout de même autre chose que de la daube en conserve)

Bon c'est pas tout ça, mais on y va, commencer une semaine avec les malheurs de soeur Marie-Tartisus-de-l'Agonie-du-Christ***, va falloir s'accrocher pour vous faire sourire !

LE DIALOGUE DES CARMELITES - Francis Poulenc - Acte I - Premier tableau -

Le lieu : Paris****,  le "petit" pied-à-terre du Marquis de la Force, sa bibliothèque, pour être exacte. Il faut dire que faire parcourir le  domaine aux protagonistes au pas de course pendant qu'ils déclament, ce serait du sadisme pur, autant les cantonner à une seule pièce, ça économisera leur souffle et nous évitera des courbatures cervicales à force de tenter de les suivre d'un bout à l'autre de la bicoque.
Autant vous dire aussi que faire figurer sur les rayonnages l'intégrale de Franquin ou de Binet, parsemer de quelques écrits impérissables de Pierre Dac, de F'Mur, d'Edika ou du géniteur du Chat aux doctes maximes***** les guéridons en bois d'entourloupe (de loupe) et les secrétaires en "parquèterie" (marquèterie), je doute que ça soit de bon ton (ça se confirme, je ne suis pas de la haute vu mes goûts "bédéesques") et m'étonnerais fortement que ça soit ce genre de lecture qui ait donné le  goût à la  gamine de la maison d'entrer chez les nonnes. A la rigueur, la collection Rose (mais sans Fantomette et son collant trop moule-miches) ou les aventures bretonnantes d'une certaine Bécassine, on peut concevoir...

Les personnages  :
Le Chevalier de la Force******, frangin de l'héroïne en odeur de sainteté
Le Marquis de la Force, le  géniteur des deux cocos, propriétaire de la fameuse bibliothèque rose (à cause du bois du même nom, évidemment)
Blanche de la Force, dite Soeur Blanche de l'Agonie-du-Christ une fois dans les murs carmélites (tiens, mine de rien, on avait "senti" le personnage pour garder notre expression familiale ; étrange quand on sait qu'on ne connaissait ni des lèvres ni des dents que ce soit la pièce de Bernanos ou son adaptation lyrique...)
- Thierry, pas bien défini dans la distribution, mais étant donné qu'il appelle l'héroïne, "mademoiselle blanche", on subodore qu'il s'agit d'un représentant de la faune ancillaire locale

Très rare en lyrique, mais l'acte débute sans ouverture ni prélude (comme si tout ce qui se passe "avant" la vie de recluse de la gamine  n'était qu'un aparté sans grande importance, son existence d'avant qu'un passage obligé mais anecdotique au regard de ses aspirations "spirituelles", et mortelles au demeurant, vu ce qui lui arrive plus tard...)
- A noter dans l'extrait,  la distribution étrange avec un père aussi jeune que son gamin ainsi qu' un livret... en anglais, faut s'y faire mais pas trouvé grand chose pour ce premier acte

Le Chevalier entre en trombe dans la bibliothèque, renversant quelques volumes séculaires qui tombent "en bottes" (poussière) et le font tousser plutôt que de chanter (ma vision évidemment) qu'il aimerait bien savoir où est passé sa frangine. Son père lui répond qu'il en a fichtrement aucune idée et qu'il aurait mieux fait de demander au petit personnel plutôt qu'à lui, surtout avec son entrée en fanfare (encore un type qui n'en a rien à secouer de ce que deviennent ses rejetons une fois "pondus")

"S'cuses, j'ai pô fait exprès !
- Pas de problème, c'est de ton âge de foncer et de réfléchir après, moi, j'me suis calmé de ce côté-là, mais la visite de ton oncle m'a fait louper ma sieste et j'suis un peu "ensuqué"
- Le type qui sort d'ici a eu du mal avec le populo qu'il y a dans les rues, il m'a même dit qu'il avait vu la "deux pattes" de ma frangine bloquée par la manif
- Euh... mauvais souvenir le coup du carrosse bloqué par la populace ! On était au feu "d'artifesse" avec ta mère et un pékin a eu la riche idée de ficher le feu à la caisse des fusées, j't'explique pas la panique ! Ta mère a verrouillé les portes de la caisse, le moteur s'est emballé, le pare-brise en verre-Sécurit n'a pas fait un pli et a explosé, l'horreur, j'te dis ! Quand elle est enfin rentrée, elle avait eu tellement les sangs retournés, qu'elle a préféré accoucher tout de suite de ta frangine et passer l'arme à gauche (dans certaines histoires, dont celle de Joseph Merrick, les génitrices meurent rarement mais accouchent de gamins monstrueux, moins définitif, mais tout aussi dramatique, mais ceux de la haute sont sans doute trop "fragiles", à l'image de leur collection de porcelaine de Saxe ou en  biscuit )
- Autant pour moi, j'aurai pu éviter de causer de ça...
- Y a pas de lézard ! La trottinette est solide, et ça fait un bail que j'ai le même chauffeur, ta frangine ne risque rien.
- Moui, mais c'est pas tant pour ses abattis que pour son ciboulot que j'ai les jetons ! Tu sais  qu'elle cavale méchamment dans sa tête la frangine.
- C'est vrai qu'elle est un rien pétocharde, mais suffit de la marier, ça s'arrangera  (le matin voir "l'autre" au réveil, haleine de poney et poil en bataille,  doit blinder le caractère le plus timoré sans doute...) Et j'te parie que tes neveux n'auront pas froid aux mirettes, eux ! (ça saute les générations la pétoche atavique alors ?)
- Mouai... j'en jurerai pas sur une pile de Saintes Ecritures moi... elle a beau cacher son jeu, j'sens qu'il y a quelque chose qui cloche, j'hésite entre zchizo et parano... par contre.
- Je te parie que tu te fais du mouron pour rien, dès qu'elle sera ici, son agoraphobie ne sera plus qu'un pâle souvenir*******"

A cet instant, Blanche montre son museau par l'entrebâillement de la porte (m'est avis qu'elle a dû entendre la fin de la discussion). Le papounet lui signale que son frangin se faisait de la bile pour elle et elle lui répond que c'est un honneur qu'on pense au "petit lièvre" (une plaisanterie entre frangin et frangine sur l'héroïsme de la nana). Elle frime en disant que ça a été, mais elle a encore les jambes en coton et doit s'appuyer sur une chaise (ah... ces p'tites natures !) mais met ça sur le compte d'une visite aux pingouines de la Visitation, ça esquinte les offices religieux ! Elle envisage de faire une siestounette, histoire de se requinquer en attendant le souper, tout en se plaignant du manque de lumière soudain (un orage, c'est pas Armaguédon tout de même !).
Le frérot lui conseille de demander une loupiote et de ne pas rester seule.

- aparté : une nana qui a peur du noir et ne peut pas s'endormir sans compagnie rassurante, c'est excusable chez les mouflets, mais pas chez un adulte,  surtout quand cet adulte a une phrase favorite : "je meurs chaque nuit pour ressusciter chaque matin" ! Là, c'est une thérapie comportementale qu'il faut envisager, mais hélas, Sigmund et Jacques-Marie Emile n'étaient pas même une lueur libidineuse dans le regard de leurs aïeuls, sauf pour les narrateurs de cette épopée carmélite et révolutionnaire contemporains ou presque des psychanalystes célèbres, qui ont dû piocher dans leurs écrits si ça se trouve...) Fin de l'aparté -

Blanche sort sans refermer la porte (histoire de ne pas se retrouver toute seule  dans les couloirs plongés dans le noir certainement)********  Le père et le frangin reste sceptiques (comme la fosse) quant à l'attitude de la gamine mais le Chevalier décide de couper court à ces pensées pas très folichonnes en partant demander des nouvelles du "front" au chauffeur de la "milousine" (une tendance tenace à mélanger ce mot, même si là, c'est volontaire).

A peine sorti, on entend un cri strident à la Coluche (dans Inspecteur la Bavure, si vous avez vu le film). Le "peu défini" Thierry entre en signalant que "Mam'zelle Blanche" vient de manquer de virer dans les pommes en voyant son ombre (à lui, quoi que m'est avis que sa propre ombre lui fiche également les miquettes).
La fille refait son apparition, et au discours rassurant
de son papounet oppose une résolution fébrile dirais-je d'entrer au Carmel, vu que cette trouille doit être aussi un signe divin que son choix et le bon (s'enfermer loin du monde, avec un groupe de copines sans surprise pour se "ménager", il n'y a rien de tel, pour se soigner, pas dit que ça soit la solution par contre)

" Chez les pingouines !!!
- Me dis pas que ça te surprend tant que ça la news !
- D'accord, ton côté Couvent des Oiseaux a toujours été évident, mais de là à entrer "vraiment" au Carmel pour éviter de côtoyer du monde...
- Pas de ma faute, je flippe ma race dès qu'il y a du peuple, et ça me vrille les  nerfs le bruit et l'agitation que ça entraîne
- Mais secoue-toi un peu rondudju ! C'est pas la mer à boire d'affronter un peu les gens !
- Désolée de te dire que j'ai pas d'autres solution ! Si je dois attendre que la psychanalyse soit inventée, me reste plus qu'à me faire "endormir pour cent ans" comme l'Aurore au rouet (la Belle au Bois Dormant, si vous préférez). J'ai trouvé que ça, et l'bon Dieu est sympa, il m'en voudra pas de squatter un des ses pieds-à-terre vu que je lui "sacrifie" tout et ça me permet de remonter dans mon estime personnelle, j'me sens comme un sous-étron de mouche constipée en ce moment, avec du bol, je vais retrouver un chouillas mon "honneur"

Le père et la fille restent l'un assis, l'autre la tête  sur ses "genouilles" (mot familiale évidemment) alors que le rideau tombe sur le premier tableau.

On va s'arrêter là, et je vous laisse méditer sur les motivations de la nana quant à son entrée chez les Carmélites. Foin de crise de foi exacerbée et de séances de lévitations avec stigmates  dans son cas, je m'attendais à autre chose qu'une "carmélisation" thérapeutique pour ma part. mais comme on dit les voies du  Seigneur sont  "imperméables" (j'ai mis du temps aussi à dire cet adage comme il se doit)

Bonne lecture, vous avez du temps, selon mes habitudes, portez vous bien et à la prochaine !

La dragonne


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* Etant donné que Poulenc se base sur la pièce éponyme de Bernanos , celle-ci inspirée de La Dernière à l'échafaud de Gertrude von le Fort  et narrant les derniers jours des Carmélites rebelles aux décrets de sécularisation des révolutionnaires et ce au Carmel de Compiègne, un rendez-vous ailleurs ferait un peu tache dans la logique spatio-temporelle.

** Rare que je parle de ça, mais pour une fois on a une "héroïne" exagonale en lyrique, on se doit d'en parler, surtout quand un certain Hans Knapperbush arrête une répétition bayreuthienne pour montrer la "gamine" 'et signaler à ses autochtones de chanteurs (c'est un "pays" à part, Bayreuth) que c'est "comme ça" qu'on doit chanter du Wagner ! Enorme succès de la petite française (trente ans à l'époque) même si c'était dans Parsifal, et que la tradition veuille qu'à Parsifal "on" n'applaudisse pas, ça fait désordre !

*** cherchez pas, c'est un "titre" purement fictif inventés par les frangins et bibi pour désigner les religieuses qui ont du pédigré dans une congrégation quelconque.

**** Bon, ça commence bien ! Je parle de Compiègne, et on se retrouve à la Capitale, comment voulez-vous que je sois crédible, j'vais me plaindre à Bernanos moi !

***** Philippe Geluck, un calendrier, cadeau de fistonne trône sur mon vaisselier peint-main depuis le début de l'année, et je compte me faire la collection des albums (j'ai de la marge, n'en ayant  qu'un !)

****** Là, pas la peine d'être diplômé ès généalogie pour piger que la Gertrude évoquée plus haut est une descendante huguenote mais convertie plus tard de cette famille. Le Fort et de la Force, ce n'est pas un hasard tout de même !

******* Mine de rien, le début laisse à penser que pour entrer "en religion" il faut avoir une défaillance mentale ou morale avérée, quand ce n'est pas une tare physique, (ou, comme le veut la tradition, un devoir filiale naturel quand la fortune doit revenir à l'élément mâle de la famille et qu'on doit éviter le morcellement du patrimoine)

********j'avais un frangin qui faisait ça, laissant toutes les pièces allumées sur son passage jusqu'au lieu d'aisance, dont il laissait la porte ouverte, nous gratifiant d'une aubade "rassuratoire" tout en faisant... ce qu'il avait à faire ; classe ! Un autre, qui se reconnaîtra, servait de porte-flambeau à son jumeau, en étreignant vaillamment une statuette de la vierge de Lourdes fluorescente, persuadé qu'elle éclairait vraiment comme une lampe torche. Marrant parce que le noir, je le trouvais pour ma part bien rassurant et complice... ma trouille c'était la vie "en société" comme quoi les fratries se partagent différemment les phobies
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Mardi 15 avril 2008
Bonjour !

Allez, n'allez pas croire que je flemmarde plus que d'habitude. Est-ce d'ailleurs faisable humainement parlant ? Le seul état apparenté à ma zénitude psychomotrice étant celui de l'endive pré-gratinée, je crains qu'on ne m'appelle désormais, la légumineuse dragonne et pas "lumineuse", lisez correctement ! Oh combien douloureuse est une toute petite modification dans l'orthographe d'un mot ou comment passer du statut d'idole (et non statue d'idole... quoi que là aussi...) à celui de mollusque mono-neuronalement équipé (l'éternelle image du lombric champêtre se prenant pour un boa constrictor  amazonien, pathétique !)

La cause de tout ce méli-mélo retardataire en est une rébellion, que dis-je une mutinerie, de tout mon environnement "ménagesque". Je suis encore victime de la fameuse loi des vases communicants. Ce que je range d'un côté, réapparait miraculeusement (ou démoniaquement) à un autre endroit de mon antre. J'envisage de faire un exemple en entassant les rebelles et en y fichant le feu, mais ne sais si les membres de ma tribu apprécieront à leur juste valeur mon jugement à la  Amaury (allez cramer du linge mouillé et des assiettes, ça doit être sportif !)

Comme promis, une autre lichette de notre balade parisienne, avant d'entamer la narration de notre prochain opéra (je sais, les Carmélites pianotent impatiemment sur l'accoudoir de leur prie-dieu mais un peu plus ou un peu moins...) et ce sera "relativement" court, pas en faire un tombereau, même si je suis capable d'écrire trois pages pour dire "bonjour, temps de bouse, vivement le soleil !" (Théophile Gautier et sa Momie n'ont qu'à bien se tenir quant aux longueurs de mes descriptions)

Donc, une fois terminée la visite au Musée d'Orsay, il fallait combler le reste de ce weekend pascal au mieux, étant donné que, même si j'étais en touriste pour une semaine chez le frangin, mon dragon lui, se devait à ses obligations professionnelles dès le mardi, plus dur pour faire du "culturel" ou du "kilométrique" parisien vous l'admettrez.

Le matin, "aux horreurs"*, on se réveille tous pour mettre au point l'emploi du temps de la journée. Décision vite prise : on va marcher ! On se pèle, les monuments sont fermés en ce lundi de Pâques, surtout ne pas paumer des calories, ça serait ballot ! Direction les Buttes Chaumont et le Père Lachaise , si on a du temps (on l'a eu, même à pinces, vous dire qu'on a bien tricoté des ripatons)



Pour les Buttes, c'était sinon un retour aux sources (n'étant pas du patelin, ça serait illogique, à moins d'envisager la métempsychose) du moins un désir de ma part de revoir un truc visité avec les marmots, quand ils en étaient encore, vous dire que ça date là aussi :!
Petit espace de verdure ménagé au creux de la cité - pas le seul, encore heureux ! - et prisé par les promeneurs, sportifs pédestres et chiens-chiens "mémérisés" de tous poils (surtout en ce qui concerne ces derniers).
Balade tonique au demeurant, vu la température, le coude-au-corps était presque envisageable, même si la tenue laissait à désirer quant à l'allure sportive de bon aloi (dragon a même bigrement regretté de ne pas avoir emporté sa tenue de "combat", on avait prévu léger côté bagages, plus facile pour l'avion).

Un endroit au charme étonnant, quand on sait que rien n'est "naturel" dans ce "parc urbain", que ça soit la grotte "encascadée", le petit temple apollinien, surplombant l'étang "spéculaire", tout est pour de faux et conçu pour les bourgeois de la belle époque, celle du Baron Haussman (même si à l'origine, c'était le rendez-vous des coupes-jarrets et trousse-goussets du secteur, ne pas oublier que ce sont d'anciennes carrières de gypse, donc pleines de coins et recoins où se planquer en attendant le pigeon.)
On y a même croisé un dieu Pan pas piqué des hannetons (de loin, j'ai cru reconnaître des pieds de bouc, il a fallut s'approcher pour confirmer qu'on n'avait pas tout oublié de notre mythologie "gréco-romanesque"**. Une promenade sympa, entre deux averses (temps de bouse, mais c'était général en Exagonie, on allait pas la ramener avec ça cent sept piges !). Un petit bol d'oxygène après être restés calfeutrés entre les murs historiques du Louvre, ça fait du bien aussi, il ne faut pas bouder son plaisir.

On repart, le temps, pour une fois marchait au ralenti et je me voyais mal retourner à l'appartement du frangin pour finir ventousée devant la PS2 ou en train de maltraiter frénétiquement sa zapette en quête d'images qui bougent pour meubler jusqu'au coucher ! Direction donc le Père Lachaise !       
Là, mais l'ambiance du  lieu doit s'y prêter, aucun problème pour se repérer, les souvenirs étaient intacts (pas comme les bras des personnages du monument aux morts à l'entrée, le syndrome de la Vénus de Milo a encore frappé ?)



On déambule sans but, la meilleure manière de tomber sur ce qu'on tente vainement de trouver sur le plan, et tout est motif à conjectures et suppositions, en ce qui concerne les "locataires" (mégalomaniaques pour certains, au jugé des proportions inhumaines de leur dernière demeure). Et les noms !!! Ah les noms de famille !!! Rien ne vaut l'image dans ce cas.




Vous dire que cette visite s'est faite dans le recueillement et la mesure...  on a tenté de rester "sobres" mais comment voulez-vous afficher un calme marmoréen (le lieu s'y prête pourtant) lorsqu'on tombe (le lieu s'y prête aussi) sur de tels noms apposés au fronton des chapelles et sur les stèles environnantes ?!
De plus, étant déjà "ad patres", le ridicule ne risque plus de les tuer ces braves gens. Et si même le sourire est au programme, nous n'en restons pas moins respectueux du lieu, on ne "bourle" que les pseudonymes, pas leurs propriétaires et gardons tout de même nos commentaires pour notre cercle familial.

Au détour d'une allée, frangin me signale la tombe du l'inventeur du téléphone.... moui.. j'ai souvenir d'un certains G. Bells -  m'étonnerait fort qu'il se trouve ici - je bifurque vers le lieu désigné, pour lire... Famille Allo (!!!). A un moment donné, je me paume dans la contemplation d'un monument quelque peut "zarbi" pour entendre "glousser" doucement à deux encablures de moi. Dragon vient de citer un nom composé (totalement inventé par lui, évidemment), les environs foisonnent de familles "reconstituées" de ce type (la plus célèbre en littérature : les Rougon-Macquart pour vous donner un exemple "livresque") :
Famille Cali et Fourchon
.... Comme dit plus haut, comment voulez-vous rester calme ?! On n'est point de nature à fournir matière première à la statuaire que diantre !

Petite déception cependant, je n'ai pas pu aborder la fameuse tombe d'Eloïse et d'Abelard, toute bâchée de plastoc "ravalement-de-façadesque" comme elle était  


Point n'est besoin de s'étendre sur cette balade, les images et les adresses sauront vous combler si vous êtes en manque de détails architecturaux, historiques ou purement "paysagesques", mais tout comme la fois précédente, le charme du lieu a encore agi. On se balade dans une cité, au milieu d'une autre, l'une réservée aux disparus, l'autre aux vivants, c'est tout. Rien ressenti de morbide ou de funèbre, peut-être parce que par instant, la  nature reprend vraiment ses droits face à la main du marbrier, un arbre gigantesque émergeant d'une tombe, quel meilleur symbole de.. "vie" ?

Et pour conclure, il est évident que je suis "tombée" (désolée, le terme était fort à propos pour un tel lieu) sur des noms qui m'ont bien parlé (pour ne pas dire fredonné) ! la  preuve encore une fois !



Allez, je vous quitte, vous avez des images, des cours d'histoire et plein de trucs instructifs à lire dans mes liens, vous ne direz pas que je vous laisse le bec dans l'eau ?! Bonne journée à tous et portez-vous bien, je file dresser le bûcher pour le sacrifice aux dieux lares (attachés à la maison, à la famille), mais je vais peut-être faire ça "dehors", le noir de fumée ça part mal sur des murs blancs.

La dragonne

PS: j'ai créé un album, il suffira de cliquer sur celui-ci à droite, sous mes albums opéras et dessins, cela vous permettra de voir d'autres clichés de ces visites, je ne veux pas trop encombrer le billet, vous vous en doutez (à remplir d'ailleurs au fur et à mesure de mon tri de photos)

* obligés, il faut laisser du temps aux connexions neuronales de retrouver le chemin du ciboulot après une nuit plus que courte pour certains (j'avais oublié mes "glandes qui-c'est", j'ai eu du mal à céder aux avances morphéiennes, tellement je suis habituée à couper le son en même temps que l'image)

**désolée, point de cliché personnel valable, j'ai dû piquer celui de fredpanassac, son adresse ne tenait pas, vu la longueur, en lien direct)
publié dans : Des p'tits bouts de la dragonne
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Impulsions, coups de coeur et de gueule, idées diverses au fil des notes et journées. Vous trouverez dans ce blog ma vision de l'opéra et de bien d'autres choses. Et aussi ma passion : les dragons.




Comme ma trombine évolue au fil de ce "rondudju" de temps, une petite mise à jour du portrait du bestiau, j'ai encore changé de "look" comme on dit... et le cliché du trombinoscope n'est plus vraiment d'actualité (avis, première et dernière fois que vous avez droit à ma goule, moi et les photos, ça fait quarante-douze)

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