"Le palmarès de la chanson"

Publié le par Sieglind

Bonjour !

Hier, on avait assisté au bizarre don  que Sachs faisait à Beckmesser. Un truc sensé appartenir à un autre, et pas fini de surcroît. Qu’est-ce qui lui passait bien par la tête de ce cordonnier chanteur ? On va tâcher d’en savoir plus aujourd’hui. Attention c’est un bon morceau, cette fois !

LES MAÎTRES CHANTEURS DE NUREMBERG – ACTE III (suite)

Le lieu : toujours l’atelier de Sachs,

Les personnages : les mêmes c'est-à-dire Sachs, David, l’apprenti, le chevalier Walther von Solzing (je parie que vous aviez oublié son nom à celui-là hein ?), ainsi que des nouveaux (dans la scène, parce qu’on les connaît quand même un peu depuis le début de l’œuvre : Eva, copine de Walther, Magdalene, la nounou (petite amie de l’apprenti)

A peine Beckmesser ayant tourné le coin de la rue, Eva arrive déguisée en poupée lampe (dentelles, frivolités, p’tites fleurs, paillettes… perruque fluo… nan… ça c’est Priscilla !) Elle est prête pour le concours, et vient mine de rien pour voire si son galant ne traînerait pas dans le secteur. Et comme excuse, elle avance qu’il y a une de ses chaussures qui lui fait mal ! (à d’autres, on est pas dupe et Sachs non plus d’ailleurs !)




Le cordonnier chanteur prend la santiag et au même moment le jeune chevalier endimanché fait son entrée. Sachs, pour pas trop avoir l’air de tenir la chandelle, s’éloigne dans un coin de son atelier (ça c’est un gentilhomme !) et laisse les deux tourtereaux gazouiller à qui mieux-mieux. La donzelle inspire drôlement Walther, parce que du coup, sa muse n’est plus rebelle et il te fignole un dernier couplet aux petits oignons, où il conclue que les fameuses étoiles jumelles c’est les mirettes de sa nana et que ça inspire l’âme du poète qui était en lui, moralité cherchez la femme et vous aurez l’artiste ! (Galant le coco hein ?)
Sachs revient le godillot à la main et demande à Eva de voire si c’est pas mieux comme ça. Et là, paf ! (pas le chien) elle se rend compte de tout ce que ce brave type a fait pour elle depuis le début et gratos, pour l’amour de l’art, si on peut dire. V’là t’y pas qu’elle lui saute au cou en pleurnichant que si l’autre zèbre de chevalier ne s’était pas pointé c’était lui qu’elle épousait. On peut dire que ça lui fait une belle jambe ça ! Et de toute façon il ne se voit pas jouer les rois Marke (Tristan et Iseut, le vieux croûton qui charge le jeune type d’aller lui réceptionner sa future épouse, confiant le mec !)
David et Magdalene arrivent à leur tour, habillés en sapins de Noël, et tout le monde y va de son compliment concernant le chant de maître pondu par Walther (aparté essentielle : s’il y a un morceau à écouter, c’est ce quintette ; une pure merveille, ça vous fait tellement planer qu’il faut faire gaffe quand on redescend)

La scène finit sur ce chant et on aborde la scène ultime de l’opéra, la scène V.

Le lieu : Aux portes de la ville, près de la rivière Pegnitz (à tes souhaits !). Je vois très bien l’entrée d’Eurodisney moi en décors j’sais pas pourquoi…) Une estrade décorée comme pour la kermesse des écoles en papier crépon et ballons en grappes.

Les personnages : les précédents ainsi que Beckmesser, le pseudo maître-marqueur, Pogner (le papa d’Eva) et ses copains Maîtres Chanteurs brevetés. les villageois (bin oui ! Et de un , c’est quand même public le concours, et de deux, vous alliez pas croire que Wagner ne nous pondrait pas un bon petit chœur bien étoffé pour conclure son opéra, tout de même !)

Au début de la scène ça y va d’une joyeuse pagaille. Les corporations des divers métiers défilent, majorettes en tête (style Balasko dans « Nuit d’Ivresse ») les apprentis draguent les minettes qui ne font pas trop leur bégueules, une kermesse à la Bruegel quoi !


C'est plus rigolo que Bruegel, je trouve


On ovationne les Maîtres Chanteurs, qui arrivent sur leur trente et un, Sachs est d’ailleurs gagnant à l’applaudimètre et après avoir salué son public, il annonce l’ouverture du Concours.

- Là, je fais dans le court, évidemment, mais la scène est excellente et surtout pour le texte (tâchez de vous procurer le livret, ça vaut la peine !) -

Beckmesser flippe un peu, étant donné qu’il a sué comme une baleine pour trouver une mélodie allant avec le texte de Walther que Sachs lui a généreusement filé. Dommage pour ses aisselles, parce que c’est à lui, justement de commencer !
Il te sort une bouillabaisse innommable, vu qu’il a rien pipé au texte (excellentissime le livret ici!) ça lui est passé à dix pieds au dessus de la tête la symbolique du message et on commence à légèrement remuer et chuchoter dans le public et chez les Maîtres Chanteurs. Il faut dire que ça pouffe au début (on se retient, on est en société), mais au bout d’un moment, si on veut pas finir en apnée, faut bien que ça sorte la rigolade et c’est un énorme éclat de rire qui accueille les dernières mesures de ce chant de maître complètement raté.(voilà où Sachs voulait en venir en faisant son cadeau empoisonné, il savait que le marqueur était aussi limité intellectuellement que méchant dans la vie, c’était couru d’avance qu’il se vautre comme une bouse devant tout le monde)




Beckmesser pique sa crise :
« C’est pas de moi, c’est pas de moi, c’est de ce faux jeton de Sachs !
- Mais bien sur…. J’fais de l’écriture automatique, tout le monde le sait (écriture automatique : texte soit-disant dicté par les esprits défunts à un médium armé d’un calepin et d’un bic) N’empêche que j’aurai bien aimé le pondre celui-là, il est vraiment pas mal, mais évidemment il faut que ça soit interprété par l’auteur, rapport au décodage ? Mmmm ?
- N’importe quoi !
- Tu crois ça ? Et bin j’vais te prouver que c’est le nouveau tube de l’été ! Ramène ta couenne Walther, et pousse nous la chansonnette ! »
L’interpellé s’exécute et entame la véritable interprétation de l’œuvre.





Tout le monde reste scotché, comme un panier de serpent à sonnette devant le flûtiau du charmeur. Il ne leur faut pas cent sept ans, aux Maîtres Chanteurs pour décider que Walther est vainqueur. Eva lui file une couronne de pâquerettes sur la caboche, son papa Pogner lui file la chaîne d’or qui le fait membre de la confrérie (ça fait très J.O, je trouve la cérémonie) et là, c’est la boulette !
Walther la refuse ! Etant donné qu’ils ne l’ont pas accepté la première fois, il ira voire ailleurs pour que ses mérites soient reconnus (il porte vraiment bien son nom le coco, je trouve ! C’est même pas de la fierté, c’est de l’orgueil, là !)
Sachs l’interrompt et te lui fiche une sacré leçon :
« Dis, Machin, on en a rien à cirer de ta particule ! T’as gagné juste parce que t’es doué comme poète alors ton pedigree tu l’oublie dans l’histoire. Ton boulot c’est de faire passer ça à la postérité, tes aïeux, tu les laisse dans leur mausolée parce que c’est l’Art qui doit perdurer et pas un de machin chose ci-devant enblasonné »
Tout le monde entonne un hymne à l’Art et aux Maîtres et là encore Sachs récupère la majorité des lauriers.





Fin de l’opéra.

Ouf ! Longuet cet article, mais je ne pouvais pas le couper entre les scènes quatre (trop courte) et cinq (à tronquer là encore) donc, j’vous ai fait un filet garni, ça va vous tenir occupés un bon bout de temps ; conseil, gardez ça, si vous n’avez pas trop d’appétit pour la fin de semaine ou alors faites des pauses en-cas à intervalles réguliers dans la journée (style biberon toutes les trois heures, ça devrait mieux passer… évitez quand même le rototo ! ça gave pas à ce point là, quand même !)

Bonne journée et à plus

La dragonne

Publié dans Wagner

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Chantal 17/11/2005 08:01

Eh bien...on a le droit a tout aujourd'hui (soleil,Opéra,cinéma etc...)

Bizz

cleomede 16/11/2005 18:58

Au secours!!!!!!!!!! J'aime pas avoir du retard chez toi lol
Cool en plus d'Astérix tu me mets les schtroumpfs! Génial, moi j'adore! Je ne m'en lasse pas. Encore!!!!!!!!
C'est quand même curieux une princesse en santiag, mdrrrrrrrrr
J'aime pas paf le chien lol
Par contre là je suis sur le q, je ne savais même pas qu'on pouvait rire à l'opéra. Merci ma dragonne
Des JO sans l'estrade alors
Gros bisous mon tit gadget

sugi 15/11/2005 22:40

Pas moyen de mettre de com dans ton dernier article...on me dis qu'il existe pas...j'imagine qu'il va revenir..^^
Comme tu as du le constater OB a fait peau neuve! la Version 1.90 est sortie sans fracas pour une fois...a part peut-être quelques ch'tit beug comme le tiens et le miens..;ben ouais mon avatar sur le forum à mis les voiles alors qu'il est toujours dans mon admin...

Je te fais tous pleins de grooooos bisous

vais pas trainer et faire un groooos dodo^^

bizzzzzzzzzzzzzzzzzzzz

sugi la fourmi

honorius 15/11/2005 20:52

intarissable la dragonne, pas que la grosse tête ni que la grosse goule !!! gros bisous

carabosse 15/11/2005 20:01

Merci beaucoup Sieglind pour ton explication ,cultivée la Dragonne!je reviendrais te voir c'est sur.Bisous.