Le Trouvère - acte III - le fi-fils à sa môman

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Bonjour !

Allez, je crois bien que trois semaines soient la durée acceptable pour éviter l'indigestion neuronale ;  pour les autres c...hoses, celle-ci varie et variera selon la portée philosophique - ou non - du sujet abordé. De plus, il faut bien l'avouer, ce délai me donne enfin l'occasion de n'être pas trop à l'arrache chez vous, mon retard de lecture reprend ainsi des proportions plus acceptables (ça dépend de l'échelle de mesure personnelle me direz-vous).
Rassurez-vous, plus qu'un acte supplémentaire à souffrir et on pourra parler d'autre choses, parce que j'suis lucide, vous vous délectez quand j'en arrive à causer gaffes et mésaventures dragonesques (un comble, mine de rien, quand on vise du côté du titre de blog, mais c'est de ma faute, j'avais qu'à pas commencer... j'assume). Allez, trêve de belles-ficellées* on y va !

LE TROUVERE - G. Verdi  - Acte III ou Il figlio della zingara (le fils de la bohémienne si vous maîtrisez mal le pizzaiolo)

Le lieu :
De la  scène une à quatre, un camp scout, aux pieds des murs de Castellor, place forte que les protagonistes se disputent comme des clebs un os de gigot. Les "méchants" avec comme chef de clan le Comte de la Luna se la pètent armée orque de Sauron à Minas Tirith**, mais c'est pas pour récupérer une bagouse, mais Lolo, la nana par qui et pour qui tout arrive. A remarquer que dans certaines narrations, le château fort se transforme en camp romano, plus dans l'esprit des origines supposées (à tort) du héros de l'intrigue mais il ne faut pas oublier que certains autres mettent en avant le fait que ça soit un allié de poids dans un conflit politique, il doit avoir pignon sur rue tout de même.
Donc, pour le camp, c'est vous qui voyez... vous pouvez insister sur le côté fidèles de Baden Powel ("l'inventeur" du scoutisme***) et faire se trimballer les assaillants en culotte courte et foulard noué, juste armés de leur canne de randonneur et de croquenauds (écrases-bouses, grosses godasses) de marche avec zoulies chaussettes roulées élégamment aux chevilles (un conseil toutefois, la pilosité chimpanzéesque de certains chanteurs peut piquer les yeux, une séance d'épilation au sucre de betterave s'impose). Quand à moi, vu mon allusion plus haut, les grimer en orques et trolls des cavernes me plaît bien (et ça serait bien la première fois qu'un orque ou un troll s'exprimerait avec plus d'une syllabe et en musique de surcroît)? A savoir que le côté décorateur d'intérieur est profondément enfoui, voir inexistant chez ces cocos,  deux trois bûches en  train de crâmer  des nonosses par-ci par-là, reliques de leurs dinettes successives, un tronc d'arbre dénudé et planté au sol pour maintenir tendue une peau de bique (hypertrophiée la bique) et servant de tente au chef, c'est bien suffisant?
A la scène cinq, on se retrouve à l'intérieur de la place fortifiée, dans une piaule à balcon voisine  de la chapelle (donc, qui dit chapelle dit truc en dur, enfin en principe, et la théorie du camp romano ne tient plus, à moins qu'ils se baladent avec une roulotte customisée par le Vatican, et soient en route pour les Saintes Maries de la Mer, évidemment)



Les personnages
  :

- Des soldats-orques et des fantassins-trolls
- Ferrando, le bras droit du comte
- Le Comte de la Luna, sous son masque grimaçant et baveux de personnage de Warcraft, c'est sur qu'il n'a aucune chance que Lolo en pince pour lui un jour  
- Azucena, la "mère" du Trouvère (moui... on est pas dupe, même si elle dit le contraire, on a tous pigé qu'elle n'est pas la "biologique")
- Léonore, notre Lolo préférée, bique au piquet dans cette histoire  (bon... Hélène de Troie c'est pas mal non plus... mais ce n'est pas mon style)
- Manrico, le troubadour-ninja (ça m'espante toujours qu'on mette en avant le fait qu'il gratouille de la mandoline ou du luth dans cette histoire, étant donné que depuis le début il a plutôt tendance à se fritter à l'autochtone plutôt qu'à composer des lieder - désolée, j'ai vu le type des Maîtres Chanteurs de Nuremberg, le Minnesänger**** Walter, celui qui veut réussir le concours d'admission, même si son "boulot" d'origine c'est tout de même... chevalier)
- Ruiz, pote du trouvère, et quelques uns de ses copains pour étoffer le "aux armes" de fin d'acte, tataner de l'assiégeant sur un frêle solo, ça a moins de chance de lui filer les miquettes.

Lever de rideau sur la soldatesque des méchants, et là, faut s'accrocher pour s'imaginer des orques
mordoriens (de Mordor dans Tolkien, suivez !) ou morts-de-rire en train de se taper une partie de 421 avec l'os iliaque d'un malheureux ennemi comme plateau de jeu. C'est pourtant ce qui est prévu au livret, ils "jouent ou fourbissent leurs armes" que c'est marqué, donc cette joyeuse bande chantonne "alea jacta est" (ou le "motiv" non wagnérien d'une pub pour un nettoyant à métaux miracle, c'est selon les groupes) 
En tout cas, ils en ont ras la cafetière les cocos, c'est pour ça qu'ils s'occupent comme ils peuvent, les rations s'épuisent et le beurre de cacahuètes va bientôt manquer (les marshmallows pour le camping-gaz aussi, et mine de rien, depuis le début, on dresse pas mal d'autels à Loki, l'entité ignifugée du Ring*****)
Après un hymne guerrier version Hojotoho-Heiaha walkyrien ils s'égosillent un peu partout dans la nature-coulisse (- à vous signaler, qu'égosiller a été un truc que j'ai dit longtemps avant qu'on ne me fasse remarquer que c'était s'égayer aux quatre coins du paysage la vraie expression, c'est resté du coup et ça tombe plutôt bien quand on parle lyrique non ? -)

Une fois la scène désertée (mauvais plan quand on a une prise de forteresse au programme des réjouissances !) le Comte sort de dessous sa peau de bique et jette un oeil inquiet en direction des murs du château en tournant en boucle sur son sujet préféré :
Lolo.
Mine de rien, ça sent son Agamemnon,  le siège et tout le bastringue..; faut pas se beurrer, c'est juste pour récupérer la zibeline ces grandes manœuvres. 

Il est tiré de sa rêverie par le tintouin que font ses hommes dans les coulisses et Ferrando entre pour l'informer qu'il lui rapporte un p'tit cadeau surprise (lèche-bottes va !) en la personne d'une bohèmienne. Tiens donc... si ça se trouve, vu toutes les invraisemblances de l'argument... un peu plus ou un peu moins, et paf ! J'vous l'donne Emile... c'est Azucena ! (c'est-y pas un bol de cornuto ça ! Les gens du voyage, ça se déplace en principe en tribu et faut que ça soit elle qui se fasse pécho, manque-de-bolisme chronique où elle s'entraîne ?)

Le Comte sautille sur place comme Heïdi devant le cadeau de son pépé (un sempiternel frometon alpestre, mais l'emballage est toujours différent, c'est ça qui la met en joie la blondinette bavaroise, à c't'âge là, on s'esbaudit d'un rien) et on traine la bohémienne par la tignasse choucroutée jusqu'à lui (tout à son sautillement, il mettrait trois plombes à traverser la scène)
Elle se débat et supplie ses tortionnaires (vi, un tirage de tif, c'est une torture, croyez-en les souvenirs ludiques  d'une tendre enfance partagée généreusement - copieusement avancerais-je même - avec trois frangins !). L'interrogatoire sans la lampe dans les yeux commence, le tison près des rétines, ça le fait moins, à part dans Michel Strogoff de Jules Verne, mais ça ne lui a pas réussi (tiens, pas si hors sujet... si je me souviens bien... il y a aussi une bohémienne dedans... mais du côté obscur de la force). En gros, d'où qu'elle vient... où qu'elle va, qu'est-ce qu'elle manigance (elle ne peut que manigancer... c'est une zingara tout de même !).

Et c'te buse qui
déballe qu'elle vient de Biscaye ! Le patelin même où tout  ce méli-mélo a vu le jour, quand le frangin du Comte a été clicnapé ! Faut-y être à l'Ouest tout de même (plus précisément au Nord-Ouest de la péninsule ibérique). Du coup, Ferrando tique, puisqu'il a déjà évoqué se malheureux incident à l'acte un et le Comte commence à cuisiner à feu vif  la belette sur ce sujet brûlant (gloire à Loki !)
On ne peut pas dire qu'elle en mène très large l'Azucena ! Elle s'excuse en disant qu'elle a son  môme à aller chercher à la sortie de l'école et évoque une casserole de lait laissée sur la gazinière mais ça n'a d'autre résultat que de conforter Ferrando dans l'idée qu'il la connaît et depuis un bail. Il se tape le front du plat de la main et lance un "mais bon dieu mais c'est bien suuuur !" qui tombe comme le cimeterre d'un exécuteur des hautes œuvres persan (shamshīr.) 

Azucena a beau jurer ses grands dieux qu'il se gourre totalement, qu'elle était même pas là... son avenir est tout tracé, elle va suivre le même chemin que sa génitrice. Elle est tellement paniquée qu'elle appelle même son gamin Manrico au secours.
... Là, franchement, où elle est suicidaire ou les touffes de cheveux arrachées durant cette arrestation musclée ont entraîné dans leur chute les neurones qu'il y avait juste en dessous ! Elle vient de donner une raison supplémentaire au Comte de trucider du troubadour ! Et quelle économie !  Estourbir la kidnappeuse et son rival préféré par la même occasion, décidemment c'est Noël aujourd'hui !

- C'est à peine suggéré, mais il nous fait le grand méchant des films musclés, celui qui enlève la chair de la chair (ou la zibeline, c'est selon) du héros bodybuildé et nourri sous l'éprouvette de testostérones concentrées. C'est une prise d'otage, tout bêtassement ! Comme noblesse, on repassera !


A la scène suivante, on change de décor pour se retrouver dans le meublé de Manrico où nos tourtereaux préférés coulent le parfait amour tout en se demandant si c'est bien le moment, puisqu'ils ont un siège sur les bras et que des murs ça se pulvérise au C4 qu'elle qu'en soit la densité. Mais Manrico est confiant, ses potes sont bien entraînés et ils vont expédier ça en deux coups de cuiller à pot. Il envoie Ruiz faire le guet dehors,  ça lui permettra de ne pas jouer la chandelle (il y a mieux comme attribution de rôle dans les roucoulades non ?)


La scène suivante est toute consacrée aux
papouilles et serments amoureux,    
Manrico tente même de rivaliser avec le Cantique des Cantiques en décrivant l'anatomie de Lolo par le menu (mais il n'a aucune chance, le cantique des cantiques; je regrette, on a du mal à s'aligner) et termine par une promesse à la Capulet et Montaigu; c'est à dire une union post-mortem (Tristan et Iseut, le Hollandais Volant, Francesca da Rimini... Eloise et Abelard... et toute la bande,  ça montre que ces ficelles sont toujours à la mode) 
Comme ça commence à saouler le monde toutes ces galanteries, Ruiz entre en trombe (n'oubliez pas la tradition que j'ai de faire entrer plutôt en vrac les protagonistes, ça fonctionne sur n'importe quel opéra le mangeage de lattes de parquet) et couine que sa mère est en train d'être traînée en tôle et que s'il ne le croit pas, il n'a qu'à jeter un œil par la fenêtre au lieu d'admirer le génotype iridien de sa copine.

Là, le trouvère
coule une bielle et afflige les ravisseurs de sa môman de tous les noms de piafs qu'il connaît (et il en connaît, proche de la nature comme il est !) Par la même occasion, il met au jus Lolo, qui n'avait pas eu l'honneur d'une présentation en règle à la future belle famille (faut déjà qu'ils se fixent pour ça, les bohémiens.. pas évident !) Il les traite même de barbares ! (ça va bien avec les orques de toute façon non ?) et s'emballe au point de visualiser le bûcher qu'il va se faire un plaisir d'éteindre avec le raisiné de ses ennemis   (où il se la pète Vlad Tepes troisième du nom où il a totalement perdu les boulons sous le choc) 

Il promet de tous les ratatiner ou d'y laisser sa peau (pas de demie mesure) tandis que Lolo pique sa crise de désespoir, mais faut la comprendre aussi  la pauvre, un moment on envisage un p'tit pavillon de banlieue où élever ses octuplés  et ses douze labradors et la minute d'après, ça parle de carnage, de vengeance, de victoire... de mort, ça a de quoi déconcentrer tout de même un peu.

Son copain sort en courant, suivi par Ruiz et ses potes sur fond de rumeurs de combat, de cliquetis d'épées (le son d'un couteau à découper qu'on passe au fusil suffira, mais faudra monter un peu le son) le tout battant le tempo d'hymnes guerriers  (
Aux armes citoyens, la Charge de la brigade légère, Vas-y bidasse, remplis mon quart... vous avez le choix)

Le rideau tombe sur cette fin d'acte d'une manière aussi tranchante que les opinels et lagioles qui vont se déchaîner dans les coulisses (c'est l'heure du casse-croûte d'entracte) et j'en profite pour faire une pause bien méritée, je vous conseille d'en faire autant, tout ce bruit et cette fureur, ça perturbe non ?


Bonne journée, bonne semaine, bonne continuation, bonne... tout ce que vous voulez et à plus !


La dragonne




* billevesées


** siège du Gondor dans le livre V du Seigneur des Anneaux pour ceux qui auraient des blancs


*** à remarquer que scout vient de l'ancien françois,
escoute, éclaireur, cocoricooooo !

**** de Minne, amour courtois et sänger chanteur, troubadour en exagonien


***** qui dit Anneaux, dit Anneau, donc mythologie norroise bidouillée façon Wagner oblige. Je sais, des fois, j'me fatigue moi-même avec mes "chtonks" mentaux, mais c'est trop tard pour les médocs, en plus j'aime pô ça, les trucs pour éviter de voir des bestioles zarbies, j'les aime bien en plus ces bestioles....

Publié dans Verdi

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MOYRA 18/04/2009 16:29

Décidément ces mecs toujours à se battre pour un oui et un non! Rien n'a changé aujoud'hui!
Sauf , peut-être les filles et tant mieux lol!

20/04/2009 09:02


Et encore, on a des belettes bien belliqueuses par les temps qui courent je trouve (vise du côté des faits-divers, les nanas ne se gênent plus pour jouer des poings et
de l'arme blanche, j'sais pas si ça, c'est une évolution ou une dévolution...)


jane 14/04/2009 13:44

Tu dois attendre le cinquantième com pour te manifester , Dragonnette...ta vie doit être hyper intéressante , et trépidante , pour que tu néglies ainsi ton blog !! T'as raison , profite de la vraie vie , et à bientôt ! gros bisous

14/04/2009 14:22


Nan, j'attendais la cinquantième auto-injonction de me secouer le valseur tout bêtement... J'ai eu des trucs hors connexion à faire pas mal, ça se calme, du coup, j'en
profite. Un blog n'est qu'un blog ma belle... je ne m'y pause que lorsque j'en ai envie et pas par obligation.
Je file lire si j'ai du temps, sinon on verra plus tard, bon début de semaine


:0091: lili Flore :0010: 11/04/2009 21:42

Très bon weekend pascal avec des bigs bises

14/04/2009 14:23


Fin de semaine passée, sans allusion aucune au "pascalités"... j'ai passé l'âge d'aller fouiner dans les brins d'herbes hé, hé. Bonne journée Lili


Littorine 09/04/2009 05:27

Quichotinne, m'a aiguillé vers toi pour mieux comprendre, ce que j'ai parfois du mal, l'Opéra...je n'ai pas le temps de lire l'artcle en entier, je reviendrais, je viens de rentrer ton blog en favoris pour ne pas oublier !

14/04/2009 14:24


Je te conseille de prendre tout ton temps Littorine, je suis assez... verbeuse, tu as pu le constater... Bon courage et merci, je suis flattée de ton passage et surtout que Quichotinne me considère comme puriste dans le genre.


tilk 09/04/2009 00:47

j'aime comme tu écris..moi dans warcraft je suis un elf de la nuit chasseur (ah ah ah ...)
tilk

14/04/2009 14:25


Je pense choisir ce genre de perso quand je pourrais mettre la pogne dessus, suis spécialiste des Elfes des bois en Morrowind  hé, hé. Bonne journée Stilk